Chapitre XIII - DeriiierN »«Iieiix
Et il ser(f. égaleme^it avec ih>u.s, ho7ine mère, pour être votre force et votre consohdioii^ pour vous aider à faire une sainte mort, pour recevoir votre âme entre ses mains et la porter dans son Paradis.
Soyons donc p>letns de courage et de confiayice; et, puisque Dieu m' appelle à la belle œuvre des Missions, soyez heureuse que faille annoncer le nom de Dieu à tant de païens qui. l'ignorent encore ! Et <qyrès les jours de la séparation, Dieu saura bien nous réunir dans les splendeurs de sa gloire et nous récompenser de notre sacrifire ! »
« Un peu réconfortés par ces paroles, raconte l'abbé Trésoret, nous nous mîmes à table pour prendre le dernier repas qui fut, comme on le pense bien, triste, bref et sans appétit. Déjà la voiture était prête et bientôt les cloches se faisaient entendre, appelant la i)opulation A l'église pour les derniers adieux. »
Deux époux chrétiens
Alors, la mère du prélat fai.sant un dernier effort, s'incline profondément sur son fauteuil, demandant une dernière bénédiction au missionnaire qui va i)artir.
Tous se mettent ;\ genoux et le reçoivent avec elle.
De son côté, l'évoque qui sait qu'il est aussi une bénédie-
INTENTIONAL SECOND EXPOSURE
Hi^v <;iiillt>iiiiii
lois ('{>.s l)r;i\ t's m'iis. Inir rciuci ;i cliacun un petit s«)iiv(Miir, leur sonliailt' loulcs sortes de prosix'riti's; puis, saln;;ii( poiir la (hM'iiièit' l'ois ces lieux ipril aimait tant jadis à einbellir, il monte dans la \oiiure qui doit reini)(»rier si loin.
Mais, au moment i\\\ ilepart. M. le vwvr lui l'ait reniarcuuM- (pTune «aoix en pierre, à l'eMremite de Penelos, l'erail hou etl'el. et :>eiail nu dernier nouxcimt (pie S.i ( i randeni' laisserait an pays. l'',i eeite idée eiail trop dans ses ^oTits, ]M)nr (lu'il n"\ donnai pas de suite sou asseiil inieii 1 ; si'nnee tenaille, il (diai'Ui son lière (Teii assurer rexeeulioii.
Sa \ént'Malile mère, a !a Ncille «l'enirer dans ses il7 ans, n'a- Nait pn. on le eompreiid, rieeonipauner dans tontes ses courses. Il (Mail doue liieu jiisie (pie s;i dendère journée lui tut eonsaer(''e toute entière.
Tour (pèelle ne li'i i i»as pri\fe de la consolalion d'assister à la dernière messe (pèil pensaii ilire dans son pavs. il «U'^cida de la eel(l>rer a la mai-^ou.
Le salon l'ut d(Uie tran-loiaiie ei; «diapelle et un taMean de la eonmiunioii de S, .1, 'tuue. rapi">rle de lôniie par un ^randoncde, ser\it de r.'ialtle a rautel.
Toutes les personne-^ de la l'aniille eiaieiil présentes, ainsi (pie de nomiu-eux amis, ci te iut un loiieiianl spectacle, loi's(pie au monieni de la ( 'em muiiion. eu \ii celle diuiie et respectable ni('re. courbée scuis le poids de ses ÎMI ans. xcnir rece- \(»ir des mains de sou I Is parlani. le Pain de \ ie. otlVant ainsi à Dieu, l'un cl raiitre. sur !"aiitel i\\\ sacrilice, la cuisante peine d"une deriiit"'re s. p,-! rai ion.
Des larmes d";il tendiisscnienl c(Uilaieni de tous les yeux.
.Ins(iue-là <'U a\ail ('xin'' de l'arler de (h'-part (b'dinitir, aliii de ne pas alarmer à raxance eelle pamre \ ieille niere. Mais, comme elle consei\ail loule s;i prt'sence d'esprit et la (U'dicatesse de sou ouïe, elle a\ail liiii par coini)rendre à certains mots i''(diai)p(''s. (pie (■'('•lait bien là le dernier jour, celui dt' la sépa l'a lion.
Pour s'en assurer, elle inlerroiic r(''\ê(|ue. (pli, ne jxuivaiit plus lui cacdier la (dio^e plus lonutemps. lui dit oiiverteiiuMit : <^ J-^h liit'K H!!/. Imiiid < / i-'iirr, iiir/'('. (■'<'■•</ ti II jo II luCh II I (jtie je iiiitftt'rtii \'ii iHd f'<i)i'<. (1 ii^jdii ril h l'i /n'riiiic/' /'ci/il l'cih <h'. mois: an joli riV hn! , nn/'rs riii/s- Il roi r ihiii ii<' lu ,SV' i^oiii mmi lou : (nijoiirdJtd}', où o l Ei'ii loi'iU' (/'■ ht J/*'.----c, cniiiiuc si lo cJiosc ei't etè (lifr ioiij t\rj,,-r-s iH-nr iiK'i, Xiil n- S< iiiiiciir cin-oic ses apôtres prècln'r 1" Evaniiif'- i'i lentes /('S tKifioi/s, li'ii r jo-ontcftant <Vetrc arec ('/'.>' ff /en/'s si/m^s-s-t ii rs jhsiih ,\ la coio'<(nii iit(ff io}i des siè- <-les.
