Exclamation ayant un sens négatif
Texte I. — Le méchant ne réussit pas, le sage prospère; le grand va, le petit vient à lui. (Exemples d’opposition.)
Com. I. — Pi désigne le méchant. Quand p’i domine, le ciel et la terre sont sans rapport, les êtres ne se produisent pas. Quand le haut et le bas sont désunis, l’empire est sans gouvernement digne de ce nom. (Id.)
Symbolisme. — L’obstacle aux relations du ciel et de la terre forme p'i. En ce cas, le sage restreint son action et évite les difficultés. Les sages ne tirent pas d’honneur de leurs émoluments; ils retiennent leurs vertus en leur cœur.
Texte II. — 1. Les plantes dont les racines sont entremêlées (résistent et) ne peuvent être arrachées l’une sans l’autre h (Voir koua XI, texte II, 1 .) — : Com. IL Ceci concerne les princes. (App.)
2. Si par la patience et la constance l’homme vulgaire même réussit, l'homme supérieur ne le pourrait-il pas? (p'i, 4e sens). — Il ne troublera pas le peuple. Com. II. (App.)
3. La patience fait avancer. — Mais il ne convient pas que l’on avance en dignité, uniquement parce qu’on supporte patiemment les oppositions et méchancetés. Com. IL
1 II s’agit de la résistance qu’opposent des racines entremêlées.
4. Quand on a pour soi le décret du ciel, on réussira certainement; les champs mis en ordre prospéreront (malgré les oppositions, etc.). Les désirs s’accompliront. Com. IL
Ces deux paragraphes 3 et 4 sont la suite de 2 et n’onl été séparés que pour avoir le nombre 6.
5. Heü-p’l '. Faisant cesser les oppositions méchantes, l’homme supérieur prospérera, ses amis seront comme entourés de branches luxuriantes de laurier. Le bonheur de l’homme supérieur est dans une fonction exercée avec justice et convenance. (App.)
6. Kïng-pi 2. Détruire, renverser les obstacles et nuisances. On fait succéder ainsi la joie, la satisfaction. Avant peine, après plaisir (dicton populaire). Si les obstacles cessent, étant abattus comment pourraient-ils durer? Com. IL
Noie. — Nous avons ici un exemple d’obstacle, § 1 ; le moyen de les vaincre §§ 2, 3, 4, et trois expressions dans lesquelles entre le mot p'I, 2, 5, G.
Symbolisme. — La position des trigrammes figure la voie du petit s’élevant; celle du grand s’abaissant.
Koua XIII.
1*0 T’ông : union, harmonie.
Texte I. — Si les hommes vivent en concorde dans un pays, il prospérera; on y traversera les grandes difficultés. Le sage atteindra aisément sa perfection. (App.)
Com. 1. — Nous voyons ici l’effet de l’action du ciel. La force mêlée d’habileté et de perspicacité, observant la justice. Ainsi l’homme supérieur est bon et juste, et pénètre la pensée de tout ce qui est sous le ciel. Ainsi règne l’union.
\ Aussi : « encourir la honte » de la méchanceté qui veut nuire et n’y parvient pas.
2 Voir p. 26, 1. 6.
Texte IL — 1. Unis, à la maison, les hommes ne commettent pas de faute. S’ils en sortent même (restant tels) \ ils n’encourront pas de blâme. Com. IL (Effets de l’union domestique.)
2. L’union d’hommes par cabale est chose très funeste et dont on aura à se repentir. — Com. IL C’est la voie du regret.
3. (Moyen de garder l’union.) Cacher ses armes tout en restant vigilant (sur son élévation) et ne point les relever de longtemps (lit. trois ans). — Agir toujours pacifiquement. Com. IL (App.)
4. Bien que monté dans une forteresse, le bon prince ne cherche pas à dominer par la force (la violence et les attaques); son gouvernement sera heureux. — Com. IL Dans les difficultés mêmes il retourne à la justice. Il se retire en sa forteresse quand le droit ne règne pas. (App.)
5. L’union fait succéder la joie aux pleurs. Par elle l’armée du prince a triomphé (elle rentre triomphante), on va à sa rencontre, les peuples se soumettent. L'homme de concorde met au-dessus de tout la modération et la justice. — Ses adversaires mêmes reviennent à lui en esprit de paix. Com. IL
6. L’union s’étendant dans les parties même les plus éloignées du pays dissipera toute peine, toute cause de regret.
Symbolisme. — La bonté, obtenant les dignités, gardant le milieu et s’accordant avec le ciel, forme le T’ong J in. Le feu sous le ciel forme l'hexagramme. Par leur vertu, le sage connaît la nature des choses et en saisit le tout harmonique ( Shan y erh tchi Cong). Le feu éclaire le ciel, le fait connaître.
Note. — Legge reconnaît encore que l’union, la concorde et les moyens de l’obtenir, bonté, justice, etc., §§ 4, 5, sont le sujet de cette section et qu’elle forme opposition à la précédente. Mais cette opposition est dans les idées et non dans les figures hexagrammiques. On voit une fois de plus qu’il ne s’agit ni de pronostics, ni de caractères à interpréter.
1 Cela indique la conduite au dedans et au dehors.
Koua XIV.
~ Jz Ta : grand, grandeur, grandir, développement.
Texte I. — Grandeur, commencement développé.
Com. I. — La vraie grandeur c’est la bonté possédant les honneurs; le grand gardant le milieu, et petits et grands restant en harmonie. Force et fermeté avec habileté et intelligence forment sa vertu. Il est d’accord avec le ciel, agit à son temps et prospère grandement. (App.)
Texte IL — 1. L’homme vraiment grand n’a pas de rapport avec les méchants, et, bien qu’il rencontre des difficultés, il ne commettra pas de faute.
2. (Grandeur matérielle, ses avantages.) Ce qu’on transporte dans un grand (la) chariot, quelque part qu’on aille, arrivera sûrement. Com. IL Ce qu’on y entasse ne subira pas de dommage.
3. La grandeur est le partage des seuls Kongs. Eux seuls peuvent faire des dons convenables au Fils du ciel. Un homme inférieur 1 ne le peut pas. L’homme vulgaire blesserait (le Fils du ciel s’il s’avisait de lui faire un don).
A. L'homme grand ne commet pas de faute concernant ce qui ne lui appartient pas, — n’est pas son droit. Com. — Il le distingue clairement. Com. IL
o. Le grand apporte toute sincérité dans ses rapports; majestueux et grave, il est heureux. Il exprime sincèrement ses pensées. Com. II. Il est cru en ce qu’il dit; même quand il change d’avis on a confiance en sa sagesse.