‹ Wissembourg au début de l'invasion de 1870Chapitre 19 sur 49 · LE BOMBARDEMENT ET LE COMBAT DE WISSEMBOURG · texte numérisé non relu

LE BOMBARDEMENT ET LE COMBAT DE WISSEMBOURG

lugubre. Que se passait-il donc? Evidemment un événement qui nous était favorable, et l'espérance rentrait dans nos cœurs! Mais le calme ne fut pas de longue durée. Un peu avant 1 heure, éclata une canonnade épouvantable, plus rapprochée, accompagnée d'une pluie de projectiles dont la direction était nouvelle; ils passaient par-dessus les remparts, vers la porte de Landau, et s'écrasaient sur l'église, la chaussée et le toit de la sous-préfecture : une batterie d'artillerie abattait la porte de Landau et Tennemi allait forcer l'entrée de la ville.

Au même moment, la façade opposée de la sous-préfecture était criblée de balles qui déchiraient les volets et brisaient les vitres. Pour me rendre compte de ce qui se passait, je me rendis dans une pièce située sur le derrière de mes bureaux et je vis de la fenêtre un des derniers épisodes du combat engagé par les défenseurs de Wissembourg.

Sur un chemin qui passe devant la porte de Bitche et s'élève à travers les vergers et les vignes, dans la direction de Schweigen, se passait une scène émouvante: une épaisse colonne prussienne descendait la chaussée, qu'elle occupait dans toute sa largeur. Sur le chemin, dans le fossé, sur le talus qui soutient le vignoble, une vingtaine de soldats du 74^ attendaient de pied ferme, chargeaient et tiraient sans hâte, sans émotion apparente, à cinquante mètres de distance à peine. Je vis tomber de cheval trois officiers prussiens en tête de la colonne et tomber aussi plusieurs soldats dans cette troupe, toute désemparée par la résistance de quelques-uns. Et je fus saisi d'admiration devant cet héroïque courage, luttant avec sang-froid, sans souci d'une mort qui

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