‹ Zéphyrin Guillemin [microform]Chapitre 149 sur 155 · Chapitre XYII-Mort du piéliit · texte numérisé non relu

Chapitre XYII-Mort du piéliit

jière, tu auras ta 'part bien marquée dans cette détermination. ■■ ;

Et avec mes remerciements pour cette nourelle m.arque d'amitié de ta part^ reçois, bonne et chère Joséphine, l'exjjreysion des se^itiments tout affectucu.x et déroués du pauvre évéque missioimaire gai se rrcontmaude à tes prières en ff.vvoijant une bénédiction spécia/e comme (jage de notre amitié et union en N. S. (1) ^ ^' ■ v -; \^' ':'. -

+ Zéphiirin Guillemin ér.miss.

Canton, Chine

Nous avons cité ici la dernière lettre (^ue nons possédions, de l'évêque de Cvbistra.

Elle est curieuse ])ar le contniste qu'elle semble établir entre l'ordonnance habituelle de ses aspirations et l'inipossibilité morale qu'il sait devoir s'oi>i)oser à leur réalisation. Le vieillard se taisait illusion.

Mais n'oublions pas que chez lui, la personnalité de l'apôtre se double de celle de l'homme; et qu'il y a nécessairement duel entre l'apaisement mystique de l'une et l'ardeur de l'autre. Devant Dieu, il s'humilie comme inutile et fond en larmes si chaudes, qu'elles brûlent ou noient tous les objets de sa v^anité.

Devant les hommes, au contraire, il se redresse de toute la taille de son éuergie, dans un soubresaut de malaise et de regret qui le porte, bien malgré lui, aux solutions imi)o.ssibles.

Il y a toute une psychologie neuve à sonder au fond du labyrinthe de pensées où vit cette âme de chrétien prise entre ce qu'elle appelle sou devoir qui lui paraît net, et cette autre chose rude et obscure qui est pour certains: la destinée; pour d'autres: la volonté de Dieu, tournant des anies.

[1 est des houinies qui vont se heurter aux loches de ce tournant dangereux, pour aller trop vite et à tâtons, eu maugréant.

Il en est d'autres, qui, se laissant guider par l'Etoile, le passent sereinement.

Zéphyrin Guillemin, qui n'avait pas perdu, après 7 ans d'un dur martyre, le sens mystérieux des réalités, s'engagea dans le passage, résolument et sans délai. Jl fut au i)ort plus vite qu'il ne s'y attendait.

Voici sa iin, digne en tout de sa vie.

(1) Nous n'avons lias la réponse di-

•nnsinc Flat^PV.

ngr <»iiillyniiH

"i/ avait, i-Mconte M. Trésoret, fêté avec les yrêtres de la îmllée, le SO^ anniversaire de sou é/dscopaf. C^ était donc le 25 janvier 1SS6.

On ravait vn plein d'eufrain, et comme tovjoiirs préoccupé de son retour en Chine; ce qni était, n'en doutons pas,nne insistance du cœur jdas que de la volonté, un moijen aussi d'édifier, pensait-il, ceux (pCil aimait

Le P'' avril, il expritne le désir d'aller le lendemain it Besançon; Léonce et sa femme /'// accompagnent. j

31'^^^'-' FI ft (je// se trouva jit en rille, le retient à déjenner.

Le ?) avril, il dîne à rorr/ievéché; et, comme il faisait un temps superbe, il prolonge sa promenade drrns Varenue de Cliamars où il rérite son bréviaire.

A-t-il pris froid sous les arbres touffus de CJtamarst

Pendant la nuit, il éprouve des frissons, et comme lematiti, on le presse de rester an lit: " Oh! j)()ur cela non! fit-il. Et il se Une pour aller dire sa, messe qu'il a bien de lu peine à achever. Su f<iiblesse est telle, qu'où doit approcher un fauteuil oii il repose par interralles. Après la Messe, il a du mal à, regagner la maison.

Accouru aussitôt, le docteur Sandret de Talonne diagnostique une Huxion de poit ine et presoit une transpiration prompte et abondante; mais on a toutes les peines du monde à Vg décider. Et quand on lui dit p)our V obliger à se laisser soigner, qu'il a une fluxion de jjoitrine: "l'.li bien, qii,-in{l même! on revient d'une fluxion de poitrine! Soyez sans inquiétude, je ne mourrai pas ici. J'ai trop souveut prié le Bon Dieu, pour qu'il n'accorde pas à ma dépouille un petit coin de terre sur le rivage Chinois. Jl faut bien d'ailleurs que j'aille coutinuer l'œuvre commencée."

