‹ XVIIme [i.e. dix-septième] siècleChapitre 7 sur 70 · Scène d'Estfier, édition originale (16S · texte numérisé non relu

Scène d'Estfier, édition originale (16S

Vignette représentant le catafalque du maréchal de Tu-

renne 309

Les Arts réunis 331

Médaille commémorative du projet présenté par Bernin. 421

Les Noces de Tkétù) et de Pélée 50]

Le Gascon (...), relieur. Dix -septième siècle.

Reliure pour le mi. de V Adonis de la Fontaine . . . 157 Le Mercier (Jacques), architecte et graveur. 1600 V-16G0.

Les mesures de l'hostel de Liancourt 649

Lepautre (Jean), peintre. 1617-1682.

Un sermdn 305

Le .Sermon du capucin 311

Salières 531

Fontaines et cuvctte3 d'orfèvrerie 532

Intérieur tiré do^a suite dcs.GVtentfalM et Lambris. 647 6t 066

Portrait de Jean Lepautre 564

Architecture d'église, tiré du cahier sur les clôtures et

chapelles . . 5tiï

Fontaine d'orfèvrerie 567

Le Sueur (Kustachc), peintre. 1617-1655.

Saint Gervais et saint Protais refusant de sacrifier aux idoles * 340

Leu (Thomas de), graveur né vers le milieu du seizième siècle, mort vers 1620.

Cérémonies observées au sacre do Louis XIII .... 439 L'Égaré (Gilles), orfèvre. Dix-septième siècle.

Frontispice des Œuvres de Gilles l'Égaré 533

Lêpiclé (Nicolas-Bernard), graveur. 1735-1784.

Portrait de Jean-Iïantistc Poquclin de Molière . . . 2*9 Lubin (Jacques), dessinateur et graveur. 1637-fin du dix-septième siècle.

François do Malherbe 237

Olivier Patru • • . . 327

Lucas (Claude), frraveur. Milieu du dix-lmitn me siècle.

Vue générale do l'hôtel royal des Invalides 429

Manesson-Mallet (Allaln), ingénieur. 1 684.

Le Soleil, tiré de la Description de l'univers .... "1

Maratti (Carlo), peintre et graveur. 1625-1713.

André le Nôtre 425

Mariette (-Iean), dessinateur et graveur. L $40-1 742, Députation de l'Académie présentée uu roi Louis XIV. 135 Frontispicu du dictionnaire de l'Académie, 1" édition

Charlotte-Félicité d'Hanover et Brunswick 557

Mademoiselle de Menuetoud a sa toilette 561

Elisabeth-Christine do Wolfembutel 5(12

Mariette ( l'iene), lil>raire et marchand d'estampes, travaillait vers 1726.

Le Ramoneur 447

Marot (Jean), architecte et graveur. 163o-l<ï79.

Château de Maisons, fig, 16] et 162 ... . . , 111 et 415 Porte de l'hôtel de la liasinièro 546

Masson (Antoine), peintre et graveur. 1686*1700,

André lo Notro 425

Le comte d'Harcourt dit Cadet la Perte Iti*

Mathéus (Jean), graveur et éditeur. Commi noe ment du dix-septième siècle.

Frontispice d' Ibrahim ou l'illustre Passa, de Scudéry. 219

Médicis (Marie de), reine de France, 1673*1642,

Portrait de femme 458

Mellan (Claude), peintre et graveur. 1601-16S8.

Pierro Bégoier, ehancolier do Franco ltl

TÔte do Christ 457

Meyer (A.), graveur. Dix-scptiï me sii'cle.

ho Luxembourg 407

Pages.

Mignard (Pierre), j>eintrc. 1610-1695.

Molière évoquant le génie de la Comédie pour châtier le

Vice 287

Diane au bain 353

Le comte d'Harcourt dit Cadet la Perle 468

Jean- Baptiste Lully 489

Morin (Jean), peintre et graveur -166G.

Jacques- Auguste de Thou 149

Portrait d'Antoine Vitré 467

Nanteuil (Robert), peintre et graveur. 1630-1678.

Messire Georges de Scudéry |S]

Gilles Ménage ijg

Mazarin dans pon cabinet 153

Portrait de Mme de Sévigné 223

Portrait do Dcnva Talon 465

Perelle (Adam), dessinateur et graveur. 1638-1695.

Veiie do l'amphithéâtre anatomlquc construit sous le règno de Louis le Grand 23

Le Luxembourg 407

Marine 461

Pesne (Jean;, peintre et graveur -1700.

Cartouche formant lo titre des Travaux d'Hercule . . 463

Picart (J.).

Frontispice des Principaux, pnincts de la Fui .... 317 U'-ssin des {tompes et mugnifteencea du Carrounel fnict en la place Itovallo 405

Poussin (Nicolas), peintre. 1594-1665.

Diogène jetant son écuelle * 336

Le Polyphênic I 348

Puget (Pierre), sculpteur. 1622-1694.

M don de Crotone , statue 379

Persée délivrant Andnnncde , groupe - . . 391

Quesnel (François), peintre. 1542-1619.

Sacre do Louis XIII 91

Cérémonies observées au sacre de Louis XIII . . . . 439 Yue du quartier Saint-llonore 441

Quesnel (Nicolas), peintre. Fin du seizième sièolccommencement du dix -septième.

François de Laubc*pim-, marquis d'IIautorivc .... 335

Rigaud (Hyacinthe), peintre. 1650-1748.

Guy Crc.cent Fagon, premier médecin <lu roi .... 3:. Jacquca-Bcniguc Ito..uct 307

Rigaud (.1.).

Le chAtcau do Vorwitlles du cftte de la TcrraHuc I . . 114 Vue du la chancll. de Vcr*ail)o* 431

Robert (Nicolas), peintre et graveur. 1610?-188i?.

L'ŒtUet ». 184

Roullet (Jean-Lonll), graveur. 1646-MM.

Jean-Unpti»tc Lully 489

Rousseaux (B.), graveur. Dix-neuvième siècle.

Portrait de M"1* do Sérlgno 223

Rousselet (Gilles), graveur. 16101086.

LaJfiuigue 475

Rubens (Pierre-Paul), cintre. 1877-1640.

La régence de Mario do MddlcU « SM

Rugendas (Gteorgee-FbJiippe) , peintre et jn-aveur. 1606-1742.

Lté Riinieur» de la guenr 448

Commandement militaire 449

vin LISTE ALPHABÉTIQUE DES PEINTRES, SCULPTEURS, ETC.

Pages.

Saint-Jean (J.-B. de), peintre. Dix-septième siècle.

Homme do qualité jouant de la basse de viole .... 483 Dame de qualité en déshabillé 559

Scotin.

Conseil de régence d'Anne d'Autriche 303

Silvestre (Israël), dessinateur et graveur. 1621-1691.

Entrée de Louis XIV aux Tuileries * . . 406

Vue du Louvre du côté de la rivière 411

Tour nord-est du Louvre 420

Simonneau (Charles), graveur. 1645-1728.

Vette de V 'amphithéâtre anatomxgw construit sous le règne de Louis -II- Grand 29

Stella (Jacques Van der Star dit), peintre. 1596-

La Bascule , 361

Thierry (Jean), sculpteur. 1669-1739 .

Leda, statuette 399

Tomassin (Simon), graveur. 1652-1732.

Tierre Corneille ....* 283

Trouvain (Antoine), graveur. 1C56-1708.

Madame la duchesse de Bouillon en déshabillé .... 560

Pages.

Troy (Jean-François de), peintre. 1679-1752.

Conseil de régence d'Anne d'Autriche . 303

MIUC de Miramiou 469

Van der Meulen (Antoine-François), peintre.

Château neuf de Saint-Germaïn-en-Laye ** . Frontispice

La reine se rendant à Fontainebleau * 302

Officiers supérieurs faisant nue ronde 362

Veut du chasteau de Versailles 423

Van Lochom (Michel), dessinateur, graveur et éditeur. Première moitié du dix-septième siècle.

Frontispice de la Mort de César 279

Van Schuppen (Pierre), peintre et graveur. 1623-...

Madame Deshoulières ...»

Vignon (Claude), peintre et graveur. 1594-1670.

Frontispice â'Antigonc . 273

Vivien (Joseph), peintre. 1657-1734.

François de Salignac de Lamothe-Fénelon 227

Vouet (Simon), peintre. 1590-1649.

Déposition de croix 343

Tauncau décoratif, d'après Simon Vouet 551

Fx-outisjiicc dos llommçs illustres de Perrault; d'après la gravure de G. Edclinck (1696-1700).

SCIENCES

Mathématiques. — Algèbre et géométrie. — Astronomie et astrologie. — Mécanique. — Hydraulique. — Génie civil et militaire. — Philosophie. — Physique. — Minéralogie. — Histoire naturelle. — Botanique. — Chimie et alchimie. — Médecine et chirurgie.

la fin <lu seizième siècle, les sciences étaient cultivées avec succès en Italie, en Angleterre, en Allemagne et aux Pays- Bas, où les savants trouvaient des sympathies et des encouragements; niais le mouvement scientifique avait été suspendu eu France depuis les troubles politiques, et les guerres civiles semblaient absorber ^S^s^w^^mr^^TS^i toutes les forces intelligentes de la nation. Il y avait encore sans doute des esprits supérieurs qui s'adonnaient aux sciences dans la retraite et qui se consolaient ainsi, en silence, des misères du temps, mais leurs travaux et leurs découvertes restaient ignorés ou ne rencontraient que dédain et indifférence. Cependant la Faculté des arts et la Faculté de médecine avaient continué leurs cours publics, devant un bien petit nombre d'écoliers, il est vrai, même durant le long siège de Paris, et le Collège Royal, dont les lecteurs

XVII1' SIÈCLE. — SCIKNCK8. — 1

XVIIe SIÈCLE. —

royaux ne reçurent pas d'émoluments jusqu'à la rentrée de Henri IV dans sa capitale, n'avait jamais fermé ses portes et laissé toutes ses chaires vides, dans les plus mauvais jours de la Ligue.

