‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 148 sur 155 · V. Coup d*4eil général sur sa vie · texte numérisé non relu

V. Coup d*4eil général sur sa vie

Le l<ni n (locnineiit (lu'oii \ iciit de lire, ne fut probnblenieiit présenté, avons-nons dit, ni aux Diieeteurs ni à la Tropanan- (le. 11 n'eût d'ailleurs produit (|u'un niédioere eilet, à l'heure où le prélat, déjà épuisé par les émotions, allait eneore, sous l'influence du climat débilitant de Kome, faire une ^rave maladie.

Sa santé bien chancelante depuis quelques mois, paraît eu eitet s'atîaiblir davantage. Dans les premiers jours de janvier 1882, un nouvel accès de lièvre survient; il a la figure très enflée et le médecin diagnostique un érésipèle, saus toutefois craindre aucun danger,

A-tsin très inquiet, ne sait que faire; il craint d'alarmer inutilement la famille, et cependant, pour dégager sa responsabilité, il en écrit au frère de Monseigneur.

]\Iais le () janvier, le médecin ayant déclaré que la situation était grave, et qu'il ne répondait de rieu, le pauvre A-tsin tout hors de lui, jette le cri d'alarme: « R."^"^ Episcoinis, écritil, in omni periciilo mortis !

Et de fait, on l'avait trouvé assez mal à la Procure, pour lui donner les derniers sacreniients.

Aussitôt, son frère, accomi)agné de M. l'abbé Bourgeois, curé de Vuillafaus (^), accourt; et leur présence est pour le vénéré malade, non moins que pour A-tsin, un sujet de grande consolation.

(]) Aujourd'hui religieux bénédictin en Angleterre.

<'liapil.r<' Xl'll - Ma'w oranges «l*- Ii<''Oii \lll

Pendant lU'ès d'un mois, la maladie suivant son cours, donne à son entoura^uv les plus vives inquiétudes et suscite les acres du plus beau dévouement, soit de la ])art des médecins, soit de la [Kiit du jxM'sonnel de la Procure.

A-tsin surtout se dépensa autour de son maître, avec une piété toute tiliaie: il le >evt avec une fidélité, une générosité si inlassables, que la famille considère connue im devoir de Justice, de lui en exprimer sa vive reconnaissance.

« Le mal ne pouvait, remar(iue l'abbé Trésoret, tenir en face de tant de dévouenïcnt. L'heure de la délivrance n'était point encore arrivée, et Dieu réservait à son serviteur de plus grandes épreuves. »

Le mieux étant donc survenu, son frère, complètement rassuré, peut le quitter le (î février, |)our rentrer à Vuillafans. Le 12, notre cher malade, (pioique encore au lit, écrit à sa s<eur Eulalie pour lui souhaiter sa fête: « Un in'Mt mot, dit-il; il ne aéra pas long ; car, je snis toujours au Ut; mais il te dira toute l'affection que l'éveque missionnaire conserve pour toi et cela suffit!

Ce matin, en recevant la S'^ Communion, ma prière spéciale était pour toi et à ton intention ; une fois sur pied, ce sera la S'^ messe que je célébrerai pour toi; prie aussi pour moi et avec la grâce de Dieu, tout ira pour le mieux!

Je vais mieux en effet, et tout danger est passé ; mais il faudra quelque temps encore pour me remettre; et j'espère bien retrouver les forces nécessaires pour retourner plus tard dans ma Mission et y continuer l'œuvre commencée. »

Le 21, il écrit à son frèie, au sujet de la réunion des anciens élèves de Fribourg qui a lieu chaque année à Lyon vers cette époque. Il envoie à la réunion une corbeille de 200 oranges bénites par le Pape et 200 petites croix faites avec <les bâtons cuedlis près du tombeau de S' François Xavier à Saiician.

La convalescence s'affermit de plus en })lus, et il espère bien dans une quinzaine de jours quitter Rome pour regager Paris et immédiatement après Besançon.

A peine était-il sorti de cette épreuve de la maladie, qu'une autre bien plus pénible l'attendait.

Un jonr de la première quinzaine de mars, M. Delpech lui annonce que les Directeurs de Paris ont décidé le renvoi en (^hine de son diacre A-tsin. Cette détermination, ayant été prise sans qu'on ne l'ait prévenu, ni qu'on ne lui ait donné aucune explication, l'ati'ecte beaucoup: il lui semblait qu'on ne devait pas ainsi le priver de soins que sa convalescence rendait encore plus indispensables.

Mgr Ciiiilleiiiiii

Toutefois, s'il ne s'agissait que de sa personne, ce serait peine facile à refouler au fond de son cœur.

Mais quelle impression fâcheuse ne va pas lu'oduire une telle mesure?

Comment ses chrétiens, qui ont un si grand respect pour leur évêque, vont-ils l'interijréter?

Ne supposeront-ils pas qu'A-tsin s'est fait renvoyer? (^)

Et l'évêque lui-même, que pourra-t-il dire à sa famille et à ses amis pour leur expliquer le départ de son diacre?

Et cei)endaiit, malgré toute la peine que lui cause cette mesure dictatoriale, il est le premier à dire à A-tsin qu'il faut obéir, et il le laisse partir en le comblant de ses bénédictions.

En écrivant à son frère Joseph, à l'occasion de sa fête, il lui annonce bien le départ d'A-tsin, nuiis sans lui en dire la r.iison. Il en\oie des oranges bénites par le S^ Père et demande qu'on en offre aux amis de sa Mission.

A propos d'oran<>es bénites, disons en passant, que Mgr de Oybistra, ayant libre entrée dans les jardins du Pape, ne se faisait guère scrupule d'y dépouiller Pomoue.

-^ Vous êtes un maraudeur, lui dit un jour Léon XIII!

•—'Avec votre permission, Très S' Père, répliqua l'évêque, et d'ailleurs sôus la loi des garanties!

Et le Pape, souriant, lui permettait de nouvelles cueillettes.

Malgré les instances de son frère qui le pressait de rentrer en Fran<'lie-Oomté, le prélat reste encore à Rome où il re(;oit de nombreuses letti'cs de ses niissioniuiires, le suppliant de hâter son retour en C^hine, et attirmant que «sa présence y serait h\éh nécessaire ».

