SCÈNE IX
BENOITE, XAVIÈRE, LANDRY, LANDRINIER
BENOITE, elle porte le baquet plein de linge, elle a le battoir à la main, courant furieusement sur Xavière.
Mauvaise gale
XAVIÈRE, suppliante, tremblante.
Mère!...
BENOITE
Encore une fois, Tu ne feras jamais œuvre de tes dix doigts ! Paresseuse! coureuse!
LANDRY, s' interposant.
Ah ! voyez ! qu'elle est pâle !
Que vous lui faites peur!
BENOITE, brutalement.
Eh ! pas tant de façons !
Ça va batifoler avec tous les garçons.
Tiens! tu mériterais!
Elle la saisit par son jupon qu'elle tiraille. XAVIÈRE.
Vous me déchirez, mère!
BENOITE, la lâchant.
Eh ! tu te raccommoderas.
Xavière, très triste, détourne les yeux.
Que regardes-tu par là-bas!
L'église?
XAVIERE, avec une résignation douloureuse.
Non, le cimetière...
Et mon cœur n'en est jamais las!
BENOITE, menaçante.
L'insolente, vraiment!
LANDRY, effrayé.
Benoîte !
LANDRINIER, tout à coup survenu, ricanant.
Eh ! laisse faire !
Et file, toi, ce n'est pas ton affaire,
BENOITE, à Xavière, levant son battoir.
Prends encore une fois cet air désespéré C'est avec ça que, moi, je te corrigerai, Graine du diable !
Alors, corrigez-moi, ma mère, Car je n'ai pas fini de pleurer ma misère.
BENOITE, hors d'elle.
Tiens, gueuse!
Elle lance violemment le battoir vers Xavière. Avec un cri, Landry s'est interposé. Il reçoit le battoir en plein front, cbancelle et tombe.
XAVIERE, se précipitant vers lui, tout éplorée.
Ah! mon Landry!... mon Landry!... mon Landry!
Galibert, reparu avec Mélie, relève Landry. Prudence s'empresse ainsi que Fu'cran. On donne quelques soins à Landry qui se remet peu à peu. Landrinier, toujours ricanant, Benoite, encore toute secouée de colère, restent à l'écart.