‹ Xavier; ou, Les entretiens sur la grammaire françaiseChapitre 25 sur 30 · VERBE. ROMPRE. — RADICAL ROMP · texte numérisé non relu

VERBE. ROMPRE. — RADICAL ROMP

Présente

Lu Jé IOMPpS.

do lu oups.

el. rompé.

re à Nous Tomp ons.

Vous romp ez. Se vs avez Hs op ent. ii. Ils ont

. imparfait.

"Je: romp abs ‘Tu, romp üs.

Il romp .

Noûs romp ions.

Vous romp lez.

; ie romp aient.

io nn. Passé F

5 Je 2) comp : cie romp H ronpe . Nous romp “Vous : Tomp i

Futur. Futur Antérieur.

Je rompr ai. J'aurai romp 4.

Tu rompr as. Tu auras TOMpP u.

I rompr à. Il aura romp uw.

Nous rompr ons. Nous aurons romp uw.

Vous rompr ez. Vous aurez romp 4.

Ils : rompr ont. Is auront romp u.

MODE CONDITIONNEL

Présent ou Fulur. Passé (1° forme).

Je rompr «is. J'aurais TOMpP u Tu rompr &s. Tu aurais TOMP u Il rompr ait. H aurait TOMP u.

Nous rompr ions. Nous aurions romp u Vous rompr tez. Vous auriez romp u Ils rompr aient. ls auraient romp u.

Passé (2 forme).

J'eusse romp u. Nous eussions romp u.

Tu eusses romp u. Vous eussiez romp u.

Il eût - romp u. Ils eussent romp u.

MODE IMPÉRATIF

Présent ou Futur.

Sing. 2° pers. Romp s.

Plur. 1° pers. Romp ons.

Plur. 2° pers. Romp ez.

MODE SUBJONCTIF

Présent ou Futur.

Que je rompe.

Que tu rompes.

Qu'il romp €.

Que nous romp ions.

Que vous romp iez.

Qu'ils romp ent, Imparfait.

Que je romp isse.

Que tu romp 1sses.

Qu'il romp fé.

Que nous romp {ssions.

Que vous romp issiez.

Qu'ils romp issent.

Présent ou Futur.

Romp re.

Passé.

Que j'aie romp u.

Que tu aies Tomp uw.

Qu'il ait romp u.

Que nous ayons romp u. Que vous ayez romp u.

Qu'ils aient TOMpP u.

Plus-que-Par fait.

Que j'eusse romp u.

Que tu eusses rompu.

Qu'il eût romp u.

Quenouseussionsrompu.

Que vous eussiez rompu.

Qu'ils eussent rompu.

MODE INFINITIF

Passé.

Avoir rompu.

MODE PARTICIPE

Présent.

Romp ant.

“Passé, - ‘

Romp u, romp ue, ayant

‘TOMp 4.

On se fatigue de tout, même de l’attendrissement, et nous commencions de trouver longue l'absence de Xavier, malgré la relique naïve qu’il avait laissée entre nos mains pour nous faire penser à lui. Mes yeux ne pouvaient plus se fixer sur ses paradigmes, pour la raison qu'à force de les regarder je les avais appris par cœur el je fermais instinctivement les paupières pour me les réciter. Je savais présentement les verbes comme je ne les avais jamais sus.

Notre élève ne reparut qu'à l'heure juste du dîner. Il ne s’annonça point, selon son protocole habituel, en conjuguant le verbe vouloir et en nous intimant l’ordre de nous mettre à table sans délai. Il se glissa dans le salon, ne nous dit ni bonjour, ni bonsoir, évila de se faire remarquer, et parut craindre qu'on ne le grondât pour sa longue absence. Il devait pourtant savoir à quoi s’en tenir sur notre incapacité de gronder. Sa mine était recueillie ; je ne pus me défendre de. Jui demander en riant s’il revenait de la Thébaïde, si les verbes avaient été le sujet de sa pieuse méditation, et s’il n avait pas eu à ce propos une crise de mysticisme grammatical.

