‹ ÿleméns de philosophie catholiqueChapitre 65 sur 77 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Nous avons envisagé sous leurs divers aspects , dans les chapitres précédées, ces deux propositions fondunicntaies :

La première , qu’entre le doute absolu et le christianisme complet . il n’y a point de milieu possible , * pour la raison qui prend le mot individuel pour principe , pour règle et pour terme de ses investigations; et celle qui soumise à la loi de son être , prend pour point d’appui, dans la recherche de la vérité la raison générale , reflet vivant et immortel de la raison infinie. Nous avons vu , que marchant dans des voies b jamais séparées, l’une descend dans la nuit solitaire du doute , pendant que l’autre , s’avance d’un pas assuré vers la cité permanente qu’éclaire une lumière infinie , et d’où le doute , l’égoïsme et l’erreur, sont bannis h jamais.

La deuxième , que le catholicisme est le principe générateur de toute vérité , comme de tout progrès ; et que hors de ses dogmes et de ses lois il n’y a , il ne peut y avoir, ni lumières, ni «ispérance , ni vie pour les intelligences.

Mais en terminant ce résumé des preuves qui établis

Ttoa- tLÉ.ME^S I>t l’IllLOSOPIIIE.

scnl In (liviiiilc dn ciilliolicismc , ol qui iTssorlüiil de noire méthode de philosophie ; arrêtons nn moment l’œil de radmiritlion , sur deux faits, qui s’élèvent au milieu du flux cl reflux des événemens humains, comme CCS pyramides de l’antique Orient, que le temps n’a pu délruirc, cl que les sables du désert n’ont pu ensevelir. Nous voulons parler des innombrables témoins de la foi romaine, et de l’immortelle durée de l’église de Jésus- Christ.

Interrogeons d’abord les nombreux témoins du symbole de l’église , qui n’est que le symbole universel, dans sa forme incorruptible et complète.

Les premiers témoins de notre foi , sont douze hommes sans science et sans lettres, que le monde chrétien rfcconnoît pour les apôtres de Jésus-Christ. Ce sont eux qui ont dit à l’univers étonné : « Ce que nous avons vu , ce que nous avons entendu , ce que nos mains ont touché du Verbe de vie , voilà ce que. nous vous annonçons (i) ».

Or quel témoignage que celui de ces hommes , d’abord grossiers mercenoircs , puis les compagnons du Christ, et ses ambassadeurs auprès des nations de la terre ! Ni les opprobres de leur maitre, ni l’ignominie de sa passion , ni le scandale de sa mort, ne vaincront leur courage, Armés d’une croix do bois , ils quitteront les lieux qui les virent naître, et bravant mille morts, pour prêcher la divinité de celui qui mourut sur un gibet , ils

j fJuoJ vicliraus, t|uüil audiïiuius, quoi! iii.iuus nostræ contrectavcrunl de Verbo vilæ; boc anuuuliainus ïobis. / Joan., i, 35.

ÉiKMENs DE pinto'inpiun. r»35

s’avunccront au milieu des nations amollies par vingt siècles de sensualisme , pour commander à l'orgueil de se nourrir d’opprobres volontaires; h la cupidité de devenir ambitieuse et avide de privations et de misère, h la volupté, de savourer les tortures . de jouer avec le supplice et de fatiguer la mort.

Ces douze témoins de la vérité vivante , planteront la croix sur les ruines du paganisme , cl l’univers en frémissant, se courbera devant l’instrument d’un supplice réservé aux seuls esclaves. Ceitc grande révolution accomplie, ils passeront par l’échafaud pour monter au ciel, et voilà les premiers , les irrécusables témoins de la divinité de notre foi !...

Pendant trois cents ans, l’empire romain ne sera (ju’une grande arène , oii les disciples du Christ descendront pour lutter avec les tortures et avec les bourreaux. L’enfer donnera sa rage aux persécuteurs du nom chrétien; et des milliers de pontifes et de prêtres, de vieillards et d’enfans, de mères et de vierges, braveront la rage désespérée de l'enfer, pour garder la foi de Jésus-Christ; pour servir de témoins à la vérité du symbole éternel.

Vaincus par la puissance de la Divinité, des millions d’idolâtres, abjurant leurs erreurs, et brisant comme de vils jouets les divinités sourdes qui avoienl environné leur berceau , se feront les disciples du Dieu qui mourut sur la croix. Juifs et pa'iens, philosophes et prêtres, affranchis et esclaves, s’enrôleront sous la bannière du Christ , et inourroiit, pour serin'»’ de témoins à la vérité du symbole éternel.