Mais si les uns désirent sou retour, d'autres au contraire, font lelir i)ossible pour que ce retour n'ait pas lieu; et, après avoir obtenu son rappel en Europe, ils s'efforcent d'obtenir sa démission, ou tout au moins son renvoi définitif de la Mission:

Voïct, écrit-il à son frère le 27 juillet 1882, une longue lettre : ce qui nest jias J)on signe, car^ en général, on n'a pas tant (/e bonnes clioscs à se communîqner- mois, puisque tout nous vient de la main de Dieu, il faut bien accejjfer toutes choses,, comme des bienfaits de sa miséricorde à notre égord et Ven remercier de tout cœur!

Donc, aujourdlim, c^est V esprit révolutionnaire qui régne dans la. Mission, et qui y fait des progrès comme ixirtout

(1) Nous avons écrit à A-tsin qui vit encore, pour nvr ir de lui quelque rensei^rneinent sur cette affaire. Le vieux prêtre a'est renfermé (l.ins un silence prudent ([u'il faut respecter.

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'Ei'i't' aijnu-. Doi"

R. P. P. Verbicst S. J, (1623-

retîoire

Lo, O. P. ^i"^^ évêqu

de Hasilée et évêtiiie de Nank

n CGlO-lCHlj.

INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

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Tontctois, s'il ne s';iiiiss;iit {\uo (1<> sn ix'rsoniH', ce serait ])<miic t';i('il(' à ivibiil(M' ;iu Ibud de sou ('(riir.

.M;iis (iiicllc iniprcssioii rAcliciisc ne \ ;i i);is luoduirc une tcl- 1<.> mesure?

( 'oiniiieiit ses eliivl i(Mis, (jui ont un si lii'nnd respect pour leur é\((pi(% vout-Jls riuîer[)iéteri?

Ne sui)p<)seront-ils ]v.\s (piW-tsiu s\>st l'ail reuxoyer? C)

Va l'é\è(iue lui-niêiue, (\uv pourr;i-l-il <lire ù s;i Ijiuiille et à s(\s auiis pour leur e.\])li(pUM- ie d('>part de sou di;H're?

I^t eejieudaut, iualur('> lout(^ l;i peiue (pU' lui cause celte uiesur<> dictatoriale, il est le i)rehiier à dii'e h A-tsiu (pi'il faut <d)éir, et il le laisse partir eu le coinblaut de ses Itéuédict ious.

I-'u e('ri\aut à son iVère Joseph, à roccasion de sa l'èle. il lui annonce bien le (i('']>art d\\-lsiu, iiuiis saus lui eu dire la raison. Il enxoie «les oiaULves iM'uiles ]tai' le S' Père et demande (pi'on eu oll're aux amis de sa Mission.

A propos d'oranges biMiites. disons en passant, <pH' Miii'do (\\l»istra. ayant libre entrée dans les jardins (\\\ I*ai)e, m' se Taisait uiière scrupude i\'\ d(''pouiller romoue.

— \'ous êtes un mai'audeur, lui dit un Jour Léon XIII!

— .\\('c \'otre pe: mission. Très S' Père, réplicpui l'é\è(pie, et d'ailleurs sous la loi des garanties:

l'.t le ra]K'. souriant, lui ])eruie!tait de nou\ elles eueillet les.

Mal.uii' les instances (b son tVère <pii le pressait de l'cutrer eu i-'ranclie-Comt»', le prt'lal reste encore à L'ouie oi"i il re»;oit de nomltreuses letîresdeses missionnaires, le suppliant de hâter son retour en ('Iiim\ et allirmant (pie « sa présence y s<'rait bien m'ccssaire ».

Mais si les uns ({(''sireut sou retour, d'autres au contraire, t'ont leur possibh» p(»ur <pu' ce retour n'ait pas lieu; et, al>rès a\<>ir obtenu s(U! rappel en lùirojie, ils s'edorcent d'obtenir sa déiuission, ou tout au moins son renvoi définitil' (1<^ la Mission:

lo/r/, <'ri'it-il à son tïère le 21 juillet ]8S::?, /ijtr loinjin'. IcUre: o' ii>i.t it^xf j/<i.s hon ,'<i(///(\ car, eu (létiérdl . on lia pan tant (le boimes clio^i^s n ,<■(' (■(jrnnutiiiijni'r: via/'s, puisque tout lions i;iinit (le la niaix dr Diev. il fani h/o/ ac.cfjiier foutes chdsps, c(jiirm(^ (les Lie)} fa ifs de sa niiséricofile ii iielre (hjdrd et l'e)! remercier de font c(eur.'

D(rHe. ((/ijonrdlifii , c^csl I esprif rcrolafiounaire (pii ri^'ipie du Ils 1(1 M issidii . et ipii V fait fics nrm/rès eav/iite jiarto/if

(1) N'niis aviiiis ('■(■rit à A-tsiii i|iii vit i ii((irr, ])oiii ;i\iirilf lui ((UcliiiU' i'i'lis«'ii>;il('llifllt Sin- ••ctt' ulTailT. [,c vieux ]i|i'tlr ■ rst Ii'llt'fllnv ihiiis un silrllri' prUilcllt i|iril tant n'<|ic.'t. r.

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Chapellf> <lu touiheaii de S. Fran(,'ois Xavier à Saneian.

Mgr Augustin Chautist'. pr.'fct :iprvstoli()if de «'iiiitou i lSSi;-l'.i(i(t)

i'Iiapitre Wll - i*laiiit<>!^ vt «iriolM

ailleurs. Nos chers confrères^ mm contents mip in'ewùj'rc fois, d^ avoir pu obtenir mon rappel en F rance, poudraient criipuon ma démission ou mon exclusion de la MissioJi.

En vérité, cest à ne pas // croire.

JS/'importe! fort; de mon droit et de la. grâce de Dicn^ tjni m'a toujours soutenu au milieu des oppositions. Je resterai ferme Jusqu^au bout, et ce sera encore. Je Ve,spère. une n'rtoire ajoutée à toutes les antres.

Ces Journées, Je vais un peu traiter cette affaire crée le Cardinal de la Fropayarale.

Je verrai ce qiœ C Ennneutifs.sime Siméoni pense de tout cela, mais en tout cas. Je désire en finir le plus tôt possible, j/uis aller me reposer au milieu de nos montagnes de Franche- ('initié. C'est Ici qu'on se remettra de!< fotigues < ju" il fu ut supporter Jusqu'au bout.

Mijr de iSinite (1) est toujours ici, poursuivi lui aussi, un peu par le m.auoais vouloir (pi on lui témoigne, mais non pour ses ainvres <jui sont encore ii faire et à. paraitrc.

