ACTE DEUXIÈME
LANDRINIER, appuyant violemment.
Vous mentez !
PRUDENCE, à Fulcran.
Le coquin !
FULCRAN
Silence !
A Landrinier.
Prudence Est vive, mais jamais n'a menti... Je vous tiens Tous deux pour de mauvais chrétiens !
PRUDENCE, triomphante.
Bien, monsieur. Prévenons les gendarmes !
FULCRAN, plus sévèrement.
Silence!
PRUDENCE, hors d'elle.
Mais ils veulent tuer Xavière, je vous dis!...
BENOITE
Ah ! sur ma part de Paradis !
N'en croyez rien!
Humblement.
Mon Dieu, j'ai mérité peut-être Toute votre sévérité, Parce que j'aime, hélas! monsieur Je maître. Mais j'ai tout espoir en votre bonté.
Gémissante.
Par pitié, faites que je trouve Quelque honnête moyen de posséder Fonjouve ! Xavière le veut, le repos m'est rendu !
PRUDENCE, à F ulcran .
Ce mariage C'est une rage !
Il le leur faut ! .
F ULCRAN garde le silence, puis après un temps.
Eh!... J'ai bien entendu...
Je vous comprends, Benoîte... Comment faire? Quel moyen ?
Après avoir réfléchi.
Voyons ! Si je considère Que les pasteurs à leurs troupeaux Doivent avant tout le repos. Je ferai la part de toute faiblesse Et je résoudrai tout à la gloire de Dieu.
Brusquement.
Allons, mariez- vous !
BENOITE, insinuante.
Si Xavière le veut, Si de Fonjouve elle me fait maîtresse !
FULCRAN
Eh bien, Xavière le voudra !
Fonjouve vous appartiendra !
LANDRINIER cl BENOITE, épanouis.
Fonjouve nous appartiendra!
FULCRAN
Oui, je déciderai Xavière
à quitter des biens périssables
pour son patrimoine éternel.