SCÈNE VI
FULCKAN, PRUDENCE, LAND1UNIER, BENOITE
F U LCR AN .
Un instant ! quatre mots !
Après un temps.
Prudence m'a tout dit !
Est-il vrai? Vous songez tous deux au mariage?
LANDRINIER, puis BENOITE, un instant interloqué?, puis résolument.
Oui, monsieur le doyen.
FULCRAN, doucement, à Benoîte.
Vous avez du courage !
Après un temps.
Ainsi, vous Landrinier, L'âge ni la raison n'ont pu vous enseigner ! Tassons !...
Avec douceur.
Il est, ici, deux chers enfants que j'aime: C'est Landry, votre fils, et Xavière Ouradou.
Tous deux sont l'innocence même !
Et vous leur êtes durs, comme, aux agneaux, le loup!
LANDRINIER, protestant.
Monsieur le doyen !
FULCRAN
Eh ! laissez-moi dire !
Dans la grâce de leur sourire,
Yit-on jamais lis mieux épanouis !
Le nom de ces enfants bénis, L'ineffable douceur de leur franche nature, Me parfume la lèvre et me ravit le cœur, Comme si d'aventure
J'avais respiré quelque fleur!
PRUDENCE, impatientée, frappant du pied.
Ah! que voilà de beaux discours!
Dites-leur donc leur fait en quatre mots très courts!
Tout d'un trait, résolument.
Ce qu'ils veulent surtout, c'est le bien de Xavière, Son héritage! Et pour l'avoir, ils la tueront!...
Rageuse.
Là! c'est dit!
LANDRINIER.
Vous mentez!
J'ai bien tout entendu !
PRUDENCE
Devant le presbytère,
BENOITE, sans conviction.
Vous nous faites affront!