‹ Yette; comédie en un acteChapitre 12 sur 12 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Mêmes, MADAME DURAND-PONT, puis MARGUERITE, puis HENRI.

MADAME DURAND-PONT, entrant, et à elle-même sans voir tout d'abord Yette et Anatole.

Le Ministre ne reçoit que demain... (Poussant un cri

en apercevant Yette dans les bras d'Anatole.) Ah! H YETTE, pousssant un cri, et s'éloignant.

Maman!

ANATOLE, à part, gaîment.

Tiens, c'est la mère !

MADAME DURAND-PONT

Ma fille dans les bras d'un inconnu !

YETTE, affolée.

Monsieur est un ami de monsieur Thomerel !

MADAME DURAND-PONT

Ce n'est pas une raison... Ah ! ça, monsieur...

ANATOLE

Madame Pont-Durand...

YETTE, vivement, bas, à Anatole.

Durand est par devant !

ANATOLE

C'est juste !... je vous demande pardon... Madame Durand-Pont, vous avez devant vous un homme emballé... J'aime votre fille... je ne lui déplais pas, je me charge de son avenir. Et voilà !

YETTE 41

MADAME DURAND-PONT, stupéfaite.

Et voilà! .Mais monsieur... je ne vous connais pas... j'ignore jusqu'à votre nom...

ANATOLE

Anatole Lejubier ! Ça suffit comme ça?

MADAME DURAND-PONT, ahurie.

Mais non, monsieur, cela ne suffit pas! Je désire avoir des renseignements. ..

ANATOLE, ébahi.

Vous avez l'habitude de prendre des renseignements ?

MADAME DURAND-PONT

Gomment, l'habitude ? Enfin, monsieur, vous auriez dû commencer par vous faire présenter à moi. .. à son père ?

ANATOLE, ahuri.

A son père aussi?

MADAME DURAND-PONT

Aussi '

ANATOLE, à pari.

Quelle famille !

MADAME DURAND-PONT

Monsieur Durand-Pont est Président du Tribunal de Périgueux...

ANATOLE, à pari.

Ah! la voilà bien la Magistrature de la République !

MADAME DURAND-PONT

Et je vous prie de lui écrire. ..

42 YETTE

ANATOLE

Ah ! non ! Ah ! non ! vous allez trop loin !

MADAME DURAND-PONT et YETTE, ensemble.

Trop loin ?

MARGUERITE

Je Sllis prête... (S'arrêtant surprise en voyant madame Durand Poni il Anatole.) Ah !

ANATOLE, à Marguerite, montrant ïette.

Vous avez raison, elle est charmante. Seulement je vous en prie, faites comprendre à la mère Durand-Pont que je ne peux pas écrire à son mari, pour lui demander la succession de Grisolles!

Il montre Yette.

MADAME DURAND-PONT et YETTE, ensemble.

Crisolles ?

MARGUERITE

Mais malheureux, ce n'est pas elle !

Pas elle ?

MARGUERITE

Mademoiselle est une jeune fille que j'ai connue à Aix-les-Bains !

ANATOLE

Ah!

Il reste stupéfait.

HENRI, entranl vivement parle fond.

J'amène Léa de Perpignan. (11 aperçoit madame Duraria-

Ponl et sa Bile poussant un cri.) Ah ! (Fermant vivement la

porte en parlant à la cantonade.) On n'entre pas! On n'entre pas !

YETTE 43

ANATOLE, désespéré.

J'ai compromis une jeune fille ! J'ai compromis une jeune fille!

MADAME DURAND-PONT, à Marguerite.

M 'expliquerez- vous, madame ?

ANATOLE, vivement, à Marguerite c]iù \;t parler. Non, c'est à moi de répondre. (Amadame Durand-Pont.)

Madame, si dix minutes avant de se tuer, Werther avait rencontré votre fille, il serait encore de ce inonde... J'ai donc l'honneur de vous demande)- sa main !

HENRI, ahuri, à part.

Ah bah ?

Et ce soir, je prendrai le rapide pour'Périgueux !

HENRI, lia>, à Marguerite, montrant Anatole.

Tu vois, il ne lui a pas fallu deux jours !

MARGUERITE, déçue et au public.

Ahl ne me parlez pas «les hommes!

Rideau.

Imprimerie Générale de Chàtillcn-sur-Seme. — A. Pichat.

PQ Hennenuin, Maurice

2615 Yette

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