M. Delpeck se contente des pr-flts traraux de la procure, sans demander plus d'ourragc; et si tous, nous arons un peu à nous plaind.re du. sort, nous tachons au moins d'en tirer te meilleur parti possible!» ,^

Ces plaintes du prél.it, éj)aiicliée.s dans le cceiir d'un fVère, sont les plus ainèi'es (pi'il ait Januiis tbrnnilées aux iKMires <le mélancolie: " Mais Jamais, affirme l'abhé Trésoret, niênK- <lans ses moments de plus <^raiHle peine, mon oncle ne s'est départi de sa résolution de t'ai rt; en fout, acte d'humilité et de soumission à la volonté de ses Supérieurs. " ; • i^

Ce n'est guère (pi'au ukhs d'août, peut-être en .seidiMulu'e qu'il quitte Rome pour lentrer à Vuillafans, au sein de sa lamille où il passera ses <lernières années.

En décembre, à la veille de 8r. François Xavier, il éciit à Josépliine Flagey pour l'inviter à venir célébrei- avec lui cette grande tête dans la petite cliai>elle d'Eche vannes: * Je désirerais (Vantant j^i^i'^f dit-il, célébrer cetU petite fête de famiUe et t'y voir assister, que, som/eant à repartir bientôt pour ma lointaine Mission, ce sera prohablement la dernière réunion à hajnclle je pourrai me trouver dans le pays.

Alors, tu prieras pour moi et avec moi, demandant à notre çilorieux patron de vouloir bien agréer ce qui me reste de temps

(l) M;4r Desflèclies, vicaire ap.>sto iqiie du ^ii-t luit'U (»riental. 30 MQf OviUemiri

INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

l^'jl'A-jSV»!

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ailleurs. ^\o/v clinrs cou f rcrcs, iiaii cnniftils nui' in-r un ' r»' : m ^, il a va II' pu (ihti'Hir mon nipprl en h fit if-f , raihi r<i i ^ ni i.rniir (ii(. iiid (lénii-SHIoii on mou f.rrl nsion ili lo Mi^ro/.

hjii ri'rilé, c\'.sl à ne jxis ,/ croire

y. i m i^iortc! jOri de imm deoil cl de In i/rdi-r de })!• ■ ijni nid fon'jonrs -sonfcnn nn milien des opposll lini.-\ /<■ y. u m fci'nic jn.sijn^an boni , cl ce. sera encore, je fC^/ir/'c. nni' '"/<■ loirc ajonire à lonics les- n/i/re^.

Ces jon nwes. je ra}s nn jK'n Iroiler eelh oi'i'alir nrc le (^a l'di nul de la ['roinufa nde.

Je rerrai ce (/n.e F l'dnl ncnl issi mr Siméoul jiensr de t^nt eela, mais en lon.f eas.je de-sire enjini,- /< jd/ts loi inxsild' . ^.'.v/.v aller me repos"/- nn miht'n île nos miodati nés île Fro la-ln - ( le. ('est là (in'on se j'cnieUro des loliijncs iin il jnni sn i >, fer jnsipC a n boni .

M</r de Sniile 1 est lonjonrs h-i , pon rsn i r i hii <ins-<i. nn pen par le manrias ronloir ipi on 'ni I e non ane, mois non jonr ses (k'nrres (pu. sont encore a joire '■■' a p<n'(t d re.

)/. J)el in'eli se roidenle des in', 's Irornn.c ,1c tu ;■/•/,,•/'.•/', sans dcnautdcr pins d ,nirraije; el si 'mi^-. ihi"s'nr(ois rn ni n à //mis plaindre dn sort, i/'"r< la-iooi~^ an n"-ins il i n iiii r le malien / parti possi ble !»

(\'s |)l;iiilt('s (1(1 pri'i.ii. (''|>,llicll(''i's «!,iiis le <'(iMll' il'uii Irrif,

sont ics jilns niiirrcs (jifil ai! jaiiiais torni ii h'c-. ;ni\ Ik-iii-.'- <!«• iiiélaiicolie: "■ Mais jamais, (l'ijinnc l\ihl)i' Trisortl, niriin' l'aii^ SCS iiioiuciils (le i>lus i;iaiMl(' nciiic, iiioii oncl-' lu' s'c^i di-parti <le sa rrsolntioii dt- taire en ioul, acte (riiiiiiiilit»' ri de soiiiiiissioii à la \()l(Hil('' (le s<-s Snisriiciii'^. "^

Ce n'est <iiière t|n'au mois d'aonL |»eul-e!ie en s<'jiiemiire (pril (|uitt(î Rome poui' renti-er à X'uillalans, au sein de a tannlle on il passera ses (lernières années.

lui <lécenil)i-e, à la Ncille de Si. l'^raneoiv Xaxier. il ii-iii à .loséphine F!a,ii'e\' itonr rinviter à xcnii' e(''j(''in'iT a\ ee lui celte ;nran<le tête dans la p<Mi!e chaiieile <rileli<-\ a niiC'^: ./( ///'siretais d'autant jtliis, dit-il, rélél>nr eittc pit'tti J'ilc di l'anilttr et t' If voir assister, (jite, samieant à rcjairtir Idcntôt pour not t-.t'utaine Mission, ce sent j>r()l)al>lemeiit la ilmiière réunion àtmpattr Je pourrai nie trourer dans le jud/s.

Alors, tu prieras j)our moi <t arec moi, drm((ndaiit à .mirc (//(,rienx patron de routoir Idien (((/rcer ee <pti me rc<h d( !:,nps

(Il M ;'r I)i!sHi'cho>^, virailY' ap. i-^tu i.| n.- .lii Sii-1 li,i,.i, ii.hut.tl 30 M'I, iniilh'un,, : ,

Hiit' <itiiilleiiiiii

encore à passer sur la terre, pour l'emphj/er à /V»r/v si belle (le la L*ropa<iaUon de rUraufiile.

Par là, tu s<r((s aussi ))iissw}tHaire avec moi, flans cette chère .}rissio)i (le ('((utou, (juî, rannée dernière, rient encore de nous donm r Ifiù'O baptêmes d'adultes rt 48(j(> (Veniants d^ infidèles ; en sorti ([ur de})uis .'il (Dis, ehaeiuc annre sans e.raption, nous a fourni un chi(f're de conrersions supérieur à celui de l'année précédvnte. »

Maliiié I;> iieiiic et nu iVoid iivs vil (|ui rebutaient tout le luoiule, il \ ',)uliit taire raseeiisiou d'I^'liex aunes, et v e(>lél)i'ei' la Messe de Sr. Fraueoi.^ Xavier.

