‹ Yih-kingChapitre 1 sur 31 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Un essai publié l’année dernière dans le Journal Asiatique 1 avait eu pour but de démontrer que le Yih-king n’était point ce livre de divination bizarre et, j’ose le dire, peu sensé, que certains lettrés de la Chine ont jadis présenté à leurs concitoyens avides d’art augurai et que leur postérité a reçu, comme tel, de leurs mains et transmis, en cet état, jusqu’à nous.

L’étude continuée de ce livre fameux et l’essai d’une traduction complète du texte principal m’a de plus en plus convaincu de la justesse de ma première interprétation ; il ne m’est plus possible de douter que le Yih-king ne soit en réalité un répertoire de réflexions philosophiques et grammaticales sous soixante-quatre titres.

C’est ce qui m’a déterminé à présenter au public ce nouvel essai, qui complète le premier, et comprend une traduction complète du texte fondamental comme des commentaires qui en font en quelque sorte partie intégrante.

Nous laisserons naturellement de côté ceux qui n’ont fait qu’altérer la pensée des premiers auteurs de l’ouvrage et lui ont donné ce caractère de livre de bonne aventure qui ne rachète pas même sa nature plus que singulière par des prévisions tant soit peu fondées en raison.

De ceux-là nous ne citerons que ce qui est nécessaire à notre travail.

1 Voy. Le texte originaire du Yih-king , sa nature et son interprétation. Extrait du Journal Asiatique. Paris, E. Leroux, 1886.

Devant exposer à nouveau les motifs qui ont déterminé mes convictions dernières, je dois bien reprendre mon œuvre ab ovo et rappeler ce qu’est le Yih-king dans son état actuel et de quoi il se compose.

Je me bornerai du reste au nécessaire.

Mais je dois avant cela indiquer d’une manière précise quel est l’objet de mon travail.

J’entends par texte primitif du Yih-king celui qui fut pour la première fois rédigé dans la forme actuelle, c’est-à-dire réparti en soixante-quatre sections, sous soixante-quatre chefs, sections renfermant chacune des sentences, des phrases explicatives de certains mots ou relatives à l’emploi de ces termes.

11 se peut que le rédacteur du Yih ait puisé certaines parties à un document antérieur déjà régulièrement formé, ou même à plusieurs d’espèces différentes. Bien plus, cette dernière opinion est, à mon avis, la seule admissible.

Mais c’est seulement après que cette compilation eut été mise en ordre et complétée par des sentences et remarques propres à l’auteur, qu’il exista un Yih-king. C’est aussi seulement le texte de cette rédaction primitive que nous entendons reproduire et expliquer dans celte traduction , quelles que soient les sources auxquelles ses divers éléments ont pu être puisés. En un mot, c’est l’ouvrage qu’avait en mains celui qui en a fait un livre de divination.

LE YIH-KINGr.

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