‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 118 sur 155 · VIII. Un «K^taii «le son a«IniiniNtration · texte numérisé non relu

VIII. Un «K^taii «le son a«IniiniNtration

Le l""" Janvier 187() Mgr Gnilleiniii envoie ses vœux <le bonne îinuée à toute sa famille, par l'intermédiaire de son frère: «Dis é<^alenïent à M, le Curé, que la paroisse et sou digne pasteur n'ont pas été oubliés, et que je me recommande bien instamment à leurs saintes prières au milieu de mes travaux et de mes difficultés sans nombre. »

Il ajoute qu'il a reçu tout dernièrement la statue de St- François Xavier et qu'il la trouve plus belle qu'à' Paris. Il se propose d'organiser un grand pèlerinage pour la porter dans l'île Sancian.

Le 20 mai, il répond à sou frère au sujet de l'état peu rassurant de leur mère: « Tout en remerciant la Providence de nous l'av^oir conservée jusqu'à ce jour, dit-il, j'ose encore espérer qu'avec la bonne saison qui revient, et les soins dont elle est environnée, elle pourra peut-être encore reprendre le dessus pour un peude temps. »

Hélas! il n'avait pas encore reçu l'annonce de sa mort, arrivée 5 jours auparavant.

Dès que la triste nouvelle lui parvient en Chine le 15 juillet, il s'associe au deuil de la famille par une longue lettre qu'il adresse à son frère: «Notre bonne et respectable mère, s'écriet-il, est donc retournée au Bon Dieu!

« Quoique à son âge, nous ne pussions pas espérer la conserver longtemps, néanmoins, je n'ai pu recevoir une semblable nouvelle, sans en être tout brisé. Avoir reçu d'elle avec la vie tant de preuves de son dévouement et de sa tendres-

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se, en avoir joui si longtemps, s'y être habitué comme à mie chose qu'on aurait toujours voulu posséder, et s'en voir séparer par cette triste mort qui détruit et renverse tout, ob! on le comi^rend, il y a là dedans quelque chose qui porte le déchirement et la consternation jusqu'au plus intime de notre être.

« P^t néanmoius, au milieu de ces douleurs, que de sujets de consolation à la vue de cette couche funèbre, qui rappelle celle des saints et des anciens patriarches ! Que j'aime voir notre bonne Mère, le jour même de sa mort, avec ses 1)7 ans révolus, se lever à sou ordinaire, réciter d'une voix claire et distincte le «Pater» et l'«Ave», prendre son petit repas comme si rien ne devait manquer à ses habitudes, se remettre dans sou fauteuil, mourant en quelque sorte debout, et pnis ne rendre le dernier soupir qu'après avoir reçu l'Extrême-Onction et une dernière absolution, qui sont les dernières grâces que le Seigneur fait aux âmes privilégiées !

« Puis, combien j'aime cette chapelle ardente, faite avec tant de goût par le bon Guilhen, où vous avez pu encore considérer ses traits, l'environnev des dernières marques de votre amitié, et la voir combler du secours des jjrières de tant de pieux visiteurs !

« Combien j'aurais désiré être auprès de vous, pour mêler mes larmes aux vôtres et les témoignages de ma reconnaissance à ceux que vous donniez à une mère qui les méritait si bien !

« Mais j'étais ici à mon poste, et je me rappelle qu'une fois, dans un repas, où nous étions une vingtaine de convives, comme on me pressait de restei- en Europe, tandis que je donnais les raisons qui militaient en faveur de mon retour, m'adressant à notre chère mère, et lui demandant ce qu'elle en pensait: «Oh! oui, tit-elle sans hésiter, il faut retourtier! v; et comme on revenait a la charge, elle ne cessa de son côté, de dire « qu'il fallait retourner. »

« J'étais donc à mon poste, comme elle l'avait si bien compris et affirmé.

« Mais, de mon côté, je ne manquerai pas de faire tout ce qui sera en moi, pour reu<lre à cette bonne mère, le tribut de reconnaissance que je lui dois pour tous les soins qu'elle m'a prodigués pendant ma vie, mais surtout pour les principes si religieux que j'en ai reçus dans mon enfance, et en particulier pour mon éducation chez les Pères Jésuites qui a décidé de mon sort actuel.

« Dès que le bruit du malheur qui nous a frappés, s'est répandu dans mon entourage, tons les Pères qui sont en ce mo-

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