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nf rkmo.xtoir d'égalité.
4*t f*n l’ajoutant au moteur, donnait rarement des traces de sa présence par quelques centièmes de secondes. Rtait-il sensé, pour si peu , d’introduire le remontoir qui emporte avec lui tant d’inconvénients?
J’insiste sur les bonnes conditions de construction parce qu’il y a une grande différence entre une telle pendule et celle qui comporte des défauts dans sa composition ou dans son exécution. Nous ne pouvons développer ici ces principes fondamentaux, ce serait faire un traité de la pendule; nous pouvons dire en passant que c’est la partie la moins étudiée du plus grand nombre des horlogers, même des hommes à grande réputation.
Quant aux engrenages, le vice peut se présenter sous deux formes, ce sera tantôt une force motrice inégale, qui parviendra au régulateur par suite de l’impossibilité où l’on est de donner les formes mathématiques aux courbes des dents des roues. Il résultera simplement de ce fait, qui tient à l’imperfection des choses humaines, une intermittence dans la force motrice qui arrive au régulateur, intermittence périodique et très-régulière qui existe dans toutes les pendules, même dans celles qui ont donné les résultats les plus admirables. Quel est le constructeur de remontoirs qui oserait demander l’autorisation d’appliquer à ces pendules un remontoir de sa façon , et s’engagerait à donner une marche supérieure à celles qu’elles ont eues?.... J’aime à croire qu’il n’y en aurait pas un qui eût cette témérité. Nous verrons bientôt la même question posée en sens inverse.
Quant aux anomalies qui résulteraient d’un vice dans les engrenages, telle qu'une destruction, ce n’est pas par l’introduction d’un remontoir qu’il faudrait les corriger, mais par la rectification de la chose elle-même.
A l’égard des inégalités de force motrice résultant du frottement des pivots, du changement d’état des huiles, le remontoir serait bien peu efficace dans le rouage, puisque, cou inc le fait très-bien remarquer le passage du Rapport cité, c’est dans les derniers mobiles que ces résistances peuvent être considérées comme ayant une valeur, tandis que
Dl REMONTOIR D'ÉGALITÉ. 2.'t
dans lt‘s premiers, la foire variable, par ce fait, est sans iniportance.
Quant au remontoir dans l’échappement, nous ne répéterons pas ce qui est dit plus haut; depuis 50 ans, tous les esprits ont exploré la mine, et le filon est encore à trouver.
Lorsqu’on considère d’une part le peu d’importance qu’il y a dans les deux défauts que nous venons de signaler, puisqu’ils existent dans toutes les pendules les mieux^ponstruites par les hommes spéciaux les plus capables, et que nonobstant leur présence on obtient des marches vraiment phénoménales, n’y a-t-il pas erreur capitale de la part de ceux qui, nouveaux dans la partie, sans aucune connaissance des choses faites, sans théorie, sans expérience acquise, veulent remédier à ces prétendus inconvénients insaisissables par leur petitesse, en introduisant un mécanisme aussi compliqué que le remontoir, qui apporte avec lui l’emploi d’une force motrice plus grande que celle nécessaire, son attirail et plusieurs points de contact dans le voisinage de l’échappement?
Nous pourrions dire ici des horlogers qui ont employé le remontoir dans les pendules à secondes et à poids, ce que nous avons dit {Art de régler les pendules et les montres, 2 e éd., p. 138) de ceux qui introduisent des compensateurs dans les pendules ordinaires de commerce : Ou ils manquent des connaissances nécessaires pour établir une pendule dans les meilleures conditions de marche, ou ils ne disent pas consciencieusement ce qu’ils pensent.
