‹ Ypriana. Notices, études, notes et documents sur YpresChapitre 22 sur 56 · LA CHAMBRE DES XXVII OU DU COHSEIL · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE DES XXVII OU DU COHSEIL

« la cambre deschevins » et c'est encore pour couvrir le pavement (1h cette chambre scabinale qu'on acheta en 1326 (I), 4327 W et 1328 (s), de la paille, des joncs, des herbes et des nattes (matten).

Mais, dès la iiri du XIV*^ siècle, on désignait plus spécialement sous ce nom la chambre oii se réunissait le collège des vingt-sept conseillers (Raeden XXVII) et c'est sur cette Raedecamere que nous croyons pouvoir donner ici quelques détails.

Ces XXVII conseillers représentaient les grands propriétaires et la noblesse urbaine ; ils étaient, d'après nous, les successeurs directs des jurati et camerarii qui administrèrent, au haut moyen-âge, la communauté organisée d'Ypres (communUas ordinata de Ypra).

Ce conseil existait donc, dès les temps les plus anciens; quand la « grande communauté d'Ypres » se constitua régulièrement, au temps de Jacques Van Artevelde, le conseil des XXVII forma le premier collège de cette grande assemblée politique et administrative. Il y avait voix délibérative.

Ce collège n'excTçait aucun pouvoir judiciaire; ses attributions étaient exclusivement administratives. En dehors des assemblées de la grande communauté, les XXVII avaient simplement voix consultative, ils aidaient en un mot de leurs conseils les échevins administrateurs; mais, après, comme avant la naissance de la commune.

(1) « Thierry van der Pipen omme strooy ie striewene in de raedcamere. (Compte 132(3.} xij s. »

(2) a Van biesen ende van gherze te S** Bartelmeus daghe in raedtcamere. (Compte 1327). ij s. »

($) « Van biesen gestroit in de raetcamerei zvj s. — Jan de matmakere

om te makene de maten in de rdetcamere en te «iege te Belle, zzz s. n (Compte 1328.)

puis durant plusieurs siècles, ils exercèrent une influence considérable sur la direction des affaires politiques et administratives de la ville.

Cette influence fut grande surtout à Tépoque de la domination bourguignonne ; alors des membres de ce collège coinposaient toujours, avec des échevins assistés d*un conseiller pensionnaire, les députations chargées, soit de représenter la commune aux États de Flandre et aux États Généraux, soit de suivre les ducs de Bourgogne dans leurs expéditions, soit de r^ler, avec ces princes ou leurs ofiiciers, des affaires majeures (<).

Ce collège ne siégeait pas seulement, avec voix dèlibérative, daus « la grande communauté », mais encore avec voix consultative, dans une autre assemblée, nommée par Gramaye « le petit conseil », et qui se composait des échevins avec leurs conseillers (Raden van camere)^ des XXVII et des chefs-hommes de diverses corporations urbaines jouissant de droits représentatifs et politiques.

Aucune décision sur des affaires de queIqu*importance, n^était prise par les échevins ou le petit conseil sans avoir consulté les XXVII et toujours, soit avant de donner leur avis, soit avant d émettre leur vote dans Tune des deux assemblées plénières dont il vient d*èlre parlé, ces conseillers examinaient entr'eux les affaires (s); ils s assemblaient à cette fin, dans une chambre destinée k ces réunions particulières; c*est à cette chambre que Ton donnait le nom de « la chambre des XXVIl ou raedecainere.

Dès — et peut-être avant — - le milieu du XIV" siècle, cette chambre se trouvait en face de la chambre des échevins, à l'extrémité ouest de la petite cour orientale

(1) Voyez les comptes de la ville : Voyages /^OMim.

(2) Voyez MewMie boucken^ passim (Archivée d'YpresJ.

des Halles, presque contre le beffroi; elle recevait la lumière à l'orient par une verrière donnant sur cette cour (t). C'est dans cette primitive chambre des XXVll que fut placée, croyons-nous, en 1344, par Chrislîaen Nerhoud et Salin Veis « la keminée en le Halle en costé le belefroy » mentionnée dans le compte de cette année (i).

Après avoir réparé les immenses désastres occasionnés par le siège de 1383, nos échevins firent exécuter de grands travaux à l'intérieur du stedehum dont — nous l'avons vu — les grosses constructions avaient été presqu'entièrement terminées avant ce siège. Nos magistrats y firent alors approprier et décorer diverses chambres, destinées à leur administration, puis réparer d'autres locaux de la Halle, existant d'ancienneté, enlr'autres notre chambre des XXVll.

