‹ Yih-kingChapitre 8 sur 31 · Il reçoit le secours du ciel. Tout tourne à son avantage · texte numérisé non relu

Il reçoit le secours du ciel. Tout tourne à son avantage

Symbolisme. — Le koua représente le feu au-dessus du ciel. Ainsi l’homme supérieur réprime le mal, répand le bien et se conforme en tout au décret du ciel.

Note. — Cette section indique les qualités et avantages de ce qui est grand au moral, §§ 1, 3, 4, o, et au physique, § 2. Ce dernier peut encore n’être qu’une comparaison.

1 Siao « petit » opposé à tà « grand. »

Koua XV.

— — f$ K'fen : respect, condescendance, bienveillance, modestie.

Texte 1. — Si cette vertu grandit en lui, le sage aura un heureux sort.

Com. I. — La règle du ciel est de répandre en bas ses bienfaits et de faire briller la lumière; celle de la terre est de porter son activité de bas en haut. La voie du ciel est de dépouiller l’arrogant et de combler l’humble de biens. Celle de la terre est de renverser la fortune du superbe et de faire surabonder l’humble. Les Esprits abattent l’orgueilleux et favorisent l’humble. La voie de l'homme est de haïr le superbe et d’aimer l’humble. La modestie honorée brille; abaissée, elle ne prévarique point. C’est la fin suprême du sage.

Symbolisme. — L’hexagramme représente la terre ayant sous elle une montagne. Ainsi l’homme supérieur diminue l’abondant et augmente ce qui est en indigence et, arrangeant proportionnellement toutes choses, il établit la paix et répand ses faveurs.

Texte IL — d. Là où l’on respecte le sage on sortira heureusement des difficultés. — On doit se maintenir par l’abaissement de soi-même. Com. IL

2. Le respect qui se manifeste au dehors est du plus heureux effet, (quand il est établi au milieu du cœur. Com. IL) (App.)

3. Le sage diligent et respectueux sera heureux jusqu’à la fin. — Tous se soumettront à lui. Com. IL

4. II est toujours avantageux d’agrandir son respect, sa modestie, et de ne point passer la mesure de la modération.

3. Même sans richesse on sera aimé et aidé de ses concitoyens, si l’on est respectueux et bienveillant. Mais à l’égard des insoumis (Voy. Com.) il est bon d’user de la contrainte et des armes même. (App.)

6. Si la bonté n’est pas comprise, on doit alors mettre ses troupes en mouvement et châtier les villes et les états *. — Si la bonté ne réussit pas. Com. IL (App.)

1 C’est une suite du § o, séparée pour avoir les six paragraphes obligés.

LE YIH-KIÏNG.

Note. — Le respect, la déférence pour tout le monde, la modestie, sont des vertus fondamentales chez les moralistes chinois. Cette section en expose les fois, la mesure et les avantages, comme les cas où il faut agir durement.

Koua XVI.

= == m Yû : i. Dignité, majesté; 2. Aise, satisfaction, jouissance.

Texte I. — La dignité fera établir avantageusement les chefs féodaux et conduire les armées, (l’n prince plein de dignité y réussira.)

Com. I. — La puissance forte, qui fait triompher convenablement ses volontés et agit avec condescendance, a la vraie majesté. Sa condescendance est semblable à celle du ciel et de la terre; elle agit comme eux. Comment ne pourrait-elle pas établir solidement ses vassaux et guider ses troupes? Le ciel et la terre agissent avec condescendance. Aussi le soleil et la lune ne s’arrêtent point et les quatre saisons ne sont point troublées dans leurs cours. L’homme grand et sage agit de même; aussi ses lois et châtiments sont justes et le peuple se soumet. C’est une chose bien grande que la dignité noble!

Texte 11. — 1. Une dignité qui se manifeste bruyamment (ou bien : une jouissance bruyante, 2e sens) est chose funeste. — La volonté s’épuise. Com. II. (App.)

2. La puissance qui s’appuie sur le roc aura bientôt d’heureux succès. (ppA.)

3. Si quelqu’un porte des yeux cupides sur les jouissances et s’y attarde, il aura à s’en repentir. (App.)

k. Par la dignité on acquiert la grandeur, de grands biens, qu’on n'en doute pas. Les amis viendront nombreux et pressés. — Les désirs s’accompliront complètement. Com. II.

5. Le plaisir est une maladie chronique qui se perpétue et grandit bien qu’on n’en meure pas. (App.)

G. Si celui qui est livré aux jouissances se corrige complètement, il évitera les maux qui en sont la suite. — S’il continue, cela ne pourra durer. Com. II. (App.)

Symbolisme. — • Le koua est formé par le tonnerre sortant de la terre avec fracas. Les anciens faisaient leur musique en conséquence et honoraient la vertu. Offrant leurs adorations suprêmes à Shang-ti , ils faisaient des libations à leurs ancêtres.

Koua XVII.

— = |§i Süi : I. Respect, soumission, conformité à ce qui doit être; 2. Complaisance; 3. Fidélité au devoir; 4. Conséquemment, en ce cas.

Texte I. — Cette vertu fait parcourir heureusement les quatre stades de l’existence (voir koua I) sans défaillance ni erreur.

Le fort cédant au faible, l’action dans la satisfaction constituent süi.

Com. I. — Le succès en est grand; le monde a, par elle, tout en son temps. L’importance d’agir conformément aux besoins des divers temps 1 est des plus grandes.

