‹ Ystrophie Congénitale multipleChapitre 11 sur 34 · Bercer, /n Trailé de chirurgie Durray sr Reccus · texte numérisé non relu

Bercer, /n Trailé de chirurgie Durray sr Reccus

ses, de largeur ou d’étroitesse des orifices qui livrent passage aux hernies. »

Le professeur Berger fait intervenir le facteur qui pour nous est essentiel, l'insuffisance des tissus et en particulier du tissu élastique, élément fondamental des

ligaments et des aponévroses. À

Tous les auteurs ont attiré l'attention sur la consti-

tution propre aux hernieux et sur la présence chez eux d’affections pouvant être rattachées à la mème cause. Chez ces malades les parois abdominales sont flasques, tombantes ; les orifices herniaires peu résistants sont tout prêts à laisser passer la hernie. Et alors celle-ci s’opère sans qu'il y ait besoin d’un effort, « par le seul fait de la déchéance locale et souvent générale de lindividu. »

On a fréquemment signalé la coexistence des ptoses viscérales et des hernies. Et on a même pensé que ces dernières pouvaient être la conséquence de cet abaissement des viscères venant forcer les zones herniaires.

D'autres auteurs ont observé des scolioses et des cypho-scolioses chez les hernieux (Gourdon et Guimard. Revue orthopédique, 1892). Lawrence (Traité des hernies) et Lockwood ont souvent constaté le prolapsus utérin.

Nous verrons dans les chapitres suivants que ces différents symptômes dont la présence chez les mêmes malades à été si souvent signalée mais non interprétée peut être rapportée à une cause générale.

Le hernieux, nous venons de le voir, a une constitu-

tion physique particulière la plupart du temps. Cette

2) 0e 1 conception importante pour le diagnostie, peut l'être aussi en médecine légale. La hernie en effet peut exister « avant l'accident ; sur 4261 hommes adultes, M. Berger n'a trouvé que 1427 cas oùla hernie püt ètre réellement attribuée à une cause occasionnelle,

Et alors il faut admettre « que (1)la constitution physique, la conformation abdominale et l’état patho logique du sujet sont les premiers responsables d’une lésion dont les actions mécaniques ne sont jamais que la cause occasionnelle >. C’est ainsi que Kingdon a pu dire : « La hernieest une maladie et non point un aeci-

dent. »

Varices.

Les veines sont constituées, on le sait, par une tunique interne tapissée d’un épithélium, une membrane moyenne contenant des fibres musculaires et des fibres et des lames élastiques, une membrane externe’ composée de tissu conjonctif et de fibres élastiques.

Telle est l’extrème importance du tissu élastique dans la structure histologique des veines.

Or, si dès maintenant, avant de faire l’étiologie et la pathogénie des varices, nous en étudions l’histologie pathologique, nous voyons que les canaux veineux qui en sont atteints ont perdu toute souplesse, toute élasticité, que ce sont de véritables tuyaux rigides plus ou

moins hypertrophiés. « Lorsqu'on fait, (2) dit M. le

1. Bercer /n Traité de chirurgie . Durray er Recrus. 2, Corniz er Ranvier. Hislologie pathologique.

professeur Cornil, des sections à travers les parois des veines au niveau de la dilatation, on peut s'assurer que la tunique moyenne a disparu complètement ou qu'il ne reste plus qu'une couche mince ou des îlots disséminés ». |

Les fibres élastiques sont détruites ou elles sont insuffisantes, voilà la lésion fondamentale et sur laquelle tout le monde est d'accord. Pourquoi cette msuffisance fonctionnelle et trophique du tissu élastique ? telle est la question que nous allons examiner.

On connaît la grande fréquence des varices, car il n’est guère de région où l'on n’en ait rencontré : au membre supérieur, sur les parois du ventre, dans certains viscères. Mais leur siège de prédilection est l’extrémité inférieure du rectum, où elles prennent le nom d'hémorrhoïdes, le cordon spermatique, où on les appelle varicocèles, enfin et surtout le membre inférieur. |

C'est de ces dernières que nous voulons plus particulièrement nous occuper.

Affection commune et partout observée leur importance varie à l'infini, depuis la simple dilatation veineuse, les varicosités légères, jusqu'à ces énormes renflements, qui sont de véritables tumeurs variqueuses.

Les auteurs, pour expliquer le mécanisme et la fréquence de leur production, ont fait intervenir d’innombrables causes mécaniques, anatomiques ou professionnelles.

IL est certain que les professions qui exposent à la

station debout soutenue — station dans un milieu

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humide où à la grande chaleur — prédisposent aux varices. De plus, il y a aux membres inférieurs des dispositions anatomiques et physiologiques favorables, — Les veines sont obligées de traverser un certain nombre d’anneaux, les uns aponévrotiques, les autres musculaires. — Quelques unes d’entre elles enfin se jettent

à angle droit dans les gros trones veineux.

D'après l'opinion de M. Marey, les varices, comme « les hernies de faiblesse », sont dues à une absence de la contraction museulaire, ou mieux à son insuffisance ; « les valvules deviennent alors inefficaces, elles flottent dans une colonne liquide sans en interrompre la

continuité. »

Pour nous, toutes ces causes contribuent différemment à la production des varices, mais n'arrivent pas

à l'expliquer entièrement.

Et d’abord les mêmes dispositions anatomiques se retrouvent chez tous les individus : quelques-uns seulement en sont atteints. Beaucoup de gens se livrent toute leur vie à des professions très pénibles, et qui ne présentent jamais la plus banale varicosité. D’autres, au contraire, encore jeunes et chez qui la circulation ne fut jamais gènée, ont d'énormes varices qui les rendent presque infirmes.

Il est admis que chez la femme, la grossesse parait être une des causes les plus communes.

M. le professeur Budin a constaté 100 fois des varices sur 300 femmes qu'il a examinées à ce sujet.

Mais rien n'est plus variable ; certaines femmes n’en

présentent mème pas de traces, quoiqu'elles aient mis au monde cinq ou six enfants.

Quelques-unes au contraire, dans le cours de leur première grossesse, voient apparaître de grosses varices. Et il est à remarquer que chez elles il estextrèmement fréquent de constater en même temps des hémorrhoïdes (1), des varices des organes génitaux externes et internes.

Comme pour les hernies, la plupart des auteurs admettent l’hérédité des varices:

Aussi, pour toutes ces raisons, nous pensons qu'il faut, d’une facon générale, rechercher les causes de la production des varices dans une insuffisance congénitale du tissu élastique, insuffisance se manifestant plus ou moins tôt, suivant les circonstances.

Pour M. Schwartz (2),il y aurait une disposition spéciale de la tunique veineuse, une sorte de « diathèse variqueuse ». « Nous n'hésitons pas, dit il, à rapprocher des conditions étiologiques, celle qui consiste dans une sorte d’atonie de faiblesse du système veineux, telle, chez certaines personnes que plusieurs territoires veineux deviennent variqueux en mème temps. »

Avec M. Schwartz, nous disons qu'il y a atonie de faiblesse du système veineux et nous ajoutons que pour nous cette atonie réside dans la dystrophie du tissu élastique (3).

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