Chapitre XIV - Mort /An V. Voisin
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Le jour même de cette béuédictiou, M. Voisin, Directeur au Séminaire de la rue du Bac, et procureur de la Mission de Canton, mourait à Paris, à l'âge de 80 ans.
Mgv Guillemiu ne pouvait, en cette triste occurence, s'abstenir de payer un tribut de gratitude au digne prêtre qui l'avait toujours soutenu dans ses projets.
11 écrivit à ses collaborateurs la circulaire suivante, datée de Canton le 10 mars 1877:
« Cher et digne Père, j'ai une triste nouvelle à vous annoncer, celle de la mort de notre cher et vénc té procureur^ M. Voisin, décédé dans la imix du Seigneur, le ^HO janvier dernier, jour de la bénédiction de la statue de S\ François Xavier à Sancian,
L'évèque Guillomin recevant les 80 Nestors à Sancian
Les 53 années qu'il a 2){(ssées .soit au iSu-tchuen, soit au Séminaire de Paris, an milieu des ouvres du dévouement et de la piété, sont le plus bel éloge que l'on puisse faire de lui.
Cependant, qu'il me soit permis de rappeler ici en partivulitr une pratique qui montre mieux le fond de son âme et le tendre amour qu'il avait voué à Notn- Seigneur. Tous les jours avant dîner et avant souper, il allait passer une demi-heure et souvent une heure entière à la tribune, humblement agenouillé devant le SK Sacrement et profondément pénétré de la présence réelle de Celui qu'il allait adorer.
Disons aussi que, en qualité de procure^ir de notre Mission, il a eu la plus grande part dans les trois actes qui marquent le plus dans V établissement de cette Mission, et qui assurent le plus ses succès à l'avenir: la séparation d'avec Macao, l'acquisition de l'emplacement de l'ancien palais du Vice-Roi, et enfin la construction de l'église.
INTENTIONAL SECOND EXPOSURE
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lidos pour oo luiiiisiric de persuasion, soil que les ressources fussent employées à des (eu\ res seeondairi's mais plus Caeiles on a relègue au second plan, les i)rincii»es de slraté.nie évan- ^uélicpu' (U' M^r de (\\Wislra.
Ce (pli peut d'ailleurs excuser ce mépris ajtpareid du rôle des catéchistes indigènes, c"est (pu', au lieu de s'être borné comme Jadis, an strict enseignement des vérités célestes, il a déiiénéré di'puis, par une erreur imputable à rim]>riulence dan dirigeants, en propagande poIiti(pU' de clocher.
Fit ce (pU' nous appelons imi)rudence des dirii^cants, ne siunilie pas imprévoyance de leur ])art, nuiis plutôt tolérance à contre-c(eur <le rintcrNcntion ci\ ile dans le i»rosélytisme religieux.
I.a rivalité des sectes de Terreur d'une part, rendait ])lns ai'tive la prédication des \ i;iis apolres; d'une autre l)art, la libertt' relative du culte chr('>tieu en ('hine, reconnue otliciellenuMil, ollVait au peuple l'occasiiui plus t'ré<piente d<' se mêler aux discussions ou\c>rtes sur les ^< reliuious (r()<'cidtMiî ^> et de se ranuei sous leur bannière.
Et l'on se taisait <.clir(''i ieii>> par esprit d'association, pour f'orlitier un clan ou uiniie iioiir se retranche)' derrièri' le blockh'ius de protcctioi! que le> consuls l'an opccns construisaient hiiM' encore, autour du ieniple de leurs nationaux.
Le cati'chiste tiaii donc dexciiu. par l'encliainement des faits, une sorte d'a^eiii (!<■ liaison entre les camps sé'parés, et le porli -Hhellf des int'.'rei- <le i>ieu sur le /erre. Son rôle dv- \'ait donc tinir a\er rexiiuciiou i\\i secours de la i;râee de Dieu et des mandanns.
Mais il lui resie encore, sic nos jours, à reprendre celtn dont l'avaii chariié a\ec iaui de sagesse le picux é\ê(pu' de Vybistra.
Toujours soucieux lie reVfiiî- (rt'cl;il le-, UUl ui fest atioilS (Ic
la Foi catholiipic. umIiv nii.ii iualile pieiai méditait en cette fin d'année 1S7(>. nu proJ!! de i;i;ind pèlerinage à Sancian, à l'ettét d'y érii;er ei iI'n b('nir la siatiic de S' l-'i-aiicois Xavier, <]U*il venait de l'ccevoir !(MU réceninu'nt de France.
Kt comme il faisait rcuidenu'iii toutes (dM)ses, le pèlerinage s'ettéctua le 2!) janvier IS77. (^)uatre prélats y assistèrent. (1)
Xons avons de ceîi<' fèie, une relation en Italien, ])ariie a Kome, dans 1' <.< Uitilà vatolica -> dw '1 mai 1S77.
Xotis ne la rei>roduisons pas ici.
(11 N.N. l-i'aiuumili d>' H' iii^- K'iiiu. tOnuos ■.!<.■ Marau. ri'voniu' do Siui;'apore ot iJiCr Giullcuiin.