La chaire de mathématiques était alors occupée par Henri de Monantheuil, qui avait succédé à son maître, l'illustre Pierre Ranms, victime de la Saint-Barthélemy. Cette chaire eut toujours plus d'éclat que les autres, « d'autant que les mathématiques, dit un factum universitaire de l'époque, sont sciences royales et de tous temps estimées très belles et très nécessaires. » Malgré le mérite réel de Monantheuil qui fut en grande faveur auprès du roi, ce n'était pas lui qu'on pouvait regarder comme le premier mathématicien du temps de Henri IV ; ses collègues Maurice Brassieu et Jacques Aleaume, qui eut un logement dans la galerie du Louvre, ne devaient pas, non plus, être comparés à François Viète, qui avait donné au monde savant, dès 1579, son célèbre Canon mathematicus.

Viète était maître des requêtes au Conseil du roi et non mathématicien de profession, mais il avait une telle passion pour les mathématiques, qu'il passait souvent trois jours de suite dans son fauteuil à résoudre un problème de géométrie ou d'algèbre, en se refusant le sommeil et en oubliant de prendre ses repas. Avant lui, l'algèbre n'était qu'un art ingénieux, borné à la recherche des nombres; Viète, le premier, résolut les questions géométriques par l'analyse algébrique; il inventa aussi une règle pour extraire la racine de toutes les équations arithmétiques, et, en donnant à l'algèbre une nouvelle forme extrêmement simplifiée, il découvrit l'art de trouver des quantités, ou des racines inconnues, par le moyen des lignes, ce qu'on appelle encore construction géométrique. Son Isagoye, qui contient ses découvertes dans l'algèbre, parut en 1591, et l'auteur l'a daté de la seconde année du règne du roi très chrétien Henri IV. Plusieurs mathématiciens éminents, tels que Salomon de Caus, Nicolas de Chastillon, JeanErrard; etc., qui s'étaient signalés dès cette époque, se consacrèrent de préférence à la science hydraulique, à l'art de l'ingénieur, à l'architecture civile et militaire.

Les mathématiciens ne firent pas défaut, sous le règne de Louis XIII,

SCIENCES

à la chaire de Ramus, où l'on vit se succéder Jacques Martin, Pierre Bertius, Jean-Baptiste Morin, Gilles Personne de Roberval, Jean Stella, et le plus fameux de tous, Pierre Gassendi. Plusieurs de ces lecteurs et professeurs royaux n'étaient pas Français. Mais on ne manquait pas de savants en dehors du Collège Royal : Fabry de Peiresc, conseiller au parlement de Provence, entretenait des correspondances avec les grands mathématiciens de l'Italie, de l'Angleterre et de la Hollande; Pierre de Fermât (1601-1665), conseiller au parlement de Toulouse, était aussi en rapport avec les mathématiciens français et étrangers, qui le considéraient comme le meilleur géomètre de son temps : il eut la première idée du calcul différentiel; il partagea avec Pascal l'honneur de l'invention du calcul des probabilités, et il alla plus loin que ses rivaux dans la théorie des nombres : « M. Frenicle m'a donné depuis quelque temps l'envie de découvrir les mystères des nombres, écrivait-il à Roberval ; c'est en quoy il me semble qu'il est extrêmement versé. » Libri a dit de Fermât : « 11 savait des choses que nous ignorons ; pour l'atteindre, il faudrait des méthodes plus perfectionnées que celles qu'on a inventées depuis... Un seul homme jouit de ce privilège unique de s'être avancé plus loin que ses successeurs, et cet homme, c'est Fermât. » Il fut un moment l'adversaire de Descartes, qu'il comprenait et admirait pourtant plus que personne.

René Descartes, né à la Haye de Touraine (1596), a été le génie le plus vaste du dix-septième siècle : il embrassa toutes les sciences à la fois et il y porta tour à tour le flambeau de sa merveilleuse intelligence. Dans la dernière année de ses études au collège de la Flèche (1612), il s'adonna aux mathématiques, pour lesquelles il manifestait des aptitudes extraordinaires, et il avait à peine dix-sept ans, que déjà il approfondissait l'algèbre et l'analyse des géomètres. Ce qui lui plaisait surtout dans l'étude des mathématiques, c'était l'évidence des axiomes, et il s'étonnait « dé ce qu'on n'eût encore rien bâti de plus relevé. » Dans ses voyages en Hollande et en Allemagne, il se lia d'amitié avec les plus célèbres mathématiciens qui l'engagèrent à donner carrière à ses conceptions : ainsi, il avait inventé, par le moyen d'une parabole , l'art de construire toutes sortes de pro-

XVIP SIÈCLE. —

blêmes, réduits à l'équation de trois ou quatre dimensions; il avait, en outre, imaginé d'appliquer l'algèbre à la géométrie des courbes.

Il se dégoûta pourtant des mathématiques qui lui paraissaient une science inutile, et il prétendait avoir oublié tout ce qu'il en avait appris. La géométrie n'eut plus d'attrait pour lui et il faisait profession de la négliger à ce point qu'il ne s'arrêtait plus à la solution d'un pro-

Fig. 1. — Frontispice île la PralUque de la Géométrie, Paris, 1690, par Sel). Leclerc.

blême, que pour satisfaire au désir d'un ami. Quand il publia en 1637, à la suite de son Discours de la Méthode, un essai de géométrie en trois livres, il avait dû se remettre à apprendre l'arithmétique. Sa Géométrie ne contenait pas moins beaucoup de choses qui avaient été ignorées avant lui : de toutes ses découvertes analytiques, celle qu'il estimait le plus et dont il était le plus fier, c'était une règle générale pour déterminer les tangentes des courbes : « De tous les problèmes que je connois en géométrie, dit-il, il n'en est aucun qui soit plus gé-

SCIENCES

néral et plus utile, et c'est de tous celui dont j'ai davantage désiré la solution. » Descartes s'était surtout servi des mathématiques pour édifier son système du monde et pour dévoiler les secrets de l'astronomie.

Biaise Pascal (1623-62), qui ne dirigea jamais ses études mathématiques vers des sphères aussi élevées, avait, dès l'âge de douze ans, deviné

Fig. 2. — Figure du même ouvrage, extrêmement rare, [a planche ajuntsans ilontc été penliie et remplacée ]>ar une autre Mans la plupart des exemplaires. (Communiqué par M. Meamne.)

les premiers principes de la géométrie; il composa un Kssa/ des sections coniques, et l'envoya à Descartes, don1 La renommée remplissait le monde savant et qui ne voulut pas reconnaître l'œuvre d'un écolier de seize ans dans ce traité excellent, qu'il attribuait au professeur Desargues. Deux ans après (1641), Pascal inventa une machine arithmétique, destinée à faciliter les opérations du calcul et qui remplacerait par tous les mouvements et les combinaisons des pièces mécaniques qui la composaient l'acte raisonné des supputations numériques : « N'ayant pas,

XVIIe SIÈCLE. — SCIENCES, LETTRES ET ARTS.

disait plus tard l'inventeur en dédiant au président Pierre Seguier cette machine perfectionnée, n'ayant pas l'industrie de manier le métal et le marteau comme la plume et le compas, et les artisans ayant plus de connoissance de la pratique de leur art que des sciences sur lesquelles il est fondé, je me vis réduit à quitter toute mon entreprise, dont il ne me revenoit que beaucoup de fatigue, sans aucun bon succès. » Cette machine, qui exécutait mécaniquement les quatre opérations fondamentales de l'arithmétique, était le triomphe de la mécanique appliquée. Pascal, dans sa correspondance avec Fermât, s'occupait, en se jouant, des questions les plus élevées de l'analyse géométrique ; il posa les bases du calcul des probabilités, que Fermât n'avait fait que lui indiquer; il trouva aussi en 1653 le triangle arithmétique et donna, en 1658, sur la roulette ou cycloïde , la solution des problèmes les plus difficiles, que les grands géomètres de ce temps-là, entre autres l'Anglais Wallis, n'avaient jamais pu résoudre. Mais, à partir de cette époque, il crut reconnaître que les sciences abstraites ne lui étaient pas propres et, comme il le dit lui-même : « Je m'égarois plus de ma condition en y pénétrant, que les autres en les ignorant. » Il se consacra dès lors exclusivement à la philosophie et à la religion. Pierre Gassendi, ainsi que Pascal, ne s'était livré avec passion à l'étude des mathématiques que pour s'en servir à pénétrer plus avant dans les sciences exactes en abordant les plus hautes questions de la physique et de l'astronomie, qui ne l'empêchaient pas de s'adonner avec la même ardeur aux sciences philosophiques.