;Sou ardeur eutraîiui les hésitants, et il l'ut sui\i par un i;raud nombre de [)ersonnes <le N'uillafaus.

Dans les derniers jours de 1 S,S2, il rceoit une lon<iiu' lettre d'un de ses ndssionuaires (jui le l'élicite {\\\ rétablissenu'ut de sa santé, après cette cruelle maladie de lîome «pii l'a\ait conduit aux portes du tombeau, ei le presse de rentrer à ('ant(Ui, atin dVntreprendre la nouvelle organisation " ([ue réclament les événements survenus <lans .sa ^Mission. '"

D'après ce mis.sionuaire, la lutte «lui a nu)tivé .son rappel, doit s'ap[)eler, de son vrai nom, le coup d'une faction, puis- (ju'elle ne repo.^e (juc sur riutrigue et le nu'usonue, et <pie plus de la moitié de ses missionnaires, à tout point les plus honorables, luui seulement n\v ont point pris part, mais l'ont détestée, réprouvée autant (lu'ils ont pu la saisir dans ses voies souterraines, et n'ont pas craint de numtrer en toutes circonstances la tidélité à leur cbef.

11 serait aisé de mettre à jour les menées de cette faction, qui, dernièrement convaincue de mensonge dans l'un de ses principaux instigateurs répondait par sa bouche:

« Tous les moyens ont été bons, pourvit que ]Mgr (iuillennn ne revienne Jamais! >>

D'après le mênu^ missionnaire, ce (ju'on reproche à l'évrMpie, se réduit ;i quatre griefs, savoir:

1) iSes constructions.

'J) La privation d'un conseil.

.">) La non visite des districts.

4) L'affaiblissement de sa santé.

« Hien ne serait plus facile, ajoute le missionnaire, <|ue <le rél'uiei' victorieusement ces griefs; mais mieux vaut chercher une autre solution, qui selon lui, serait le démembreujent (Ui dixision de la rréfecture. »(')

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[l) *.'(.■ déineuibreiiit'iit s"<'st l'iïectiU' cii 19I4-. l><iui t'oriiK'i' U-d di'iix i-icariats Je Canton et dOjSwatow

i;iiapiir«» .VVII - Vio «1» |n'<"'i»t ft Viiillal'aiix

(le

An coinineiicemeiit de rainiéc 1.S8.'), il \a h lUisaïK^m pour y t'tiire des visites à ses noinbiciises «'onnaissauces et aux amis des Missions.

De retoiii- à Vuillat'aus, il > eoiisaei-e tout son ienii>s aux exereices de piété, à la eorrespondaiHc et au.\ ('tudes de pvojets [)oui' rat'lièveuient de ses (eux res.

8a vie est réiiulière eouinu' celle <I'uu s/'iuiuariste: tous U-s jours, il est debout à six luMires. Il prie dans sa eiiauihre jusqu'à 7 heures, se rend direeteuieut à l'église j)«)ur >;! uies.'^e qu'il eélèbre avee nm' i^raiide i»iélé, lait uu<' action de i^ràees interminable, pendant huiueile oi» le sui-pi'end souxcut en larmes.

Rentré eliez lui, il sent le besoin de se refaire par un <léjeuner un peu substantiel, après (|uoi il rentre dans sa î*liambre jiiscpi'à midi.

Apres dîner, il l'ait une proiU(uiade, <'n <-ompaoiiie d'une personne de la t'aniiile et se plaît, (piand il reneontre (pieUpTun <ie son ai;e, à eauser de si's \ ieux s(uivenirs. Et les au!.;edotes sur le bon JNl. Pernet son ancien m.iître d'éeok', attisent sdUveut la causerie.

Cluique .jour, à 5 heures, il se rend à l'église ])our sa visite au Saint Sacreuient, et il la proion.ue indétiniment; i)uis, ayant t'ait sou chemin de croix, il ne mampie januus de s'agenouiller devant la statue de la Ste. X'ier^c

Souvent l'on était obligé «l'a! 1er l'y chercher.

Une de ses Joies était de [jontitier aux uraudes Jêtes. ou de ])rési<ler quelque cérémonie religieuse.

Il visitait h-s prêtres du voisinage, assistait à leurs réuniims et les recevait à son tour.

Deux ou trois fois par .semaine, le clergé de Vuillafaiis venait dîner (diez le prélat i)our le distraire et lui tenir eom])aguie; et presque chaque jour, sa maison, «pii a toujours été très hospitalière, ; vait (juehiue inxité. Oes visites rem])lissai','i.t de joie le vénérable hôte, (jui st* i)laisait, (piand elles lui nuit quaient, d'aller à Besancon où l'archevê(ii;e Foulon l'in\ liait en cou)paguie(le son vicaire général Kuckstliul.

Il allait dire la messe dans les communautés et surtout <h« z les Bernardines, au Sacré - ('<eur et à l'hôpital.

On ne pouvait pas le laisser aller seul, à cause de sc^s crispations nerveuses «|ui lui survenaient plus tréiiuem nient et duraient i)lus longtemps.

Quand la personne (|ui l'aceompagn-ut, pouvait, à certains

ngv Ouilleiiiîii

symptômes, prévoir la crise, on n'avait (]n'à lui faire avaler nn jjetit cordial ])onr la détourner.

(^)ue si la crise survenait sans qu'on n'eût i)u la prévenir, il n'y avait (]u'à la laisser suivre son cours; et, au bout de (pielques instants, jMonseiuneur se remettait, et reprenait le Hl de la conversation où il l'avait laissé.

wSa lucidité d'esprit a toujours été entière, rapi)orte A-tsin.

Et (luelques cardinaux qui avaient voulu, en ISSO, se rendre compte par eux-mêmes, de la valeur des accusations portées sur ce point, contre le prélat «l'ayant à dessein fait causer pendant plus d'une heure, sur des questions particulièrenient épineuses, oii la logique avait plus de part que le sentiment, clôturèrent assez vite ce nouveau i^enre d'exercice académique, dans la persuasion oTi ils étaient, (jue le Saint-Esprit n'avait pas abandonné, mais plutôt inspiré l'accusé, <lans ses réponses.

Quoi ([u'il en soit, l'intirmité dont nous avons parlé plus haut et (pii ne faisait que s'a^^raver, ne pouvait jnuère permettre au prélat de reprendre la direction de sa JMission.

