Bérarn, Cours de Physiologie
Buis.
HSE | À où une force permanente doit faireéquilibre à une force également permanente. Lesligaments vertébraux, grâce à la richesse de leurs fibres élastiques, peuvent faire obstacle au poids des viscères de la poitrine et de Fabdomen qui tendent constamment à fléchir la colonne vertébrale en avant. ;
Le tissu élastique est aussi destiné à faire antagonisme à la contraction musculaire, et comme celle-ci est intermittente, il ramène alors les parties à l’état d’où les avait momentanément tirées l’action des muscles. Ceux-ci, pour vaincre la résistance des ligaments élastiques, doivent déployer une action plus considérable, mais cette perte de forces est compensée par le fonctionnement plus régulier des puissances motrices.
Dans les organes où s’opèrent d’une manière rythmique et pendant toute la durée de la vie des mouvements d'expansion et de resserrement, la contraction musculaire opère une de ces actions, le tissu élastique est préposé à la seconde. C'est grâce: à la richesse de ses éléments dans la construction du système vasculaire que le mouvement intermittent de la colonne sanguine se transforme en mouvement continu. C’est lui qui permet aux vésicules pulmonaires et aux canalicules bronchiques d’expulser en revenant sur eux-mêmes l’air contenu dans les voies respiratoires. Les canaux aériens que l'air dilate pendant les contractions musculaires inspiratrices, sontresserrés pendant l'expiration par la membrane élastique des bronches et de leurs subdivisions.
Tel est le rôle prédominant du tissu élastique dans
TUE ces deux grandes fonctions: la cireulation et la respiration.
Son (1) importance fonctionnelle varie à l'infini, car il contribue à former, etdans les limites qu'il est difficile de limiter exactement d’autres tissus, les tissus fibreux, cellulaire, conjonctif, séreux, musculaire.
La quantité des fibres élastiques est proportionnelle
aux besoins de la nature ; elle est d'autant plus considérable que les variations des organes dans leur forme et dans leurs dimensions sont plus étendues.
C’est ainsi que les éléments élastiques, plus ou moins nombreux dans tout le tissu fibreux, dans les ligaments, les tendons et leurs gaines, les fascia, les aponévroses musculaires de contention et d'insertion, sont abondants dans l’albuginée du pénis, la capsule de Glisson, les enveloppes du rein et de la rate. |
Certaines muqueuses, celles du vagin et des voies aériennes, et la peau, surtout dans les couches profondes, en sont aussi largement pourvues.
Le tissu élastique présente enfin une importance ‘toute spéciale dans la constitution des parois abdominales, de la ligne blanche, de l’arcade de Faliope, dans la formation des anneaux naturels inguinal, crural, ombilical et des piliers. C'est grâce à lui, que, sur un sujet bien constitué, les viscères sont en état d’équilibre et que se balancent heureusement ces deux forces continuellement opposées, la pression des organes et la résistance des parois.
1, Marc Sér, Analomie el physiologie da tissu “élastique,
DU ROLE DE L'INSUFFISANCE CONGENITALE DU TISSU ÉLASTIQUE DANS LA PATHOGÉNIE DE DIFFÉRENTES AFFECTIONS
Hernies.
Nous étudierons d’abord les hernies, qui sont le symptôme dominant de la plupart de nos observations. — Parmi elles, plusieurs profitent d’une disposition anatomique existant au moment de la naissance : elles sont congénitales. D’autres se créent elles-mêmes un chemin dans des conduits plus spécialement affaiblis : ce sont des hernies acquises. Ces conduits ou canaux — canal inguinal, canal crural, — sont constitués par les feuillets aponévrotiques superficiel et profond qui limitent la paroi autéro-latérale de l'abdomen, et dont l'entre-croisement sur la ligne médiane forme la ligne blanche. Comment l'intestin arrive-t-il à triompher de ces canaux, dont les orifices présentent toujours un contour fibreux, de résistance variable chez les individus ?
Les anciens auteurs (Scarpa et Malgaigne) y voyaient un accroissement dela pression intra-abdominale. Pour Lockvood (Brit. med. Journ. 1889, vol), chez les her-
nieux, le mésentère s’est élongé et généralement il est
ol
inséré plus bas que d'habitude sur la colonne vertébrale. Enfin l'existence d'un sac préformé, vestige plus’ ou moins parfait du canal vagino-péritonéal, montre la pathogénie des hernies congénitales proprement dites. (Pelletan, Cloquet, Velpeau). Nous saurons bientôt que ces diverses théories n'expliquent la production que d'un nombre restreint de hernies.
Parmi les causes déterminantes, l'influence professionnelle est indéniable. [est bien évident que ce sont les ouvriers et tous ceux qui portent de lourds fardeaux qui fournissent le plus fort contingent des hernieux. Mais aussicombien de hernies, oùilest impossible d’invoquer uneffort, mème léger ? Le Professeur Berger dit qu'il y a de très nombreux cas où « les violences extérieures et les efforts musculaires ne peuvent être considérés que comme des causes banales. Il y a dilatation progressive et continue des orifices herniaires, développement graduel de la hernie. »
= En faveur de cette conception du mécanisme des hernies on peut invoquer plusieurs raisons, et d’abord l'hérédité. Malgaigne avait attiré l’attention sur ce fait: il y a de véritables familles de hernieux.
«Il (1) est légitime de supposer que l’analogie de structure qui se retrouve entre les ascendants et leur filiation descendante, et qui se traduit par la ressemblance de la physionomie, crée des dispositions similai-
res de résistance des ligaments fibreux et des aponévro-