Maître Willem Melcwiet entreprit, en 1391, de reconstruire le mur de cette chambre placée alors entre la Halle aux draps et le nouveau stedehuiiSy c'est-à-dire le mur de face, élevé, en retraite près du beffroi, à Test du passage qui, sous cette tour et les Halles, conduit de la grande place à l'église de saint Martin.

Cette entreprise fut faite, y compris la fourniture des matériaux, moyennant la somme de deux cent soixanteseize livres parisis (s). 11 fut payé en outre à l'entrepreneur, <c pour lyfcope » (4), quatre livres (s) destinées à

(1) Voyez gravure Ilbls, N» 12, et plan B, N» 2.

(2) « A Christiaen Nerhoud et Salin Veys, pour faire en taske une kemiuee en le Halle en costé le belefroi, x %, iiij s. » (Compte I344.J

(3) M Meester Willem Melcwiet van makene, la taske, den muur van de raedecamere ende de stofTe te leveren, ij^ Ixxvi <^. » [Compte 1391].

(4) Ly/cope, Lp/ koop: epulunt emptionis causa; Kilian. 11 était donc alors d'usage de donner un repas ou régal quand on faiitait une acquisition, un marché, une entreprise.

(5) Van lyfcope, iiij %. (Compte 1991).

couvrir les frais d^un régal que donna Melcwiet, quand il fit cette entreprise.

Au XIV* siècle, on ne dressait, parait-il, pas plus qu*aujourd*hui, des devis toujours exacts : après Tachèvement « du mur », quand on en fit le mesurage, il fut constaté que celui-ci avait deux pieds de plus que la longueur prévue dans la convention {pQùru}aTde)\ pour ce travail supplémentaire et pour « un pillier » (pilaer), Melcwiet reçut encore vingt-quatre livres (<) ; ces divers travaux de maçonnerie coûtèrent donc à la ville, matériaux compris, une somme de trois cent quatre livres.

Où plaça-t-on ce pilier fait par maître Willem ? ce pilaer portait-il, au rez-de-chaussée, les voûtes sur lesquelles notre chambre était construite, comme les piliers que Ton voit encore dans les locaux sous la Halle aux draps portent les voûtes de ce monument ? ou bien cette chambre était-elle couverte elle-même de voûtes retombant sur cette colonne? enfin le pilier n*était-il qu'un simple contrefort destiné à consolider le bâtiment ?

La solution de ces questions permettrait de connaître comment fut bâtie, en 1391, notre ra^ecamere ; il est malheureusement impossible de les résoudre, car il ne reste plus de ce bâtiment que « le mur » construit par maître Melcwiet et ce mur même n'est plus dans son état primitif; à sa base s'ouvre une large baie de porte en plein ceintre qui donnait naguères encore accès à a l'écurie de l'hôtel de ville » et l'on voit que des baies de fenêtres, avec seuils, aujourd'hui murées, ont été percées plus tard dans ce mur de façade.

(l) « Meester Willem Melcwiet Tan dat hi maeckte den muer ij voetea langher danne woorworde, van den pilaer en de stoffe leveren, zziiij ^ » (Compte 1381.)

Aucun vestige ne permet donc de reconnaître dans quelles conditions notre chambre des XXVII fut reconstruite à la fm du XIV"" siècle ; toutefois, un document de 1621 — que nous analyserons plus loin — démontre que cet édifice avait un grenier, qu'à Fintérieur il n'existait pas de voûte lambrissée et que sa façade est, donnant sur la cour, ne se terminait peut-être pas par un pignon ou galbe.

C'est, pensons-nous, dans celte façade que s'ouvraient les deux fenêtres que Henri Vander Haeghe garnit de verrières en 1391 (»), quand, après l'achèvement des travaux entrepris par Melcwiet, on décora cette raedecamere; on y établit alors un nouveau pavement ou dallage (a), puis des lambris en bois, ornés de sculptures, notamment de roses taillées par Gille Haye (s) ; on restaura « le cruciiix de la raedecamere » (4) et maître Willem Melcwiet y plaça une belle porte matelassée qui ne coûta pas moins de soixante livres (5). Cette porte s'ouvrait à l'extrémité sud du vestibule (e) conduisant au pand ou salle des pas perdus de « la cambre deschevins au stedehuus. »

Quelques années plus tard, on voyait dans la chambre des XXVII une mapemundi ; des relations commerciales de nos drapiers yprois avaient sans doute nécessité cette

(1) « Henric Van (1er Haeghe van twee nieuwe glasvensteren in de raedecamere. » (Compte 1391.)