La nuit fut mauvaise, et cepoidant le lendemain, il n'avait pas l'air de prendre cru sérieux sa maladie et badinait au sujet des soi7iS dont on voidait l'entourer.

Bientôt on crut remarquer (pielques moments de délire.

Sans resse il récitait des prières et parlait des afl'aires de sa- Mission. On l'entendait répéter: " Voilà ce que j'invoquerai pour ma justiticatioir'.

Appelé eu considtation, le docteur Goudron se montra du plus affectueux dévouement ; mais ou reconnut bientôt l'inutilité des soins. Un vieil ami, M. V arcliiprêtre Suchet vint le confesser et lui admiuistrej' les derniers sacrements qu'il

<'liîi|»ilrc .Wll - Puii<^r;iiUe!<>; ii|»|»r<^«'i«<ioMS

.sr.s-

reçut en }>leine (•o}inais.sance. rj'archeréqxe, Mgr Foulon, éf(i)if arricc qnehjnes instant.s (iraiif .sa mort, /es deux prriftftt se donnêre/ff miitueUemeiit la bénédietiou ; et rc. fut uite .stc'iie fotfrJiante (JhI Jif rer,ser bien des larmes aux aHsistaitt.s.

Cependant le vénéré mahide ne cessa il de prier eu parlant de .s(r (Jhi)te! les jiarole.s se snceédaient eoiinne un ^flot non internrinpn , mai.s dune noix faible : «"/, ii nn niomerd, s^adrcssaut aux assistants: «. Pniscinc je vois bien, «lisnit-il, quv Je ne pouiTai i>îis <*<)iitimuM' liv.ivrc coiniiK'iicécs Je la roiilic n NOS IxuiiKvs prirros, et aiitaiii (lu'il sera ou inoi, Je vous le iviKlrai. »

Tonte la faniilh' étail rétinic antonr dn r/ieref, arec le I*. (Jardet, nn dominieniu ami: eu reei'ail des prières à roix basse, (piniid tonf à eonp, rers !('.■< '■> lienres de l'après-ntidi, le iualadc se mit à dire: «Oli! <|U«'I1(' tcnipôtc ! <iiu*l Hot tcri'iblcî j'ai bien peur «|ue nous u'ariiv ions jtas à Sau(Mîiu; S'"' \"n prie/ [>()iir nous! »

f.V furent ses dernières jxirole-s; an même moment , tjenx se fixèrent et il rendit Vdme. C'était le î) <rnril l^Si;.

Le .snrlendemaîn, les obsèt/'ie.s enrent lien daiis cette Ixrsi- Uqne île Saint Jean, oii réréijne de Ct/bistra araït d<nrné les prémices de son ministère. J'Jlles fnrent présidées par Jlonseiynear Vareheréipie Fonlon qni célébra lui-même le saint saerijice.

Le corps fut ensuite ramené à Yuillafans où les fnnérailles entrent lieu, le s avril . Le vénérable ami du déf'unt. 31. Ruchstulil, oieaite général, fit devant le cercueil, une émouvante oraison funèbre qui' il terminait ainsi: " Dieu lui a refusé la, consolation de revoir la Chine et d'y mourir, pour nous laisser V exemple de sa mort qni fut celle d'un sa/int, et pour nous permettre de venir prier sur . la tombe de celui (pie n()us pleurons, mes frères, et dont le nom restera en grande vénérafion.'- :; '

La statue de St. François Xavier qu'il avait érigée au sommet de sou petit monument d' Fehevanjies, ayant été renversée par le cent, on crut lion de la placer sur son tombeau; de sorte que s'il n'a pu selon sou désir, être inlmmé en Cliine, il repose du moins à l'ombre dn sciint Protectenr de sa Mission.

Quelq

ues Jours après les o'o

isèques, |)i;ursuil M . Tit^sorcM,

sa nièce étant ve:ne à Besancon, et, voyant sur une chaise la soutane dont il était revêtu (/uand il prit mal, eut l'idée d'en, visiter les poc/ies, p(nir en tirer (juehpie souvenir. File

i^iSr <i!iiiilemiii

y ironva un vieux por.efeuille reufcrniant un chèque de 2u0 mille francs sur la haïKpie de Hong- Ko mj.