Le fait à considérer par dessus toutes choses est que de tout temps les pièces qui ont donné les meilleures marches en fait de pendules à secondes étaient les plus simples, et c’est ainsi que les artistes les plus habiles les ont construites. Ils ont porté leurs études sur le fond de la chose en faisant des modifications qui ont passé souvent inaperçues devant les yeux inexpérimentés qui ne savaient pas voir des points importants là où ils ne trouvaient, eux, que des bagatelles. Les proportions et les dispositions de l’échappement, celles de la suspension, la restitution de la force au pendule pour l’entretien de son mouvement, le rapport entre la puissance
24 MJ REMONTOIR D’ÊG*I.ITÉ.
du régulateur et les besoins de lu machine, lu force la plus convenable à l’entretien de son mouvement dans les meilleures conditions, les systèmes de poulies, etc., etc., voilà ce que les artistes ont étudié.
Examinez la plupart des pendules pourvues d’un remontoir pour améliorer leur marche, et vous y trouverez les fautes les plus graves sur les choses que nous venons de citer et sur tant d’autres principes fondamentaux. Ces fautes viennent certifier par leur présence le défaut d’étude des auteurs de ces machines. Ils auraient dû, avant de vouloir enchérir sur ceux qui les avaient précédés, étudier la matière un peu plus à fond.
Si dans une pendule à secondes l'horloger était forcé d’employer un ressort pour moteur au lieu d’un poids, nul doute qu’il faudrait, soit par une fusée, soit par un bon remontoir, faire disparaître les inégalités de ce moteur (nous parlerons de ces inégalités au sujet des pendules de cheminée), et dans ce cas, alors je préférerais un remontoir. Mais ce cas est idéal. Rien ne peut obliger consciencieusement un horloger à renoncer aux avantages du poids dans une pendule à secondes, qui se prête si bien à le recevoir.
Il existe à l'Observatoire de Paris une pendule sidérale servant aux observations; elle est placée près de la lunette méridienne. Le moteur de cette pendule est un ressort dont la force, variable, est égalisée par un remontoir. Elle est déjà ancienne, sa marche est bonne, et l’on ne manquerait pas de nous citer ce fait comme légitimant les remontoirs. Voici la réponse. Qu’un artiste, dans un temps déjà reculé, ait eu la fantaisie de mettre un ressort au lieu d’un poids, c’est un fait pur et simple; que par un travail considérable il ait corrigé en partie ce vice créé tout exprès pour avoir le petit plaisir de le combattre, tout cela ne prouve nullement qu’il n’eût pas beaucoup mieux fait de mettre tout simplement un poids. Aussi, n’a-t-il trouvé aucun imitateur, mais, au contraire autant de contradicteurs que d’hommes capables.
Dans une pièce voisine de la méridienne, on a placé, il y a peu d’années, une pendule à secondes; le moteur est un
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poids, il n’y a pas du remontoir. Elle est de la maison Breguet, sur un modèle étudié depuis fort longtemps. On se persuaderait difficilement que cette maison, qui connaît trèsbien la pendule sidérale et tous les usages qu’on a faits des divers remontoirs, n’en ait pas usé quand elle avait une pendule à placer à l’Observatoire, si elle avait pu en espérer la moindre amélioration.
La question inverse de celle posée plus haut trouve ici sa place. Ouel est l’horloger connaissant bien la pendule qui n’entreprendrait pas de supprimer le remontoir d’une pendule à poids, quel que soit ce remontoir, et de lui donner une marche au moins égale à celle produite par cet attirail, dont l’inutilité serait alors démontrée jusqu’à la dernière évidence?
En faisant le parallèle des défauts que nous avons reprochés aux remontoirs, et en réduisant à leur juste valeur les trois inconvénients reprochés aux pendules à secondes, inconvénients beaucoup exagérés, puisque leur présence n’a pas empêché que toute pendule, irréprochable d’ailleurs, ait une bonne marche, et que l’expérience acquise dans la matière ne laisse aucun doute à cet égard, on en conclura, avec le Rapport précité, que dans une pendule à secondes le remontoir est plus propre à en imposer aux personnes peu expertes en pendules qu’à améliorer la marche de ces machines.
Du remontoir dans la grosse horlogerie.
