ACTE I, SCÈNE VIII
ZELOÏDE.
Je n'ose faire un pas , je crains de m'égarer.
( Apercevant Almcdor. ) Ciel
ALMÉDOR.
Demeurez , je vous en prie , Et laissez-moi vous admirer.
zeloïde, à part.
Quel son de voix aimable et tendre !
ALMEDOR, à part.
Qu'il me tarde de l'entendre !
{A Zèloïde.) Que faites-vous en ces beaux lieux?
ZELOÏDE.
Je suis une simple bergère.
ALMÉDOR.
Ah ! que les bergers sont heureux !
J'aimerois mieux votre chaumière Que le palais d'Urgande.
ZELOÏDE.
Urgande ! N'e st-cepas La reine de ces climats ?
Tout le monde dit qu'elle est belle.
ALMÉDOR.
Oui ; moi-même je le croyais.
ZELOÏDE.
Vous la connoissez donc ?
ALMÉDOR,
Je demeure auprès d'elle , Et je ne la quitte jamais.
,6 ZELOÏDE,
ZELOÏDE.
L'aimcz-vous ?
ALMÉDOR.
Si je l'aime !
C'est ce que tous lesjours,c'estce qu'aujourd'hui même
Elle vouloit savoir de moi ;
Mais mon ignorance est si grande Que je n'entendois rien à ce mot! Je vous voi,
Et maintenant je le conçoi.
Faites-moi la même demande :
Je vous comprendrai mieux qu'Urgande.
ZELOÏDE.
Comment vous nommez-vous ?
ALMÉDOR.
L'insensible Alme'dor.
C'est le nom qu'on me donne ici.
ZELOÏDE.
Est-il possible?
Zéloïde l'insensible :
C'est le nom qu'on me donne aussi.
DUO
ALMÉDOR.
Ah ! perdons-le tous deux ensemble ; J'en veux mériter un plus doux.
ZELOÏDE.
Dites-moi donc pourquoi je tremble Quand je lève les yeux sur vous?