4'liji|>ili'4' \ III - I>4'riii4>rs 3i4ii4>ii%
Et il si'i'd ('tjnloiifHt ((ri'c ra/is, hotim' iik'i'c, pour t'frr )^i)i re Jorce cf rofrc cDiisohil idu . pon r ro/is a/'i/rr à /((ire nur tmDite mort, pmir ri'ccrolr roi rc dnh' cul rf ses niaiiis vf ht porter <t(f)is son Poroilis.
Soifoiis (totic plcliix (le conriKp' cl <lc coiilia iirc : cl, piiisipa'. Dirii iiiappcllr à l<t licllc (i-urrc des .l/issfoi/y, sof/c: hciircnse (]i(c faillr <r)ni<iuccr le uinii de Dieu d Imil de pit'ints (pd l' njlion'.tit i'iirori' ! I-J aprrs les Jokis de la séparai ion, l)îfn saura tncu nous rrimir dans les sp/cndcnrs de sa (/toirc cf nous rêroniprnsci' de noire sacrilice ! »
<^ l"li IM'U r('>('<)iir<)rtr.s |);ii- r«'s |>;ir<>l(\s, rîK'oiilc l'îil)!»»' 'l'ivsorcit, nous nous mîmes h taltlc pour prciHlrc le ilcrnicr repas qui fut, comme on le pense bien, triste, In-ef et sans app«''tit. Dcjà la voiture «Hait prèl<> et bientôt les eloelies se faisaient entendre, appelant la population v. ré^lis<' pour les <l«>rniers adieux. *
l>cii,\ fjxnix iliici iciis
Alors, lu mère dti prélat faisant un dernier effort, s'incline profondément sur son fauteuil, demandant une dernière bénédiction au missionnaire (pii \a partir.
Tous se mettent à genoux vi le re<;oi\('nt avec elle.
De son côté, l'éxT^que (pii sait (piMI est aussi un(.' bénédie-
Mgr Gnillemtn
diction réservée à la main des patriarches pour leur postérité, s'incline devant sa mère pour la recevoir. (')
On s'embrasse une dernière fois ; on récite en commun et à genoux un « Pater », et déjà l'évêque a franchi le seuil de la maison i)aternelle qu'il n'espère plus revoir.
Arrivé à l'église, il h\ trouve remplie par là population, et, pendant que agenouillé au pied de l'autel, il fait sa prière devant le saint Sacrement, le vicaire de la paroisse s'inspirant des sentiments de sa Foi, fait retentir les voûtes du cbant du départ des missionnaires.
On l'accompagne en procession jusqu'au monument de la Vierge, érigé à l'entrée du village.
Là, le curé de la paroisse demande une deruière bénédiction pour le pasteur et le troupeau.
Quand elle est donnée, chacun se précipite pour baiser une dernière fois la main et l'anneau de l'évêque.
Et tandis que la voiture part au trot et que la population regagne le village, le clergé monte dans une seconde voiture et prolonge la reconduite jusqu'à la petite ville d'Ornans où l'évêque avait encore queUpies amis à visiter.
Mais enfin il fallut bien se quitter.. :
Mgr passe la journée de samedi à Besançon, en visite d'adieu. Le soir, à 8 heures, Léonce Guillemin monte en wagon avec son oncle pour l'accompagner, au nom de la famille, jusqu'à Marseille.
Parmi ses visites d'adieu à Paris, il faut signaler celle qu'il fit au Maréchal de Mac-Mahon, Prince-Président qui lui témoigna le plus vif intérêt pour sa Mission.
M.'"^ la Maréchale lui fit cadeau d'un fusil et de deux revolvers qu'il offrira, dès son retour à Canton, au Vice-Roi des deux Kouang.
Le 11 avril, il s'embarque à Marseille, comme il avait été décidé.
De Florence, il envoie un billet à son frère avec un journal de cette localité, où l'on annonçait son départ, et où l'on faisait l'éloge de ses oeuvres; mais ni lettres ni journal ne sont arrivés à leur destination.
Un mot envoyé de la mer Rouge a le même sort.
La première lettre qu'on reçoit de lui est datée de Canton le 26 juillet. Il annonce que son voyage a été heureux, qu'il ne va pas mal, et qu'il a trouvé les travaux de son église bien avancés; elle fait, dit-il un effet magnifique.
Autant jadis, on s'était op])osé à sa construction, autant au-
(1^ Il s'agenouilla devaut elle et elle le bénit a écrit Louis Veuillot.