On considérait les mathématiques comme l'introduction indispensable a toutes les sciences, et l'on voyait peu de savants qui se contentassent de n'être que mathématiciens. Ainsi Girard Desargues, de Lyon, qui n'avait peut-être pas de rival en géométrie, ne s'enfermait pas dans cette science qu'il possédait mieux que personne : il cherchait à imprimer aux conceptions de la simple géométrie une généralité qu'elle n'a reçue que longtemps après lui. C'est ainsi qu'il s'était tourné vers la science de la perspective, vers l'art du dessin et de la peinture, qui devinrent ses principales préoccupations. C'est au sujet de son premier ouvrage sur la perspective (1636) que

SCIENCES

Descartes écrivait au savant Père Mersenne : a La façon dont il commence son raisonnement en l'appliquant tout ensemble aux lignes droites et aux courbes est d'autant plus belle, qu'elle est plus générale, et semble être prise de ce que j'ai coutume de nommer la métaphysique de la géométrie, ce qui est une science dont je n'ai point remarqué qu'aucun autre se soit jamais servi, sinon Archimède. »

Rien n'est plus intéressant que ces correspondances permanentes qui s'échangeaient entre les savants de tous les pays et qui n'avaient pas d'autre objet que l'avancement de la science , quelle que

Fig. 3. — Astronomes sur la terrasse de l'Observatoire ; d'après une gravure de .Séb. Leclerc, tirée de la Mesure de la terre, pur Ticart, 1071. (Communiqué par M. Meaume.)

lût la position sociale de ces savants, la plupart mathématiciens : magistrats comme Peiresc et Fermât, gens d'église comme le Père Mersenne et Gassendi, professeurs comme J.-B. Morin, la Bire et Roberval, gentilshommes comme Descartes et Nicolas Frenicle de Bissy. Ces mathématiciens, il est vrai, n'étaient pas toujours en parfaite intelligence, mais ils se raccommodaient aussi vite qu'ils se brouillaient entre eux, après s'être mesurés sur le terrain de la science, qui leur servait souvent de champ clos. Ils ne formaient pas moins une espèce de famille, dans laquelle on parlait la même langue et où l'on se sentait animé des mômes aspirations. Aussi, lorsque Colbert fonda l'Académie des sciences, en 16G6, il la divisa en six sections, dont les mathématiques représentaient les trois premières sous les titres de géométrie, d'astronomie et de mécanique; or, sur vingt membres

XVIIe SIÈCLE. —

nommés à la fondation de l'Académie , il n'y avait pas moins de dix mathématiciens , et les premiers savants étrangers qui prirent rang parmi les académiciens français furent aussi des mathématiciens célèbres, le Hollandais Huyghens, le Danois Rœmer et le Saxon Leibniz.

Les mathématiciens étaient souvent jaloux de leurs découvertes et les tenaient cachées, pour en faire usage seuls. Leibniz avait inventé, avant Newton, un nouveau calcul différentiel, dont il ne révéla le secret et la méthode qu'en 1684. Frenicle avait également une méthode très ingénieuse pour résoudre tous les problèmes indéterminés sur les nombres. Cette méthode ne fat publiée qu'après sa mort, en 1675. Roberval, l'inventeur des courbes qui ont conservé son nom, eut aussi des méthodes qu'il cachait soigneusement, pour déterminer géométriquement les aires, les surfaces, et les solides, mais il eut le désagrément de voir paraître en 1635 la méthode, non moins sûre, de Cavalieri, avant d'avoir donné la sienne au public. Au surplus, il était bien rare qu'un mathématicien se bornât aux mathématiques. Un très bon géomètre, Mignot de la Voye, avait été reçu à l'Académie des sciences en 1666. Dès qu'il y fut, il publia un traité sur la musique et des observations sur les vers luisants des huîtres. En revanche, certains mathématiciens rapportaient toutes les sciences et tous les arts aux mathématiques. Un autre académicien, Joseph Sauveur, qui créa l'acoustique musicale, transforma, en 1678, les jeux de hasard en équations algébriques. Grâce à lui la bassette, la quinquenove, le hocca, le lansquenet furent soumis au calcul, et les avantages du banquier contre les joueurs se trouvèrent supputés avec justesse.

Parmi les mathématiciens de l'Académie qui restèrent fidèles aux mathématiques pendant leur carrière académique, il faut citer Philippe de la Hire, et son fils Gabriel-Philippe, Michel Rolle, Pierre Varignon, et l'illustre François de l'Hospital, marquis de Sainte-Mesme, auteur du fameux livre de Y Analyse des infiniment petits (1696), ouvrage excellent, « tout brillant de vérités inconnues à la géométrie ancienne, )) dit Fontenelle. On accusa ce grand mathématicien d'avoir eu l'adresse d'enlever à Jean Bernoulli, de Bâle, tout ce que ce savant géomètre avait amassé de connaissances sur le calcul différentiel. Avant la fin du

SCIENCES

dix-septième siècle, plusieurs bons académiciens, qui ne furent pas de l'Académie des sciences, se distinguèrent dans le professorat ou par leurs écrits : Claude-François de Challes, jésuite, était né à Chambér»y, mais il professa les mathématiques en France et publia à Lyon un Cours complet de mathématiques {Cursus seu Mundus mathematîcus, 1G74, 3 volumes in-folio) qui lui acquit une réputation européenne; Paul Hoste, un autre jésuite, ne composa pas moins de dix traités de mathématiques, destinés aux écoles militaires, et Jacques Ozanam, qui avait la singulière faculté de résoudre en dormant les problèmes les

Fig. 4. — L'Observatoire. Tête île page île l'ouvrage 'le Cossitii. Intitulé : lk Voriyim- < t du ;'/<»//■< > t'Aitroiiouii. ,

plus difficiles, fit paraître un grand nombre d'ouvrages mathématiques, qu'on réimprimait encore pour l'instruction de la jeunesse un siècle après l'époque OÙ il les avait rédigés pour ses élèves.

La plupart des mathématiciens du dix-septième siècle s'appliquèrent naturellement à l'astronomie et à la mécanique. Ils s'étaient contentés de s'occuper d'astrologie sous le règne de Henri IV, où il n'y eut pas d'astronomes dignes de ce nom. Mais, sous Louis XIII, les travaux et les découvertes de Kepler, de Scheiner et de Galilée excitèrent en France l'émulation des mathématiciens qui comprirent que la science astronomique avait d'autres destinées que de faire des horoscopes et de dresser des gnomons et des cadrans solaires, rendant qu'Ismaël Bouillaud travaillait à perfectionner le système sidéral de Kepler à l'aide d'hypothèses plus ingénieuses que justes, Peiresc et Gassendi, qui étaient en relation avec ( J al i 16e comme avec Kepler, et

, xvn« srfccuc. — sciences. — 2

XVIIe SIÈCLE. — SCIENCES, LETTRES ET ARTS.

qui suivaient avec intérêt la marche de leurs grandes découvertes, donnèrent l'élan à l'astronomie française.

Gassendi avait commencé par s'attacher à l'école de Copernic; il fit lui-même de bonnes observations astronomiques avec Claude Mydorge, qui employait sa fortune à fabriquer des instruments d'astronomie à l'aide desquels Gassendi observa, le 7 novembre 1631, le passage de Mercure sur le Soleil, tel que Kepler l'avait annoncé avant de mourir. L'année précédente, il avait écrit sur les parhélies, images du soleil réfléchies dans une nuée, un curieux ouvrage dans lequel il déclarait que la conjonction des astres n'avait aucune influence sur le sort de l'humanité : « Si nous devons être heureux ou malheureux, disait-il, nous le serons sans parhélies et sans comètes. »

Descartes, qui s'intéressait vivement à l'astronomie, sans oser y porter tout l'effort de son génie, paraissait incliner, au contraire, vers l'astrologie : « La connoissance de l'ordre des étoiles dans le ciel, disait-il, est la clef et le fondement de la plus haute et plus parfaite science que les hommes puissent avoir touchant les choses matérielles, d'autant que par son moyen on pourroit connoistre h priori toutes les diverses formes et essences terrestres. » J.-B. Morin, qui se déchaîna avec une sorte de fureur contre Galilée et Gassendi, ne dissimulait pourtant pas sa passion pour l'astrologie, tout en publiant de gros ouvrages d'astronomie écrits en latin, dans lesquels il se posait comme le premier astrologue et le premier astronome de la France.

Gassendi découvrit en 1642 les neuf satellites de Jupiter, tandis que Morin ne fit aucune découverte réelle, après avoir annoncé solennellement, en 1634, qu'il avait trouvé le secret de tracer les longitudes terrestres et célestes. La France eut enfin un grand astronome, Dominique Cassini (1625-1712), qui, né près de Nice, avait étudié d'abord l'astronomie en Italie et s'y était rendu célèbre, à l'âge de vingthuit ans, en créant le nouveau gnomon de l'église Saint-Pétrone à Bologne , de manière à donner toutes les hauteurs du soleil durant l'année. Il étudia les mouvements irréguliers des comètes, découvrit quatre des

SCIENCES

satellites de Saturne, fit servir les éclipses du soleil à déterminer les longitudes, et prouva invinciblement, par l'examen des taches fixes du

Fip. 5. — L'Olwcivatoirc visiti- pu Louis XIV; il'aprrs une uravurc rte Scliastien Lcclorc.

soleil, que cet astre tournait sur son axe. Il tut appelé en France par Colbert KiG8) qui venait de fonder l' Académie des sciences, <( et le roi, dit Foutenelle, le reçut et comme un homme rare et comme un étranger qui quittoit sa patrie pour lui. » C'est Dominique Cassini qui traça le

XVIIe SIÈCLE. —

plan de l'Observatoire que Louis XIV faisait construire â Paris ; c'est à lui qu'on doit la véritable théorie du soleil, ainsi qu'une foule de découvertes qui agrandirent le domaine de l'astronomie ; il publia les épliémérides des satellites de Jupiter et nombre d'admirables observations, qu'il aurait poursuivies jusqu'à ses derniers jours, s'il n'eût perdu la vue, un an avant sa mort.