Des nuées de fidèles fervens iront peupler les déserts; la solitude en tressaillera d’allégresse; les montagnes et

ÈLLMENS DE PHILOSOI-HIE.

les coUiuesen bondiront comme les béliers du lroupeau( i); jamais un paroil spectacle n’aura étonné l’onivers ; et ces anges de la rclraite, ces martyrs de l’amour, ces héros de la grâce , serviront de témoins h la vérité du symbole éternel.

jMais, quels témoins en faveur de la divinité du catholicisme, que ces docteurs de l’église, qui se succédant de siècle en siècle , ont vengé la foi romaine des attaques d’une insolente raison. L’immense collection de leurs «cuvres , n’est que le grand commentaire du symbole de notre foi; c’est l’Évangile traduit dans la langue du génie, ('.es immortels témoins, rangés autour de l’arche sainte, célèbrent avec une même foi et un même amour , les triomphes de la cité de Dieu sur la cité du mal. Ht pendant que , dans l’effrayante collection des livres enfantés par une raison sceptique, on ne trouve pas deux écrivains d’accord sur les inèuies mensonges; et qui , guidés par la lampe funèbre do leur froide raison, aient pu parvenir b Y unité d’une meme erreur; les docteurs de l’église romaine, présentent h l’œil catholique , une permanence, une unité , une identité de témoignages qui confondent l’admiration elle-même , et qui portent dans l’âme l’irrésistible ascendant do la vérité.

Arrêtons-nous maintenant sur cette grande famille de pontifes qui se succèdent sans interruption sur la chaire éternelle. Gardiens du symbole de Jésus-Christ, ils n’ont abjuré ni leurs incommunicables prérogatives, ni la foi

(i) Atonies cxullavnrunt iit arides; d rolles sicut agni oviiiiii. Pial* 1 13 , 4 *

ÛLÉMENS UE UniLOSOPHIE.

coiitice au pêcheur de Galilée. Parcourez loules les déclarations solennelles, émanées de la chaire de Pierre, depuis les sacrés décrets du concile de Jérusalem , jusqu’à l’encyclique de Grégoire XVI. Cherchez-y, je ne dis pas une erreur, mais la plus légère dissonnance, et dites, si celte unité de témoignage est un signe de mensonge ?

Comptez, si vous le pouvez, cette multitude d’évêques , qui, pendant tonte la période écoulée depuis Jésus-Christ jusqu’à nous, ont régi, sous l’autorité des pontifes romains, les églises particulières du monde catholique. Or , ces pontifes vénérables ont enseigné aux nations de la terre, un même Dieu, une même foi, un même culte, un meme symbole, et cette imposante unité seroit le signe do l’erreur ? Mais alors , quels caractères assigner à la vérité ? comment échapper aux étreintes du scepticisme ?

Toutefois , nous n’avons pas interrogé tous les témoins de la vérité de notre symbole. Et cos myriades de prêtres et ces innombrables lévites tirés du uiilieu de la gentililé, qui forment une chaiiie grande comme le monde, et dont la parole a parcouru et consolé l’univers, quel Dieu ont-ils prêché à la terre ? quel symbole ont -ils enseigné ? le symbole romain ; et ce symbole ne seroit pas l’écho de la vérité ? Mais alors, il ne reste plus qu’à s’asseoir dans le désespoir du doute, qu’à s’ensevelir dans la nuit du néant. Est-ce tout ? Non, ce n’est pas tout.

Poussière des nations régénérées par le Christ , ranimezvous; sortez de vos tombeaux, catholiques de vingt siècles; venez des quatre vents, venez dire à l’incrédule, quelle a été votre fui! venez dire à une nation assise dans l’indifférence, les articles de votre symbole. Mais c’est le symbole de l’église romaine , que répètent sous la voûte des

i;l.UMENS ll£ PHILOSOPHIE.

cienx, plus de mille millions de fidèles, cl leur voix tonnanlc comme celle des grandes eaux , et leur parole plus rclenlissanle que les roulemens du lonncrrc , ne rediroil que les désespérans échos du mensonge ?

Disons-le donc , avec une profonde conviction ; ou la vérité n’est qu’un leurre , que la ridicule parodie d’une ombre qui sc presse h l’horizon du doulc,.ou elle se trouve dans l’unité, dans la perpétuité, dans l’universalité de ce grand témoignage.

