I. — VIE ET ŒUVRE
Vie
Né à Lille, dans les brumes du Nord, parmi les usines, orphelin de père à treize ans, Albert Samain dut interrompre ses études secondaires pour aider sa mère et gagner sa vie; d'abord employé dans une banque de sa ville natale, puis dans une maison de courtage de sucres, il passe le concours d'expéditionnaire à l'Hôtel de Ville de Paris; ce modeste poste lui assure le gagne-pain et lui permet surtout de connaître les milieux littéraires auxquels il ne se mêle qu'avec une extrême réserve. La grande aventure de sa vie est la poésie, qui est à la fois une évasion, une consolation et une revanche. Il subit fortement l'influence de Baudelaire et de Verlaine; la découverte de Poë en 1887 est pour lui un véritable éblouissement. La mort de sa mère, en 1898, la maladie assombrissent ses dernières années; quelques séjours dans le Midi, le calme de la vallée de Chevreuse ne peuvent guérir ni sa maladie, ni sa mélancolie. à II meurt le 18 août 1900 à Magny-les-Hameaux.
Œuvres
• Au Jardin de l'Infante, publié en 1893 et complété en 1897, est d'une inspiration personnelle et sentimentale; le poète y exprime les
è désenchantements de sa vie malheureuse, ses préférences pour les heures è crépusculaires, pour les mélodies en sourdine dans des vers remarquables è par la sincérité du ton, le sens des nuances et la fluidité musicale, f Exemples : Je rêve de vers doux, Dilection, Elégie, Soir, Il est d'étranges : soirs...
• Aux Flancs du vase, publié en 1898 et enrichi de poèmes posthumes en 1901 (Polyphème, pièce en 2 actes, Poèmes inachevés) témoigne d'un renouvellement d'inspiration. Le poète, au lieu d'explorer les recoins ténébreux de son Moi, regarde le monde extérieur avec sympathie et joie. Le titre souligne un retour assez inattendu vers le Parnasse, mais les 25 idylles antiques contenues dans le recueil, si elles sont bien des petits tableaux, des médailles et des motifs sculpturaux conformes à l'art
ES h' t-T PaS 1C fC/mC C°nt0Ur et la ligne dure de* œuvres de
no£ nî ^ ; CC ^nt dCS Cr0QUiS famiHerS dc la vic couran^ que le poète place dans un cadre antique, mais qui peuvent être aussi bien saisie dans les temps modernes. La précision, le pittoresque, l'aisance son les qualités principales de ces idylles.
Exemples : Le Marché, La Maison du matin, Le Repas préparé.
! S.£5f^S d'°r' r|CUdl posthume Publié en I90i, est assombri par la douleur qu éprouva Samain en perdant sa mère en 1898. Les tableaux lumineux qui s y trouvent sont une survivance de l'inspiration des idylles ■ la mélancolie, le regret de n'avoir pas connu le bonheur, de n'avoir jamais
rrnnrf.Pnmeir t0UtC M »™°™^> les ombres d'un; mort proch^ne imprègnent les autres poèmes d'une indicible tristesse.
Exemples : Clydie, Le Berceau, Versailles, Mon enfance captive...
} I Lectures
* # FrL™CS C°mplèteS d'A' Samain ont été Publiées au Mercure de
• Editions scolaires :
E. Maynial, Anthologie des poètes du xixe siècle, éd. Hachette ^uOILBe^ P°JîeS symbolistes et Poètes d'aujourd'hui, éd. Delagrave Cn.-M. Des Granges, Les Poètes français 1820-1920, éd. Hatier. '
• Ouvrages critiques :
L .Bocquet, A. Samain, sa vie et son œuvre, 1905, éd. Mercure de rrance.
L. Bocquet, Autour d'Albert Samain, 1933, éd. Mercure de France. Guy Michaud, Message poétique du Symbolisme, 1947, Librairie Nizet.