Il avait travaillé à la mesure du méridien de Paris, que Jean Picard , un des premiers membres de l'Académie des sciences, commença en 16G9. Ce savant astronome avait eu l'idée d'appliquer le télescope au quart de cercle astronomique. Picard avait trouvé que le degré du méridien était de 57,095 toises; le fils du grand Cassini, Jacques Cassini, corrigea ces calculs et trouva que la grandeur moyenne du degré devait être de 50,960 toises. Il fut donc chargé, avec son collègue l'académicien Philippe de la Hire, de continuer la méridienne, qui était poussée en 1683 jusqu'au pied des Pyrénées. Philippe de la Hire, que son génie naturel portait à s'attacher à toutes les branches des sciences mathématiques, se fit connaître comme astronome par ses excellentes tables du soleil et de la lune ; il imagina aussi des méthodes plus faciles pour le calcul des éclipses : une machine de son invention, aussi simple qu'ingénieuse, mue par un mouvement de pendule, servait à montrer les éclipses passées et futures. Il composa ensuite des tables astronomiques pour toutes les planètes. Les progrès de l'astronomie avaient amené de grands perfectionnements dans la fabrication des télescopes et des instruments astronomiques. Adrien Auzout eut la première idée d'appliquer le télescope au quart de cercle mural pour observer le passage des astres, et il inventa le micromètre à fil mobile pour mesurer les diamètres apparents des corps célestes.

La mécanique, au point de vue de la théorie, était d'autant plus estimée qu'elle tient essentiellement' à différentes parties des mathématiques, mais on regardait comme des ouvriers ceux qui l'appliquaient à la construction des machines. Ainsi Salomon de Caus , originaire de Normandie, ne trouvant pas dans sa patrie l'emploi de son génie pour la mécanique qu'il avait apprise dans les écrits d'Archimède, d'Euclide et de Vitruve, alla se mettre au service du prince de Galles en Angle-

SCIENCES

terre, et plus tard il devint l'ingénieur et l'architecte de l'Électeur palatin. Il excellait surtout dans l'art hydraulique. Son beau livre intitulé : Les Raisons des forces mouvantes, qu'il publia d'abord à Francfort en 1615, mais qu'il dédia au roi Louis XIII, décrit diverses machines, tant utiles que plaisantes, qu'il avait inventées et exécutées à l'étranger : on lui a même attribué la pompe de la Samaritaine, la première machine qui fut construite à Paris pour faire monter l'eau de la Seine et pour la distribuer dans le quartier du Louvre.

Fig. 0. — Observations astronomiques et physiques faites en l'île de Cayenne par M. Hielier; d'ftpcëf BM>< Lecleir.

On peut croire que les bons ingénieurs mécaniciens manquaient en France sous le règne de Louis XIV, puisque Colbert, après avoir vainement consulté les ingénieurs français sur les moyens de faire arriver à Versailles assez d'eau pour alimenter les réservoirs du château et des jardins, eut recours à un gentilhomme liégeois, le baron Arnold de Ville, et à un charpentier de Liège, nommé Rennequin Sualem, qui se chargèrent de construire la machine de Marly (1G75-82), afin d'élever les eaux de la rivière jusqu'à la terrasse de Saint-Germain.

Il y avait pourtant alors, dans le couvent des Carmes de Lyon, un mécanicien bien habile, Sébastien Truchet, dont la renommée était venue aux oreilles de Colbert, quand on voulut faire réparer deux* montres à répétition, les premières qu'on eut vues à la cour de France, et qui avaient été données à Louis XIII par le roi d'Angleterre Charles II. Ce religieux fabriqua de ses mains plusieurs ouvrages de mécanique qui firent l'admiration de ses contemporains,

XVII" SIÈCLE

entre autres des tableaux en relief, dans lesquels un grand nombre de petits personnages semblaient s'animer et se mouvoir à la fois.

Parmi les nombreux mathématiciens qui appliquèrent leur science aux travaux publics, civils et militaires, il faut se borner à citer les plus habiles et les plus célèbres. Quelques-uns , comme ceux qui travaillèrent à l'établissement du canal de Briare, sous le règne de Henri IV, ne sont connus que par leurs oeuvres et l'histoire n'a pas même enregistré leurs noms. On sait que Jacques Androuet du Cerceau et Guillaume Marchand furent, à cette époque, les constructeurs du Pont- Neuf, qui passa longtemps pour le plus beau pont qu'on eût jamais construit, mais on ne sait pas quels étaient les ingénieurs auxquels on doit d'autres ponts non moins remarquables, et tant d'aqueducs, de fontaines, d'égouts et de routes, qui existent encore et qui remontent au temps de Henri IV et de Louis XIII. Il n'y avait pas de jardin royal ou aristocratique qui ne fût orné de ces jeux d'eau merveilleux que Salomon de Caus avait inventés et que Le Nôtre ne fit qu'imiter et multiplier dans les maisons royales de Louis XIV.

Le plus fameux ingénieur de la navigation alors fut Paul de Riquet, seigneur de Bonrepos, qui entreprit le canal du Languedoc, sous les auspices de Colbert, et qui y consacra toute sa fortune. Quant aux ingénieurs militaires, qui succédèrent à Errard et à Chastillon et qui perfectionnèrent les procédés scientifiques de ces créateurs de la fortification et de la poliorcétique modernes, nous trouvons d'abord le jésuite Georges Fournier (1595-1652) et le comte de Pagan (1601-1665) ; puis Antoine de Ville (1596-1657), le premier qui ait écrit sur la construction et l'effet des mines dans les sièges; Beaulieu, ingénieur du roi; enfin l'illustre Vauban, qui inventa les parallèles, les cavaliers de tranchée, le tir à ricochet, etc., et qui fortifia plus de trois cents places de guerre. On ne peut oublier Manesson Mallet (1630-1706), maître de mathématiques des pages du roi et auteur des Travaux de Mars et d'une' Description de l'univers, qu'il composa pour ses élèves, curieux ouvrages remplis d'une quantité de figures et de plans qu'il avait dessinés lui-même.

Les grands philosophes et les grands physiciens du dix-septième

.artl, lilh Imp FDidatftC'*P«ri

LA JONCTION DbS DEUX MERS 1667

PEINTURF DE LEBRUN fRACMENT DE LA GRANDE GALERIE DE VERSAILLES.

SCIENCES

siècle sont encore des mathématiciens. Au commencement de ce siècle, il n'y avait pas encore d'autre philosophie, ni d'autre physique, que celles d'Aristote, qu'on enseignait seules dans les universités. Quiconque s'écartait des doctrines aristotéliques ou bien osait les combattre était considéré comme un fou. Ainsi Bernard de Palissy, ce génie natif et primesautier qui ne devait presque rien à la science des écoles et des livres, passa pour un rêveur et pour un esprit malade, lorsqu'il fit en 1575 des cours publics à Paris, dans lesquels il émit pour la première fois des idées nouvelles sur certains points de la physique, notamment sur l'origne des coquilles fossiles, et sur la véritable cause des fontaines ou sources jaillissantes.

La physique et la philosophie restèrent donc dans la vieille routine jusqu'à Gassendi, qui en sortit, grâce à l'influence de Galilée qu'il écoutait comme un oracle, grâce aussi aux doctes excitations de ses amis Peiresc et le Père Mersenue. « La philosophie qui s'enseigne dans les universités, dit-il dans une lettre à Reneri, est une philosophie de théâtre, dont un homme de cœur ne sauroit s'accommoder, llien n'est moins digne du grand nom de philosophie, que ce qu'on désigne ainsi maintenant. La vraie philosophie se trouve réfugiée sous le toit de quelques particuliers qui la pratiquent à l'ombre et dans le silence. »

Gassendi n'osa pourtant pas s'attaquer publiquement à la physiquo et à la métaphysique d'Aristote. Il avait prétendu remettre en honneur le système d'Epicure et il composa un ouvrage sur ce philosophe grec : « Je suis plongé dans la physique d'Epicure! » écrivait-il à Gabriel Naudé, en 1G32. Aussi Campanella, qui l'estimait beaucoup, cherchait-il à le dissuader de poursuivre ce travail ingrat et inutile : « Je vous félicite, lui écrivait-il, d'avoir dissipé les nuages de l'Aristotélisme, mais je suis fâché de vous voir vous enfermer dans les ténèbres d'Epicure. » Gassendi lit pourtant des découvertes intéressantes en physique. Dès l'année 1640 il avait répondu par des expériences décisives aux philosophes de l'école Aristotélienne, qui soutenaient que la terre était immobile; il démontra que le mouvement de la terre, étant admis la chute des corps graves, ne pouvait se faire dans laver-

XVIIe SIÈCLE. —

ticale. Il fut pendant vingt-cinq ans en hostilité avec J.-B. Morin* son ancien ami, sur cette question qui les passionnait l'un et l'autre. Lorsque Galilée se trouvait aux prises avec le tribunal de l'Inquisition, Descartes n'hésita pas à déclarer que ce grand homme n'avait rien écrit qui ne méritât d'être approuvé ; la condamnation de ce savant physicien le consterna, mais il lui écrivit que son rôle, comme chrétien, était de se soumettre et de se résigner.