Et quel homme sur la terre, craindroit de s’égarer, en prenant pour fondement de sa raison, pour mailrcsse de son cœur, pour reine de ses espérances, la foi de l’église romaine? Est-il uneerreur dans le monde, qui puisse i n voquer ^ un semblable témoignage? Mais qii’esl-cc que le symbole du panthéisme ? l’écho du doute absolu, rien de plus. Qu’cst-cc que le .symbole du sensualisme , auquel sc rat • tache le paganisme dans tout ce qui le sépare des lradilion.s primitives altérées dans son sein? l’écho du doute, rien de plus. Qu’esl-ce que le symbole du sectaire , du déiste ? l’écho du scepticisme; rien de plus. Et il en est ainsi de toutes les formes d’une raison d’un j.our. Mais le scepticisme dans lequel se résout invinciblement toute opinion qui n’a pour point de départ, et pour terme de scs concop- ■ lions que lemot individuel, n’est pas plus un symbole, que la nuit, qu’une profonde nuit, n'est le jour le plus beau.

Reposons maintenant nos regards sur le grand fait de la stabilité de l’Église; contemplons uu moment son immortelle durée au milieu des ruines que les siècles entassent autour de son trône.

Les œuvres de l’homme, portent le cachet de sa foibicssc et le sceau de son néant. Nées de lui, elles meurent comme

Di. ' : y fidt igle

ÉLÉMENS 1)E l'IULUSDI'IllE. 55^

lui. Il n’on est pas ainsi de l’église bâtie par la main du Très-Haut. Née an milieu des orages , et prédestinée sur la terre à d’immortels combats, elle aura une durée plus longue que la durée du temps, et les siècles, en passant sur son front toujours jeune, n’y laisseront jamais ni taches . ni rides.

« Vous êtes Pierre , dit le Sauvqur du monde h son premier disciple, et sur cette pierre je bâlirai mon église , et les portes de l’enfer ne l’ébranleront pas (i). » 11 n’y a qu’un Dieu, qui oit pu promettre une destinée si grande, à ce qui prit naissance dans une humilité si profonde. Et que penserions-nous , d’un sectaire , qui , arrachant nu grossier villageois h ses travaux obscurs, s’en viendroit lui dire : Je t’investis d’un pouvoir souverain sur les intelligences ; je te donne l’univers pour empire, et je promets h tes combats la conquête du monde. Je te proclame le père des peuples et des rois, l’arbitre suprême de la justice et de la vérité, le guide de l’hunianité dans les routes de la vraie civilisation, l’infaillible interprète de la loi qui sert de fondement au monde moral. Je te donne, et à' tes successeurs, im trône que les siècles et l’enfer même ne. renverseront point : et c’est-lh ce que Jésus-Christ dit h Pierre, fils de Simon, pêcheur do Galilée.

Pierre est devenu le fondateur du plus grand empire qui ail jamais paru sur la scène du monde. Getobscur villageois, est venu placer le siège de sa puissance sur la poussière . du trône des Césars. Les rois delà terre l’ont appelé leur père ; les nations lui ont demandé le pain de rintcliigeiice.

(i) Tu ciPeirus, et super liauc petram, ædificabo ccclcsitsm iiicam, cl parlæ inferi non prævalcbuiit atlrcrsus eam. Marc. i6, i8.

ÉLtMËNS I)E PHILOSOPHIE.

Pierre est devenu dans scs successeurs, l’arbitre suprême de la vérité el de la justice ; et la lumière qui guide le genre humain dans le désert du temps, s’échappe depuis près de vingt siècles , des cimes du Capitole chrétien.

L’immuable stabilité de l’église est un lait grand comme le monde. Qui pourroit le nier? Perpétuellement assaillie, elle a été perpétuellement victorieuse; et ses triomphes passés lui en prophétisent d’éternels.

Elle a vaincu le monde païen, subjugué le monde barbare , régénéré le monde sauvage. Tous les marteaux sc sont brisés sur elle; elle usera ceux du temps même. Elle a triomphé du fer des bourreaux et des sophismes des sectaires ; elle a été plus forte que l’ignominie et que la gloire; elle a vaincu la pauvreté et les richesses; elle a terrassé l’erreur et désarmé le crime; et, debout au milieu des siècles, elle prolonge sa marche ; toujours une dans sa foi , toujours grandissante dans sa lumière, toujours expansive dans son amour , toujours immortelle dans son sacerdoce ; et c’est pour elle que ces mots sont écrits ; « Votre règne , Seigneur, est le règne de tous les siècles , et votre domination s’étend de génération en génération (i)... »

Toutes les sectes qui ont mutilé Son symbole, ont passé comme passent des jours d’orage; et, reine de la science et de la liberté, de l’industrie et des arts, de la puissance et do la civilisation, de la prospérité et de la gloire, l’Eglise du Jésus-Christ épanche sur l’humanité toute entière, ses intarissables bienfaits.

