CHAPITRE XXIV
I.E CATnOLICISME EST LE PRIKCirE OÉNÉRATEUR DE TOCS LES GEHRES DE PROSPÉRITÉ , MÊME MATÉRIELLE.
S I. Considérations générales sur le bonlieur; sa notion Catliolique.
Le triomphe du catholicisme sur les peuples , n’a pas seulement pour objet , leur félicité future, mais encore leur prospérité temporelle. Source féconde de vérité et de vie, il embrasse toutes les destinées de l’homme, celles du temps, et celles de l’éternité : promissioncm habens, viiœ guœ nunc est, et fuiurœ tô).
Les peuples corrompus par l’incrédulité, se sont ima-
fi) llélir. i3, i4-
(a) Quœrite ergo primùm regnuro Dei et justiliam njus, et hæc omnia adjicicnlarTobis. Malh. 6. i,
- 13) l. TUimol. 4, 8.
BLEMENN l>E PIIILUSÜEIIIE.
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giné que le cnlhoücisiuc éloit hostile au progrès matériel, et nu bonheur présent des hommes ; et cette erreur pro • pagée, devenue presque populaire, n fait une foule d’ennemis h la religion. Il est teins de flétrir cet insolent mensonge, et de prouver que le christianisme est le principe générateur de tous les genres de prospérité matérielle. Dieu , est la source et le terme de toute félicité , puisqu’il est l’être absolu, la plénitude de toute perfection. Le bonheur do riiomme, et de riiumanilé toute enlière, consiste à tendre vers Dieu , par un développement progressif. La lin de riiumanilé, est de vivre dans le temps, comme dans réternilé , de la vie de Dieu. Et ces paroles profondes , comme toutes celles de nos livres saints : Ibtint devirluie in virtulcm... à chirilatc in clarilatcin... tjui bibunl me adhur silienl , et qui cdunl me ttdliuc cstiricnl , ces paroles immorielles , disons-nous , sont vraies dans tous les cycles de rcxislcncc de l’homme; elles comprcnneal toute rélcnduc de sa félicité préscule et future. El voilé pourquoi le Sauveur du monde a dit à ses frères: » Soyez parfaits, comme Dieu même est pariait.» Aussi, c’est méconnoîlre la fin de l’humanité , que de renfermer dans le lemjis , tout son bonheur ; c’est briser sa nature , c’est mutiler ses espérances, que de ne lui offrir pour terme de ses désirs, qu’une prospérité matérielle et terrestre.
Toutefois , si clic marche dans les voies de son développement progressif, elle peut jouir de tout le bonheur que comporte sa condition présente.
Mais, comme le calholici-mc renferme seul, les lois naturelles du développement intellectuel et uioral de l’humanité, il est clair, que sa félicité présente, sera en raison même de l’influence que le catholicisme exei'cern sur elle.
■-Il .
KI.ÉMENS ni5 PHII.OSOI'MIE.
5 I], De ht prospérité temporelle du penre liiiinain avant J. C.
Le fait social de la chule primilivc de l’homme, de sa dégradation, et de celle de sa postérité, explique seul, les souffrances, les erreurs, Ics^calamités et les maux auxquels le genre humain fut en proie, avant l’accomplissement de la rédemption.
Le peu de bonheur temporel dont il jouit, avant- la propagation du paganisme, doit être attribué à l’inlluencedes vérités primiitves et traditionnelles. Sous le poids d’angoisses dont elle étoil accablée, l’humanité, dans sa marche vers les siècles , ne goûta d’autre consolation réelle que celle de l’espérance. Lllc garda toujours , l’attente d’nn meilleur avenir, et elle crut universellement, que le joug de fer qui pesoit sur elle , seroit un jour brisé. Disons un mot de scs accablantes douleurs, avant l’crc de sa régé néralion accomplie.
A mesure que la loi divine , laissée en héritage h la postérité d’un père coupable , s’offaçoit des âmes, pour foire place h la loi de mort, on vil les nations de la terre .s’abrutir dans un égoïsme effrayant. L’homme devint l’ennemi de l’homme ; le droit de posséder ne reposa plus que sur la force ; la propriété n’eut point de racines dans la conscience. Le despotisme régna dans la famille; le pouvoir, le père, le maître , furent impitoyables ; la femme , porta tout le poids des caprices d’un tyran barbare , et sa condition fut intolérable. Celle de l’enfant ne le fut pas moins. L’infanticide , l’exposition , le meurtre de l’innocence : voilé ce que l’on trouve partout, et partout, même
IXEMENb DL PUlLOSOlMilC.
dans les Idgislfilioiis liiiuiaiiics , avant l’élablisscuicnl du elirislianismc.
