Chapitre XIV - Deuil «le» ciirétieii» eliiuoîM
ment à Canton, an nombre de 8, sont venus m'offrir leurs sentiments de condoléances, en me i)romettant le lendemain l'oblation du saint sacrifice pour le repos de son âme.
« Nos séminaristes sont venus ensuite, me promettant leur chapelet du soir et leur communion du lendemain. Nos catéchistes, nos domestiques, nos chari)entiers, les ouvriers qui travaillent à la construction de l'éiilise, sont également venus, par ordre de catégorie m'exprimer la part qu'ils jjrenaient à ma douleur et me dire que le soir même, leur chapelet serait pour notre bonne mère.
« Pour moi, sentant le besoin de me retirer, et de répandre devant Dieu seul, mon cœur et mes regrets, je suis venu passer 4 ou 5 jours au Cimetière que nous avons à une lieue de Canton, belle et paisible vallée, à l'extrémité de laquelle se trouve un petit village chrétien avec une chapelle et une chambre pour les missionnaires. Là, Je dis ma messe, je prie dans la chapelle. Le soir, je fais le tour de la propriété qui n'a pas moins de 4000 pieds de circonférence, priant Dieu de faire miséricorde à la si digne mère (]u'Il nous avait donnée et de nous faire la grâce de nous retrouver tous un jour autour d'elle dans la grande famille des élus.
Un portefaix
« Samedi soir, je retournerai à Canton, et c'est alors que j'annoncerai moi-même à nos chrétiens la perte que nous avons faite, leur racontant les circonstances de la mort de notre chère mère, et les motifs qui doivent nous la taire con-
INTENTIONAL SECOND EXPOSURE
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se, en avoir joui si loiiiiteiups, s'y être habitué comme h une eliose qu'on aurait toujours voulu posséder, et s'en voir aél»arer par cette triste mort (pii détruit et renverse tout, ob! on le comprend, il y a là dedans (pielque cbose (pii porte le décbireuu'ut et la consternation Jus(]u'au plus intime de notre et re.
« Et néanmoins, au milieu de ces douleurs, que de sujets de consolation à la \ ue de cette coucbe funèbre, qui rappelle celle des saints et des anciens patriarches ! Que j'aime voir notre bonne ]\[ère, le Jour même de sa mort, avec ses 1)7 ans révolus, se lever à son or(b'naire, réciter d'une voix claire et distincte le «Pater» et F «Ave», prendre son petit repas comme si rien ne devait manquer à ses habitudes, se remettre dans son fauteuil, mourant en quchpie sorte debout, et puis ne rendre le dernier soui)ir (ju'après avoir reçu l'Extrême-Onction et une dernière absolution, (pii sont les dernières «irâces <pie le Sei<ineur fait aux âmes i>rivilégiées !
« Puis, combien j'aime cette chaiuMle ardente, faite avec tant de <i<)ût i)ar k' bon (Juillien, où vous avez [)u encore considérer ses traits, l'environne'" des dernières marques de votre amitié, et la voir combler du secours des prières de tant de pieux visiteurs!
« Coml)ien j'aurais désiré être au])ivs de vous, pour mêler mes larmes aux vôtres et les témoi<ina<j;es de nui reconnaissauce à ceux (pie vous <lonniez à une mère (pii les méritait si bien !
« ]Mais j'étais ici à mon poste, et je me rappelle (lu'uue fois, dans un repas, où nous étions uiu' \ inutaine de convives, comme on me pressait de restei- en Europe, tan<lis (pie je donnais les raisons (pii militaient en f.iveur <le mon retour, m'adressant à notre chère mère, et lui deuuuidant ce (pi'elle en pensait: « Oh ! oui, tit-elle sans hésiter, il faut r(4ourn<'r !»; et comme on revenait à la charge, elle wv cessa <le son côté, de dire « «pi'il fallait retourner. »
* .l'étais donc à uuui poste, comme elle l'avait si bien com- ])ris et atlirn)é.
« ]\Iais, de mon côté, je ne manipUM'ai ])as de faire tout ce (jui sera en moi, pour rendre à cette bonne mère, le tribut de reconnaissajice (\uv je lui dois jiour tous les soins (pi'elle m'a I)r()di;nués i)endaut ma vie, mais surtout ]»our les principes si religieux que j'en ai reçus <hins mon enfance, et en particulier pour mon éducation chez les Pères Jésuites qui a décidé de nu)n sort actuel.
