‹ Zénaide FleuriotChapitre 17 sur 79 · BRETAGNE ET 13RET0NS · texte numérisé non relu

BRETAGNE ET 13RET0NS

La Bretagne est pour moi ce qu'est au voyageur Le toit hospitalier où ses membres reposent, Ce qu'est au roitelet le rameau protecteur Qui cache le doux nid où ses petits éclosent.

Et c'est avec amour que mes regards se posent

Sur son sol émaillé de bruyères en fleur,

Sur ses clochers à jour, aimés du laboureur,

Bur ses prés verdoyants que des ruisseaux arrosent.

Les Bretons sont naïfs et sauvages; tant mieux! C'est qu'ils ont conservé la foi de nos aïeux Et leurs mâles vertus et leur hardi courage.

On peut toujours compter sur leurs bras et leur cœur: Les uns restent d'airain; l'autre bat quand l'honneur Fait retentir près d'eux son sévère langage.

Anna Edianez, sans en concevoir le moindre orgueil, avait été vraiment heureuse, celte fois, de son succès littéraire et des encouragements qui lui étaient arrivés de toutes parts; les paroles de son père : « Elle ira loin, cette petite! » se faisaient alors entendre à son cœur comme une assurance de succès.

^lais cette joie fut encore traversée par un grand chagrin. Sa jeune belle-sœur, Jenny Fleuriot, déjà souffrante, voulant à tout prix aller voir son père malade, prit en ce voyage un refroidissement qui ébranla si fortement sa santé qu'elle s'alita pour ne plus se relever.

Elle mourut le 14 septembre 1858, à peine âgée de vingt-sept ans, après dix-sept mois de mariage. Ce fut une grande douleur dans toute la famille; et Zénaïde, avec son cœur aimant et tendre, n'en fut pas la moins

atteinte. C'est pour soulager sa peine et se distraire de son chagrin qu'elle se livra plus que jamais à ses travaux littéraires et se mit, par correspondance, en rapport avec des éditeurs parisiens, leur proposant iplusieurs ouvrages quelle tenait en réserve, attendant le moment favorable.

Le chapitre suivant nous dira ce que lurent ses débXits.

Page 1