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rendre habitable, Mais que de choses cncorc ils ont à faire! Leurs usines, leurs ateliers, leurs magasins el méme leurs habitations privées son construites à la
hâte, je devrais dire à la diable, avec de la brique.
Les Trains s'engagent souvent sur des ponts rudimentaires qui font redouter
à chaque instant une ealastrophe,
du fer et du bois. Dans aménagement intérieur, on à Loul prévu pour répondre aux besoins multiples des
propriélaires; mais tout cela porte toujours le caractère | du provisoire, comme si les constructions hâtives allaient être jetées à terre Le lendemain.
Les rucs des viiles sont sales, mal pavées el mal
entretenues; les routes qui relient les villes entre’elles sont semées de fondrières, et elles déshonoreraient nos plus humbles villages; et quant aux chemins de fer, si le matériel roulant cest généralement bon, supérieur même, on reste absolument stupéfut du mauvais élal des lignes, de la laideur des gares et des dangers de toute sorte que court la vie des voyageurs. Les voics ferrées ne sont protégées par aucune barrière ; les trains s'engagent souvent sur des ponts rudimentaires qui font redouter à chaque instant une calas- Lrophe ; la catastrophe se produit même très souvent, mais personne ne se plaint. On aurait trop à faire, en vérité, ctque deviendraient les actionnaires, siles compagnies de chemins de fer étaient obligées de pourvoir à tout !
Jamais non plus vous ne verrez un pont ou une gare quisoient tant soit peu ornés. Aussi, quand on cause avec des ingénieurs américains, ils ne cachent pas leur peu de goût pour les travaux d'art de leur confrères français. « Dans notre pays, disent-ils, ces choses-là ne payeratent pas. » Et l'argument leur paraît sans réplique.
Il n'est donc pas surprenant que leur éducation artistique soit encore tout à fait en retard. Leurs monuments, qu'ils ont élevés à coups de millions, donnent la sensation du grand, ou plutôt de l'énorme, mais 11 y manque toujours la grâce, la finesse, en un mot ce qui constitue le véritable cachet artistique. Ils peuvent se glorifier de leur capitole de Washington; il est probable qu'il s'écoulera bien du temps avant qu'is soient en mesure d'offrir à notre admiralion un bijou délicat comme la Sainte - Chapelle. Tel
qu'il est aujourd'hui, le peuple américain est un peuple de mécaniciens fort habiles, mais il ne sera par de sitôt un peuple d'artistes. Pour toutes ces raisons, je conclurai en disant que, si le peuple américain est celui qui, à l'heure présente, offre le plus d'intérêt à l'observateur, et si, au cours de mon voyage, j'ai été émerveillé de tout ce que Je voyais, néanmoins ce n’est pas en Amérique que Je voudrais vivre. Qu'on y aille pour faire fortune ou pour se mettre au courant de toutes les inventions praliques, rien de micux; sur ce double terrain des affaires et des inventions, Île peuple américain est un maître incontesté. Mais sil s'agit de s'arranger une vie commode, agréable, el donnant satisfaction aux côtés les plus élevés de l'âme, comme aux exigences du corps, si, enfin, il s'agit de se créer quelque part une sorte de paradis terrestre, c'est encore en France qu'on trouverait les meilleures conditions pour s'établir: c'est même là le prolit le
plus clair qu'on retire de ces courses à l'étranger;
on en revient avec un palriolisme plus éclairé. Il y à bien longtemps qu'on l'a dit : pour aimer la France, où plutôt pour bien la comprendre, il est bon de l'avoir quittée.