‹ Yankees et Canadiens [microforme]Chapitre 27 sur 70 · ND2J6D79 TD · texte numérisé non relu

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Canada. Ses espérances étaient décues : il considérait sa vie Comimme finie.

Mis, à ses compagnons qui attendaient pleins d'ardeur et d'enthousiasme, allait-1l avouer qu'un soldat , un soldat français, Favait accueilli avec des risées el aval raillé le drapeau de Carillon? Non;ccla, ses vieux compagnons d'armes ne le sauront jamais.

Par un sublime et pieux mensonge il leur dit au contruire d'espérer, d'attendre et de patienter : Bientôt, leur assure-t-1f, Ie rot de France va venger le drapeau de Carillon.

Lui quin'espère plus, il a le cœur ulcéré de tristesse : il sent qu'il va succomber sous cet horrible supplice. Mais, avant de mourir, il veut revoir les champs où il déploya si fièrement les plis victorieux de son drapeau: il veut revoir les plaines et les coteaux de Carillon.

Voyageur mélancolique et soliture, 1l s'en va donc aux rives du lac Champlain: un chemin délourné le conduit jusqu'au sommet de la colline d’où son regard embrasse la plaine de Carillon.

Là, dans le sol glacé fixant un étendard, Il déroulait au loin les couleurs de la France.

Sombre et silencieux, 1l pleura bien longtemps Comme on pleure au tombeau d'une mère adorée Puis, à l'écho sonore, envoyant ses accents.

Sa voix jeta le cri de son âme éplorée :

« O Carillon, je te revois encore,

Non plus, hélas! comme en ces jours bénis Où dans tes murs la lrompetle sonore, Pour te sauver, nous avait réunis!

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