CHAPITRE I
sang d'une personne dont la vue aurait attendri les tigres du mont Imaiis.^ -^ -^•.
EUe pergait le del de ses plaintes. EUe s'ecriait: Mon cher epoux! on m'arrache a ce que j 'adore. EUe n'etait point occupee de son danger; elle ne pensait s qu'a son cher Zadig. Celui-ci, dans le meme temps, la defendait avec toute la force que donnent la valeur et Tamour. Aide seulement de deux esclaves, il mit les ravisseurs en fuite, et ramena chez elle Semire, evanouie et sanglante, qui en ouvrant les yeux vit son lo liberateur. Elle lui dit: O Zadig! je vous aimais comme mon epoux, je vous aime comme celui a qui je dois rhonneur et la vie. Jamais il n*y eut un cceur"''' ' plus penetre que celui de Semire; jamais bouche plus t^ -^^ ravissante n'exprima des sentiments plus touchants is par ces paroles de feu qu'inspirent le sentiment du plus grand des bienfaits et le transport le plus tendre de I'amour le plus legitime. Sa blessure etait legere; elle guerit bientot. Zadig etait blesse plus dangereusement; un loup de fleche regu pres de Tceil lui 20 avait fait une plaie profonde. Semire ne demandait aux dieux que la guerison de son amant. Ses yeux etaient nuit et jour baignes de larmes: elle attendait 16 moment ou ceux de Zadig pourraient jouir de ses regards; mais un abces survenu a Toeil blesse fit tout 25 craindre. On envoya jusqu'a Memphis chercher le grand medecin Hermes, qui vint avec un nombreux cortege. II visita le malade, et declara qu'il perdrait Toeil; il predit meme le jour et Theure ou ce funeste accident devait arriver. Si c'eut ete Tceil droit, dit-il, 30 je Taurais gueri;jaiais les plaies de Toeil gauche sont ipcurables. Tout Babylone, en plaignant la destinee
8 ZAOIG
de Zadig, admira la profondeur de la science d'Her-
^ -^c rnes. Deux jours apres Tabces perga de lui-meme;
Zadig fut gueri parfaitement. Hermes ecrivit un