(2) « Cm de raedecamere te paveiren, vJij %, xvj 8. » (Compte 1971.)

(3) « Oille Haye van den roosen te snidene in de raedecamere. » (Compta 1302.)

(4) « Van te vermakene een cruus dat behoort ter raedecamere, xvj s. »

(5) « Den voors. meester Willem (Melcwiet) van leverene in tasse metten stoffen dobbeledaere van mactelacie int incommen van deraedcamere,lx s. » (Compte 1392.)

(6) Voyez plan B,N*1.

acquisition. Cette mappemonde fut en 1398 placée sur, ou contre, un châssis (<), afin de pouvoir être examinée et consultée plus commodément.

La raedecamere ét'iit décorée dans le même style que la chambre des échevins et son ameublement fut toujours semblable aussi à celui du siège scabinal. Elle était ornée de tapisseries, sans doute de haute lisse ; en 4419, France Vander Wîchterne fit « trois patrons de tapis pour la raedecamere {^) yt; déjà garnie de sièges et de bancs couverts de draps.

En 1507, on renouvela ce mobilier; on acheta de nouveaux sièges (3) et bancs, (4), que Ton recouvrit alors de draps rouge; c'étaient de beaux meubles, car on paya pour ces « siegen » [U'ès de cinquante livres et pour les coussins en draps rouge, quarante-et-une livres et quatorze sous (5); on plaça un nouveau petit bahut ou coffre (e) dans la chambre meublée à neuf et Jacob Van Ilichelen, « peintre », y exécuta divers ouvrages de son état.

'1) « Jac^h Boudry van j cassine te makene in de raedecamere daer mapemundi anstaat, enz, xxx s. » (Compte 1398.)

'2) France Vander Wichterne van drie patruonen te makene in de raedecamere, xxxvj s. » (Compte 1419.]

Vers cette époque on renouvela aussi les tapisseries du siège scabinal ; les trois patrons dont il est ici que&tion, furent faits, croyons-nous, pour la chambre des XXVII que l'on nommait rarement alors raedecnmrre^ mais parfois gemeenecamere parce que \egrootgemeente y tenait ses séances.

(3) « Christiaen Plets scrinewerker van leveringhe van siegen in de XXVII camere, xlix <S>. iiij s. » (Compte 1507.)

(4) « Christiaen Plets van leveringhe van twee baoken in de XXVII camere, zxxvij s. »

(5) « Van den coope van zxij ellen i*ood laken te xxj s. by de elle, voor t'sceeren van de voors. lakenen ende t^acsioen van sesse cuasens, xij %• xiiij s. » (Compte 1507.)

(6) « Jan Steenbeke van den coope eener kiste dienende in de camere XXVII, iij %, » (Compte 1507.)

Jacob y iit-il de simples peinturages? ou fut-il chargé d'y restaurer {verlichten} (*) de véritables œuvres de peinture? la somme de dix livres payée à ce « peintre » et Texpression verlichten (enluminer) permettent de croire que celte chambre était non seulement ornée de tapisseries, mais aussi de peintures.., sans doute héraldiques ou murales (s).

Il est probable que la raedecamere et son mobilier avaient été fort détériorés, lors de Tincendie de la Halle, en 1498, car on y avait alors jeté pêle-mêle les registres déposés dans la trésorerie, foyer de cet incendie, et d'autres papiers que Ton avait pu arracher aux flammes (s); c*est sans doute pour réparer ces dégâts qu'on fit, vers 1507, les divers ouvrages dont il vient d'être parlé.

De 1621 à 1622, de notables changements turent faits à la façade orieutale de notre chambre des XXYIL nommée alors de berecht camere (4).

