ARRESTATION DU CAPITAINE DE GENDARMERIE
Le lendemain de mon retour, le 18 août, se produisit un incident qui nous jeta dans une assez vive perplexité.
Au moment de l'occupation de Wissembourg, le capitaine de gendarmerie Hentz, qui était resté près de moi pendant toute la durée du combat, demanda à ne pas me quitter et à passer pour mon secrétaire. Il s'installa donc sous mon toit et s'y dissimula, cessant de manger à la ta})le de famille quand le médecin allemand vint prendre quartier à la souspréfecture. Les choses allèrent ainsi sans encombre jusqu'au jour où l'on vint le prévenir qu'il était reclierclié, que son domicile actuel était sans doute connu, qu'il avait été dénoncé par un braconnier, Allemand d'origine, qu'il avait dû poursuivre, et ([u'on voulait l'arrêter, par le double motif qu'il était militaire français et qu'on avait trouvé des armes dans son logement : il s'agissait d'une panoplie ornant son cabinet. Or, dès le 5 août, on avait exigé, sous les peines les plus sévères, le dépôt des armes de toute nature à la mairie.
Le capitaine Hentz fut arrêté au moment où il essayait d'échapper à ces menaces et conduit par les gendarmes à la