‹ X--Chapitre 25 sur 25 · LARGUEZ LES AMARRES · texte numérisé non relu

LARGUEZ LES AMARRES

Cette femme est pour toi : prends-la. » L'ai-je prise ?

— Tu l'as prise.

— Sans hésitation ?

— Sans hésitation.

— Eles-Yous contents de moi ?

— Nous sommes contents.

— Un mot alors, camarades.

— Parle !

— Maintenant que cette femme est mienne et que j'appartiens à cette femme, suis-je parvenu au terme de ma mission ? Ai-je reconquis le droit d'être moi-même et puis-je enfin prendre congé de vous ?

— Tu es libre.

— J'emmènerai donc mon épouse, ce soir même, là-bas, ailleurs ou autre part. J'ai été le jouet du hasard durant toute ma vie, et je ne veux avoir d'autre guide que le hasard au cours de mon voyage de noces...

— Tes paroles sont-elles la translation exacte de ta pensée ? demanda le syndic.

— Oui ! fît l'homme.

— Alors, qu'il soit fait selon ta volonté !

En prononçant ces paroles, le président tira de la poche de son gilet une hache d'abordage et, d'un seul coup, trancha le câble de l'aérostat.

Libre de ses entraves, le ballon monta droit dans le ciel pendant environ six minutes, puis, ayant trouvé la route du nord, rapidement il s'éloigna dans la direction de la Norvège.

Il s'éloigna, emportant Odette et X..., tandis qu'avec la joie saine çies artisans dont la tâche

est enfin terminée Pierre Veber, Jules Renard, Tristan Bernard, Georges Courteline et George Auriol débouchaient gaiement de nouvelles bouteilles.

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