C'Impilre \IV-!TI«>rl <lii I*. Voisin
Le joui' niciiic de cette briitMlict ion, INI. \'(»isiii, I)irect<Mir au Srmiiiain' de la nie du lîac, et |)i-o('m«'ur «le la iMission do C'anton, inouiait à l'aiis, à l'â^^c de SO ans.
]M<;r (luillcniin ne i>ou\ail, <mi «'t'tic triste occurcnice, s'ahs- Icnii' (le payer un tribal de ;;ratilnde an di<;Me i)rctr<' (jui l'avait toujours soutenu dans ses i)r<>jets.
Il écrivit à ses collalxuateurs la circidaire suivante, (laié<i de Canton le !<> mars 1S77:
« Cher et (lif/iic L*hi\ j'di nue Irisle nonrclh' à lunis amiouecr^ cille (Ir la mori de noin dur «1 rr)i('n' jrrorurenr^ M. Voisin, (U'Cidi' dans la jndx du Srifpu nr, le -^-'iO janvier dernier^ jour de la bénédiction de la slalac de S'. In-ancois Xavier à S'ancia)!.
des S et
(le- ; de
Ij\''V(\|Ui' ( uiillcniiii iTccvaiil lis S(i N.'stors à S'anciaii
Les 03 annrcs <nril a p,i:<:i<rs soU an >Sn-lchucn, soit a a ,Scniiuaire de Paris, an utilitn des onrns dn dcroneinait d de la piété, sont le pins bel chaii (/ne l'on pnissr faire de lai.
Cependant, qu'il nie soit pirnii.s de rappeler ici en particalier une prutitiue ([ni nion/re inien.r h fond de son dîne et le tradre amour qu'il avait roue à Xotre-Seii/neur. 7'ous les jours avant dîner et avant souper, il allait passer une deini-lieiire <l souvent une heure entière à la tribune, humblement affenouillr devant le S^. Sacrement et profondcini ni pénétré de la présence réelle de Celui qu'il allait adorer.
Disons aussi que, en qualité de procureur de noire Mission, il a eu la plus (jrande part dans les trois actes qui marquent le 2)lus dans rétablissement de cette 3Iissio)i^ et qui assurent le plus ses succès à l'avenir: la séi)aration d'avec Macao, I'ac(iuisition de V emplacement de l'ancien palais dn Vice-Iioi, et enfin la construction de réf/lise.
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Aussi, je }ie saurais faire autrement que de rédamer pour lui les trois messes que nous avons à dire pour les confrères d<{funts de la Mission. xYo».s' les lui devons, je ne crains pas de le dire, à titre de reconnaissance et de justice, et volontiers, de mon côté, j'y ajouterai u)i certain nombre de messes, que je dirai ou ferai dire d'une manière privée et personnelle.
Espérons qu'au Ciel, oit ce digne et vénérahle Père a sa place bleu niarfjuéc et (li-sfi)i(juée, il voudra hicn encore s'intéresser à la Mission à laquelle il était si attaché et si dévoué, àt (pu.' ainsi nous continhcrons à aaolr //art à sou crédit et à sa protection deraiit Dieu. »
La (lLsi)anti<)ii de ]M. Voisin nuii(]no i>()iu' l'ovêque im coninieiicemeiit (réclii)8e pour son étoile (').
Déjà, autour de lui se sont ereusées les tombes de ses meilleurs auxiliaires; il a subi, à maintes reprises, les attaques réi)étées de ses ennemis, prêtres ou laïques; sui)it()rté a\ee énergie la i)erséeutiou mestiuiue des uns, la vengeance des autres; assisté impuissant et désarmé, aux tribulations des • chrétiens; mais toujours résolu, il a tenu tête à l'orale et à réi)reuve, sans pour cela iuterromiu'e son (euvre, et sans même manifester la inoiudre impatience.
Il savait qu'à Paris, son cher l*ère \'oisiu était de cu'ur avec lui et taisait toujours, daus les conseils, « penclier la bahiuce eu sa faveur ».
11 n'ignorait pas non plus (pi'à Home il était soutenu, et que sa destinée s'accomplirait, malgré tout, et malgré tous, tant qu'il aurait pour lui « Voisin et l'Eminence Barnabo ».
L'on peut dire que depuis la mort du premier, les jours fastes du prélat furent comptés, et (lue celle du second lit entrer son étoile dans la nuit.. ..de l'éclipsé totiile.
Cependant, plein de contiance en Dieu et sûr de la justice de sa cause, il ne se laisse point abattre ])ar les revers, et continue son labeur.
« Il est tellement absorbé par ses fravau.r, écrit Vahbé Trésor et, quil n envoie phi s rien à sa famille.»
Un jour, la nécessité aidant, il se voyait réduit à rompre ce silence par le billet suivant à son frère, du 20 septembre:
« Seulement par cette malle, dit-il, J'ai pH écrire ma lettre de condoléanc^.s au cher Conseiller an sujet de la mort de Marie qui s'est éteinte saintement dans le Hon Dieu.
« Par la même malle, J'envoie aussi une lettre à Joséphine au sujet de nos partages, et Je suis bien aise de te com-
(1) Li nomination do. M, Pcrnot couimc prucurcur de Canton n'inspira qu'une médiocre confiance au prélat.