FONDATION DUNE ECOLE PROFESSIONNELLE
il ajouta iiK'^me qu'il pourrait y intéresser, d'une manière toute spéciale, une femme d'une remarquable intelligence qui s'est fait un nom distingué parmi les écrivains de notre littérature contemporaine, Mlle Zénaïde Fleuriot.
(( Quant au choix du personnel enseignant, ainsi (jue du local, il m'engagea à en conférer avec la révérende mère Marie de la Providence. »
C'était, en ellet, à Zénaïde Fleuriot et aux Auxilia- Irices du Purgatoire que le père Olivaint avait pensé; il ne venait pas une fois à la Communauté sans parler du projet qui lui tenait tant au cœur. Dans le dernier entretien qu'il eut, avant son arrestation : « Vous avez, disait-il, comme pensionnaires, des Dames pieuses, qui, tout en restant dans le monde, veulent avancer de plus en plus dans la pratique de la vertu; mais ces âmes ne sont point en péril, elles se sauveront, n'importe où! C'est la jeunesse ouvrière qui est menacée; consacrez le local que ces dames habitent à une école populaire et vraiment apostoliciue, dont la directrice et le personnel seront laïques, mais que votre influence maintiendra essentiellement catholique. Mlle Fleuriot, ajouta-t-il, semble tout indiquée pour tenir, haut et ferme, l'étendard de celle œuvre de dévouement. »
Le père Olivaint n'avait pas eu de peine à faire passer dans le cœur de la mère de la Providence l'immense pitié et l'ardente sollicitude dont le sien était animé pour les jeunes apprenties parisiennes, fatalement exposées aux mauvais exemples et aux mauvais conseils de l'atelier.
<' J'eus, efVectivement, plusieurs entretiens à ce
sujet avec la vénérable fondatrice, nous dit encore M. Charles Ilamel dans son intéressant rapport; mais la question du personnel arrêtait la réalisation de ce désir, comme celle des fonds à trouver; et malgré les instances réitérées du bon père, les choses restaient toujours à l'état de projet. »
Il fallut donc attendre que la volonté de Dieu se manifestât plus clairement; mais Zénaïde Fleuriot, dans sa noble impatience de dévouement, voulut coopérer tout de suite à Fœuvre des Écoles professionnelles déjà existantes, et s'engagea à aller, chaque semaine, faire des lectures à celle de la rue des Lions-Saint-Paul. Elle lisait merveilleusement bien, et les fillettes, ravies, l'écoutaient sans mot dire. Elle émaillait sa lecture d'observations morales, de fines saiUies où son esprit vif et pénétrant tâchait de se mettre à la portée de toutes, et l'heure du départ semblait sonner trop tôt pour son jeune auditoire.
Cependant les mois s'écoulaient et la création de FEcole professionnelle de la rue du Cherche-Midi ne se dessinait pas. Les fonds manquaient; le père Olivaint et la mère de la Providence ne parvenaient pas, malgré leurs efforts, à réaliser cette œuvre de sauvetage.
Les événements néfastes de 1870 les forcèrent à abandonner momentanément leurs généreux desseins.
Après les tristesses de la défaite, vinrent les honteuses atrocités de la Commune.
Mais citons encore M. Charles Hamel :
« Quelques mois plus tard, dit-il, les deux généreux protecteurs de notre œuvre nous étaient enlevés. Le 7 février 1871, la révérende mère de la Provi-