C'est-à-dire : Nous en recevrons
champ pour faire servir le vin et fixer les places. Les convives s’assirent tous dans le même ordre qu'auparavant. Lorsqu'on eut bu pendant un certain temps, Pé-kong et Ou l’académicien observèrent avec attestion l'air et la contenance de Yang-fang, qui restait bouche close et ne disait mot. Mais si on l'interrogeait, soudain Yang, le moniteur impérial, répondait pour lui ; de sorte que, dans le premier moment, ils ne pureni juger de sa capacité ?.
Après qu'on eut bu encore quelque temps, Ou, l'académicien, proposa à Yang, le moniteur impérial, de commencer le jeu appelé Hing-ling 5. Yang fit d’abord quelques façons, puis il accepta (le cornet) et dit : « On a déjà trop bu de vin. Prenons seulement le mot rouge.
4. En chinois pouan-j1. Littéralement : Pendant une demi-journée. Dans des cas semblables, les Chinois ont l'habitude d'exagérer ainsi les intervalles de temps. Si, par exemple, quelqu'un se tait, pleure ou soupire un instant, au lieu de cette courte durée, ils diront pousnchang (pendant trois heures), i-chang (synonyme de pouan-ji), pen- | dant une demi-journée. |
2. Mot à mot: Ils ne purent découvrir le profond et le superficiel, c'est-à-dire : s’il avait beaucoup ou peu d'esprit.
3. L'expression hing-ling signifie : exécuter un ordre. Mon ditionnaire du dialecte du Fo-kien l'explique, p. 168, par juego de los convites, jeu des convives, ét p. 306, par jugar a quien bive, y bebe el que gaña, jouer à qui boira, et celui qui gagne boit.
Ici les choses se passent autrement. Ce n’est pas pour boire qu'on | se livre à ce jeu de société, familier aux lettrés, mais pour juger de l'esprit et de l'instruction, trop vantés, d’un des convives. Celui qui . commence le jeu, tient en sa main un cornet, et déclare que ailon amène, en jetant les dés, une ou plusieurs faces rouges, on botraun | pareil nombre de tasses de vin. Le mot rouge est accepté per la société, et cest ce mot qu'on appelle Jing, ordre, parce que sEunE
À chaque rouge (qu'amènera le coup de dés), on boira 19e tasse de vin‘.
— C'est beaucoup trop aisé, dit Ou, l’académicien. Je rous prie de choisir un autre mot un peu plus diffcile.
— Comme le mot est lancé ?, dit Pé-kong, pourquoi vouloir le changer? Seulement, je demande qu'après avoir bu vous ajoutiez un mot à.
— Cela peut se faire, dit Yang.» En conséquence, il jeta les dés, mais il n'amena qu'une fois la face rouge, de sorte qu'il n'avait qu’une seule tasse à boire, Les domestiques ayant rempli sa lasse, il la vida en disant: « Eh bien! je n'ai qu'à placer une fois le mot rouge :
Les feuilles, frappées par la gelée blanche, sont plus rouges que les fleurs de la seconde lune.
convive, quand son tour sera venu, doit en subir les conséquences, c’est-à-dire boire autant de tasses de vin qu’il amènera de faces rouges, et ensuite composer ou citer, de mémoire, un égal nombre de vers où il devra placer le mot rouge. La manière dont il en aura fait l'application permettra, aux autres convives, de juger de sa capacité. Quand il s’est acquitté de son rôle, il passe le cornet à un voisin qui doit suivre son exemple, c’est-à-dire jeter les dés, boire autant de tasses de vin qu’il a amené de rouges et placer le mot convenu dans un égal nombre de vers. Ce jeu se continue jusqu’à ce que le dernier convive en ait rempli les obligations.
1. 11 ne suffit pas de boire’; il faut encore dire de mémoire ou improviser autant de vers et y placer le mot rouge. (Voy. p. 76, n. 3.)