Et cependant, c'était son idée tixe et il réi)était sans cesse qu'il était « à la veille du retour en Chine. » En attendant, il s'oci'U])ait toujours à quelque travail.

Vu journal de la région ayant publié un article contre l'œuvre de 11 Ste. Enfance, il ne i)eut contenir son in<li,uiiation, et îmmédiatement, il fait un brouillon de réponse que INI. le Curé de V'uillafans le dissuade de publier, pour ne pas soulever iWs poîémicjues.

Le voici: ;<

«On nous communique un article du «Journal de Pontarlicr >. du ]'' Avril l<S8o, relatif à l'ccuvre de la Ste. Enfance, et d:ins le(|uel on dit que « les missionnaires (jui ont inventé cette <euvre, et les ])ré(licateurs qui l'ont colportée, sont, ce «lu'on appelle en bon français des farceurs!»

« N'oilà une accusation bien grave, otfensante pour ceux à qui elle s'adresse, et qui, en bon français, nous pouvons le dire aussi, dé])asse tontes les convenances.

« Car, comment appeler du nom de farceurs, de pauvres missionnaires qui abandonnent tout, et qui, au prix de raille pein«s et dangers, s'en vont au milieu de ces coutrées païennes pour y porter la lumière de l'Evangile!

« Comment appeler du mènjc nom tous ceux qui, en Europe, prêtent leur concours à cette belle et grande œuvre, tous les évêques, tous les prêtres qui l'ont ])rotégée, et tous les fidèles qui se font une gloire et un mérite d'y ])articiperl

« En vérité, il y a là une iunorance des faits ou une mau-

<' ha pitre X V 1 1 - 1 no i-Opl iq uo

Viiise toi et un esprit d'hostilité, qu'on ue saurait excuser, mais qu'il est juste d'examiner.

«Et d'abord, 1"^^ par qui a été établie et se trouve soutenue l'œuvre de la 8te. Enfance?

Par ces intrépides niissionnaires, (jni depuis .'U (! îu.^, vont passer leur vie au milieu de ces légions lointaines, dans le délaissement et l'abandon le ])lus complets.... ;

S'il n'y avait (pi'uii ou deux de ces apôtres pour rapi)ortcr les faits qui se rattachent à l'œuvre de la S'^ Enfance, on pourrait aisément supposer qu'il y a eu chez eux un moment d'allucination qui les a induits en erreur, et que d'un fait particulier, ils ont conclu à une coutume généralement réi»audue dans tout l'Empire.

Or, dans la Chine, immense territoire (pii comi)te 1(M)() lieues de long sur (îOO de large, il y a plus de oOO missionnaires Franciscains, Dominicains, Jésuites, Lazaristes, des JMissions Etrangères de France, d'Italie, d'.Vllemagne, et tous sont d'a<*cord pour reprocher aux Chinois la bjtrbarie exercée dans leur l)ays à l'égard des enfants et surtout des petites" tilles.

Et ce n'est pas d'anjoiucrimi qu'ils noui» font ce triste tableau, mais deimis plus de 300 ans, sans que jamais aucun d'eux ne se soit élevé contre une telle assertion: ce (jui, certes, eût été contredit cent fois, si la chose n'eût pas été vraie; car^ de tels mensonges seraient de nature à révolter tout esprit un peu droit, tout cœiir désirant le bien, et on n'aurait pas attendu jusqu'à ce moment, pour s'apercevoir d'une telle fourberie et la condamner, comme elle le mérite.

En second lieu, par qui en France, s'est établie l'(X'uvre de la S^° Enfance, sinon comme nous le disions plus haut, par le concours des évêques, du clergé et des familles, qui tous ont cru devoir prêter leur appui à une ceuvre aussi intéressante en soi et aussi salutaire dans ses effets.

Or, comment supposer que parmi ces milliers de souscripteurs, aucun ne se soit jamais aperçu de la fraude qui lui a donné naissance et qui la sontient, sinon le seul journal de Pontarlier, qui vient de la découvrir, et qui jette le cri d'alarme.

Certes! il faut pour cela qu'il soit doué d'uii perspicacité peu commune!

3° Mais ce n'est pas à nos missionnaires, à nos évêques et à nos familles chrétiennes seulement qu'il faut s'en prendre de l'établissement de cette œuvre, mais bien encore à nos consuls français. Anglais, Allemands, Espagnols qui se trouvent dans ces contrées, et en particulier au centre niême de l'Empire Chinois, à Pékin; et Dieu merci, ou ne peut pas dire

^l};i- ^liiiiHoiuiii

(jiu' ce sont (K's ;i\(ni;l('s ou (h's lioniiiit's tellemciil poivors, <jirils .s'nccoicUMoiit ;t\((' 1( .s Misîsiouiistiies, pour Ijiisser t*ul)t>i!stcr iiiK* nui VIT Ioi!(I('h' nui' le iiieu.^oii^iie, inutile eu .soi, ouéi<'us(' |)oui' l'Kui()[)e v\ surtout ]!our la France, sai::s en prévenir leurs (liiVérents gou\ernenient!s,

« 0\\ JusipTiei, nous n'avons jias vu (pie nos Consuls, nos ambassadeurs, nos «liploniatcs se soient jamais oeeupés de eette (piesiuvu, sinon pour t'uccuuaiiei' les missionnaires et donnera eux et à leurs 'oientai Jeurs, le Juste tribut de loiuin,nes (pie niérite leur eharite.

* On a vu uiêuu' des diplomates protestants anglais soutenir les missions Catholiipu's autant et souvent même plus (pie les autorités tran(;aises; e«' (pi'ils iTauraient pas fait eertainenient, si TieuM'e dont il s'agit ])résentement, n'était l'ondée (jue sur le nieiisoiiiit' et les taux récits par lescpiels on elierelie à intéresser les ehrétiens d'Europe en faveur des «gentils.

« 4." Mais av(H' le téiuoigiiage des missionnaires et des consuls, nous avons encore celui des voyageurs, (pii n'est pas moins coneluant. Dans une relation faite par M. le ctunte de Beauvoir, et (jui, aujourd'liui, est a.rrivée à sa ii^"^^ édition, nous trouvons d'intéressants et touchants détails sur la (]uestion (jui nous occu[>e en ce moment: « Certes, dit-il, je l'avoue bien fraucliement, et je prie les Missions de uie le ])ardonnei', je n'avais jamais voulu ci-oire à l'exposition des jietits Chinois! JMais maintenant ([lU' j'ai \ u !a plaie comnu' Thomas, je suis convaincu et je nrincliue! Toute ma vie, je verrai ces cinci enfants que nous renconti-ons ;iu milieu de la campagne et qui ont été jetés là, abaiuloniu'\'< par leuis pj'.rents, exposés à mourir de faim, ou à être dévorés par les chiens et les animaux immondes.

