livre ou il lui prouva qu41 n^avait pas du guerir
s Zadig ne le lut point, mais, des qu'il put sortir, il se
prepara a rendre visite a celle qui faisait Tesperance
du bonheur de sa vie, et pour qui seule il voulait
avoir des yeux. Semire etait a la campagne depuis
trois jours. II apprit en chemin que cette belle dame,
10 ayant declare hautement qu'elle avait une aversion
insurmontable pour les borgnes, venait de se marier
a Orcan la nuit meme. A cette nouvelle il tomba sans
connaissance ; sa douleur le mit au bord du tombeau;
il fut longtemps malade; mais enfin la raison Tem-
is porta sur son affliction, et Tatrocite de ce qu'il eprou-
vait servit meme a le consoler.
' , ' ' ' Puisque j'ai essuye, dit-il, im si cruel caprice d'une
♦.-^' ', Itr fille elevee a la cour, il faut que j'epouse une citoyenne.
II choisit Azora, la plus sage et la mieux nee de la
20 ville; il Tepousa, et vecut un mois afVec elle dans les
douceurs de Tunion la plus tendre. Seulement il
« J/ oiremarquait en elle vm peu de legerete, et beaucoup
de penchant a trouver toujours que les jeunes gens les
mieux faits etaient ceux qui avaient le plus d'esprit
25 et de vertu.