— Non, Monsieur, me répondit-il gaiement (dès que je l’eus remis en confiance), mais il est vrai que j'ai fait l’école buissonnière, au sens propre du mot. |

— C'est-à-dire ?

— Que j'ai battu les buissons, mais que j'ai appris ma leçon en les battant. Je vous ai laissé ma copie, mais j'avais emporté le modèle, quoique j'aie horreur de mettre dans les poches de mes vestons des bouquins qui les déforment..

auxiliaires et mes quatre Es on im- Rae tur-ba-ble-ment.

imperturbablement qu'il me vient des scrupules. …

quet.

humaine que de les enseigner machinalement.

| interrompit M. Lancelot, celle-ci semble partir ?

que je n'ai pas coutume d’ outrager. la dignité

avons des parties de machine. entre autres tout

: comme vous dites que vous possédez maintenant

Maintenant, Monsient, je sais mes de vibes -

. — Moi aussi, dis-j “je. :

— Je les sais même, poursuivit er. si.

Je crains de les avoir appris comme un perro-.

— L'essentiel, dis-je, est que vous és che

— Monsieur, dit Xavier, c'est qu'il me souvient d’avoir lu dans les journaux des articles où certaines personnes compétentes critiquaient cette façon d'apprendre. On soutenait que les jeunes élèves ne sont point des machines, mais des créatures intelligentes, pourvues d’un corps et d’une âme, sans compter l'esprit et le cœur, et. que c’est outrager en leur personne la dignité

— Comme beaucoup de doctrines modernes,

d'une bonne intention et d’un principe juste ; mais elle accuse moins de raison que de vanité, ét; prise à la rigueur, elle serait impraticable ou. pernicieuse: Vous m’accorderez, mon cher enfant,

humaine. Mais Île respect que j'ai pour tHene. m'aveugle pas et ne m’empêchera] jamais d’avouer. que certains ressorts de notre esprit même sont des pièces de mécanique, ni plus ni moins. Nous.

le fond de notre mémoire. Il est des éléments de la connaissance que nous devons posséder

Notre ns ie intelli-

Rues El " = je

les verbes français.

gence a besoin de ce terrain solide ; sinon elle chopperait à tous les pas. Ce qu'on nomme psitlacisme a du bon. Rappelez-vous, cher Xavier, la pensée de notre Blaise Pascal : « L'homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête ». Le même accident menace qui ne sait ou ne veut, à l’occasion, faire le perroquet.

— Je suis entièrement, dis-je, de l'avis dé M. Lancelot. J'ajoute que le psittacisme n'est funeste qu'aux perroquets sans espérance, et n’a même rien de désobligeant pour ceux qui ne sont ni anges ni bêtes, ou les deux ensemble,

comme vous. Aussi je gagerais que, tout en

apprenant de la plus stupide façon du monde les quatre conjugaisons et les deux auxiliaires, vous n’avez pas laissé de faire vos petites réflexions. Je vous prie de nous les communiquer. Elles nous seront bien plus utiles que les vieilles formules sacramentelles des grammairiens, qui depuis trois cents ans se copient les uns les autres. Elles nous révéleront ce qu’un homme de ce temps-ci et de votre âge sait ou ignore de ce chapitre, et sur quoi l’on doit plus insister. Enfin, une fois de plus, c'est vous qui ferez la leçon.

EE — Monsieur, dit Xavier, je veux bien, mais date s’il vous plaît. Je suis un peu fatigué. J'ai besoin de dormir aussitôt après diner; pour me reposer d’abord : et puis, pour mettre mes idées en ordre. Pendant mon sommeil, elles se

rangent toutes seules, je n’y suis pour rien. Heu-

reusement ! Car, si je m'en mêlais, ce serait plutôt pour tout mettre sens dessus dessous.

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