« Et combien dans toute la Province sont ainsi recueillis et baptisés tous les ans! Leur nombre va jusqu'à î) ou 0000 dans la seule pr(niuce de Canton, chifl're bien inférieur à c(;lui (jne l'on rencontre dans les autres provinces dt^ l'Empire. »

« Tel est le témoignage qu'un jeune touriste fraïu'ais, si connu i>ai' >es \oyages et les l'elations intéressantes (|u'il eu a faites, se i>laît à rendre à nos missionnaires et à l'(euvre de la S - Enlauce.

« Far là, on com[)r(MHlra (pie nos chers missionnaires et t()us c 'ux (pli travaillent sous leur direction, «ont moins farceurs que les représente le «journal de Ponturlier ».

Au cours de l'année 1<SS;>, Mgr Guillemin s'associe au pèlerinage de Pontalier à Einsiedlen ])our la Fête-Dieu.

<'iB:i|»iir«' Wll •• I.» ;;iiori-«- tin Toiikiii

[jV: Porc Ablu'' l'accncilU^ iwvx- hcniicoup (ré^ird.s v\ lui lait |»rcsi(loi- ics bollets ('C'rcinonie.s et la proi-csi-iioii <U' l;i lèlr.

C'est le seul voyage un ])vu long (ni'il lait cette ainM''<'-ia.

Au mois <le scptciiilyrc, il écrit à sa <'licrc cousine l''"I;iiicy )>our l'iiiviter à venir à Xiiillalans: « ("est, dit-il, dviwiùu S soj»tenibre, le 44*^ au ni versai l'c de uuui ordination s;ic(;r<lotale, et à ce souvenir vient tout natuieilenu'nt se joindre celui de la chère cousine ([ui a eu une si viande part à cette <'irconstance si toucliaute de ma vie.

« (^ar, tu (tais à wia première Messe a\'ec U' cher oncle et la chère tante: on priait enseinhlci pour «'e Jeune et cher prêtre, et le soir, réunis chez 1«> hra\e oncU^ l<"'higey, on <'«''lél>rait c<"itte l'ète <h' tout cceur et eu raniille: souvenir troj) toiudiant pour n'être pas rapi)elé ici, et dont tous les ans, j'aime l'aire mémoire aux pie<ls des saints autels et au milieu «les parents et amis (pii nous restent; ce (pii te dit assez, <|ue tu as ta place toute marquée ici, et surtout dans le c<eur <le I'êvê(pie missionnaire, heureux <le pouvoir te remercier de tout ce «ju'il doit h tes bonnes [)rière.s et à Ion amitié.

« (\)ntinue encore, bonne et chère .losèphine, à attirer sur lui les bénédictions du Ciel, et surtout à lui obtenir tin ])rom])t et lieureux retour dans sa Mission, pour y achevei- les «euvres commencées, et nous tous <|ui > aurons eu i)art, nous partageun jour, la céleste récompens<> .

« Avant de regagner ma lointaine Mission, il faut bi<'n un«' dernière l'ois <'iu'ore nous re\ oir, et sur les bords du Doubs <*t sur ceux de la Loue oii se sont passés les jutniiers Jours de notre enl'aïu'.e, nous emt)rasser mu- (Ur)iièn- fois.

« Vixv, après 44 ans <le prêtrise, oo (U? Mission, 'i(> d'éi»iscoi)at, et à rage de 70 ans, retournant en Chine, il n'y a ]>lus à compter sur une longue cariièi(% et sur le plaisir de noits revoir ou ce mondes! »

En octobre ISS,'), le ))rélat va taire sa pn-niière et uni(iue visite dans la i)etite paroisse de llani!, <lont est curé son neveu l'abbé Z. Trésoret. Il y préside les cérémonii;s religieuses de la tête îtatronale (S^ Léger) et intéresse vivement les lidèles en leur causant des ^Missions. Son neveu (jui ne l'avait [las revu depuis un an, le trouve bien alï'aibli : « Il a, rclatr-t-il, bien conservé toute son intelligence, mais la mémoire lui .fait complèteuient défaut. Au physi(iue, il ne va pas trop mal; les courses à pied lui plaisent toujours, et il ne résiste i)as au désir d'aller visiter une église gothi(iue récemment bâtie dans le voisinage de Eang.

« Par la môme occasion, il fait visite aux parents <le M. Ser-

vi!

ni

>É;;e* C>iiill«-ii9iii

«let, mon ('oiHlisc'i[)le, <iiii [>ai'(ail pour la Mission de Canton au moment où mon oncle on était rapiJelé. »

L'année. 1SS4 se passe eomme la préeédente, tonte entière soit à N'nillatans, soit à I>esan(;on.

In certain nombre de lettre^:- du prélat à M.^"- Fla^i»e v montrent (jii'il est toujours préoccupé de son retour, et (pi'il ne cesse d'associer sa clière ]Mission à ses joies de famille.

An mois d'août, il reçoit la visite de; ^I^"^ Wuillot, S(eur de l'illustre écrivain et toute dévouée à ses (cuvres.

("est pour lui une occasion de petites courses à la source de la Loue, en montagne, au chalet, (ju'il se plaît à montrer à son aimable visiteuse.

\a^ .')0 août, il assiste à la bénédiction de la i)remière pieri-e (le. l'Eglise de S' Ferréo! et 1'\m;jou.\, présidée par Mgr Vnverol arclievè(iue de I^yon et par Mgr Foulon de Besan<;<>n.

A cette é[)0(]ue, la ^Mission de Canton était <lé)à sens <lessiis dessous; l'expédition du TonUin avait surexcité les Chinois à tel point, que les autorités consulaires avaient engagé le coadjuteitr Chausse à prendre des mesures de i)récaution.

L'écho tout proche des hostilités, et i)ar-dessns tout la xénophobie du Vice-roi Tchang-tchi-tong, taisaient craindre à Juste titre, les pires rei)résailles.

Déjà les païens ameutés avaient saccagé de i)elles chrétientés à l'intérieur, et menaçaient d'envahir la ]\li>sion même à Canton.