Le lecteur remarquera que ce que nous disons des remontoirs en général, et notamment de l’introduction de ces appareils dans la grosse horlogerie, n’est autre chose que le développement des motifs qui ont dicté l’opinion émise dans le rapport précité, émanant des hommes les plus capables de l’époque, opinion qui n’a jamais été atténuée depuis lors par aucune autorité équivalente. Un ne nous reprochera donc pas d’attaquer les partisans du remontoir, nous no l’avons jamais fait et ne le ferons jamais ; mais donner une partie
UU KKHÜ.XTOIIl D'ÉGALITÉ.
SG
des motifs qui ont dicté un jugement antérieurement prononcé, le développer, est chose permise à tous.
La critique de l’emploi des remontoirs n’attaque en aucune manière le mérite des artistes qui en ont construit avec beaucoup d’art et dans de bonnes conditions. Quand il y aura nécessité à employer ce moyen, alors leur travail trouvera une application utile. C’est l’abus qu'on en a fait et l’erreur qui a conduit à cet abus que nous essayons de combattre.
Pour juger de quelle valeur peuvent être les remontoirs dans les horloges publiques de grandes dimensions, examinons le plus de régularité qui peut en résulter et quelle est l’amélioration dans la marche dont le public jouirait par suite de ce surcroît de travail ; car si l’on reconnaît que l’horloge ne donnera aucune différence appréciable pour le public; si l’on reconnaît que des observations astronomiques seraient indispensables pour trouver la supériorité d’une horloge à remontoir sur celle qui n’en a pas; si l’on voit en même temps une augmentation de prix, un poids beaucoup plus considérable, ce qui entraîne toujours après soi des inconvénients, on sera peu tenté d’enfouir dans un grenier, où sont ordinairement placées ces machines, un remontoir et ses conséquences, tel bien conçu qu’il soit.
Les remontoirs dans les horloges publiques ont été motivés sur deux points. On a dit : Les aiguilles présentent une grande surface, les vents violents résistent à l’aiguille lorsqu’ils agissent en sens contraire de sa marche, ou ajoutent une force motrice en les poussant lorsqu’ils ont la même direction ; d’où il résulte ou une diminution, ou un accroissement de force motrice que le remontoir fait disparaître lorsqu’il se trouve entre le mobile, qui serait affecté par cette cause et l’échappement.
Le second motif donné a été que, dans quelques cas, le cadran est à une grande distance du mécanisme, et que, pour aller faire mouvoir les aiguilles, il faut de longues tiges, des supports, souvent même plusieurs articulations, ce qui oppose une résistance variable en raison des frottements qui ont lieu ; souvent aussi un même mécanisme faisant mouvoir
. nt: iu;.vioNToin d'kgalité. 27
les aiguilles sur plusieurs cadrans, les résistances variables sont d'autant plus multipliées.
Ces deux causes sont très-vraies; mais quelle est leur valeur?
