‹ ÿtudes sur diverses questions d'horlogerieChapitre 5 sur 58 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Nous ne ferons pas ici le résumé du Mémoire qui précède pour arriver aux conclusions qui se déduisent de ce que nous avons dit dans les différents passages de ce travail. Pour le terminer, nous donnerons à la fin de ce volume la description du remontoir employé dans l'horloge de la Bourse de Paris et d’autres choses qui nous paraissent bonnes à faire connaître.

Lettre de M. B.-L. Vuluamy, horloger aux appointements, et de fait, de S. M. la Heine d'Angleterre, à M. Henri Robert, horloger à Paris.

« Monsieur,

» Londres, le 23 septembre 1880.

« J’ai eu ritonneur de recevoir votre lettre du 28 passé, par laquelle vous me demandez mon avis sur l’emploi des échappements avec remontoir dans les pendules, et voici ce que je puis vous dire sur ce sujet.

« Je n’ai aucune connaissance qu’il se soit fabriqué dans ce pays des pendules ayant des échappements avec remontoir. Avant ces tout derniers temps, où M. Dent en employa un dans l’horloge qu’il fit pour la Bourse en 1844; mais il y a longtemps que ces échappements ont été d’usage pour les montres. Feu M. Mudge l’employa pour ses chronomètres de marine, et cependant les résulats ont été très-peu satisfaisants. Rien ne pouvait être plus parfait ou plus beau que le fini du travail ; mais l’exactitude de la marche de ces mon-

M DU REMONTOIR D'ÉGALITÉ

très s’est trouvée de beaucoup inférieure à celle d'Arnold et autres, malgré que la main-d’œuvre de ces derniers n’égalait pas celle de Mudge. Des artistes anglais et français ont produit des échappements à remontoir pour les montres de divers genres de construction, et, sous le rapport du travail, ils n’ont certainement rien laissé à désirer; mais ils ont manqué quant à l’objet pour lequel ils étaient destinés, c’està-dire à perfectionner l’exactitude de la marche du chronomètre.

« Le remontoir ayant été de commun accord abandonné à l'égard des montres, pour lesquelles cependant, attendu que la force motrice de celles-ci est un ressort, et d’après cela inégale, j’aurais cru qu’on eût pu les employer avec plus d’avantage, je ne puis comprendre, je l’avoue, d’après quel principe on peut en espérer un bon résultat en les employant aux pendules dont la force motrice est un poids, et par conséquent égale. Je sais bien toutefois, et je dois le dire, que des horlogers français très-distingués, qui jouissent à juste titre d'une haute renommée, ont une opinion très-favorable de ce genre de construction appliquée aux pendules de toutes sortes.

« D’après des principes généraux, j’objecte, quant à moi, à l’emploi d’un échappement remontoir pour les pendules.

« 1° Que la machine devient par là beaucoup plus compliquée ;

« 2° Que, dans le cas de deux pendules parfaitement semblables, à l’exception que l’une d’elles a un échappement à remontoir et que l’autre n'en a pas, celle avec le remontoir exigera une force motrice beaucoup plus grande que celle sans remontoir pour produire le même arc d’oscillation du pendule; d’oit il suit que l’usure générale de la pendule avec le remontoir sera plus considérable que celle de la pendille sans remontoir.

•i Je vous prie d’agréer, Monsieur, les salutations très-empressées de votre très-dévoué serviteur et confrère,

« R.-L. Vi'i.liaMy. »

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