‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 112 sur 155 · Mi<s,,.,i · texte numérisé non relu

Mi<s,,.,i

i>^ 'riirophan.- W'iiaicl.

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;i\()ns \y.\vlv plus li.iiil .-m snjcl de l.i iicii\ aine à St l'^rniirois Xîixicr, «lu'il (i( jincc imit de r«i\(iii- pour ohlciiir un pcîlil (•li('\al noir siw Iciiiicl, lier cl joxciix, il ir;iil \isil('i- I«* «^imikI l'aiis!. .

IjC IciMlciii.-iiii, il pirsidc une iV-tr de ht S" Miil'aiMT or^aiiis(''j' par le clrr^c di- la paroisse.

Le iiiai'di, il a la joii- de hriiir le laiiM-iix iii<>iiiiiii(*hl iVK- (•Ii<'\ aimes, cl c'csl pour lui rocca-^ion d<' réimirloiil le «•icr^*'' de la réui<m cl <lc lui (dirir une petile l'clc dans sa ranullc

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lies [iriil i'LI,'r-K de l;i. Sli'. I!.ii;iili',

Le mercredi, il va ;\ Amancey <>ii M. le Curé Ini fait présider une procession à la^rolle de Lourdes, nonx (dlcnn'nt éli.m'c; cl là encore, il y a une bcnédiclion cl une c/'r('nioni<' rclii^ieiisc pour niar<pier les ;idieii\ de ré\é(pie missionnaire; il adresse une; allociiti(Mi pU;ine de c»eiir et d'à-projjos à cct- !<' bonne i»opnlation ;ui milieu de la(iuelle il venait passer, «piand il était écolier, uiu' partie de ses xacaïu'cs.

Le Jeudi, litille où se trouvait son domaine i>atriinonial, reçoit sa visite: les cloclies annoncent .son arrivét;, et la l>opulation ra('comi)a,i4iie à l'é.ulise où il e\i>rim(; aux lialdtaiits sa joie de se nUrouver au milien d'eux et d(; les n-voir iuu> fois encore. Il les entretient p<'ndant (puihpuis instants des pays lointains; il se recommande à leuis prières, leur pronu^ttant un souv(îinr tout spécial dexaid Dieu, et cette petite céréntonie se termiiu' par la bénédiction du S. Sacrement. Ses ferjniers le prieid de vouloir bien \enir bénir leurs familles; à leur deinaiHle, il visite les i)riiu'ipales pièces de leurs liabitations, parcourt h-s belles allées d'arbres (pi'il il plantés lui-même dans .son Jeune âu'c, bénit une dernière

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Mgr Càiiillemiii

fois ces braves gens, leur remet à chacun un petit souvenir, leur souhaite toutes sortes de prospérités; puis, saluant pour la dernière fois ces lieux qu'il aimait tant jadis à embellir, il monte dans la voiture qui doit l'emporter si loin.

Mais, au moment dn départ, M. le curé lui fiiit remarquer qu'une croix en pierre, à l'extrémité de l'enclos, ferait bon effet, et serait un dernier souvenir (pie kSa (Trandeur laisserait au pays. Et cette i<lée était trop dans ses goûts, pour qu'il n'y donnât pas de suite son assentiment; séance tenante, il charge son frère d'en assurer l'exécution.

Sa vénérable mère, à la veille d'entrer dans ses 97 ans, n'avait pu, on le comi)rend, J'acconipngner dans toutes ses courses. 11 était donc bien juste que sa dernière journée lui fût consacrée toute entière.

Pour qu'elle ne fût ])as i)rivée de la consolation d'assister à la dernière messe (pi'il i)ensait dire dans son pays, il décida de la célébrer à la maison.

Le salon fut donc transformé eii chapelle et un tal)leau de la communion de S. -lérôme, rapporté de liome par un grandoncle, servit de rétable à l'autel.

Toutes les personnes <le la famille étaient ])résentes, ainsi que de nombreux amis, et ce fut un touchant spectacle, lorsque au moment de la Communion, on vit cette digne et respectable mère, courbée sous le poids de ses 9() ans, venir recevoir des mains de son lils ])artant, le Pain de vie, otî'rant ainsi à Dieu, l'nn et l'autre, sur l'autel du sacrifice, la cuisante peine d'une dernière sf'paratiou.

Des larmes d'attendrissement coulaient de tous les yeux.

Jusque-là on avait é\ité de i)arl(M' de déi>art définitif, afin de ne pas alarmer à l'avaiice cette pauvre \ieille mère. Mais, comme elle conservait toute sa présence d'espi-it et la délicatesse de son ouïe, elle avait (ini par compren<lre à certains mots échappés, que c'était bien là le dernier jour, celui de la séparation.

Pour s'en assurer, elle interroge l'évêque, qui, ne pouvant plus lui cacher la chose plus longtemps, lui dit ouvertement: « Eh bien oui, honm^ et cJière mère, c'est aujourd'hui que Je quitteini Vuillafans, aiijo^ird'hui premier vendredi du mois ; avjourdlmi, après vous acoir donné la S}^ Communion; ayjour' d'huî, où à V Evangile d.e la Messe, comme si la chose eût été dite tout exprès pour moi, Notre- Seigneur envoie ses apôtres prêcher F Evangile à tontes les nations, leur promettant d^être avec eux et leurs successeurs Jusqu'à ta consommation des siècles.

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