C'est Descartes qui fut le vrai créateur de la philosophie en France. Il établit pour premier principe de n'admettre comme vrai que ce qui paraîtrait évident, et il forma ainsi un enchaînement de connaissances certaines, qui lui servirent à faire une méthode à l'aide de laquelle il put arriver aux principales vérités philosophiques. Ses études et ses méditations le conduisirent aux questions les plus ardues de la physique. Il créa ensuite un nouveau système du monde, en commençant par prouver l'existence de Dieu et de l'âme. Il fonda la physique sur les lois générales du mouvement, et il soutint que l'univers se composait d'une infinité de tourbillons, dont les étoiles fixes étaient, selon lui, les centres.

Ce système ne fut adopté que par un petit nombre de philosophes et de physiciens : il eut pour contradicteurs Huct et Duhamel ; mais Gassendi, Ivohault et Régis en furent les défenseurs. Le Père Malebranche renchérit encore sur les idées de Descartes en les développant. Ce fameux système, qui eut tant .de partisans parmi les personnes de la société lettrée, avait été exposé dans les Principes de philosophie, que Descartes fit paraître à Amsterdam en 1G44. Dans son traité des Météores, publie quatre ans auparavant, il n'avait parlé que des corps terrestres, des vapeurs et exhalaisons, des vents, des nues, de la pluie, de la neige,' de la grêle, des tempêtes, de la foudre, de l'arc-en-ciel , etc. Si opposée que fût cette philosophie à celle des écoles universitaires, Descartes s'appliquait à rassurer les esprits qu'elle pouvait troubler : « J'ai tâché, disait-il, d'expliquer toute la nature des choses matérielles , de telle manière que je n'ai absolument posé aucun principe qui n'ait été admis par Aristote et par tous les autres philosophes des siècles précédents, en sorte que la philosophie que je

SCIENCES

viens de proposer, loin d'être nouvelle, comme elle paraîtra peut-être sur les apparences, peut passer pour la plus ancienne de toutes celles qu'on ait jamais introduites dans le monde, et pour la plus vulgaire qu'on y ait enseignée. ))

Peut-être s'abusait-il lui-même, comme ses admirateurs s'abusaient aussi sur la portée de ses principes de physique. Le Père Mersenne déclara qu'il avait toujours eu une grande idée de la philosophie de Descartes et que Dieu puissant lui avait versé des lumières particulières pour découvrir les vérités éternelles. Le cardinal Mazarin partagea l'admiration générale et fit accorder à l'auteur du Discours de la Méthode une pension de mille écus, « en considération de ses grands mérites et de l'utilité que la philosophie et les recherches de ses longues études procuroient au genre humain, comme aussi pour l'aider à continuer les belles expériences qui requeroient de la dépense. » Plusieurs princes étrangers se disputaient l'honneur de le posséder dans leur cour; la reine Christine de Suède l'attira enfin auprès d'elle en manifestant le désir de devenir sou élève. C'est à Stockholm que ce grand homme mourut, à l'âge de cinquante-quatre ans, le 11 février 11)50.

D'autres savants français s'étaient déjà avancés dans la voie scientifique qui leur fut ouverte par Descartes. Dès 1644, le Père Mersenne avait dit que les expériences de l'italien Toricelli lui donnaient à penser « que le vide n'étoit pas une chose impossible et que la nature ne le fuyoit pas avec tant d'horreur que plusieurs se l'imaginent. » D'après le conseil de Descartes lui-même, Pascal fit diverses expériences de physique, qui lui prouvèrent non seulement que le vide n'était pas impossible, mais encore, « que la nature n'a aucune horreur pour le vide. » C'était la découverte de la pesanteur de l'air ; c'était le point de départ de la science barométrique. Depuis le commencement du siècle, bien des expériences avaient été faites sur les qualités de l'air froid et de l'air chaud, par conséquent sur la puissance de la vapeur, que Salomon de Caus étudia et peut-être appliqua un des premiers. On trouve, en effet, dans le premier livre de son ouvrage les Raisons des forces mouvantes, le théorème de l'expansion et de la condensation de la vapeur, c'est-à-dire le véritable secret des ma-

xvne sikclk. — wnxcaa. — 3

chines à vapeur, énoncé en ces termes : ce Les parties des éléments se meslent ensemble pour un temps, puis chacun retourne en son lieu. » De Salomon de Caus il faut aller à Denis Papin, né à Blois en 1647, pour rencontrer une application effective de la grande découverte que le premier avait proclamée en 1615.

Papin, qui cherchait surtout les moyens pratiques de tirer parti de cette découverte, fit divers essais plus ou moins incomplets pour obtenir une machine à feu, avec un piston, dont le mouvement alternatif de va-et-vient devait servir à la transmission d'une force ascendante et descendante. Il présenta sa machine, en 1687, à la Société royale de Londres, et il la décrivit dans un Recueil de diverses pièces touchant quelques nouvelles machines, publié à Cassel en 1695. Il avait fait paraître, quatorze ans auparavant, un traité sur la Manière d'amollir les os, au moyen d'un digesteur ou marmite autoclave, qui prouvait que la température de la vapeur, concentrée en vase clos, s'élève rapidement et peut produire des effets extraordinaires. Denis Papin fut donc le véritable inventeur des machines à vapeur.

Les autres physiciens se bornaient à la théorie pure et à la démonstration scientifique. Jacques Rohault (1620-1675), dans son admirable Traité de physique, ne fit qu'élucider et populariser les systèmes de Descartes : « J'ay pris, dit-il, dans sa préface, j'ay pris d'Aristote toutes les notions générales, soit pour l'établissement des choses naturelles, soit pour ce qui regarde leurs principales propriétés... J'ai recueilli encore plusieurs vérités des plus illustres philosophes modernes , mais celui qui a le plus contribué à la composition de cet ouvrage est le célèbre Descartes, dont le mérite fera avouer à tout le monde que la France est du moins aussi heureuse à produire et à élever de grands hommes dans toutes sortes de professions, que l'a été l'ancienne Grèce. )) Cependant le cartésianisme perdait tous les jours du terrain à l'Académie des sciences, où les physiciens, comme Guillaume Amontous, se préoccupaient surtout d'inventer et de construire des machines et des instruments de physique. Quant à J.-B. Duhamel, simple curé de campagne, puis secrétaire perpétuel de l'Académie, versé dans toutes les sciences mathématiques, il s'efforçait de rester

SCIENCES

équitable et impartial entre tous les partis, et ses livres n'avaient pour objet que l'accord de l'ancienne et de la nouvelle philosophie.

Les sciences mathématiques n'avaient aucun rapport direct avec les sciences naturelles , et cependant les véritables savants se laissaient captiver par tous les aspects de la science en général, tant ils redoutaient d'avoir quelque chose à ignorer. Ils suivaient en cela l'exemple d'Aristote, leur maître unique, qui avait embrassé avec son génie universel toutes les parties du domaine philosophique. Il ne faut pas s'étonner que les sciences naturelles fussent beaucoup moins avancées et moins cultivées en France, à la fin du seizième siècle, qu'elles ne l'étaient en Italie, en Angleterre et dans les Pays-Bas. L'antique Université de Paris, qui était toujours l'arbitre souverain de l'enseignement, se contentait, à cet égard, de ce qu'elle trouvait dans Aristote et dans Pline. C'étaient les médecins qui s'occupaient presque seuls de l'histoire naturelle, et leurs connaissances sur ce point étaient fort restreintes et assez vagues. Cette belle science fut donc bien négligée jusqu'à la création de l'Académie des sciences, en 166G.

Il n'y avait pas d'autres minéralogistes que des alchimistes et des chimistes, pas d'autres naturalistes que des voyageurs, et la plupart de ces voyageurs étaient des missionnaires, des jésuites, qui, en prêchant la religion catholique dans des pays presque inconnus, n'oubliaient pas d'en étudier les productions naturelles. Quelques curieux, comme Peiresc à Aix, avaient déjà formé des cabinets d'histoire naturelle où les trois règnes de la nature étaient représentés par des essais de collection plus ou moins complète. Bernard de l'alissy, qui, dès le temps du roi Charles IX, s'était mis à la recherche des fossiles, des coquilles et des minéraux, avait sans doute une collection de cette espèce. Le baron de Beausoleil, alchimiste convaincu, qui chercha la pierre philosophale jusqu'à sa mort, de concert avec sa femme Martine de Berthereau, avait fait d'importantes découvertes minéralogiques, dont il ne profita pas, puisqu'il mourut dans les cachots de la Bastille en 1G43 puais sa femme avait publié auparavant un des ouvrages qu'ils avaient composés ensemble : Déclaration des trésors

nouvellement découverts en France (Paris, 1632, in-8°). Deux siècles avant que Cuvier eût retrouvé sous terre les preuves du déluge universel et les débris des animaux primitifs, un nommé Masuyer découvrit en Dauphiné (1613) les ossements d'un géant qu'il prétendait être, d'après une inscription romaine, Teutobochus, roi des anciens Celtes : les savants, les anatomistes surtout, examinèrent ces ossements gigantesques, et le médecin Riolan constata, par Fanatomie comparée, que le prétendu géant n'avait été qu'un grand animal antédiluvien.

Ce fut là un premier pas dans l'étude des animaux. Gassendi se passionna aussi pour l'histoire naturelle, et lorsqu'il annonça qu'on avait trouvé dans l'île de Java un animal ou plutôt une créature qui ressemblait à l'homme et qui était un être intermédiaire tenant à la fois de l'homme et de la bête, personne n'ajouta foi à cette révélation extraordinaire; mais Peiresc, qui était en correspondance avec les naturalistes de la Hollande et de l'Angleterre, produisit, à l'appui de la dissertation de Gassendi, la lettre d'un médecin hollandais, dans laquelle on lisait la première description du grand singe d'Afrique , qu'on appela d'abord le Pongo et qui longtemps après fut appelé le Quimpezes.

