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ÿleméns de philosophie catholique

En publiant ccs Élemens de philosophie, je dois i ma conscience, et à la volonté connue du souverain pontife , de placer en tête de ce livre, ma profession de foi explicite et précise^ sur la doctrine contenue dans l’encyclique adressée par Grégoire XVI, aux évéques du monde catholique, en date du i5 août i832.

Pleinement soumis à Vinfaillible autorité du pontife romain, j’adhère avec la plus filiale obéissance à tout ce que renferme l’encyclique ; je condamne tout ce qu’elle condamne, j’approuve tout ce qu’elle approuve , selon le sens propre et naturel «les mots, et selon la pensée du vicaire de Jésus- Christ.

Et pour prévenir, s’il est possible, toutes les insinuations de la mauvaise foi, je déclare en particulier, qu’il meparoît, i“ que l’encyclique venge d’une manière éclatante la suprême autorité des successeurs de Pierre , des atteintes que lui avoient portées des opinions flétries par le saint Siège, ef

PHfil'ACE.

qu’elle les improuve de nouveau, au moins indirectement, par ces paroles me'morables :

Meminerint omnes, judicium de sanâ doclrinû, quâpopuliimbuendisiint , atque ecclesiœ universæ regimen et administraiionem, penes romanumpontificem esse, cuiplena pascendi, etc...

2° Que loin d improuver la doctrine qui place le principe logique de la vraie philosophie , dans la parole sociale {verbum) et non dans les aperçus nécessairement faillibles de la raison individuelle, indépendante ou cartésienne, l’encyclique semble consacrer , de ses augustes suffrages , la doctrine philosophique qui repose sur la parole révélée primitivement ; doctrine, qui est celle des de Bonald, des de Maistre, dos La Mennais, et qui sert de base à la méthode philosophique que contient cet écrit.

‘ Meminerint Deum esse sapientiæ ducern, cmendatoremque sapientium , ne fieri non posse, ut sine Deo Deum discamus, qui per verburn docel homines scirc Deum (i).

(i) iVu uioinenl où l'eitcycliqiic pai’ol, (|iidquc.s journaux traduisirent le mot verbum par rtrbe et non par parole , supposant un V majuscule à la place d'un petit v. Mais le bon .sens dit à tous, que l’encyeliquc désigne ici le verbe humain, ou la parole \é\i'\vK primitivement, et non le Verbe incarné ou le Verbe infini ; car il est incontestable , que Dieu étuit coiiini avant rinearnalion du Verbe, et il n’est pas moins certain, que le Verbe infini s’est révélé primitivement aux

FAlîrACE.

VU

3“ Que la ligne politique suivie par le journal appelé t Avenir ^ de même que V Agence générale pour la d^ense de la liberté religieuse , sont improuvées par l’encyclique.

Enfin , j’improuve avec et comme l’encyclique : le fait des révolutions actuelles , les principes de propagande et d’associations républicaines , la liberté illimitée de la presse, et la liberté illimitée de conscience (i).

Je déclare, en outre, que si , malgré mes intentions, il se trouvoil dans ces Elémens de philosophie , quelque proposition contraire à la doctrine professée par l’encyclique, comme à toutes les doctrines du saint Siège, je la condamne et je la flétris

Iiommes par la parole. Nous avons sous les yeux un exetnptaire de l’édition originale de l’encyclique , es; typographiâ reverendœ caméra , et le mot verbum s’y trouve par un- toBt petit V, et non par un V majuscule.

(i) Si l’encyclique improuvoit d’une autre manière la liberté de la presse et la liberté de conscience , je les improuverois comme elle; mais il me parott que, sous ce double rapport, elle flétrit uniquement ta liberté de conscience dogmatique et intérieure, fondée sur la négation de toute vérité, et qui découle de la source infecte de l’indifférentisme; et la liberté illimitée de la presse, qui est le droit radical d’outrager Dieu et la vérité, que s’arrogent les impies ; selon laquelle on ne reconnoit , sur la ten-e , aucun juge infaillible des doctrines, et qui repousse la censure religieuse etcatlioli(|uc, au même titre que la censure arbitraire des gouvernemens et des rois.

YIM

PBKFACE.

moi-même, d’avance, /orme//cmcn/; voulant m’en référer jusqu’à mon dernier soupir , au jugement suprême de celui à qui il a été donné, de paître et de gouverner les pasteurs et les troupeaux , de nourrir les petits et leurs mères.

Qu’il nous soit permis maintenant , d’admirer jivec une juste reconnoi.ssance , cette providence merveilleuse qui veille sur l’église , et qui, au milieu de l’anarchie des e.sprits, daigne placer un phare d’espérance, au bord de ce vaste océan des opinions humaines , pour guider, avec une douce et maternelle ^bonté, le voyageur dans sa course timide, vers les seules régions où se trouve la vérité.

L’encyclique de Grégoire XVI , est selon nous l’évènement le plus heureux des tems modernes; et il faudroit plaindre celui qui n’auroit pas assez de fQÎ, pour ne point y apercevoir cette main divine, qui soutient le vaisseau de l'église , au milieu des tempêtes que l’erreur soulève contre elle, dans sa marche vers l’éternité. Oui , cl nous le dirons avec une humble reconnoissance , le vicaire de Je.sus- Çhrisl;, dans ce monument impérissable de sa haute .sagesse , avertit des écrivains attachés au saint Siège par le fond de leurs entrailles, qu’ils ne doivent , qu’ils ne peuvent , quelle que soit la pureté de leurs motifs, former une association de pensées et d’opinions, avec des hommes impatiens de tout frein , et qui, sous le spécieux prétexte de,

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