On résolut, le 20 Janvier 1621, de mettre cette façade en harmonie avec celle de la chambre des échevins qui, on l'a vu, y faisait face et avait été reconstruite depuis à peu près cent ans (5). Les trésoriers furent donc chargés de faire démolir la façade (tvoor ansichte) et « le grenier (zolder) de la berecht camerCy de faire bâtir une nouvelle façade à pignon, comme celle de la chambre des échevins, en appropriant autant que possible les anciens bois de fenêtre et autres matériaux; puis il fut aussi résolu

(1) Verli hten : éclairer, mais aussi eDiiiminer, met koleuren ttfzeUen,

(2) « Jacob van Hlcelen, scilder van zekere werken bi hem ghedaen in t*verlichten der camere van XXVII, iij ft. » (Compte 1507.)

(3) Voir notre Incendie de la Halle en 1398. (Ann, Weti-Fl. VII. p. 157.)

(4) Berecht^ avis, information, rapport. Berecht camere^ chambre consultative. Voyez KiLiAN.

(5) Voyez notre: Chambrée des échenins.

d'établir, au moyen d'une galerie, une communication entre « les deux Halles », c'est-à-dire entre la Halle aux draps et le stedehuus («). Cest donc alors que fut construite la charmante galerie lambrissée qui relie notre hôtel de ville à la grande Halle (i). Ainsi le lambris qui recouvre notre antique raedecamere^ date de cette époque. Cest alors aussi, que fut placée en retraite à Touest de la cour orientale des Halles, la belle façade en bois qui, refaite avec les débris des anciennes fenêtres de l'édifice, a conser>é, en partie, son style primitif.

Cette légère façade, ornée de délicates sculptures, qui se détache d'un côté, vers le sud, sur la niasse du beffroi (a), et de l'autre le gheivel de la chambre des échevins, avec ses bureaux suspendus, forment encore aujourd'hui un tableau à la fois pittoresque, imposant et même grandiose à l'intérieur de la petite cour orientale de nos Halles (4).

Ces deux chambres étaient jadis, l'une et l'autre, richement décorées et meublées.

Nos anciens échevins, représentant la communauté des bourgeois, ont aujourd'hui pour héritiers les administrateurs populaires et élus de la commune restée libre. L'antique siège de nos échevins-bourgeois est splendidement restauré !

fl) « Den zx* January 1621 up tvertooch Tan de ghecommiteenle tor tresorie nopende tmaeken van de nieuwe gallerie tusschen beide de Hallen Toor de berechi camere, was gheresolveert dat de zelve ghecommiteerde ▼oor tmaeken van de zelve gallerie zallen doen afsmytea tvoor ansichte vau de Yoor: camere ende de solder, maekende de zelve rond van boven ghelyck de camere van myn heeren voochdt ende schepenen, approprierende daer toe de Tenster cassînen ende andere materialen van de onde zxvii camere zoo verre tselve te passe compt. »

(2) VoyesplanD, N»2.

(3) Voyez gravure N* XL

(4) Voyez gravure in»is, N« 19.

Une belle voûte lambrissée, quelques jolies sculptures, une charmante façade en bois, précédée d*une pittoresque galerie, témoignent encore de Tancienne splendeur de Ja chambre où, pendant des siècles, les XXVIl, mandataires des castes privilégiées, délibérèrent sur les affaires de la ville ; mais la noblesse urbaine a perdu ses prérogatives, les grands propriétaires (viri hœreditati) ne sont plus privilégiés; la chambre ou les représentants de ces castes se réunissaient autrefois, n'a rien conservé, pas même son nom!... Elle sert de magasin ! on) dépose les effets de couchage de la garnison, et son rez-de-chaussée a durant quelque temps servi d'écurie! — Sic transit gloria mundi.

LE SIÉ6E.

Outre le tribunal nommé primitivement « la vérité (les échevins », plus tard « la chambre » (decamerK il existait à Ypres un autre tribunal connu sous le nom de c( le siège ».

Le premier fut, jusque vers le milieu du XV*" siècle, une cour souveraine, et à toutes les époques le tribunal supérieur de la commune (t). Le second était un tribunal inférieur, sa compétence ne s*étendait pas au-delà des affaires ayant une importance de vingt-cinq livres de gros, et ses jugements pouvaient être réformés en appel par « la chambre ».

« Le siège » ne fut pas plus que « la vérité des échevins », constitué soit par une charte octroyée, soit par une keure scabinale; c*est dans les antiques usages de <c la communauté organisée » (communitas ordinata) — peut-être même de la gilde — qu*il faut chercher son origine.

(I) Voyei nos : Cours de Justice^ etc. [Ann, Wesf^Fl., V, p. M.)

