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Woodstock

A période tumultueuse de la grande guerre civile est une époque où le caractère et le génie des différents partis se déploient avec un vif éclat, et répandent sur les incidents qui signalèrent l'une ou l'autre cause une couleur frappante et extraordinaire, très-favorable à une œuvre d'imagination. L'auteur a en quelque sorte tenté de s'en servir dans Peveril du Pic ; mais la scène se passe dans une partie écartée du royaume, et s'associe à d'autres nuances nationales, ce qui semble laisser la liberté de glaner une autre récolte dans un champ si riche.

En cette occurrence, le souvenir lui revint de quelques aventures surprenantes arrivées à Woodstock en 1649, comme d'une chose qu'il avait lue jadis sans qu'il lui fut possible de se rappeler où. L'idée qu'il en conservait lui sembla suffisante, quoique sans doute elle eût pu être développée avec plus de bonheur, si dans l'intervalle l'auteur n'eût pas perdu ce qu'on pourrait appeler l'exacte mémoire de l'histoire réelle.

Ce n'est que depuis peu , c'est-à-dire en 1831 , que l'auteur, étant prié d'écrire cette Introduction, trouva une relation générale de ce qui se passa dans la merveilleuse circonstance en question , dans un ouvrage intitulé : Le livre de tous les jours, « The everij day book, ♦ publié par M. Hone; ouvrage rempli de recherches curieuses qui ont pour but d'offrir aux antiquaires divers renseignements sur les mœurs , appuyés par des exemples qu'on rencontrerait ditiicilement ailleurs. Parmi d'autres matériaux, M. Hone cite un article du Magasin britannique de 1757, qui est sans doute le document que l'auteur de fVoodstock avait déjà parcouru, et dont il ne pouvait indiquer la source. Ce morceau a pour titre : Histoire véridique du diable vengeur de /f'oodsiock^ fameux dans le inonde en 1649, et gui, depuis lors , n'a pu être ni expliquée ni comprise. Voici les propres expressions du narrateur de cette véridique histoire : — Quelques papiers originaux étant récemment tombés entre mes mains avec le titre de : Mémoires authentiques, et à présent destinés à V impression^ du mémorable Joseph Collins d'Oxford, plus connu sous le nom de

2 INI'KODlJCriUN.

l'ttiiiitj Jot'*, je tus t'iiclumté d'y trouver un r.'ipport circonstancié , et qu'on ni' peut révo(iuer eu dout<\ du plus renonuué de tous les ;ii^ents invisibles, si célèbre en Ki-l'J sous la dénomination du bon diable de VVoodslock, et que les habitants de ce lieu chérissaient à cause du trouble et des mésaveutures (ju'il oceasioniiait à quebjues individus qui leur plaisaient peu. Comme cette histoire, tout en étant racontée par une centaine de bouches, et attes-" tée dans tous ses détails, au delà de la possibilité du doute, par tout ce qu'Oxford et les villes adjacentes renferment de plus distingué par le rang, le savoir et la considération, n'a pas cependant été mise encore à la portée du public , et se trouve ici parfaitement expli([uée d'une façon qui n'admet pas la plus légère incertitude, je n'ai pu refuser à mes lecteurs le plaisir que cette lecture m'a causé à moi-même. —

Il n'y a donc nul doute qu'en l'an 1G-J9 la résidence royale de Woodstock, que les commissaires du parlement habitaient alors, et qu'ils s'efforçaient de dilapider et de détruire, n'ait été le théâtre de divers incidents qu'on supposa surnaturels. Le rapport fait par les commissaires, ou rédigé sous leurs yeux , a été imprimé plusieurs fois , et est inséré en particulier comme la seizième relation de C invisible Satan du monde découvei't, par George Sinclair, professeur de philosophie à Glascow, qui a publié un recueil estimé de contes semblables.

Aucun des deux partis ne cherchait h. discréditer une narration qui satisfaisait à la fois les Cavaliers et les Tètes- Rondes ; les premiers pensant que la licence accordée aux démons était une conséquence de l'impie profanation des meubles et des appartements royaux , si bien que les habitants de Woodstock adoraient presque les prétendus esprits comme des champions de la cause royaliste; tandis que de l'autre côté les partisans du parlement imputaient à la malice du démon les obstacles que rencontrait l'œuvre sainte, car c'est ainsi qu'ils désignaient leur entreprise.

Au risque de prolonger une citation qui n'est pas sans intérêt , j'insérerai ici une page ou deux du livre-journal de M. Hone :

« Les honorables commissaires arrivèrent au manoir de Woodstock le 13 octobre, et s'établirent dans les appartements mêmes du roi ; la chambre à coucher de Sa Majesté devint leur cuisine, la salle du conseil le gardemanger, et le salon de réception leur cabinet de travail; ils firent leur bûcher de la salle à manger, et n'y mirent pas d'autre bois que celui du fameux chêne royal du grand parc, qu'on abattit par le pied et qu'on scia en morceaux, afm qu'il ne restât rien autour d'eux qui portât le nom du roi.

<> IC) octobre. Ce jour-l;i ils se rassemblèrent pour s'occuper d'affaires. Au milieu de leur picinière discussion, il entra un énorme chien noir (à ce (|u'ils crurent) cpii poussa un terrible hurlement, renversa deux ou trois chaises, et, après avoir causé (pielquc autre dommage, se réfugia sous le

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