‹ Yankees et Canadiens [microforme]Chapitre 28 sur 70 · D'ERREURS · texte numérisé non relu

D'ERREURS

1.40 YANKREES ET CANADIENS Je viens à Loi quand mon âme succombe Et sent déjà son courage faiblir.

Oui, près de Loi, venant chercher ma tombe, Pour mon drapeau, je viens ici mourir! »

A quelques jours de là, passant sur la colline.

A l'heure où le soleil à l'horizon s'incline,

Des paysans trouvaient un cadavre glacé,

Couvert d'un drapeau blanc. Dans la dernière étreinte, Il pressait sur son cœur celle relique sainte

Qui nous redit encore la gloire du passé.

On devine le respect dont ce drapeau est entouré. Quand il passe dans les rues de Québec, porté par les dignitaires de la ville, 11 v a comme un frisson d'enthousiasme et de patriolisme qui anime tous les Canadiens : Gantilest vrai qu'il n'v a rien de beau et de sublime comme le sentiment patriotique lorsqu'il est surexcité par le sentiment religieux! Que de grandes choses on ferait encore en France si, au lieu de faire naître et d'entretenir ces misérables discordes civiles et religicuses qui nous alfaiblissent et nous paralysent, on savail grouper tous les Français dans le culte de la religion et de la patrie! Ce vœu est banal à force d'être exprimé; mais quand on à vu comme moi un peuple, qui est issu de notre sang, puiser sa force el sa prospérité dans les croyances et les pratiques relivicuses, on ne peut s'empêcher de déplorer l'habitude qu'on a prise en France de ne tenir aucun compte de ce puissant ressort, et même de exclure là où il existe.

Quelle école de patriotisme encore que celte plaine d'Abraham, située presque aux portes de Québec et

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dans laquelle se joua la destinée de la colonie française: Pour m'y rendre, je passai devant le palais du Parle-

Hôtel de Montcalm, rue des Ramparts, à Québec.

ment, vaste construction assez insignifiante ; je longeai aussi les murs de la citadelle, qui est restée intacte depuis deux siècles et à laquelle sa merveilleuse position a fait donner le surnom de Gibraltar de lAmé-

rique, el jarrivai enfin devant une vaste pelouse d'un beau vert tendre, à l'entrée de laquelle je remarquai une pyramide commémoralive.

© C'est à, » me dit mon guide, vieux Canadien francais qui semblait épier sur mon visage les sentiments que ferait naître en moi la vue de ce champ de bataille célèbre.

Mon émotion fut très profonde. Pour la dissimuler jinterrogeai mon Canadien, el je nt fis raconter en détail cette journée fameuse.

C'était pendant Fété de 1759 : une flotte anglaise, composée de vingt-deux vaisseaux de ligne et de trente frégales et portant dix mille hommes, parait devant Québec. À la têle de ces forces rinposantes était un Jeune général de trente-deux ans, qui était avide de gloire et impalient de se signaler. C'était James Wolfe, qui devait être le rival de Montcalm.

La place n'était défendue que par un très petit nombre de Français, tout au plus deux mille hommes. Mais ils étaient vaillants comme leur chef.

Ils gardèrent si bien la côle, que pendant plusieurs mois Ja flotte dut rester stationnaire dans le fleuve, sans que Wolie püt opérer un débarqueaswner les Anglais,

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ment. Le désespoir commeneail à et le jeune général lui-méme; lhiver approchant allait enfermer le fleuve dans son épaisse muraille de olace. Bientôt Ia Hotte allait repartir pour échapper à ce formidable emprisonnement: déjà les Canadiens ct Montcalm entrevoyaient leur délivrance, lorsque, par une sombre nuit d'automne, Wolfe, trompant la vigilance d'un poste français. put enfin, à la faveur des ténèbres, débarquer ses troupes dans une anse

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