Comme presque toutes nos institutions communales antérieures à la domination bourguignonne, le siège existait probablement en fait avant la naissance de la commune proprement dite et fut longtemps régi par des usages séculaires, mais plus tard, quand la commune, légalement constituée, obtint des privilèges et des franchises ; le siège reçut aussi peu à peu une organisation réglementée par écrit.

Les dispositions réglementaires concernant ce tribunal inférieur, éparses et formulées d*abord dans diverses keures, furent enfin codifiées ; elles forment la rubrique II — Styl van procedeeme ter skge — de la coutume d'Ypres publiée le 5 juin 1535 (i) et qui, partiellement modifiée, fut homologuée en 1619 (s).

D'après la coutume de 1535, le siège composé de deux échevins et d'un clerc (clerk) était présidé par l'avoué de la ville et devait tenir ses audiences tous les mardi, jeudi et samedi à deux heures après midi (s).

La coutume de 1619 reproduit cette disposition et nous

(1) « Wetten statuuten costumeo ende usancien van der stede scependomme ende poortrie van Ypre, metsgaders de oordere van procedeeme ten Tieracare ter camere yan scepenen up dHalle « ter siège » ende ter andere berechte der zelve stede. — Voyez Rub. II: Styl van procedeeme ten siège, ghepubliceert ter Halle den vyfsten dach van wedemaent int jaer ons Heeren duust vyf hondert viveodertich ter presentie van Jan Floriszoone als aooutheeten, Charles de Man ende Jane de Vos scepenen ende my présent ais clerc (signé] J. Marsis. »

(MS. de la bibliothèque de l'aateur.) Ces premières coutumes d'Ypres n'ont pas été imprimées jusqu'ici.

(2) Costvymen toeUen ende statvyten der stede ende poorterije van Ypre ghedecreteert bg den prince (Albbrt bndb Tsabbl) — Rubricall, styl ende vsaneie van procederen ter siège — TTpre by François BeHet, boee^drucker ende boech-vercooper, 1620. — Cest l'édition princeps de cette coutume plusieurs fois réimprimée plus tard.

(3) « Coutume de 1535. Rub, II, art. \^.

fait connaître que ces deux échevins étaient désignés par l*échevinage, qu'alors un conseiller pensionnaire remplaçait le cletky enfin que Tavoué pouvait, comme président, être remplacé par un délégué {stedehouder).

Notre siège eut pendant plusieurs siècles, un prétoire particulier; on ignore où siégea ce tribunal, au début; mais, au commencement du XIV' siècle, il avait son prétoire spécial a en le Zuutstraete (<), dans une cambre de la Belle (s) », nommée parfois « la maison Jehan Yperman (») » parce que maître Jehan d'Ypres — le père de la chirurgie flamande («) — habitait cet hospice.

Cette « cambre » sans doute meublée, comme la (c cambre deschevins sour le Halle », était, en tous cas, comme celle-ci, couverte de nattes (s).

Le siège fut installé en « le Zuutstraete » avant la fin du XIII'' siècle, peu après la fondation (i277) de Thospice placée sous la protection de S^ Nicolas, mais à toutes les époques, — au XIX* comme au XIII* siècle — désigné

(1) a Pour les nates en le cambre en le Zuutstraete xxvij s. vj. d. m ;Ccmpte 1307, 1308 et 1310 même mention.)

^2} • A Jehan la Grave ponr faire les mattes destrain (paille} et estouper... en le cambre à la Belle ». (Compte 1323 )

« Jan de matemakere van te makene de maten ter siège te Belle, xxx s. » (Compte 1328.)

» Jehan le Orave matemakere pour faire les nattes a le siège, xxx s. » (Compte 1330.)

(S) « Pour le nate... a le maison Jehan Yperman (Compte 130S.)

(4) Voyez (ilmi. Bruges et Ann, West-FL) les remarquables travaux d« M. I. L. A. DiRoiRiCK, qui le premier a tiré de Poubli le nom de ce grand chirurgien yprois. — Voy. aussi les publications de MM. Carolus, Snxl- LABRT, Brosckx, et de Wacbtbr.

La statue de maître Jehan Yperman — trop longtemps oublié par sa ville natale — est aujourd'hui placée dans une des fenêtres murées de notre Halle aux draps (face nordj.