Considérez le mode d’action du vent sur une révolution entière de l’aiguille de minute; observez l’aiguille de minute partant de la 45 e minute, si le vent vient de gauche à droite, sa direction étant supposée horizontale, le vent ne la pousse ni ne la retient; à mesure qu’elle s’approchera de 60', le vent la poussera et viendra ajouter une force nouvelle à celle du moteur. Le maximum d’effet se trouve lorsque l’aiguille est à 00'; à mesure qu’elle s’approchera de lo', l’effet diminuera, il sera nul à 15'; lorsque l’aiguille aura passé ce point pour s’approcher de 30', l’effet inverse aura lieu jusqu’à ce qu’elle revienne a 45\ c’est-à-dire que lèvent présentera un* résistance égale à la force qu’il avait ajoutée dans la demi-heure précédente. Quelle que soit la somme de cette quantité, le résultat est, après une heure, -f- cette somme — cette somme
Nous savons bien que si l’on veut considérer des centièmes de seconde la différence ne sera pas égale, et en sens différent, avec changement de signe; ou, en d’autres termes, que si l’on ajoute au moteur une force A, ou si l’on en retranche une partie égale A, la différence dans le mouvement diurne ne sera pas la même en sens inverse. Mais dans le cas qui nous occupe, cette force motrice, alternativement ajoutée et retranchée, peut être considérée comme produisant des différences qui se compensent, car il faudrait des observations rigoureuses pour constater la petite erreur qui resterait en dehors de cette compensation. Par les vents ordinaires ce n’est rien, et les vents violents ne sont jamais de durée à avoir une importance réelle sur la marche de l’horloge ; c’est une chose moins à discuter qu’à vérifier. Dans les climats où cela pourrait avoir quelque influence, alors employez le remontoir, ou, mieux encore, d’autres moyens plus simples. On dira peut-être aussi que les vents n’ayant pas une direction constante, connue nous l’avons supposé
dans l’exemple précédent, il peut arriver qu'ils agissent plus d’un coté que de l’autre. De deux choses l’une, ou le vent sera régulier, comme nous l’avons supposé, ou il sera tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, d’où il résultera toujours une moyenne qui reviendra au même que le vent constant que nous avons supposé, à moins qu’on veuille admettre qu'un esprit malin lui fasse constamment suivre l’aiguille. Les coups de vents, capables de produire un léger effet sur la marche, ne sont qu’accidentels et trop rares dans la généralité de nos climats pour qu’on s’en préoccupe. Les horloges publiques y sont toutes exposées, et si l’on veut faire des observations suivies on verra que si l’introduction du remontoir peut remédier aux petites anomalies qui en résultent, c’est acheter bien cher quelques secondes de différence dont personne ne s’aperçoit. Pour être consciencieux, on devrait en même temps voir si dans le reste de la machine il n’existe pas quelque imperfection qui ne la rend pas trop impressionnable à un léger changement dans l’intensité de cette force. Au besoin j’en citerais plus d’une dans ce cas.
Les longues tringles, les articulations employées pour transporter le mouvement aux aiguilles, lorsque le cadran est à une grande distance, sont le second motif donné pour légitimer le remontoir, parce que cette transmission de mouvement présente des résistances, un grand nombre de points de contacts, et par conséquent des frottements plus ou moins variables. Certainement, si les circonstances étaient telles que cette transmission de mouvement dut apporter une résistance variable et capable d’affecter la marche de l’horloge d une manière sensible dans son usage, un remontoir serait un excellent remède. Mais, avant de recourir à ce moyen, qu’on doit considérer comme extrême, il faudrait d’abord établir cette partie dans les conditions les plus favorables à la marche de la pièce, on abandonnerait le remontoir dans la plupart dos circonstances.
La grosse horlogerie n’est pas notre spécialité, aussi il est certaines questions sur lesquelles nous nousen rapporterions aveuglément aux hommes spéciaux et très-habiles en ce
DU RE MON TOI H D'ÉGALITÉ
genre, que possède la capitale. Si nous nous sommes permis d’aborder la question des remontoirs dans ce cas, c’est parce que le Rapport qui précède l’a liée intimement à la question de l’application du remonteur aux pendules à secondes. Toutefois nous nous y sommes cru encore autorisé parce qu’ayant fait construire quelques-unes de ces grandes horloges, il y a une vingtaine d’années, nous en avons nous-méme suivi et observé quelques-unes, et qu'il en est résulté pour nous l’opinion que nous avons émise.
Ainsi, sous ces deux rapports, s’il est vrai qu’il puisse se présenter des cas oïi un bon remontoir dans le rouage soit applicable, ces cas sont trop rares pour qu’on puisse admettre le remontoir en thèse générale comme une bonne chose, et nous partageons complètement l’opinion exprimée dans le Rapport.
