SA PLACE DANS LA PHILOSOPHIE ARABE
philosophe ait laissé des disciples. Ses successeurs immédiats 'îsâ ben Zar'a (1) et Aboû-1-Faraj at-Tayib (2) qui ont également écrit sur Dieu et sur la Trinité recourent à ses arguments et suivent sa méthode. C'est cependant chez les Coptes monophysites d'Egypte que son influence semble s'être le plus longtemps maintenue. Au XIIP siècle, Aboû Tshaq ben al-'Assill (3), Abofi Chfdiir liotrous ar-Râhib (4), Aboû-1-BarakAt (5) se réclament de son autorité et lui empruntent des pages entières. Aucun des grands théologiens occidentaux n'a connu ce prédécesseur chrétien qui menait avant eux le bon combat contre l'infidèle. Quand les scolastiques du moyen-âge citent, en
(1) Vécut à Bagdafl (942—1008). Il a été question de cet auteur, pp. 27, 59, 65, 150.
(2) Moine nestorien, secrétaire du patriarche nestorien de Bagdad, mort en 1043 ; philosophe, traducteur et commentateur d'Aristote et de Galien (Bar Hebraeus, Histoire abrégée des Dynasties, pp. 330—331. Le manuscrit arabe du Vatican n" 145, ff. 48^—69^' et 70—73^, contient deux traités de cet auteur sur la Trinité. G. Gkaf, ouvrage cité, pp. 48—51, en a donné l'analyse.
(3) Voir sur cet écrivain : Mallon, Ibn al-Assâl. Les trois écrivains de ce nom, dans le Journal Asiatique, X"»" série, Tome VI, 1903, pp. 509—529. Le manuscrit aralie de le B. N., n' 200 contient l'ouvrage d'Ishaq ben al-'Assâl Recueil des dogmes fondamentaux de la religion ^^jà\ J>.^\ t-^-o^- L'auteur cite Ben 'Adî pour prouver la connaissance que Dieu a des choses particulières, f. 22, pour répondre à une objection sur la Trinité, f. 122 ; il reproduit la comparaison des miroirs, ft". 127'' — 128.
(4) Diacre de l'église Notre-Dame à Foustat (Vieux Caire). La B. N. fonds arabe, n° 197, possède le manuscrit autographe (daté de 1268) du Livre du remède 'l.i<iiJ\ »__jl;:^, traité pour démontrer la divinité de Jésus-Christ. Les imitations de Ben "Adî sont très apparentes en maints endroits, par exemple ff. 5^, 8"^, 251—252''.
(5) Compilateur de la fin du XIIP siècle et du commencement du XIV«, connu surtout comme canoniste. Sou ouvrage, la Lampe des ténèbres iiL.^XkJ\ ^U-oxi, manuscrit arabe de la B. N., n" 203, emprunte à Ben 'Adî la théorie de Vintellect, de V intelligent et de V intelligible, f. 7, les raisons de croire à l'Évangile, ff. 103''— 104^.
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les déformant les noms des philosophes arabes, Avicenne, Averroès, Avicebron (Ben Gebirol i, c'est pour réfuter leurs doctrines qui s'infiltraient en Europe par l'entremise des Arabes d'Espagne; mais on ne peut guère s'étonner que ce canal ait été entièrement fermé aux écrivains chrétiens orientaux.