(5) Voyes comptes citées plus haut.

généralement sous le nom de sa fondatrice, Christine de Ghinnes, veuve de Salomon Belle. Ce tribunal inférieur siéga « en le cambre de la Belle » (i) jusques vers le milieu du XV' siècle («). A celte époque, le stedehuus était achevé depuis plus de cinquante ans et nos magistrats y avaient successivement fait approprier plusieurs locaux afin de centraliser et de grouper en quelque sorte autour de « la cambre descbevins » les divers services judiciaires et administratifs de leur commune ; on résolut, vers 1445, d'y transférer aussi le si^e de la « Belle ».

Les sommes payées pour approprier les locaux qui devaient à Tavenir y servir de prétoire sont inscrites dans le compte communal de 1447 (s).

Un maître charpentier, nommé Jooris Wagheman, livra les bois nécessaires pour exécuter ces travaux ; il tailla des lambourdes («) et Michel Gabbe, maître menuisier, y fit, avec plusieurs ouvriers, des ouvrages de menuiserie (s). Jean Saerlin confectionna pour les portes du nouveau siège trois serrures à trois clefs qui coûtèrent

(1) Compte 1333.

(2) PiETBR Van db Lbtbwb : (Vernieuning der wet van Tpre^ ans., p. 4.)

(3) Compte du 1"^ JanTier 1447 (N. S.) aa 31 Décembre de cette année.

(4] « LeTerioghe ghedaen by Joris Wagheman meéster timmerman, an de kamerkinne van der siège. Eerst ijc iiiju xviij voeten reighelen te vj d. p. den Toet iii %. ziiij 8. yj d. — It. clxj yoeten yan iiij ende y dummen te yj d. par. den yoet... iiij fl. yj d. — It. lij yoeten pylen, xxvj s. — lu BruMche eekinneberden te yij s. par. t'stic... zij %. zij s. — It. noch een berd yiij s. — It noch twee Bruuche berden teen met twee sneiden ende tander metiij sneiden.... zzj s. — It. ende yan den lamboerden te •nydene.... zl a. — Comt al met iiijx» yoeten zalen te iz d. de yoet zzyiîj ft. u s. » (Compte 1447.)

(5) Même compte.

quatre livres quatre sous pièce («); c*étaient donc de belles serrures.

Les lambourdes et ouvrages de menuiserie — sans doute des lambris sculptés — furent ornés de peintures par Melcbior de Wicbtere, un des fils de France (?), donl nous avons si souvent déjà mentionné des ouvrages.

Olivier van Dixmude (<) et Joris Scaltins, trésoriers de la ville» en 1447, nous apprennent que Melchior était poartraiturwerkere^ comme son père (s) ; on est donc autorisé à croire qu'il ne fit pas seulement un modeste peinturage mais des « estoffaiges », peintures polychromes ou armoiries; la somme relativement élevée — dixhuit livres — qu'il reçut pour ce travail semble confirmer cette conjecture.

Enfin trois écussons — Bourgogne, Flandre, Ypres — furent peints par Ryke Broederlam, dans le nouveau siège (♦).

Rycke était-il le fils, le petit-fils, un parent de Melchior firoederlam, Thabile maître yprois, « jadis paintre et varlet de la chambre du duc Philippe le Hardi »? En tous cas, bien qu'il cumulât avec sa profession de poartrattufwerckere (s) l'office modeste de sonneur de cloches (e),

(1) « Jan Saarlin, smet, an de deuren Tan dersie^, drie sloteo. elc slot met drîen slotels, diea van elckenslnte metten aloten iiij %, iiij s. comt xi %. lij 8. » (Compte 1447.)

(2) Auteur d*une intéressante chronique éditée par M. Lambin.

(3) Melchior de Wichterne, poortrattuurwerckere, van an de siegen gevrocht te hebbene angaende den selven zynen ambachte, zviij %. » (Compte 1447.)

(4) « Betaelt Ryke Broederlam, scildere, over zynen arbeit ende salaria ▼an de drie scilden die hy maecte np de siège. » (Compte 14€7.)

(5] « Ryke Broederlam poortratturwerkere van vij scilden. «(Compte 1453, Yoyes aussi compte 1450.) (6} « Ryke Broederlam clockeluudere ens. » (Compte 1448.)

Ryke Broederlam portait un nom qui» comme celui de Vander Wichterne^ illustre les annales artistiques de notre ville.

