‹ Yankees et Canadiens [microforme]Chapitre 47 sur 70 · LA FEMME · texte numérisé non relu

LA FEMME

Les meilleurs juges affirment que, de toutes les femmes, c'est l'Américaine qui rappelle le plus la

Parisienne. Physiquement, eile est moins frêle et

moins délicate ; mais, comme elle, celle est séduisante,

gracicuse, enJôleuse même, et, comme elle aussi, elle

révèle dans ses manières el jusque dans sa Loilette

une finesse de goût et une distinction qu'on ne ren-

contre nulle part ailieurs.

Aussi personne ne proleste-t-1il contre les égards

qui là-bas sont prodigués aux femmes. Elles jouissent

nn enmcene x ne

de privilèges qu'en France nous trouverions exorbi-

lants, mais qui en Amérique semblent tout naturels.

Le respect de la femme paraît être le premier article

du code des convenances américaines, et chacun s'y

soumet comme au dogme le plus sacré.

Dès qu'une femme paraît dans un wagon ou dans

un tramway, les messieurs se lèvent pour lui faire

place. La voiture pourrait être archicomble, qu'une

femme n'aurait que l'embarras de choisir un endroit

nn tom ra A A ES EPA —

a RE 2 mener

pour s’asscoir. EU notez que cet empressement des hommes n'a pas le don de (oucher ces dames, ni de provoquer de leur part un sourire de remerciement. Elles sont si bien habituées à exercer leur empire, que lorsqu'on ne mel pas assez de hâte à se lever devant elles, elles s'asscoient sans façon sur les genoux du premier voyageur qui est à leur portée, et vous devinez comme on rit du pauvre malheureux quand là dame est vicille, laide et volumineuse, ce qui n'est une rareté sur aucun continent.

Les lois de la politesse sont plus sévères encore dans les ascenseurs. Les femmes occupent naturellement les banquettles; mais, lors même qu'il resterait encore des places vides, les messieurs doivent se tenir debout el garder le chapeau à la main.

Dans les rues de New-York, qui sont loujours si encombrées de voitures, les hommes ont le privilège de se faire écraser si bon leur semble : personne n'en a cure. Mais les choses se passent tout autrement pour la femme. Quand une dame veut traverser une ruc, elle va se placer silencicusement à côté d'un policeman. Alors celui-ci, sans mot dire, s'avance dignement à travers la chaussée, arrête d’un signe méthodique et grave, en agitant son club", la circulation des voitures el atteint le trottoir d'en face avec sa protégée muette. Celle-ci s'en va sans un mot, sans un regard, sans un sourire, cet le policeman, pétrilié au bord du trottoir, attend pour retraverser

! C'est une sorte de bâton court et noueux que porte constamment le policeman comme un insigne de son autorité, el qui est assez sem blable à celui que M. Lépine à octroyé récemment aux sergents de ville

pour régulariser la circulation des voitures sur les boulevards,

FILE TENTE Va NÉ

la rue qu'une nouvelle dame vienne se placer sous sa protection.

Le crédit des femmes en Amérique est tellement considérable, qu’elles ont le droit de faire appréhender par le policeman qui bon leur semble. Malheur à l’homme qui dans un wagon, dans un tramway, ou simplement dans la rue, se risque à adresser quelques paroles aimables, moins que cela, un sourire, un regard à une femme ! Si elle découvre en cet homme quelque chose qui lui déplait, elle n'hésite pas à déclarer qu'il lui a manqué de respect, et cela suflit pour que le malheureux soit arrêté, traduit devant le juge et condamné à une forte amende. On parle, el toujours avec indignation, des lettres de cachet de l'ancien régime. Mais, à le bien prendre, je me demande si les lettres de cachet n'étaient pas cent fois préférables à l'autorité exorbilante qui est accordée aux Américaines. Que d’injustices criantes clles peuvent commettre impunément sous prétexte de sauvegarder leur dignité ! Quelle source inépuisable de taquincries et même de perséculions est ainsi mise à la disposition des femmes ‘apricicuses et quinteuses, qui veulent se venger de leur mari! Quand on le trouve insupportable ou gênant, on n'a pas la peine de se fâcher contre lui, on le fait arrôler.

On m'a cité l'histoire d'une femme qui disait à son mari : |

€ Tu ne veux pas me donner ce que je te demande? (Je suppose qu'il s'agissait de l'achat d'une robe ou d'un bijou pour lequel le mari se montrait récalci- (rant.) Eh bien, avant la fin de la journée, lu l'en repentiras ! »

pente ie

ve PE Sd

MR bu RÉNALE TP robe

té —

Easter

Page 1