La condiliun des esclaves , cliez les nations idolâtres , soulève d’indignation et d’horreur, et rien ne prouve mieux la prodigieuse dégradation de l’espèce humaine , que la honteuse patience avec laquelle l’esclavage fut toléré par les deux tiers du monde, avant la venue de Jésus-Christ.
Les calamités , la misère , la honte et rabrutissement , marchèrent toujours croissant , à mesure que les vérités traditionnelles s’uflbiblircnl.
$ 111 De l'influcncc de l’église sur le liorilieur matériel des peuples, depuis son établissement jusqu'à nos Jours.
L’éghsc , en étendant son empire sur les nations de la terre, en a presque banni toutes les misères qui accabloient l’ancien monde : ce fait est incontestable; il faudro en dire la raison. Considérons d’abord ce fait important et social.
Le catholicisme, nous l’avons prouvé , a fondé le droit des gens , raffermi dans la conscience, les vraies notions du juste et de l’injuste, et la foi d’un avenir. L’agriculture, le commerce et l’industrie, ont pris par lui, un essor qu’ils n’avoient jamais eu avant l’ère du Christ.
Partout, où la législation chrétienne a pénétré, elle a brisé le despotisme et substitué le droit et la justice h la force. La polygamie et le divorce, ont fait place h l’unité conjugale; l’enfant est devenu un être cher îi la société, et sacré pour l’homme; la femme épouse, la femme mère, la femme veuve et la femme vierge, sont devenues l’objet des soins, j’ai presque dit, du cuite de l’homme civilisé.
L’esclavage a disparu du milieu del’Lurn|)e, et la con-
KI.HMHSS DE EHILOSOPIIIE.
ditioD des classes indigentes, auprès de ce (lu’eile étoit , avant le christianisme , n’oflre point Je terme de comparaison.
Toutes les misères ont trouvé une consolation , toutes les inl'ortimes une espérance, toutes les larmes une main pour les sécher. L’amélioration morale et physique de toutes les conditions , depuis l’établissement du christianisme , est donc un fait immense, que personne ne contestera .
Indiquons la cause deeette heureuse et gronde révolution, accomplie dans le monde depuis la venue de Jésus- Christ.
L’amélioration prodigieuse du bien-être moral et même physique, des nations chrétiennes, se trouve dans le dogme accompli de la régénération de l’homme déchu.
La loi du progrès dons le \>rai et dans le bien , ayant été rétablie par l’incarnation cl par la rédemption du Verbe divin fait homme, les nations qui en ont recueilli le bienfait, sont sorties de la dégradante servitude de l’erreur et du vice. Elles oiu.pu,.par la grâce de Jésus-Christ, s’arracher aux angoisses , aux douleurs et aux misères infinies dont le genre humain étoit accablé par l’égoïsme païen.
'La plaie sanglante de la cupidité, de l’orgueil cl de lu volupté, a eu , dans le sang de Jésus-Christ , un remède efficace, et la société est rentrée, par le catholicisme, dans l’ordre de sa perfectibilité primitive. Dès-lors , il y a eu harmonie, entre la matière et l’intelligence; l’esprit a vaincu la chair, cl l’homme a pu faire servir â son développement, et même è son bonheur, ce qui, auparavant , il cause de sa dégradation profonde, le plongcoil
ELKUEN.S UE PBII.OSUPBIE.
dans les ténèbres de In mnlière , et i’y rctenoit cruellement ciichainé.
La loi de liberté et de vie a été proclamée par Jésus- Christ; et l’humanité a pu user des biens d’ici-bas , sans en faire sa fin ultérieure et définitive, et sans y chercher autre chose, qu’une ombre d’une meilleure, d’une immortelle patrie.
Telle est la cause radicale, du bien-être , même matériel , et de l’amélioration progressive du genre humain , depuis Jésus -Christ jusqu’à nos jours.
^ IV. Action (tu catholicisme complet sur la prospérité temporelle «lu monde.
Les faits proiiventquc le bien-être matériel des nations, depuis l’établissement de l’église, s’est accru dans une mesure ascendante, en raison de l’action du catholicisme sur elles. L’Europe est , sans aucun doute, la reine de la prospérité temporelle du monde; or, l’Europe est chrétienne ; et les nations catholiques de l’Europe , jouissent d’une somme de bonheur temporel , incomparablement supérieure au bien-être des nations schismatiques et protestantes , chez lesquelles la prospérité inatériollc , quoiqu’on pensent certains parleurs de lumières , est allée eu décroissant, à mesure que In vie du catholicisme les a abandonnées.
