ACTE PREMIER
Ah ! je l'aime pourtant d'une amitié bien tendre. 0 ma Xa\ière, ô mon cher bien, A toi seule je veux prétendre :
Ce qui n'est pas toi, ne m'est rien!
Xavièrc revient, portant une corbeille pleine de figues. Il court vers elle, la débarrasse avec précaution de la corbeille, qu'il pose sur le banc.
XAVIÈRE, pendant le jeu de scène.
Pour monsieur le doyen ! De la part de ma mère !
Oh ! c'est lourd !
Landry l'amène en scène. Ils se regardent un instant en silence, avec une joie craintive.
LANDRY
Ah! ma Xavière, viens! un instant, seuls ensemble!
Rien qu'à te regarder, je tremble!
LANDRY
Pourtant, parle-moi, réponds-moi :
Ta mère est toujours bien dure pour toi.
Dis?
Et toi, mon Landry, ton père te malmène?
LANDRY
Nous avons chacun notre peine.
Oh! moi. cela m'est bien égal.
Les coups ne me font plus de mal !
Depuis que mon père Xavier, mon père, Qui m'était si tendre et si doux, Dort là-bas dans le cimetière, C'est vrai ! je ne sens plus les coups.
0 ma Xavière!
LANDRY
Si je pleure, Landry, c'est de te voir souffrir.
LANDRY
Et moi, plutôt qu'un mal léger t'effleure J'aimerais mieux mourir.
XAVIERE, voyant venir Benoîte.
Ma mère! aide-moi vite.
LANDRY, rapidement, mystérieusement.
Après-demain, sous le châtaignier de Fonjouve, avant la fête des Batteurs, je t'atleudrai!
Il s'empresse. Il veut replacer la corbeille de ligues sur la tete de Xavière. Il s'y prend mal. Un faux mouvement renverse la corbeille. Les fruits se répandent, roulant par terre.
XAVIÈRE, consternée.
Ah! Dieu!
3:clie et Benoîte paraissent, Galibcrt suit à courte distance toujours occupé de Mélie.