« Dès que le bruit du nudheur qui nous a frappés, s'est ré- ])andu dans mon eutouraue, tous les Pères (pii sont en ce mo-
C'IiapîIro \IV - ncuil «les cliri^f ions oliiiiois
meut à Canton, au nombre de <S, sont venns m'oftVir lenrs sentiments de condoléances, en nie ]»romettant le lendemain l'oblation dn saint sacrifiée ])onr le rei)os de son Ame,
« Nos séminaristes sont venns ensnite, me promettant lenr chapelet un soir et leur commnnion du h'ndemain. Nos catéchistes, nos domcsticjnes, nos charjx'ntiers, les onvi-icrs (pii travaillent à la construction de réalise, sont également venus, par ordre de catégorie m'exjjrimer la part (pi'ils ])renaient à ma douleur et me dire (|ue le soir même, leur chapelet serait pour notre bonne mèie.
« Pour moi, sentant le besoin de me retirer, et de répandre devant Dieu seul, uiou comii' et uics regrets, je suis venu i)asser 4 ou 5 jours au Oimetière (pie nous avons à une lieue de Canton, belle et paisible vallée, à Textrémité <le hupielle se trouve un i)etit village chrétien a\-ec une chai»elle et une clunnbre pour les missionnaires. Là, je dis ma messe, je prie «lans la cliapelle. Le soir, je fais k^ tour de la propriété (]ui n'a l)as moins de 4()()() ])ieds de circonlércMice, priant DiiMi de faii'e miséricorde à la si di<»ne mère (pi'Il nous avait (huniée et de nous taire la <>race de nous retrouver tous un jour autour d'elle dans la i>rande famille des élus.
Un poitct'aix
« Samedi soir, je retournerai à Canton, et c'est alors (pie j'annoncerai moi-même à nos chrétiens la perte (pie nous avons faite, leur racontant les circonstances de la mort de notre chère mère, et les motifs fini (h>ivent nous la faire con-
Mgr Oailleinin
sidérer comme une des bienfaitrices de la Mission, 1.° par le concours qu'en différentes occasions elle a apporté à nos œuvres; 2^ par l'assurance qu'elle me donnait en un moment où la construction de notre église éprouvait quelques difficultés, que jamais la famille ne m'abandonnerait dans une entreprise aussi belle et aussi digne de tout notre dévouement; et 3* enfin, par la promesse d'une cloclie qui un jour, doit couronner l'édifice et sera une vraie gloire pour la religion. Or, je ne doute pas qu'en expliquant bonnement, simplement tout cela à nos bons chrétiens venus au nombre de 4 ou 500 de la ville et des environs, il n'y ait de toutes parts des pleurs et des sanglots, absolument comme s'ils avaient à pleurer la perte de quelqu'un des leurs, l'évêque étant pour eux le premier de leurs Pères, môme dans l'ordre temporel et regardant tout ce qui lui appartient comme digne de tout leur respect et de leur attachement. Déjà ici, parmi la petite population au milieu de laquelle je me trouve, il n'est ni homme ni femme qui ne vienne se jeter à mes genoux, en me disant:
« Il ne faut pas que l'évêque s'afflige trop! Certainement sa sainte mère est déjà eu Paradis; elle est morte comme une Sainte, et les anciens i)atriarelies et Dieu ne laisseront pas sans récompense le sacrifice qu'elle a fait, en lui donnant un de ses fils pour venir nous annoncer la connaissance de son saint nom.
« J'annoncerai pour un des jours de la semaine un service solennel auquel tous les niis;sionnaires assisteront, et je ne doute pas que ce jour-là, il n'y ait autant de monde qu'aux messes des plus grandes fêtes, et que longtemps encore ces bons chrétiens, dans leurs prières et leurs bonnes œuvres, ne se souviennent de l'objet de la réunion de ce jour,
« Ainsi, j'aurai assuré ici à notre bonne et digne mère, le secours des prières de nos missionnaires et de nos chrétiens.
« Sa mémoire sera en bénédiction dans l'Eglise de Canton, et j'ai la confiance que Dieu lui-même se montrera clément et miséricordieux envers une mère qui n'a pas craint de sacrifier ses inclinations aux intérêts de sa gloire, comme du reste elle devait le faire!