Comme nous ne' blâmons pas les choses systématiques, faisons maintenant la part des circonstances et voyons un cas, par exemple, où le remontoir, quoique inutile pour la régularité de la marche, peut très-bien être employé. S’il s’agit de construire une horloge apparente et qui devienne en quelque sorte l’un des ornements d’un monument où le luxe et le grandiose sont répandus partout, on ne devra, certes, pas y mettre une simple machine avec des mobiles tout noirs en fer fondu d’un seul jet. Là, le luxe d’exécution doit rivaliser avec celui de composition : un bon remontoir, un beau pendule compensateurs sont des ornements bien appliqués et de bon goût. Ce sont, en outre, des modèles mis sous les yeux des artistes qui peuvent aller les étudier et y trouver un bon enseignement. Ils ne sont pas très-utiles à la marche, c’est possible, mais toutes ces colonnes magnifiques, ces grands vestibules, ces voûtes où l’architecture a développé toutes les ressources de son art et tout le luxe dont elle dispose, ne sont pas non plus utiles à la destination de l’édifice, et personne ne s’avise de les blâmer; ne blâmons pas plus, dans ce cas, le remontoir et ses conséquences. L’horloge de la Bourse de Paris est dans ce cas, et personne ne pensera à critiquer l’emploi du remontoir très-simple qui
1)1 KEMOMOIK D’ÉGALITÉ.
s’y trouve; on regrette. que le pendule ne soit pas visible.
Il est assez d’autres constructions qui laissent à désirer. Voyez certaines horloges, celle de l'Hôtel des Postes à Paris. Le mécanisme est, au premier étage, dans une cage vitrée de toute part, grande et belle glace sur la cour pour que tout puisse être vu, et l’on ne distingue rien. Le public, qui passe et repasse dans celte petite cour bien resserrée, n'a rien à voir à ce mécanisme. Exposition au soleil afin, sans doute, que les transitions de température soient plus grandes et plus brusques, que l’introduction de La poussière soit plus prompte. Pendule compensateur pour corriger ces transitions de température qu’on pouvait éviter en grande partie. Le mécanisme, qu’on n’a nul besoin de voir, occupe le premier étage. Le cadran, qu’on consulte à chaque instant, est au second. On dirait qu’il cherche à se dérober aux yeux. Enfermé dans une cour étroite, il ne peut être vu de loin; pourquoi l’avoir mis au second étage? Au premier étage, entre le mécanisme de l’horloge et la glace qui le couvre était sa place naturelle.
Arrêtons-nous là sur le compte de cette pièce, et gardonsnous de parler de quelques autres, sur lesquelles il y aurait beaucoup à dire.
Des pendules de elieiulnées .
La pendule de cheminée, telle quelle existe dans le commerce, lorsqu'elle est bien établie peut donner l’heure avec une précision qui excède celle nécessaire pour l’usage civil. Aussi, les personnes même très-exigeantes s’en contentent. Nous avons nombre de fois constaté qu’on pouvait obtenir par les moyens les plus simples un mouvement diurne n’excédant que rarement cinq à six secondes, lorsque la pendule est en bon état, et d’ailleurs dans de bonnes conditions de marche, ayant simplement une suspension à soie, un échappement dit demi-repos, une lentille de poids convenable, etc.
11 résulte de là qu’en général on ne demande pas mieux, et
l»ü H F MO MOI U m'KUALUÉ.
que souvent même le public admire des pendules en réalité fort mauvaises, parce que, quelques défauts se compensant, elles ont une marche suffisante pour les besoins usuels.
Mais s’il s’agissait, pour un cas donné, d’une pendule dont les différences dans le mouvement diurne ne dussent pas aller à une seconde par jour, il faudrait recourir à des moyens propres à corriger l’inégalité du ressort moteur. Disons un mot de cette inégalité qui n’est pas assez connue.
