‹ Wissembourg au début de l'invasion de 1870Chapitre 33 sur 49 · LA CANONNADE DE FR0E3CHWILLER · texte numérisé non relu

LA CANONNADE DE FR0E3CHWILLER

Je rentrai chez moi et y retrouvai nos blessés. De quoi pouvions-nous parler, sinon de la défaite du maréchal, dont nous essayions de douter? Que s'était-il donc passé? Nul ne le savait au juste^ et les soldats allemands qui avaient poussé les hurrahs réglementaires ne disaient rien et paraissaient encore préoccupés. C'est une fausse nouvelle, pensions-nous.

Depuis le matin, nous nous étions nourris d'espérance. Les échos d'une formidable canonnade nous arrivaient avec netteté et n'avaient pas été interrompus un instant. Nos blessés discutaient entre eux, avec une vivacité joyeuse, les conséquences probables de la rencontre et se convainquaient que la défaite des Allemands était fatale.

Nous nous disions : le combat de Wissembourg, tout compte fait, est un événement heureux; notre résistance a forcé Tennemi à se déployer complètement; sans aucun doute, maintenant qu'aucune illusion n'est plus possible sur les projets de l'armée allemande, nous nous sommes concentrés en bon nombre et dans des positions choisies, car nous avons eu quarante heures pour prendre toutes nos mesures; la

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