* Que tout cela, mon cher Joseph, nous serve à tous de consolations et de motifs de bénir la Sainte volonté de Dieu !
« Au lieu de nous affliger outre mesure, comme la chose me dit-on, est arrivée à Léonce, pensons que nous avons au Ciel une mère qui nous aidera là, bien plus que sur la terre. Imitons nos bons et dignes parents qui, dans les deux lignées, ne nous ont donné que des exemples de Foi, de probité et d'honneur; et par là, après avoir marché sur leurs traces et
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t>i(lerer coiniiu' uiio dtvs bioiilMitricos de l;i jMissioii, 1.^ par le ooiu'ours (]n\'ii (lillrieulcs occasions clic a ai)i»()rtc A nos (cuvvcs; 'J' ])ai' Tassurancc (lu'cllc nie donnait en un moment on la c«Mistrnciion d(> notre culise ci>ron\ait ([ncliines dillicnltés, (jne Jamais la lamilU^ ne m'abaiHlonncrait dans nne entreprise anssi belle et jinssj dii^nc de lont nol re dé\()nement; et .'>" enlin, i)ar la i»roniesse (rime cloche (pii un joui", doit couronner l'éditice et sera une \raie gloire ponr la rcli.ulon. Or, je ne donte pas (pTen e\pli(iu;iiit hoiinenient, simplement tont cela îi n»>s bons chrétiens xciins au nombre de -1 ou oOO de la ville et des en\irons, il n'y ait de toutes parts ilrs j)lenrs et dt^s san<iiots, absolument comme s'ils axaient A ])lenrer la ])erte de (piehpi'un des hMirs, r<''\è(pu' «'tant pour eux le ])remier de leurs Pères, même dans l'ordre tcm|»orcl et rei^ardant tont ce (]ni lui appartient comnse dii;iie de tout leur respect et (le leur attachement. l>i'Jà ici. parmi ia petite i>opidation an niilien de hniuclle Je me irouNc. il n'est ni homme ni femme <ini n<> xieiUH' se JcKm' a mes genoux, en me disant:
<\ 11 ne tant ])as (pie rt''\e<|ne s'aliliiic trop! ("ertain<'ment sa sainte mère est (h'Jà en Paradis; cMe est morte <'(>mme nn<* Sainte, et les anciens patriarches ci Dieu ne haiss<'i'ont pas sans r(H*ompeir^e h' sacrihce (pi'eih' a fait, en lui donnant un «le ses lils ponr xcuir nous annoncer la connaissam'c <le son saint nom.
« J'nnnoneerai i)onr un des jours de la semaine un service solennel ancpiel toirs les missir.nn;iires assisl(M'ont, et Je ne doute pas (pie ce jour-là, il n'v ail autant de monde «pi'anx messes des ])lns «irandes têtes, et (pie loui^temps encore ces bons chrétiens, dans leurs ])rières o\ leurs bonnes (Ciivres, ne se souviennent de Pobjet de la r<''union de ce Jour.
« Ainsi, J'aurai assuré ici à notre bonne et di^ne mère, le secours des prières (U> nos missionnaires et de nos chrétiens.
« Sa mémoire sera en bènédi(;tion dans PKiilise «le Canton, et J'ai la contiance (pie Dieu lui-même se montrera clément et miséricordieux envi'rs une mère qui n'a i)as craint de sacrilier ses inclinations aux intérêts de sa <j;loire, comme du reste elle devait le faire!
* Que tout cela, nu>n cher Josei)h, nous serve à tous de consolations et de motifs de bénir la Sainte volonté de Dieu !
« Au lieu de nous alUiu'cr outre mesure, comme la chose me dit-on, est arrivée à Léonce, ])ensons «pie nous avons au Ciel une mère «jui nous aidera là, bien ])lus (]uiï sur la terre. Inntons m)s b«>ns et diuiies ])arcnts (pii, dans les deux li^iiées, ne nous ont donné (pie des exemples de I^'oi, de pi-obité et d'honneur: et par là, ai)rès avoir marclK' sur leurs traces et
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Mj;i- Mérel, préfet apost. de Canton (1901) démissinniif' t-n ]!)14.
Mèiv Félieie, de Hong-Kong.
M issi. iiin:i ii-i- t'i-aiii:ais i-u tniui' i-liitii'i.-