On n'admet généralement qu’un seul fait d’inégalité dans le ressort, tandis qu’il en existe deux bien différents. Au haut du ressort, c’est-à-dire lorsqu’il vient d’être monté, il y a plus de force que dans le bas. Chacun le sait, mais l’on pense généralement (jue la force du ressort va en décroissant du haut au bas et uniformément. La fusée est très-propre à faire croire que les choses se passent ainsi, tandis que cela n’est pas avec le ressort ordinaire tel qu’on l’emploie dans les pendules françaises, à barillet tournant. Le ressort long et très-llexible usité dans ce cas se pelotonne, les lames adhèrent les unes aux autres plus ou moins, la moindre inégalité dans la force de cette lame en un point donne lieu à de très-grandes inéga lités dans le mode de développement du ressort, d’où il résulte une grande inégalité pendant tout le cours de ce développement; tantôt la force augmente par le mouvement subit des lames, ou spire, tantôt elle diminue par une gène. Telle est la cause principale qui ne permet pas d’obtenir d’une pendule de cheminée à ressort des résultats approchant de ceux que donne une pendule à poids.
De là la nécessité d’employer ou une fusée bien disposée, ou. un remontoir. U ne fusée bien disposée, disons-nous, cette condition est importante; il ne suffit pas de mettre une fusée pour que tout soit dit, on voit la fusée employée dans des cas où elle ne corrige qu’une partie du défaut auquel elle pourrait remédier complètement. La fusée n’est vraiment trèsbonne que lorsqu’elle réunit toutes les conditions voulues, et (j ue nous développerons dans notre Traité des montres.
De toutes les pièces d'horlogerie, après les horloges de clocher, la pendule de cheminée est celle qui se prête le
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mieux à udmettre le remontoir. Avec une légère modification au calibre ordinaire simple, en utilisant l’espace et en combinant le rouage convenablement, on peut aisément avoir la force nécessaire pour la faire marcher avec un remontoir, à supposer que celui employé n'absorbe pas trop de force. On peut obtenir ainsi d’une pendule de cheminée avec pendule à demi-seconde d’excellents résultats, pourvu que la pièce soit de toutes parts dans de bonnes conditions de marche. Il y a quinze ans nous avons construit plusieurs pendules de ce genre, elles nous ont donné des résultats satisfaisants, leur mouvement diurne ne dépassait pas 8 ou 4 dixièmes de seconde. Mais il est si peu de personnes qui attachent de l’importance à cette grande précision que ce ne peut être qu'un objet d’étude pour les horlogers.
Iles pendule* portative*, dite» pendule* de voyage.
Ce genre de pièce d'horlogerie pèche par l’insuflisance de foire motrice qui conduit à l’emploi d’un régulateur toujours au-dessous de ce qui serait nécessaire à une bonne marche. Les balanciers de ces pièces sont trop petits, trop légers et les arcs de vibration trop peu étendus. L’emploi de la fusée serait ici bien préférable au remontoir; elle permet d’employer utilement toute la force du ressort, à bien peu de chose près, elle en absorbe incomparablement moins que les remontoirs (1).
Le remontoir n’ayant pas, jusqu’à ce jour, été employé sérieusement dans ce genre de pièces, il est à espérer qu’il ne
(I) Dans les montres marines nous avons soutenu, dans une brochure publiée en 1839, qu’on pouvait sans inconvénient substituer le barillet denté à la fusée, notre espérien e antérieure et relie que nous avons acquise depuis par des observations journalières, ne nous laisse aucun doute ; mais ici le cas est bien different entre uuc pièce devant marcher huit ou dis jours et celle à laquelle on ne demande que vingt-quatre heures de marche. Tout est là. Nous en donnerons le développement en parlant des montres marines dans un autre ouvrage.
DU REMONTOIR D'ÉGALITÉ
s’y introduira pas. S’il arrivait qu'il y pénétrât, nous craindrions fort de le voir bientôt tomber, à moins que, par un de ces artifices heureux pour quelques constructeurs, son vice fût précisément de nature à faire illusion complète et à subjuguer le public, peu connaisseur, et bon nombre d'horlogers qui ne s’inquiètent d’acheter que pour revendre.