‹ Zénaïde Fleuriot, sa vie, ses œuvres, sa correspondanceChapitre 56 sur 89 · FONDATIOX D UNE ÉCOLE PROFESSIONNELLE · texte numérisé non relu

FONDATIOX D UNE ÉCOLE PROFESSIONNELLE

dence répondait à l'appel de Dieu, non sans avoir pensé, encore une l'ois, à son projet apostolique, car, peu avant sa mort, elle dit aux religieuses qui l'entouraient : Mes filles, vous aurez ici une École professionnelle.

« Le ±\ mai suivant, le père Olivaint couronnait une vie pleine de mérites par l'auréole du martyre. Nous ne pouvions plus désormais que déplorer notre impuissance. Mais ce que notre faiblesse n'aurait pu entreprendre, l'intercession de ces saintes âmes le rendit facile. »

En effet, comme si le sang du père Olivaint eût soudain fécondé le champ qu'il voulait défricher, sa tombe était à peine fermée que, confondant leurs larmes et leurs regrets, toutes les bonnes volontés, auxquelles, depuis deux ans, de si pressants appels étaient adressés, se groupèrent dans un chaleureux élan, pour réaliser le vœu du martyr.

Voici la lettre que reçut Zénaïde Fleuriot , de Mme Legentil, un mois, jour pour jour, après le massacre de la rue Haxo :

« 24 juin IS'l, Néris-Ies-Bains (Allier).

« Mademoiselle,

« Jai eu de vos nouvelles et de celles de notre chère communauté, par Bruxelles, au commencement des troubles de Paris. J'ai donc su que nos saintes religieuses et vous-même étiez en sûreté; mais plusieurs sont restées à Paris, et j'aimerais à apprendre ce qu'elles sont devenues. Ahl que de crimes! (jue d'infamies et de profanations! Comme notre bonne mère de la Providence aurait souffert!

Comme son cœur aurait été brisé! Quelle douleur lui aurait causé le supplice du saint père Olivaint! Dieu, en la rappelant, lui a épargné de cruels déchirements !

« Mais le sang de notre martyr aura apaisé la colère de Dieu.

« Pensons, plus que jamais, à réaliser sa dernière pensée : nos Écoles professionnelles ont été bien désorganisées par la tourmente sociale; n'importe! il faut en créer une de plus.

« Mais la réussite de notre œuvre dépend absolument des Auxiliatrices et de vous.

« Nous avons besoin d'un centre religieux; et je serai si heureuse de penser que cette école sera entre leurs mains!

« Si elles consentent à s'en occuper, nous comptons toujours nous adresser au Comité Davillier. Mme Dufaure, la femme du Ministre de la justice, a promis de nous aider et de réunir les fonds nécessaires; il y a, derrière elle, un noyau de femmes d'élite, prêtes à faire assaut de zèle et de générosité.

(( Adieu, chère mademoiselle, etc., etc.

« Marie Legentil, née Marcotte. •>

La lettre suivante nous dira l'ardent dévouement que renfermait le cœur de Zénaïde apôtre.

a sa mère, a sa soeur

« Paris, 2o juillet 1871.

« Je viens, quoique un peu à la hâte, vous souhaiter à toutes deux, en l'honneur de sainte Anne, la meil-

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