L’égoïsme , le paupérisme, l’infanticide , le divorce , la dureté du maître, la misère, l'ignorance, l’abrutissement et le vol ; voilà ce qui frappe chez les populations soumises à l’influence du protestantisme ou de l'incrédulité. Et il faut bien remarquer, <|uc 1e développement industriel et
ÉLKMEIfS 1>E PUILOSOPIIIE.
comuiercial , qui s’est manifesté depuis deux siècles, en dehors du catholicisme, n’a été possililc que par un reste de christianisme, dont la partie protestante ou incrédule de l’iiurope, est encore imprégnée. Mais ce développement que l’égoïsme de l’aristocratie linancière a confisqué-, a été pour les deux tiers des populations protestantes ou incrédules , un fléau terrible , qui n’a au-dessus de lui que l’esclavage du monde païen ; et dont le terme sera le bouleversement de l’Europe, si la foi ne vient au secours de l’incrédulité, et si la charité catholique ne détrône l’égoïsme industriel. Car le bien-être matériel, et les jouissances de la vie animale , au lieu d’être chez les sectes protestantes ou sceptiques, le fruit, et comme le surcroît de la vérité et des vertus sociales, ont été le terme, l’unique terme de l'insatiable et dévorante cupidité de ces fermiers généraux d’une civilisation abâtardie. Et nous savons pourquoi l’industrie protestante et philosophique écrase aujourd’hui l’Europe, d’un poids effrayant de misères et de calamités. .. Mais malheur aux mat très de cette civilisation sans Dieu, et par conséquent sans charité pour l’homme !
Le catholicisme seul, donne è une nation une prospérité niotériclle véritable, parce qu’il fait plus pour le pauvre que pour le riche; parce que l’égoïsme et l’intérêt privé , loin d'étre jamais son but , sont de sa part , l’objet d’une haine cl d’une lutte persévérantes ; parce qu’enfin, son action régénératrice, s’accoluplil toujours, en faveur de ce qu’il y a de plus calamiteux, de plus souffrant, de plus délaissé dans le monde; et qu'il est écrit au Livre des livres ; « Venez h moi , vous tous qui souffrez , et que le » travail du besoin accable , et je vous soulagerai » .
ÉLKMEXS UE PIlILOSOI’llir. Ssi)
Le Irioiuphe définitif du calholicismu sur le luuiide mural, s’il se réalisoil jamais, donneroit ii sa prospérité temporelle, son plus haut degré de splendeur; parcc- (|uo ne faisant de l’univers tout entier, qu’une grandir famille, riche de sa foi , de sa science, de sa gloire , de sa liberté et de son amour; l’arbre de la vie humaine, juirleroit tous les fruits qu’il peut donner; et s’avançant vers une félicité éternelle , riiumanité juuiroit sans danger et sans égoïsme, d’un bonheur terrestre, aussi complet (|u’il peut le devenir , sans briser la loi d’un développement progressif, vers les es|)érances d’un autre monde et d’une autre vie, '
^ V . Ues égareiiieiis ito l’esprit humain sur la prospérité malérieilu des peuples.
ïôus les égaremens de l’esprit humain sont destructifs du bonheur temporel de l’hoinmc , parce que tous ils ont pour efl'et nécessaire, d’anéantir In loi de perfectibilité indéfinie dans le vrtiî et dans le ôicn.
Ainsi, le panthéisme brise In nature et la personnalité humaines, détruit tout progrès par conséquent. Le dualisme, place l'homme sous le balancier do fer de deux puissances éternellement ennemies. Le scepticisme suicide son être; le sensualisme le plonge et rétouffo dans la boue; et comme toutes les erreurs qui ont paru dans le monde , aboutissent, îi l’une de ces erreurs fondamentales; elles sont donc toutes subversives du bonheur temporel et progressif de l’humanité.
Point donc , de prospérité même matérielle |iuur le genre humain , hors du cnlholicisme cl de ses lois.
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KLIMENS DE l>illLIIS(ll>IIIE.
Et une raison sévère conçoit clairement , que l’action picine.et entière du catholicisme, réaliserait la plus grande somme de prospérité temporelle dont la société toute entière pût jouir dans sa condition présente.
Que Tunivers en efTot , tombe un jour au pied de la croix ; que Jésus-Christ règne sur l’humanité soumise ; et tous les genres de prospérité , même matérielle , lui seront donnés.
Et hœo omnia adjtcienlur....
Fiat , fiat !
ÉLÉSIF.NS l>F. Pllir.OSOPIIIE.
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