Nous ne possédons aucun autre détail sur les décorations, ni aucun renseignement sur Tornementation générale de ce nouveau siège, mais, nous venons de constater qu'il fut garni de lambourdes taillées et de boiseries ou lambris sculptés, puis orné de peintures polychromes et d'écussons ; ce prétoire était donc établi et décoré dans le style des salles ou chambres qui furent construites ou appropriées, au XV* siècle, à l'intérieur de nos édifies publics.

D'après Pieter Van de Letewe («), le siège fut transféré à la Halle, de la maison à côté la Belle, habitée jadis par Jehan Yperman, et ce tribunal y tint sa première audience le vingt-neuf Septembre de l'année 1446, sous la présidence de Jan Van Lichtervelde, alors avoué de la ville.

Cette date est-elle exactement indiquée dans notre chronique ? on en pourrait douter, car, c'est dans le compte de 1447 seulement que sont renseignées les sommes payées pour approprier cette chambre et nos trésoriers semblent même indiquer qu'on y travaillait encore cette année. Mais Van de Letewe vivait à cette époque, il remplissait même des fonctions communales et les écrits de cet annaliste sont d'ailleurs en général dignes de foi, il est donc probable que nos trésoriers ne payèrent qu'en 4447 des travaux exécutés avant le vingt septembre 1446, puis achevés l'année suivante.

(1) Dea xzix dach van September int jaar xiiijc xlvj zat Jan Van Licbtervelde alsTOOgdh vaoder stede eerswaerven in de nieu^e siège voor de Halle die men daer vooren prhehouden hadde in de Zuutstratc naest de Belle. » 'Vet'm'euwi»g der rret^ enz., p. 4.

Aucun document n'indique d'une manière précise dans (|uelle partie du stedehuus ou de la Halle fut placé <c le nouveau siège ». Voor de Haik^ (donc, dans un local devant la Halle), dit van de Letewe, mais il n'exista jamais, entre le stedehuus et l'église de S^ Martin, aucun autre édifice que la chapelle des drapiers ou du S* Esprit et les faces sud et ouest de noire monument ne furent partiellement masquées que par des échoppes ; notre chroniqueur s'est donc servi d'une expression impropre ou qui peut-être avait alors une autre signi* fication.

Un document de 1467 nous fait connaître d'ailleurs que le siège était alors « soubz le Halle » (t). Ce tribunal avait donc son prétoire au rez-de-chaussée du monument et nous croyons qu'il fut alors établi dans les locaux sis au côté ouest du vestibule d'entrée, où se trouve le grand escalier de notre hôtel-de-ville, c'est-àdire, dans « la salle du rex de chaussée », mise aujourd'hui à la disposition du conseil des prud'hommes, comme la petite chambre y attenante et qui prend jour sur la cour orientale des Halles (<).

Cette petite chambre est, pensons-nous, le camerken naest der siege^ (à côté du « siège ») dans laquelle cincf charpentiers travaillèrent, en 1446 ou 1447, pendant trois semaines (a). Ainsi notre conseil des Prud'hommes est actuellement installé dans les locaux occupés jadis par le tribunal des échevins nommé « le siège ».

(IJ Uo huissier chargé (?3 février 1467), de notifier une sentence du i>arlement de Paris signifie cet arrêt (3 Juillet 1467), aux échevins réunis sou6c leur Halle en un lieu et endroict appelé le siège où ils ont coutume eulx assembler pour le faict de la Justice de ladite ville. (Aich, Yp.Inv. K* 233».}

(2) Voyez plan A, N»« 2 et 3.

3; Compte 1447.

Mais 1(3 siège ne continua pas longtemps à se réunir dans ce nouveau pr^'toire; en 1535, il tenait déjà ses audiences sur la Halle dans la chambre même des échevins (i)y et ii continua à s*y assembler ainsi, jusqu'à répoque de sa suppression, quand disparut Tancien régime.

D'après la coutume publiée le 5 Juin 1535, le siige devait être présidé par l'avoué, la coutume homologuée en 1619 autorisa le chef de Téchevinage à déléguer un écheviu pour le remplacer. Le premier magistrat de la ville usa et abusa même de cette autorisation; il présida très-rarement ce tribunal secondaire aux XVII* et XYIII** siècles et mit ainsi trop grandement en pratique le: de minimis non curât prœtor.

[1) tt Men zal tberecht van p;irtyen houden ter siège, « in camere van «icepenen ». (Coutume de 1535 )

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