Les cabinets d'histoire naturelle se multiplièrent en France. Nicolas Marchand avait créé celui de Gaston, duc d'Orléans; l'abbé Bourdelot, médecin de Louis XIII, qui publia des Reclierclies sur la vipère, avait aussi une collection. Mais l'histoire naturelle n'en restait pas moins dans la routine ; ce fut à l'Académie des sciences qu'elle dut son apparition en France. Cette académie , qui comptait dans son sein, à sa création , Nicolas Marchand et plusieurs médecins anatomistes et naturalistes, reconnut bientôt qu'Aristote et Pline étaient bien en retard en fait d'histoire naturelle et que les modernes , qui n'avaient fait que paraphraser leurs livres, se trouvaient aussi arriérés que les anciens. On décida donc qu'on dresserait des mémoires sur l'histoire naturelle des animaux d'après des dissections exactes et minutieuses. C'est à la suite d'une de ces dissections que Claude Perrault, qui avait déjà composé plusieurs beaux mémoires, fut empoisonné par les

SCIENCES

exhalaisons putrides d'un chameau mort, qu'il avait voulu étudier (1688). On rassemblait ainsi de toutes parts et de toutes mains les éléments de la science nouvelle, qui devait préparer, en quelque sorte, les grands ouvrages de Réaumur et de Buffon. Mais les naturalistes s'intitulaient alors curieux de la nature, et ils s'attachaient surtout, comme ceux que l'abbé Bourdelot réunissait dans ses conférences académiques, à rechercher les singularités et les curiosités de l'histoire naturelle.

Flg. 7. — Vue du Jardin du Roi; d'après le frontispice des F.U'nicnts île Botanique de J. Pitton de Tournefort, Taris, 1694, I! vol. iu-8", 451 planches.

On peut dire cependant que la botanique fit des progrès sûrs et réels dans le cours du dix-septième siècle, où les plus doctes botanistes furent des voyageurs. Dès le règne de Henri III, Joseph Dalechamps avait écrit en latin une histoire générale des plantes, sans s'astreindre à copier aveuglément Théophraste, Pline et Dioscoride; mais, sous Henri IV, Richer de Belleval, le créateur du jardin des plantes de Montpellier, substitua l'éttide des plantes elles-mêmes aux indications fournies par les livres des anciens. Les deux ouvrages

22 XVIIe SIÈCLE. — SCIENCES, LETTRES ET ARTS.

descriptifs qu'il fit paraître sur les plantes du Languedoc annoncèrent la rénovation complète de la science botanique. Olivier de Serres, encouragé, protégé par le roi et son premier ministre Sully, s'était borné à mettre à la portée de tout le monde les connaissances personnelles qu'il avait recueillies dans la pratique de l'agriculture. Guy de la Brosse, médecin du jeune Louis XIII (tous les botanistes étaient médecins), et fils d'un médecin de Henri IV, eut l'honneur d'établir, à ses frais, un jardin des plantes à Paris , sur un terrain qu'il avait acheté près de l'abbaye de Saint- Victor. Ce jardin, déjà rempli de plantes rares, il le donna au roi, qui voulut le consacrer, en 1626, à l'instruction des étudiants en médecine.

En 1640, Guy de la Brosse commença à faire la démonstration des plantes, dans ce jardin qu'il avait créé et qui devint la grande école de la botanique expérimentale. Trois chaires publiques y avaient été fondées pour enseigner les vertus des plantes, les principes de leur composition et leurs différentes préparations médicinales. François Vautier, médecin de Marie de Médecis, devenu surintendant du jardin des plantes, ne laissa qu'une seule chaire à la Botanique, et attribua les deux autres â l'enseignement de l'anatomie et de la chimie. On avait , il est vrai, annexé au Jardin royal une ménagerie d'animaux vivants et un cabinet d'histoire naturelle. Gaston, duc d'Orléans, eut aussi, dans son château de Blois, un jardin des plantes, que d'habiles médecins botanistes, Nicolas Marchand, Laugier, Brunier et Morisson, avaient mis en état de rivaliser avec le Jardin royal de Paris.

Ces jardins scientifiques étaient enrichis de plantes nouvelles que les voyageurs y apportaient de tous les points du globe. Le Père Plumier, religieux minime, qui fit trois voyages botaniques dans le nouveau monde et qui mourut en 1704, au moment où il allait entreprendre le quatrième, décrivit à lui seul plus de plantes que tous ses prédécesseurs n'en avaient décrit, et se préoccupa constamment de grouper ces plantes dans un nouveau système de classification générique. Il appartenait à Pierre Magnol, médecin de Montpellier, de ranger les plantes par groupes naturels, qu'il appelait familles, et de jeter ainsi les bases du fameux système élevé par Antoine de Jussieu. Mais ce

SCIENCES

fut Joseph Pitton de Tournefort, né à Aix (1656-1708), qui, sans détruire les groupes naturels que Magnol avait combinés, imagina une méthode immédiate de classement ou plutôt de reconnaissance, laquelle, fondée sur la forme de la corolle des fleurs, conduisait aisément

I'ig. 8. — Planche tirce des Eléments de Botanique de J. Pittoa de Tournefort. Paris, 1694, 3 vol. in-8».

à l'indication du nom de la plante qui les produisait. Cette ingénieuse nomenclature caractérisait les genres et déterminait leur division. Le système de Tournefort, que celui de Linné ne devait pas surpasser, a dominé la science pendant plus d'un siècle. Cet illustre botaniste, qui ne publia son premier livre {Éléments de botanique) (m'en 1694, s'était préparé, par de longues pérégrinations dans la France méri-

XVIIe SIÈCLE. —

dionale, à composer tous ceux qu'il fit imprimer à l'Imprimerie royale jusqu'à sa mort. Louis XIV l'envoya, en 1700, faire un voyage d'histoire naturelle dans le Levant. Tournefort en rapporta 1,356 plantes nouvelles habilement décrites, outre dix mille espèces qui vinrent augmenter les collections du Jardin du Roi. Il professait la botanique dans ce bel établissement , dont la direction lui fut confiée, et la médecine au Collège Royal, où la botanique n'avait pas de chaire spéciale. Il eut la satisfaction de voir sa méthode adoptée par les plus savants botanistes de l'Angleterre et de la Hollande, mais un de ses meilleurs élèves, Sébastien Vaillant, qui lui succéda au Jardin du Roi, devait attaquer cette méthode, en ajoutant à la science les premières données sur le sexe des plantes. Les autres botanistes contemporains, François Poupart, Pierre Blondin, Guillaume Nissole, etc., étaient plutôt des collecteurs de plantes, et des faiseurs d'herbiers, que des démonstrateurs et des professeurs intelligents : ils ne s'attachaient qu'à rechercher quelques particularités curieuses de la botanique.

Si la plupart des médecins regardaient la botanique comme une des branches de la médecine, ils comprenaient aussi les opérations de la chimie dans l'étude de la matière médicale. Mais, au dix-septième siècle, les chimistes n'étaient encore que des alchimistes, qui, en cherchant le moyen de faire de l'or ou après l'avoir cherché en vain, essayaient de soumettre la médecine à une application capricieuse de la chimie. De là tant de médecins chimistes, qui se formaient euxmêmes dans leur laboratoire et qui pouvaient rencontrer quelques heureuses combinaisons chimiques, en cherchant à composer des remèdes secrets, qu'ils vendaient aux malades, malgré l'interdiction que la Faculté de Paris s'efforçait de leur opposer. C'est ainsi que la chimie fut cultivée avec ardeur, et d'une manière occulte, par Harvet, Beaucinet et Joseph Duchesne, sous le règne de Henri IV. Ce Duchesne, sieur de la Violette, originaire de Gascogne, avait étudié en Allemagne chez les plus fameux chimistes ou alchimistes du pays. Il s'était fait une telle réputation dans la médecine chimique de l'école de Paracelse, que le roi l'appela auprès de lui et le nomma son médecin ordinaire ou plutôt extraordinaire, en 1593. Les travaux de ce charlatan ne se bornaient

SCIENCES

pas à la préparation des panacées et des remèdes chimiques, quoiqu'il eut composé un corps de doctrine pharmaceutique, que le célèbre Boerhaave recommandait encore à ses élèves un siècle plus tard : il avait essayé de donner une base à la chimie générale en fondant la théorie sur l'expérience. Il n'en fut pas moins très vivement attaqué par Jean Riolan, médecin de la reine, et la Faculté de Paris censura ses ouvrages ainsi que ceux des médecins chimiques, Harvet, Beaucinet et Mayerne Turquet.

Quelques alchimistes, comme le baron de Beausoleil, avaient été conduits à des découvertes importantes en métallurgie, mais ils négli-

Fip. 9. — Séance île l'Académie nu Jardin du Bol ; d'apivs Béb. LeolâTC. Tin des Wémptrtl POW Mi vif A l'histoire du i'I<in/,:i de Tlodnrt. 167«, in-f".

gèrent de les approprier à l'industrie des métaux. La chimie était doncune science secrète, pour ainsi dire, quoiqu'elle fût enseignée, au Jardin du Iloi et au collège Boyal, dans la chaire de médecine et de pharmacie. Moyse Charas en fut un des premiers professeurs; il avait une habileté reconnue pour composer la thériaque, et dans ses recherches sur les propriétés médicinales de la chair de vipère, il se guérit lui-même d'une morsure dè ce serpent venimeux en appliquant sur la plaie un peu de sel volatil de vipère : ce qui fit trouver chimiquement le principe de l'alcali. La chimie riait donc dans l'enfance et ne se dégageait pas encore des arcanes de l'alchimie; elle empruntait toutes ses formules aux ouvrages des chimistes allemands Bêcher, Kunkel et Stahl. Tout apothicaire avait au moins une teinture de

xvn" sita.E. — SCIKNTES. — 4

XVII" SIÈCLE

cette science qui permettait d'analyser et de décomposer les corps mixtes, pour les reformer de nouveau avec les mêmes principes. Lors de la création de l'Académie des sciences en 1666, on n'y admit d'abord qu'un seul chimiste, Pierre Borel, de Castres, qui avait été toujours entiché de rêveries alchimiques.

