‹ Zénaide FleuriotChapitre 25 sur 79 · MOUT D'ALIX DE KERÉVER · texte numérisé non relu

MOUT D'ALIX DE KERÉVER

A MONSIEL'R DE KERÉVER

■< Saint-Brieuc. 10 mars 186".

u Mes chers amis,

« Je ne suis pas mal pour la sanlé physique; mais )Our le moral, je ne puis me relever; n'attendez encore rien de moi. Caroline de la Villéon, en m'écri- ,'ant, me charge de ses affectueuses sympathies pour eus.

« Les demoiselles F.... m'accablent de petits soins, ît y mettent une délicatesse et une tendresse qui me .ouchent.

u Soignez-vous, et prions beaucoup.

u Je vous embrasse, père et enfants, avec un cœur kavré, mais qui vous aime bien. »

A SA SŒUR

« Saint-Brieuc. 15 mars 1867.

u Ma chère Marie, (* Dis à Francis que toutes les plantes de son jariin sont prises et vont fleurir. Le père Michel en Dlantait d'autres aujourd'hui. Edouard et M. le G, /^iennent souvent demander de ses nouvelles, et Edouard veut lui donner un petit oiseau. Il est aussi juestion de vers à soie. J'ai répondu que lorsque rancis serait ici, je lui laisserais prendre, en ce jenre de distraction, ce qu'il voudrait. « Le temps est alïreux et malsain par continuation. « Mon chagrin est le même et sera toujours le aaême. Le temps et la foi l'adouciront, car enfin.

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comme dit Fénelon. toute vie s'écoule vite, et, dan^ cent ans, quelques années en plus ou en moins, dans une existence, ne signifieront rien.

u Ne laisse sous la main ou sous les yeux de Francis aucun des journaux ou livres qui courent par la maison, pas même les miens. Que sa petite imagination reste calme.

« Je pourrai vous prêter le second volume du Récit d'une sœw\ peut-être même tous les deux. Vous me les renverrez après les avoir lus, sans les prêter à d'autres. Le livre de Mme Craven a une vogue immense et bien méritée, ce qui prouve qu'il y a encore bon nombre d'esprits délicats et de cœurs intelligents.

« Dis à Frantz que la réunion de la Société d'émulation est le 26 ou le 27 mars. On y lira un chapitre de mon nouvel ouvrage Petite Belle, mais je n'y assisterai pas, naturellement. Cela eût bien intéressé ma pauvre Alix, si heureuse de mes succès et si dépourvue de ces jalousies mesquines qui empoisonnent toutes ■ les relations, et éloignent tant de cœurs.

« Adieu I ayez de certains ménagements pendant que cette cruelle maladie court le pays. »

Petite Belle, ce nouvel ouvrage écrit avant la mort d'Alix, venait en efTet de paraître; Zénaïde l'avaiti dédié à sa chère morte, par cette préface :

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