INTRODUCTION
Depuis trois ans déjà, celle dont j'entreprends de faire connaître la noble existence souffrait de la maladie de cœur qui devait Tenlever, lorsque, non sans émotion, je me hasardai à lui suggérer d'écrire ses mémoires. Et comme je lui disais qu'il pourrait arriver, dans l'avenir, que quelque admirateur de son talent s'avisât de parler d'elle au public, et, faute de documents authentiques, se trouvât réduit à mêler le roman à l'histoire :
« Je le sais bien, me répondit-elle, car personne n'a connu le fond, le fin fond, le drame intime, les douleurs de ma vie; tout ce que je désire, c'est qu'on n'écrive jamais rien sur moi après ma mort; qu'on laisse parler mes pauvres ouvrages, petits grains qui n'auront empoisonné personne, mais,