L'église était déjà terminée, et sa silhouette liautaine qui dominait au loiu la « cité du Bélier », semblait s'y dresser connue une [>rovoeatioii de ces " vils Français " (jui avaient osé s'attaquer à la suzeraineté du Fils du Ciel. 11 fallait l)rendre vite une détermination.

!Mgr Chausse rappela tons ses missionnaiies, et le ccenr serré, vint avec eux se réfugiera Hong-Kong, contiant aux bons soins de la Providence, la garde du troni)ean délaissé.

L'exode dura un an, i)endant lecjuel on eut à regretter le pillage d'un grand nombre de districts aux environs de Canton.

Dans cette ville même, la poi)ulation menaçante se porta aussi vers les établissements catholi(|ues et eu inceiulia quelques-uns: mais les grandes œuvres de ]Mgr (Juillemin restèrent debout.

Le vénérable évêque, on le devine, suivait avec anxiété les l)hases des événements et souffrait des dégâts oi)érés (Unis sa * ^lission. Ses prêtres tidèles regrettaient bien son absence.

Le 1°"^ décembre, l'un «Peux, n'osant plus s'adresser à "sou

4'li:i|>i(r<' \ VII - l^ti 4|ii«'.sli4»ii «lu iM'toiii*

évê(iiu', j)iiis(iu' il no répond {kks ", écrit au frère du prélat:

« Le tein[>s, dit-il, au lieu de nous faire oublier !Sa (iraudeui-, aui;niente chaque jour les regrets de la séparation, nous rend son souvenir plus cliei- et plus vif le désir de son retour. Ces sentiments sont ceux d'une \ini;taine (ie confrères, en dehors des nouveaux venus (pii n'ont pas à se prononcer. .lamais circonstance n'eût été si fasorable au retour. W)us n'ignorez pas notre exi)ulsion (') et notre refu<;e à HoM<;-lvoni».

« C/oiubien de fois, dans ces graves circonstances, n'avonsnous i>as eu à regretter l'éloiguenient tle Mgr de ('ybistra, dont l'iutluence nous eût été si utile!. . . (Irand nombre de chapelles ont été ruinées, mais la cathédrale est restée intacte. » Un autre missionnaire écrit au préhu : « Le taudis (pli vous servait d'évéché et toutes ses <léi)endanees, sont devenus la proie des tlammes avec tout leur eontenu. jNLiis, eonsolez-vous, toutes vos (cuvres sont encore «lebont. La cathédrale et les deux orphelinats ont été resj)ectéfS; personne n'a osé y porter la main. Si Votre Grandeur se hâtait de revenir, elle obtiendrait des indemnités pour relever ces ruines. JNIais il est imi)ortaMt que votre retour ne soit pas différé plus U)ngtemi>s.

« Votre long silence, en elfet, et votre longue^ absence font une mauvaise impression; il y a au moins lô confrères (pii vous ont fait part de leurs sentiments, «t aucun n'a re(;u un mot de réponse. »

Comment explicpier ce silenee du prélat envers des missionnaires qui lui témoignent tant d'attachcuu'nt ? Lui (pii était si exact à répondre ù toutes les lettres (pi'il recevait, méi>riserait-il ses meilleurs amis, ses prêtres les jilus estimables? Par ailleurs, pourquoi son rai)i)el sans procès canonlipie, et son exil prolongé jusqu'à la mort?

La réponse est simple; et \c lecteur, déjà mis au courant de tant de contîdences, la devine aisément.

Il ne fallait pas, surtout à l'heure (u'i son coadjuteur était aux prises avec des dithcultés dont la moindre était l'exil <les missionnaires, il ne fallait i)as, disons-nous, les augmenter, en entretenant avec ces derniers, une corres[)on(lane(; d'amitié (pii eût encore avivé des regrets, soulevé des controverses et gêné l'action de ]Mgr Chausse.

Si celui-ci avait pu Uhremt^nl prendre sur lui-même le rai>pel de sou vieux chef, dans les graves circonstances où se trouvait la Mission, il est à croire (ju'il n'eût pas mancpié cette occasion de dégager sa resi)onsabilité, en se tirant d'un

(1) L<i ternie d'expulsion est oxagt'iv ; le di'pait à Huug-Koni;- ilt(j iijisaiouuaii-es resta relativewont libre.

li^jy <iiiiili«'iiiiii

in;ni\nis pas; injûs a cet te idée, (lui (raillours, no scinblc ]>as avoir hanlr l'osprit <U' Tavise ooadjuteur, trop «robstaclcs s'oplM>8aieut. Dabord Kome, (pii a}t})ivc'iait la situation (\v jM*ir (inilliMuin au point de \ ne des phis cliers intérêts de Dieu et de sa nloire, ne s'éeartait pas de sa première liiine de conduite; et ràuc, qui n'avait fait (pTeulever au prélat Tar^unient \ ital de ses revendications, ajoutait encore du )>oids aux raisiuis morales d'opportunité <iui a\aient motive s«»n rappel.

Le Séminaire de Paris, ne pouvait non plus favoriser son retour à Canton, sans s-ex[)oser à la criti<]ue des missionnaires dissidents dont il avait écouté les «iriefs.

Kl réneriiie même d(vs protestations contre le retour du prélat, la mentico d'un schisnu' dans la JMission de Canton et le scandale <pii ou st'rait résulté pour les chrétiens, leur paraissaient des motifs suHi.^auts, j)our maintenir le st((tu quo, sans poursuivre à Konu^ un procès canoniciue d'ofi fût, sans aucun doute, sorti indemne riiouneur de M^r de Cybistra.

Cependant, l'honneur uu^Mue exigeait, aux jeux du |)rélat, qu'on y fît droit; et le mémoire i)récité où il justitie ses ai'tes, montre bien eu ett'et sa i>réoccupatiou d'être entendu et réhabilité.

Car, eu bon t'rau(;ais, son rai)pel pouvait s'appeler, venant des hauteurs intèi»res de la chaire ai)ostoli(iue, non pas une disgrâce, mais bien une révocation, chose (pii n'est généralement pas très agréable.

Et il faut admirer ici, avec quel doigté intini, et avec (pielle délicatesse de procédé, Home sait nu'Miager la susceptibilité d'un vieillard malheureux, (pii, sur le point de re])artir au chantier toujours coujir ù son activiti', lui conseille de patienter, roccu[)e dans les antichambres du N'atican à des travaux spéciaux ijui le trouvaient comi>étent, et adoucit ses regrets en le ctnnblaut d'attentions tines, d'éloges publics et de consi<lération.

