VIE DE SON PÈHE
VOUS et pour moi à cette époque, ne pouvant savoir si vos lettres ne tomberont pas, par hasard, dans les mains de méchants dénonciateurs.
« Ma femme vous bénit et tous mes enfants vous assurent de cette estime et de cette amitié que vous saviez leur inspirer; ils vous remercient de votre souvenir bien amical. Sil>vle et Marguerite en sont enorgueillies.
u Je vous souhaite de tout mon cœur le comble du bonheur et la récompense de vos mérites, de votre esprit orné, de votre cœur si noble ; et en espérant la continuation de votre amitié, je suis, avec l'estime la plus fondée,
« Monsieur et très aimable et très cher ami,
u Votre tout dévoué et sincère serviteur.
u DE SCHCEURL. »
On voit, d'après cette correspondance, de qui Zénaïde Fleuriot tenait cette nature vibrante et généreuse, ces qualités attachantes desprit et de cœur qui se reflètent dans ses ouvrages, et lui attiraient les sympathies de tant de lecteurs inconnus.
Au mois de décembre 1806, Jean-Marie Fleuriot, se trouvant à Aix-la-Chapelle, fut atteint d'une faiblesse momentanée de la vue, due probablement aux privations et aux excès de fatigue de ses dernières campagnes; cette infirmité, qui ne devait être que passagère. c< l'empêchait de distinguer, dit le certificat de visite des officiers de santé, les objets à portée nécessaire pour le service de guerre » ; il put obtenir un congé de réforme, auquel fut joint un
certificat de bonne conduite*, preuve évidente que, malgré son peu de goût pour l'état militaire, il fut toujours un soldat irréprochable et garda au milieu de la vie relâchée des camps tous les principes d'honneur et de chevaleresque loyauté qu'on lui avait inculqués dès l'enfance.
Rendu à la vie civile, Jean-Marie Fleuriot en profite pour revenir dans sa chère Bretagne. Cette malheureuse province, que son attachement inébranlable à son Dieu et à son roi avait désignée, comme la Vendée, aux fureurs des Conventionnels, se remettait avec peine des convulsions qui lavaient secouée pendant la Révolution ; elle n'avait pu oublier encore les échafauds dressés dans ses villes, les noyades de la Loire et les mariages républicains du bourreau Carrier.
J. Voici ce certificat, dont nous conservons l'orthographe :
26' Régiment d'Infanterie légère .
5" Bataillon 5* Compagnie .
« Nous, officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs composants la ditte compagnie, Certifions que le sieur Fleuriot a tenu constamment une conduite régulière et irréprochable, qu'il a fait avec nous les campagnes des années 9, 10, 11, 12, 13, 14, et Vendémiaire même année, qu'il s"est toujours comporté avec honneur et probité; qu'il ne nous est jamais parvenu aucunes plaintes touchant sa réputation jusqu'à ce jour où il a été congédié. >'ous attestons de plus que le ci-dessus Dénommé s'est trouvé à la bataille d'Austerlits.
" En foi de quoi nous lui avons délivré le présent
<• D'après Notre Entière Connaissance.
« Fait à Aix-la-Chapelle, le Deux Décembre 1800. »
Vu pour Légalisation par les Membres composants îe Conseil d'administration du sus-dit Régiment.
Suivent seize signatures.