Symbolisme. — Cet hexagramme est formé du tonnerre sous une eau stagnante. Le sage à l’approche des ténèbres (de la nuit ou de l’orage) rentre chez lui tranquillement et se tient en repos 2.

Texte IL — 1. Le magistrat, s’il s’est commis des fautes et qu’il les corrige, sera heureux. Dans ses rapports avec les hommes, au dehors, il acquerra des mérites par sa belle conduite.

2. S’il fréquente les jeunes gens et laisse de côté les gens âgés (et sages), il n’est pas digne qu’on ait des rapports avec lui. (App.)

1 C’est là l’expression de cette vertu de conformité que désigne le mot süi.

2 Comparez Sia-hio , p. 139.

3. S'il fait le contraire, en ce cas (4e sens, süi), il arrivera au bien, à la position désirée; il restera ferme et droit, sa pensée abandonnera toute bassesse.

4. Ce qu'on obtient par complaisance (blâmable) 1 est d’un profit funeste; quand on est sincèrement droit et qu'on reste dans la voie de la vérité, on acquiert de grands mérites. — Cum. II. Quel regret pourrait-on craindre?

o. La conduite droite, se tenant toujours à ce qui est bon, donnera le succès. Com. IL II en sera ainsi de l'homme en fonction gardant toujours le milieu.

6. Quand le lien de rattachement et de la soumission (chez les sujets) est fort, le roi peut offrir des sacrifices sur les montagnes de l’ouest. Il peut communiquer avec les Esprits; l’union entre les hommes et les Esprits est alors parfaite 2. — Les sacrifices sont exaucés. Com. (App.)

Koua XVIII.

s Kit : délibération, embarras, trouble, soucis.

Texte I. — La délibération, chose éminemment utile, fera triompher des difficultés. On doit délibérer trois jours avant d'agir; puis trois jours après (sur les conséquences). (App.)

Com. I. — Si l'on délibère sagement, le monde sera bien gouverné. Quand on va à une affaire on doit délibérer trois jours avant et trois jours après.

Symbolisme. — C'est le vent sous la montagne. Le fort au-dessus, le petit au-dessous; soumission chez l’un, droiture ferme chez l’autre; c’est ce que représente le koua kû. Ainsi le grand doit encourager le peuple et développer les vertus.

1 Et non par ses mérites.

- Cet accord était aux yeux des anciens Chinois la perfection de l’état social. Cp. Siaohiu, p. 40.

Texte II. — 4. Le fils qui prend en considération les soucis (ku) de son père et y pense, ne commettra point de faute. — Les difficultés auront pour lui une solution heureuse, s’il considère tout avec soin. Com. II.

2. Celui qui considère les soucis de sa mère (gardera le juste milieu. Com. II ’. App.)

3. Il n’aura jamais grande faute à regretter, ni grand reproche à subir, (et cela jusqu’à la fin. Com. II.)

4. S’il a une indulgence funeste (pour les défauts de son père) et craint de le troubler (par des remontrances respectueuses) -, il en aura du regret. (App.)

5. Le fils qui fait état des soucis de son père méritera des louanges (1) (par ses vertus. Com. II).

6. Quand on ne veut pas servir le souverain ni les princes, c’est que l’on a trop de souci de ses propres affaires et qu’on ne veut s’occuper que d’elles. Les visées doivent être modérées. (App.)

Noie. — - Tout ceci se rapporte aux soucis, préoccupations, fonctions : Ku.

Koua XIX.

Ëa Lin : autorité, surintendance, fonction.

Texte I. — L’exercice de l’autorité ne sera pas huit mois sans désagrément.

Com. I. — L’autorité ferme grandit peu à peu. Bonne et complaisante, elle gardera le milieu et observera ses devoirs. Par la ferme droiture on obtiendra grand succès; c’est la voie du ciel. Au bout de huit mois, il pourra survenir quelque mal ; mais il ne durera pas (si l’on est sage).

1 Le texte dit le contraire, mais il doit être altéré ; une négation en est tombée, comme le prouvent les commentaires. Le § 3 doit être joint à § 2, et § 3 à 1.

2 Le fils qui voit son père commettre des fautes , est tenu de l’avertir avec respect et d’insister sur ses remontrances. Cp. ma Siao-hio, p. 109.

Symbolisme. — La terre au-dessus des eau\ stagnantes. Le sage instruit sans se relâcher; il forme et protège le peuple sans y mettre de bornes.

Texte IL — 1. L’autorité procédant avec sentiments de concorde est une cause de succès certain. — Elle atteindra son but sûrement. Com. IL

2. Si elle agit ainsi, les avantages en résulteront certainement '.

3. Se plaire 2 au pouvoir pour lui-même est sans autre avantage et agrément. Si on rejette ce vain sentiment, on exercera l’autorité heureusement.

4. La suprême autorité doit être sans défaillance, — exercée convenablement. Com. IL

o. Savoir bien exercer l'autorité est nécessaire au grand prince et chose très heureuse. — Le prince doit suivre la voie du milieu. Com. II.

6. L’autorité généreuse et sincère est une source de bonheur sans ombre (sans cause de regret). Ces dispositions doivent se maintenir dans le cœur. Com. II.

yote. — Tout ceci indique les conditions de l'exercice heureux de l’autorité et de ses succès, les qualités du prince, etc.

Le § 2 n’est qu’une répétition du § 1, pour parfaire le nombre 6 des membres du commentaire.

Koua XX.

== = M A uen : 1. Regarder, contempler, regard; 2. Apparence extérieure, maintien;

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