D'un autre cot«% on ne s'étonnera pas (]u'un homme aussi vertueux qnv 3Igr (Tuillemin ait négligé d'accentuer le ton <le ses revendications, t'I se soit tinalement résolu à étoutlér le ressentiment de l'injustice des hommes.

Il avait i)rès de lui, à X'nillafans, un conseiller sûr et [)ieux, l'abbé J^ourgeois, (pli, mis au courant de tous les incidents capables d'éclairer sa religion, savait entretenir chez son vénérable paroissien, des idées conformes à l'intérêt général; qui, an besoin même, devait lui faire, comme dans le cas de la correspondance avec ses missionnaires, une obligation de conscience, <le s'abstenir de tout commentaire ou de tonte manifestation compromettante.

<'hHpHi-o Wil - Woriii^ro l«'lir«« «lu tn'<^l»»«

Il lestera «lonc sileiicicMix, sans pour cela cesser d'oublier.

Ou uo peut lui taire uu crinu' de se souveuir et d'espért^r toujours:

« Le souveuir est râuie de la vie ».

Kt, counneut pourrait-il s arracher du c<eur l'iuiai-c vivante du passé: « Après tout ce (jui a été fait dans nui chère Mission, écrit-il en mai l<S,sr), pour la propap»tion de TEvaninile et tout ce (pii rest(ï à lairc, je re^ardt' pour moi comme un devoir et une oUliiiation toïuielie d'y retournei-; jtuis, (piand je serai là, et que j'aurai donné à Dieu cotte dernière manine de dévouement à l'œuvre qu'il m'a conliée, alors il leia de moi ce qu'il jugera i)lus convenabli', et au ujoins, je serai heureux d'avoir répondu jusqu'au hont, à la sublime vocatiou à laquelle il a bien voulu m'appoler».

11 réclame i)Our lui les prières des ànies saintes pour (pie Dieu lui permette « d' aller continuer l'œuvre commencée».

« En réalité, dit-il, après 30 ans passés dans ces pays lointains, ne pas retourner à son i)oste, serait payer d'ingratitude la Divine Providence, faire un pas en arrière, renoncer au bien qu'on peut faire encore, et se rendre impropre au royaume de Dieu ».

11 soultre cruellement du silence qui lui est imposé, et des entraves (jui le retiennent sur les bords du rivage.

Et son imi)atience le fait bondii-, sans l'irriter jamais, comme bondit un aigle en cage ;> la vue du soleil.

^'C'était hier 8 .scjifcvihre (h'^SoJ écrit-il jxair la dcniièro fois, à sa chère Joséi'hine, le 4(>'^ annivcr.mlre de mon t^accnloce.

Et en célébrant la riics^sc, nuv ."^vnrevir t-r reportait 6iir toKiî ceux, qui comme toi, m'en ririuiièreni tn ce jour< lointain de mon ordination, de .soins et de marqvcs (rajfeelion. Sans doute (]u^aîfjou,rd7iui )io.s chers disparus. Jouissant de lo ri- ■sion divine, noiit pafi hes(in de mes suffrages, mais au ('irl même, on n'est jvrt.s insensible au smirenir de cen.r qu'on ii laissés ici-bas

3Iaintenaut, Jxmne et chère Joséjdiine, il est une que-'J/on (jrave que J'ai à te sovmeltre. FI s'oqit de savoir si Je dois retcmrner dans ma Mission : rt . bien (pie arrivé à la /'-'' nunée de mon âye, la SS" de Mission et la J^h"" d'épiscopat, cependant, un (jrand rtombre de raisons semblent militer en faveur de mon retour.

Et en effet, si Dieu m'a conseï gue et providentielle, malgré toutes n

la vie d'une manière si lonles 2^1'évisions coidraires, est-ce pas pour que Je consacre èi son service les années que Je 'lens uniquement de sa bonté èi mon égard'/

>!{;>' isiiilivtoiii

3Ia santé, sans être bien assurée^ se soutient assez bien, et à part ces petites crispations nerveuses qui arrivent de temps en temps et qui durent à peine ^ine minute, je me sens encore capable de soutenir un travail long et sérieux, de sorte que mon retour ne saurait être regardé comme une cliose extraordinairement imprudente.

Après tous les travaux que J'ai entrepris dons ces pays lointains, et dont qiielques-uns ne sont pas encore achevés, Je désirerais tout naturellement savoir dans quel état ils se trouvent, celui qui les a commencés, étant plus à même de les continuer qu'un autre, crantant plus qu'à mon déqjarf pour France, J'ai laissé à la banque anglaise de Hong-Kong l'argent nécessaire pour leur achèvement.

J'aimerais également savoir oit eii sont nos missionnaires^ soit dans leur conduite, soit dans leurs ra/ports avec chrétiens, païens et mandarins, toutes choses qui deihcindent un certain tact, une longue habitude du pags et dans lesquelles je qjourrais être de quelque utilité pour la Mission, comme me le disent plusieurs lettres confidentielles que J'ai rei-ues, et qui pressent mon prochain retour dans la Mission.

Ici, au contraire, ma présence ne saurait être cV aucune utilité pour personne; mais mon (Jépart 'peut-êt)-e, pourrait fournir un sujet d'édification en Euroqje et une bonne note pour l'œuvre des Mission^-.

Enfin, Je le dis moitié sérieusement, moitié eu riant, quand on arrive à la 7^" année de son âge, en Europe, on n'est plus qu'un vieux radoteuj\ qui ne sait plus ce qu'il dit, tandis qu'en Cliine, c'est vraiment Page de C expérience et de la sagesse, l'éjjoque oie le vieillard est environné de toute la considération et du respect de ses concitogens, de sorte que Vâge qjour moi, loin de me faire renonc3r « mo/b départ, serait au contraire un motif de qdus de tenter ce dernier voyage qui mettrait le sceau ci toutes mes œuvres.

Telles sont, très chère cousine, les raisons qui me semblent militer et très sérieusement en faveur de mon retour. Je te les expose simplement, telles qu'elles se présentent ri mon esprit, Cl mon cœur, et Je te demanderai de les examiner attentivement aussi avec ton bon esqjrit et ton bon cceur ci moi si connus, et surtout de les présenter à Notre- Seigneur, le priant de vouloir bien me faire comprrendre quelle est sa sainte volonté à cet égard.

Pîiis, tu me diras franchenient, ce que tu qienses de ce p)vo- Jet; si Je reprends le chemin de la Chine, ainsi que Je l'es-

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