SOMMATION D UN PARLEMENTAIRE
Le 27 juillet, à 5 heures du soir, nouvelle alerte d'un caractère plus sérieux.
On me prévint que le pont-levis de la porte de Landau avait été baissé pour livrer passage à un officier bavarois venu, accompagné d'un trompette portant le drapeau parlementaire, pour me remettre un pli à mon adresse, et qu'il était arrêté à l'entrée de la ville. Mon premier mouvement fut de le laisser venir jusqu'à la sous-préfecture; le second fut d'aller à sa rencontre pour no pas lui donner occasion de constater de visu l'état de dénuement de la ville au point de vue de la défense. Je revêtis donc mon uniforme et me dirigeai vers la porte de Landau, située à l'autre extrémité de Wissembourg.
La population, en rangs pressés, était massée sur les deux côtés de la grand'rue, assez excitée, dans des dispositions agressives. J'en fus préoccupé, et du plus loin que j'aperçus l'officier bavarois à cheval, je me fis reconnaître en agitant mon mouchoir. Il me remit le pli dont il était porteur. Nous entrâmes dans la maison de M. Wentzel, imprimeur, située tout auprès et, arrivé dans le salon , je pris connaissance de la missive.
SOMMATION d'un PARLEMENTAIRE. 27
Voici la traduction de ce document :
« Le commandant des avant-postes royaux bavarois, colonel de Weinrich, au sous-ioréfet de la ville imjpériale française de Wissembourg.
Les habitants de Wissembourg et d'Altenstadt ont montré qu'ils n'observent pas les règles du droit de la guerre des nations civilisées^ lesquelles n'autorisent pas l'agression armée de la population civile.
Il n'y a donc pas lieu d'attendre d'eux qu'ils ménagent à un parlementaire l'accueil qui lui est dû.
C'est pourquoi le sous-préfet de Wissembourg est informé par les présentes qu'en cas de récidive , des mesures de violence seront prises sur-le-champ contre la ville et que la population française aura à s'imputer la responsabilité des représailles qui en sont la conséquence..
Signé: V. Weinrich, colonel \ »