‹ Ystrophie Congénitale multipleChapitre 5 sur 34 · INTRODUCTION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ET HISTORIQUE

Le rapprochement des diverses affections, en apparence tout à fait disparates, que nous allons étudier, ne manquera pas de sembler étrange tout d’abord. On s’étonnera de nous voir grouper ensemble pour les rattacher à une cause identique des lésions, qui siègent dans des régions et dans des organes dont l’indépendance anatomique et physiologique paraît absolue.

Comment supposer en effet qu’un lien puisse unir entre elles des maladies dont les formes cliniques sont aussi variables, et les complications aussi différentes que les hernies et le pied plat valgus, que les varices et l’emphysème, que la scoliose et les ptoses viscérales ?

Les unes se rencontrent à la naissance, les autres sont le propre de l'enfance et de l’adolescence, d’autres enfin apparaissent plus ou moins tard au cours de l’existence ou sont habituelles à la vieillesse. Tour à tour rares ou banales, graves ou bénignes, elles relèvent tantôt de la médecine et tantôt de la chirurgie ou de l’or-

thopédie.

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Et cependant certains auteurs ont signalé depuis longtemps la coexistence chez les mêmes malades de quelques uns de ces états pathologiques si divers. Ces associations morbides, ayant semblé trop fréquentes pour qu’on puisse admettre, comme d’abord, une sim- ‘ple coïncidence, on s lat efforcé de les expliquer.

C’est généralement une cause prédisposante, constitutionnelle, héréditaire, qu’on a fait intervenir. Pour les anciens médecins il s’agissait d’un trouble mal défini de la nutrition, se manifestant par « la flaccidité des chairs ». Et cet état de déchéance locale ou générale de l’individu était placé lui-même sous la dépendance de l’une de ces grandes diathèses, le lymphatisme ou l’arthritisme. |

Il est tout naturel d’ailleurs qu’on ait invoqué une prédisposition congénitale et héréditaire pour expliquer ces associations pathologiques. Les auteurs en effet sont généralement obligés d’avoir recours à un état constitutionnel pour éclairer la pathogénie de chacune des affections qui les constituent, en tant que maladie distincte:

Reconnaissant l'impossibilité des causes ordinairement invoquées, anatomiques, mécaniques ou professionneiles, à produire un de ces états morbides, ils incriminent en dernier lieu une grande diathèse. Dans certains cas, ils en créent une de toutes pièces : ce sont les diathèses variqueuse, kystique, ou ptosique.

L'influence de cette prédisposition individuelle particulière ou congénitale et héréditaire nous paraît bien

hypothétique. L'arthritisme et le lymphatisme n'englo-

TS

bent-ils pas en effet la presque totalité de l'humanité ? Pour M. Tuffier (1) et les auteurs qui ont récemment étudié les causes de ces curieuses associations morbides, il s’agit d'un état général de débilité organique se traduisant par l'insuffisance physiologique des tissus. Ces états pathologiques si différents, hernies, varices,, ptoses viscérales, laxité articulaire, scoliose, pied plat valgus ne sont que des expressions localisées d’une véritable affection .« qui n’est pas classée, mais qui forme une entité anatomo-pathologique et une entité clinique. » , « Rien ne permet, dit M. Tuffier, de remonter à une cause pathologique expliquant ces lésions. Force nous est de voir là une véritable infériorité des tissus, un véritable défaut de la trame. » î Cette dystrophie spéciale portant sur la majorité des tissus est surtout accusée sur le tissu fibreux, qui se laisse facilement distendre et qui résiste mal aux fatigues constantes, aux efforts prolongés. « C’est cette prédisposition, dit M. J.-L. Faure (2) qui chez l’homme fait les hernies, chez la femme des vergetures et l’éventration, chez tous les deux les varices, le rein mobile, l’entéroptose, la chute du foie. »

C'est la même opinion qu'exprime M. Le Dentu (3) quand il dit « qu'il est des cas où les parois de l’abdo-

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