Or, ce fait aussi prodigieux qu’il est inattaquable , que

(i) Regaum tuum, regnum umuiuin scculorum, cl dominatio tua tu omui gcneralione et gencrationem. Psal.j 144^

ÏLÉMENS DE PHII O.SUPniE.

prouve-t-il , sinon la céleste origine et la divine vérité de, l’église romaine ?

Quoi, toutes les créations de l’homme, tous les empires, toutes les sectes, passent et repassent incessamment , devant le trône oü l’Eglise est assise , et seule , sans être divine, elle auroit le privilège de l’immortdlité ?

Mais alors, h quel caractère reconnoUre ce qui est de Dieu et ce qui vient de l’homme? comment expliquer ces éternelles fluctuations, ces constantes vicissitudes de toutes les choses humaines, et l’inébranlable fermeté d’une église fondée, il y aura bientôt vingt siècles, par douze pauvres pêcheurs, recueillis par Jésus do Nazareth, sur les bords d’un lac, où ils réparoient leurs barques et lavoient leurs filets ?

La stabilité de l’église , au milieu de l'éternelle mobilité des choses d’ici-bas, est le fait le plus étonnant, que l’œil de l’homme puisse contempler; et si ce grand fait étoit une erreur, alors, toutes les notions étant confondues, la raison chancelante demeurcroil sans point d’appui ; et la vérité, manquant du plus frappant de scs caractères , la perpétuité; le doute absolu scroit le dernier asile, d’une raison à jamais déshéritée de l’espérance et de la certitude.

Ainsi , tous les genres de preuves , se réunissent pour venger l’église des attaques de l’incrédulité , et pour éclairer une foule d’hommes, qui ne repoussent ses dogmes et ses lois, que parce qu’ils les croient en opposition formelle avec les progrès de la science, et avec le bonheur temporel et définitif de l’homme.

Nous sommes loin, toutefois, d’avoir rappelé, même sommairement, toutes celles qui découlent de la méthode de philosophie que nous substituons è la philosophie du

doute. Car du moment oii il est démontré, que le catholicisme est la loi même des intelligences, dès-lors, et nécessairement, la série de ses preuves devient inépuisable, et choque siècle, chaque époque, chaque pas de l’humanité en agrandit la chaîne immortelle.

Et voilé pourquoi , le monde gravite de tout son poids vers le christianisme total , envisagé dans sa foi , dans sa science et dans son amour.

Mais ces preuves qui deviennent la justification solennelle du symbole catholique, ne sont, si cette expression est permise, que le portique de la cité de Dieu. La mission du prêtre est d’essayer d’en mesurer l’enceinte, d’en sonder les divines profondeurs, d’en connoltre les inépuisables richesses.

KtKUENS DE PiULOSOEHlE.

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SÜPPLÉMEiM'.

Nous plaçons ici, l’cxccllculc classificalion des systèmes de philosophie anti-catholique , formulée pur M. l’ubbé Gerbet, dans ses conférences sur la philosophie de l’iiistoire,dont la triple catégorie embrasse nécessairement toutes les erreurs que la raison individuelle peut enfanter. Nous y ajouterons une note précieuse sur la triade de rancienne Kgypte, et sur les sacrinccs tauroboliques; note que M. de Chateaubriand a insérée dans scs Eludes historiques , et qui a été communiquée à cet Hlusire écrivain, pur un ami et un compagnon de voyage de M. Champollion mort trop tôt pour la science ; et dont les travaux sont si favorables à la grande thèse des traditions du catholicisme primitif. Cette note servira de complément à ce que que nous avons dit sur 1,1 philosophie égyptienne, page -j6.

tLENENS UE rHlLOSOPHIE.

catégorie:

nu PANTHÉISME.

L’infini seul.

Spiritualisme pur appliqué à C univers.

Il n’est qu’une forme du paiitnëisme; car l’idde d’e.sprit, d’intelligence, ne renfermant point par ellemême l’ide’e de borne, il n’y a aucune raison, dans le système du spiritualisme

f iur, de reconnohre 'existence d’êtres particuliers.

Spiritualisme appliqué d Vhoînme.

Même rdsullat pour la même raison ; car la croyance à l’existence de l’univers matériel et la croyance à l’existence d’un principe corporel dans l’homme reposent évidemment sur les mêmes bases.

CATÉGORIE BE l’athéisme.

Le fini seul.

IIMVERS

Matérialisme pur appliqué à l’univers.

Il n’est qu’une forme de l’athéisme, l’idée de matière ne renfermant pas l’idée d’infini.

noMsiE.

Matérialisme pur appliqué à l’homme.

Il nie dans l’homme ce par quoi celui-ci participe au principe inûui.

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