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D RMERN. À Le Ds 0
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chement, on aurait mauvaise grâce à tirer vanité d’un si mince exploit.
Je me ‘garderai donc bien de me comparer à Christophe Colomb pour avoir eu, il y a quelques années, la chance de passer plusieurs semaines sur le sol américain.
J’éviterai plus soigneusement encore de formuler des jugements sur les institutions et les mœurs d’un pays que je n’ai traversé qu’en courant. Je me propose simplement de noter mes impressions de chaque jour et de dire avec une entière sincérité ce que J'ai vu et ressenti.
On n’est pas depuis vingt-quatre heures à New- York que les Américains vous posent invariablement cette question : « Comment trouvez-vous le pays? » Pour peu qu’on soit Gascon, on se tire d’embarras en répondant que le pays est ravissant et que le peuple américain est le premier peuple du monde. Vous pouvez sans crainte forcer un peu la note : personne ne vous contredira!
Quand on rentre en France, on entend aussi Pinévitable question : « Comment avez-vous trouvé l'Amérique? » Seulement, il est plus délicat de répondre. On n’éprouve aucune peine à reconnaître que l'Exposition de Chicago était grandiose et que les chutes du Niagara sont un des plus magnifiques spectacles du monde. Mais le peuple américain lui-même? Comment lappré-
cier? Quelles sont ses qualités et quels sou, ses
défauts? — C’est là qu'est la difficulté, et l’on ne
sait comment y échapper. Louer tout sans réserve,
c'est laisser croire qu'on n’a rien vu ou rien voulu
voir; et, d’un autre côté, dire toute sa pensée et
faire une large part aux critiques par amour de la
vérité, c’est se brouiller avec tous les Armméri-
‘ains qu'on à rencontrés et qui ont été aimables,
pour vous.
Néanmoins, au risque de me faire lapider lors.
de mon prochain voyage en Amérique, je dirai
ce que Je crois être la vérité.