La chimie était pourtant tenue en haute estime, bien qu'on en ignorât l'usage et la portée; mais les chimistes mouraient de faim, s'ils ne se faisaient charlatans. Nicolas Lefèvre, qui avait publié un Traité de chimie (1660), fut appelé à la cour d'Angleterre par le roi Charles II et y végéta misérablement; Jonathan Goddard-, qui était allé aussi tenter fortune à Londres, y publia quelques écrits sur la chimie et la médecine, sans être plus heureux que son compatriote; Nicolas de Blégny, plus inventif et plus audacieux que ces deux pauvres chimistes, resta en France et y fit tous les métiers que son double caractère de chimiste et d'aventurier pouvait lui faciliter : après avoir été chirurgien de la reine en 1678, il se vit réduit à perfectionner l'art de faire des perruques et à inventer des pommades, des onguents et des parfums de toilette, qu'il dédia aux dames sous le titre de Secrets concernant la beauté et la santé (1688, 2 volumes in-8°).

Les médecins s'occupaient de chimie, au point de vue de la médecine et de la pharmacie. Claude Bourdelin, un des premiers membres de l'Académie des sciences, fut chargé, avec son confrère Duclos, d'analyser les eaux minérales de France. Il avait la passion des expériences chimiques, et l'analyse de plus de 2,000 corps fut le fruit de ces expériences. Duclos s'était réservé l'analyse des plantes par l'eau et par le feu. Les chimistes, tout ignorants qu'ils fussent à cette époque, se montraient d'une jalousie féroce à l'égard de ce qu'ils nommaient leurs secrets; aussi le jeune Nicolas Lémery (1645-99), qui vint de Rouen à Paris pour apprendre la chimie, ne put rien tirer de son maître Glaser, chez lequel il s'était mis en pension pour mieux profiter de ses leçons. Il résolut donc de parcourir le royaume, pour étudier les méthodes des plus habiles chimistes et pour s'en faire une avec les connaissances qu'il aurait acquises. La science d'alors se composait d'une si grande quantité de principes faux, qu'on avait peine à y, dé-

SCIENCES

mêler un peu de vrai qui s'enveloppait d'une obscurité mystérieuse : on enseignait encore que les métaux sympathisaient avec les planètes et avec les principales parties du corps humain, tandis que Yalcakest, agent imaginaire forgé par Paracelse, dissolvait seul tous les corps de la nature !

Lémery, méprisant ces visions, ne voulut admettre que la chimie expérimentale. A son retour à Paris, on l'invita aux assemblées scientifiques de l'abbé Bourdelot et de Justel : on n'eut qu'à l'entendre pour le distinguer de tous ceux qui se regardaient comme des chimistes. Il travailla d'abord, à l'hôtel de Condé même, dans le laboratoire de Martin, apothicaire de M. le Prince; il eut ensuite un laboratoire à lui, dane lequel il préparait des mixtures et des opiats, qui avaient un prodigieux débit par toute l'Europe et qui l'enrichirent prompteinent. Son invention la plus productive fut le magister de bismuth ou le blanc d'Espagne, dont il garda longtemps le secret. Il avait ouvert des cours publics de chimie, qui attirèrent les savants les plus distingués, les gens du monde et même les femmes.

C'est le premier chimiste qui dissipa les ténèbres de la science, la réduisit à des idées nettes et simples, abolit la barbarie de son langage vide de sens et la ramena en quelque sorte à sa véritable destinât ion. Le Cours général de chimie qu'il publia en 1G75, fut suivi d'une Pharmacopée universelle. Malgré le succès de ses ouvrages, il ne fut admis qu'en 1699 à l1 Académie des sciences, comme associé chimiste. Il y avait huit ans déjà que le Saxon Homberg était reçu dans cette académie, sans avoir encore rien publié, mais après avoir inventé une machine pneumatique plus parfaite que celle de l'Anglais Boyle, fabrique de nouveaux microscopes plus fixes et plus exacts que ceux en usage, et fait les plus curieuses expériences sur le phosphore, sur les végétations métalliques, sur la germination des plantes, sur l'évaporation de l'eau, sur le soufre, et sur tous les métaux. 11 faut donc reconnaître que la France n'avait pas, à cette époque, de meilleur chimiste que le Saxon Homberg, qui eut l'honneur de devenir physicien du duc d'Orléans, son élève et son protecteur.

Les chimistes, les physiciens, les naturalistes et les botanistes avaient

été la plupart, au dix-septième siècle, des médecins qui pensaient que la médecine devait aboutir à toutes les sciences et se confondre avec elles. Mais les grands médecins, religieusement attachés à l'école classique d'Hippocrate et de Galien, ne cessèrent de réagir contre tous ceux qui prétendaient faire une application excessive de la chimie à la médecine.

L'illustre Fernel, mort en 1558, avait été le rénovateur de la médecine française, de même que le fameux Ambroise Paré, mort en 1590, fut créateur de la chirurgie moderne. Leurs élèves Bâillon, Duret et Jean Riolan continuèrent, sous le règne de Henri IV, à maintenir en honneur, dans les cours de la Faculté de Paris, la physiologie galénique et les principes fondamentaux de la médecine des Grecs. Jean Riolan agrandit encore le domaine de cette science, en devenant le plus docte et le plus fidèle défenseur de la médecine d'observation. Il étudiait à la fois et avec la même ardeur la chirurgie, l'anatomie et la botanique, qu'il professait au Collège Royal : après avoir fait la dissection de deux cents corps humains de tout âge et de toute espèce de constitutions, il devint le premier anatomiste de son temps. Il était malheureusement inflexible dans ses opinions et il repoussait à priori tout ce qui dérangeait son système. C'est ainsi qu'il se trouva en lutte ouverte avec Jean Pecquet, que ses travaux anatomiques avaient conduit à des découvertes incontestables sur la structure et l'organisme de l'homme. Il fut mieux inspiré, lorsqu'il se déclara l'adversaire obstiné des chimères de l'alchimie et des dangereuses exagérations de la chimie médicale. Il ne cessa jamais de défendre la doctrine de la Faculté de Paris, laquelle demeurait scrupuleusement conforme à celle d'Hippocrate et de Gralien.

La Faculté de Montpellier se montrait moins fidèle à cette doctrine et elle encourageait volontiers les innovations qui s'appuyaient sur des recherches et des expériences pratiques. Les écoles de Montpellier et de Paris étaient toujours les deux principales sources de la science médicale en France ; aussi le cardinal du Perron disait qu'il serait à souhaiter qu'excepté Paris et Montpellier, « toutes les autres universités, où l'on enseignait mal la médecine, fusssent abolies. ))

SCIENCES

On peut croire que les meilleurs médecins devaient être ceux que les rois et les princes attachaient à leurs personnes. Et pourtant Henri IV avait pris en 1594, pour premier médecin, l'impudent empirique nor-

Flg. 10. — « Voile de VAmphitluâtro anntomlqne construit sous le règne do Louis le Grand par les soins et aux dépens do la Compagnie royale des M" chirurgiens de Paris, 10D4. » Gravé par C. simonneau et A. Terelle. (Ce monument existe encore a Paris, près de la place Maubcrt, rue de la Bucuerie.)

mand Roch le Baillif, sieur de la Rivière, qui ne sortait d'aucune école et qui s'était vu interdire, par arrêt du parlement, le droit d'exercer la médecine t\ Paris. Henri IV eut aussi pour premier médecin le vieux Jean Delorme, qui fut également médecin de la reine Marie de Médicis et de Louis XIII et qui pouvait offrir sa longévité comme un

XVIIe SIÈCLE. —

témoignage du bon régime qu'il avait toujours suivi et qu'il conseillait d'exemple à sa nombreuse clientèle. Il céda, bien avant sa mort, la place de premier médecin du roi à son fils Charles Delorme, qui vécut, comme lui, nonagénaire, et qui s'était fait une si grande réputation, que le sénat de Venise lui conféra le titre de noble vénitien. Il avait conquis cette réputation en obtenant des cures miraculeuses pendant la peste qui sévissait à Paris en 1619, mais il ne publia aucun livre de médecine.

Ce fut, au contraire, à ses ouvrages que Lazare Rivière, professeur à Montpellier, dut sa célébrité européenne, quoiqu'il n'ait pas quitté sa ville natale (1589-1655). Son traité Praxis medica fut réimprimé dix ou douze fois et traduit en plusieurs langues. Les médecins royaux, en général, s'abstenaient d'écrire ou du moins de publier. Charles Bouvard (1572-1658), médecin de Louis XIII, composait des vers français sur la maladie et la mort de ses malades, tandis que son collègue Jean Héroart prenait minutieusement note de tous les accidents de santé qu'il avait observés dans le cours de la vie du roi depuis sa naissance; il remplit de ces observations sur cet unique sujet quatre énormes volumes manuscrits in-folio, et Bouvard, qui se vantait d'avoir trouvé la véritable médecine rationnelle, se contenta de consacrer à sa théorie un petit in-4°. Un autre médecin de Louis XIII, Antoine Vallot (1594-1671), de même que Guy Crescent Fagon (1638-1718), qui devint longtemps après médecin favori de Louis XIV, s'occupait bien plus de botanique que de médecine. Vallot dressa lui-même le catalogue des plantes cultivées au Jardin du Roi, dont il était surintendant. Pierre Borel (1620-1689), quoique médecin du roi, sous Louis XIV, s'adonnait plus spécialement à la chimie et même à l'alchimie, à la physique et à l'archéologie.

On comprend que la médecine, emprisonnée dans les préceptes rigoureux de l'école, n'ait pas fait de progrès durant la première moitié du dix-septième siècle : alors, les humeurs jouaient le plus grand rôle dans toutes les affections morbides; la bile, le sang, la pituite et la mélancolie dominaient tour à tour dans le corps humain, et de leur surabondance ou de leur corruption résultaient les différentes mala-

ftCÎENCËS.

Ù'D CÀROLO DE L ORME RE GVM CMUSTIANISS 0T HE NIU( I MACNIfi? LVDOVICI 1VSTI. Consil erjlledicoiordmanoAZra: rij Gaîlite apud lourde ôaîemês Quesî'ori- Inteâerttnto DNL. GAXTONly FRANCIsE PrimarioMediro EfixHMONElTATij Simbolicam Uanclsui Ekiçtem<ji{ediceis omnibus doribur ac vere [suis [adomatam^ objenianticp yin^o'oiuov JACOB' CALL OT NOBILTS LOTH/IRIHg! ' fecir.vouft dtcauif JVancej MD.CXXX Pince ORBEM<Jlfeœtcosq<- omm Vctemaj D^iwcsa

me

Kg. 11. — Portrait emblématique et allégorique de Ch. Delorme. médecin île Henri IV et de Louis XIII;

d'après .T. Cnllot.

XVI1« SIÈCLE

dies. On peut se faire une idée des monstrueux abus de la médecine rationnelle de Bouvard, si l'on ajoute foi à cette étrange révélation d'Amelot de la Houssaye, qui rapporte que, dans l'espace d'un an, Bouvard avait ordonné à Louis XIII deux cents lavements purgatifs et autant de médecines, et l'avait fait saigner quarante-sept fois! Le Journal de Jean Héroart, auquel Bouvard avait succédé comme

Fier. 12. — TJn médecin (caricature ilu temps de Louis XIV). a Prenez des pilules, prenez des pilules ! »

médecin du roi en 1627, est plein, d'ailleurs, de recipe ou d'ordonnances aussi exorbitantes. L'art médical, loin de foire des progrès, semblait s'attarder dans la routine, et flotter entre l'ignorance et le charlatanisme : on employait presque au hasard et avec la plus redoutable légèreté les nouveaux remèdes inventés et préconisés par la pharmacie chimique.

Ces remèdes, que la mode mettait en faveur, étaient souvent, de l'avis de Jean Bernier, médecin de Blois, « aussi dangereux entre les

SCIENCES

mains des ignorants que le sont les épées et les armes à feu en celles des fous et des enfants. » Le vin émétique, par exemple, que Louis XIV avait essayé avec succès dans une grave maladie de sa jeunesse, fut dès lors en faveur, tellement qu'on le nommait le vin royal et qu'on le donnait imprudemment à hautes doses, après l'avoir auparavant ad-

Fig. 13. — Le t'tiirur^icu ; d'après Abraham Bosse.

Quo lu phlebotomic cspuro les Mprltt

Kt dtMhugi lo sanp do grandi pourri ton ,

Sur tous médicaments j'estimo lu sniguée. ..

ininistré en tremblant et à la dérobée; mais tout à coup il cessa d'être en vogue et son usage fut abandonné, quand on sut que le cardinal Mazarin s'en était fort mal trouvé, pour en avoir trop pris. Les préparations d' antimoine avaient causé la mort de bien des malades, et néanmoins un docteur en renom prétendait <( que l'antimoine, préparé selon sa formule, devenoit une panacée, et aussi naturelle à l'homme que le meilleur pain de froment. » En revanche, le quinquina, dont l'action était souveraine contre la fièvre, eut beaucoup de peine à se faire accepter, et malgré ses effets salutaires, la plupart des médecins le poursuivaient

xvii' siicLK. — BOOCnats. — 6

XVIIe SIÈCLE . —

de leurs anathèines et de leurs sarcasmes. La chirurgie cependant ne restait pas en arrière comme la médecine , et les élèves qu' Ambroise Paré avait laissés après lui rivalisaient d'efforts pour se distinguer dans leur art. Jacques Guillemeau excellait à traiter les maladies de l'œil ; il avait, en outre, réformé complètement la science obstétrique ; Severin Pineau et Rousset avaient amélioré les procédés de la lithotomie ; tous les bons chirurgiens étaient d'ailleurs de savants anatomistes, comme Nicolas Habicot et Barthélémy Cabrol, qui professait à Montpellier. La Faculté de Paris, jalouse de ces rivaux habiles que les médecins ne pouvaient égaler, résolut d'exclure de son sein la chirurgie pratique et fit fermer le collège des chirurgiens, en obtenant des lettres patentes du roi, qui confondaient les chirurgiens avec les maîtres barbiers en les réunissant dans la même corporation.

Cet injuste avilissement de la chirurgie ne dura que peu d'années : deux chirurgiens,- Bienaise et Roberteau, rétablirent, à leurs frais, des cours publics dans les écoles de chirurgie, et bientôt Louis XIV, revenant sur la malheureuse décision que les médecins royaux avaient fait prendre à son père, réhabilita la chirurgie, par la déclaration de décembre 1G71, qui rendait à un chirurgien la chaire de l'école royale de chirurgie au Jardin des Plantes. Le fameux Dionis fut alors nommé professeur pour l'anatomie et les opérations. Cette réparation d'honneur était bien due à l'anatomiste qui avait fait les plus belles découvertes dont la science pouvait s'honorer. Jean Pecquet, pendant qu'il étudiait la médecine à Montpellier, observa et reconnut le premier, en 104:7, le canal thoracique et le réservoir du chyle, auquel on a donné son nom ; il fit plus, il prouva, par d'ingénieuses expériences, la circulation du sang, que Guillaume Harvey avait déjà démontrée en Angleterre.

Les médecins français s'étaient discrédités eux-mêmes par leur suffisance, leur pédanterie et leurs ridicules. Jean Bernier écrivait en 1085 : « Les vieux médecins font les Hippocrates partout; à les entendre parler, ils sçavent tout, ils ne font que des cures miraculeuses. Les jeunes gens sont souvent plus insupportables encore, avec leurs nouveaux termes et leur galimatias. » On ne saurait douter que Mo-

SCIKNCES.

lière, qui fit sur le théâtre une si terrible guerre aux médecins et à la médecine de son temps, n'ait été poussé, par Louis XIV lui-même, à leur infliger un châtiment public, car les quatre docteurs qu'il a mis en scène sous les noms de Tomes, Desfonnndrh, BaL/'s et Macroton étaient les quatre premiers médecins du roi, Desfougerais, Esprit, Gucnaut et Daquin. Guy Patin se réjouissait de voir la comédie

Fig. 14. — (iuy-Crcsoont Fagon , premier îiu'-decin du roi (1638-1718); d'après le portrait de II. nigaud.

exercer une si bonne justice distributive contre ses indignes confrères qu'il qualifiait de charlatans et d'empiriques de cour. Il faut remarquer que Molière n'a pas attaqué les chirurgiens, que le roi avait pris sous sa protection en comblant d'honneurs et de richesses Félix, Clément et Maréchal, qui lui donnaient des soins. Quand Colbert eut fait approuver par Louis XIV, en 1GGG, la nomination de cinq médecins parmi les premiers membres de l'Académie des sciences, il ne choisit que des savants qui ne pratiquaient pas la médecine et qui ne se li-

XVIIe SIÈCLE. —

vraient qu'à des études spéculatives, Marin Cureau de la Chambre, Claude Perrault, Samuel Cotereau du Clos, Claude Bourdelin, Nicolas Marchand; il leur adjoignit un anatomiste de génie, Jean Pecquet, et un habile chirurgien, Louis Gayant. Les nominations qui eurent lieu depuis à l'Académie des sciences jusqu'au renouvellement de cette académie en 1699, se firent constamment d'après les mêmes principes; tous ces médecins académiciens devaient leur élection à d'autres titres que celui de membre de la Faculté de Paris ou de Montpellier : les uns étaient des anatomistes, comme Alexis Littré, Joseph Guichard, Duverney, Jean-Louis Petit, etc. ; les autres étaient des botanistes, comme Tournefort et Fagon; ceux-ci étaient des chimistes pharmaciens, comme Moyse Charas, Simon Boulduc, Adrien Helvetius, etc.; ceuxlà étaient des savants universels, comme Denis Dodart, que Guy Patin jugeait ainsi à l'âge de vingt-cinq ans : (( Ce jeune homme est un prodige de sagesse et de science. » Comment la médecine, aidée par des sciences accessoires et complémentaires telles que la physique expérimentale, l'anatomie, la chimie et la botanique, n'aurait-elle pas marché dans des voies nouvelles vers le but idéal que la science moderne espérait atteindre en agrandissant de plus en plus la sphère des connaissances humaines?

Kg. 15. — Cul-de-lampe tiré du Traité d'Architectùre par Sëb. Leclerc. Taris, 1714.

Page 1