Cd argent tpCil araif ^ecneil/i pour .sa Mission, fat n}i- Dogé par les soins de M le Cnré Bourgeois de Vuillafans au Séminaire de la rue du Har. " ?;

Nous avons (l(''jà dit, an cours de ce récit, que ce subside iuipoi'taut, ayant ctô tiaiisiiiis à Mgr Clitnisse, lui servit à bâtir le Séminaire et l'évêché <le Cjsnton.

Tels sont les derniers renseignements que nous ;ivous pu recueillir sur la tin de notre héros, dont il ne nons reste plus qu'à fixer dans une revue de détails et d'ensemble, ht physionomie de relief et le rôle jirovidentiel de sa vie. Pour cela consultons (pielques témoins.

Voici d'abord, i>onr les détails; M. Vong A-tsin, son secrétaire, va nons les donner pêle-mêle, mais fidèlement.

« Mgr Gnillemin, dit-il, fut toujours le principal curé de sa ville épiscopale; il ainuiit à baptizer lui-même, ne voulant ni vicaire, ni coadjuteur, sntîisant à tout, de jour et de nuit: confes.sions, [jrédications, catéchisn)es, visite des malades; d'ailleurs les fidèles le [U'éféraient à tout autre confesseur.

Sa sévérité pour lui-même et sou austérité inspiraient à tous le respect; mais sa bienveillance et son urbanité atiiraient tons les cœurs. Il charmait par sa pacifique doucenr les païens qui s'approchaient de lui avec confiance; nn aspirant bonze demeure stupéfait de tant de majesté et de Inmiere intérienre, se fait instruire et baptiser.

Les séminaristes sont comme ses amis.. ..

S'il dépense tant pour sa cathédrale, la chapelle de Sanciau, ses orplielinats, sa chambre est nue et pauvre; on n'y voit (in'nne inuige du Sacré-Cœur et une de la S'^ Vierge, une vieille table cassée, un siège « dangereux à force de vétusté» dont les pieds sont ficelés et qui, sous le poids de Celui qui s'y assied, fait «entendre un murmure désagréable».

« Son lit est une planche recouverte d'une natte; tout à côté on n'y voit rien d'autre (pi' une table et un Crucifix. Sauf sa soutane, tous ses habits sont vieux • et usés : tout est reprisé; ses bas souvent ne couvrent pas ses jambes les chaussures sont percées. Il mange ce qu'on sert, ne se plaint jamais, accepte dans ses voyages tous les mets, même des vers à soie; c'est d'ailleurs toujours à pied qu'il circule, à moins d'absolue nécessité.

« L'évêque, qui n'hésite pas au besoin à passer la nuit à sa table de travail, se couche d'ordinaire à onze heures et se lève à cinq. Son sommeil est doux et tranquille, même à Eome, "malgré l'abondance des puces et punaises''.

M. Grandpierre en 1919.

S. S. Léon XIII en 1878.

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S. M. Kononsr.Su ;)^^, eiupereixr de la Chine. (187.5-1908).

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La orrotte de Camo

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// fi'oura n)i rien.r por cfcn illt' reufcrmaiit un cJièijne de :':^(J(f iin'Hr frrnic--^. sur la hainiiic de Uonrj-Koni/.

> 'ri (irt/rul ijn'il (irait 'rciipilli pour sa Miasiou^ J'ai iii- /■inj(^ par h'.s Koi'iis (le M le Caire Hiainiroh de Viiillufa a.'i a>[ /S('iiiiuaii'(' (le la rue du 'ua-.

Nous avons (li'jn dit, an cours de ce ivcit, que ce subside iiiipoiiaiit. a>aiir o\c iransmis à M^r Cliaiisse, lui servit à bâtir le Séminaire et r<''vr'cli('' sic CaïUoi!.

Teis sont les deriiiers reiisei,i;iieiiie]its (pie nous axons pu re-^ cueillir sui- la lin de notre lll■l■<^s, dont il ne nous reste plus (pi'â tixei' dans une revue de dé'ails et <rens(inMe, la pliysiououutî de r'.diet' et le rôle proxidentiel <le sa vie. l*our cela consultons (pu-lques t(''nioins.

N'oici d'abord, pour les détails; 31. \'on^ A-tsin, son .secrétaire, va nous les (ioniuM- ])éle-niele, mais lidèlement. ^

« 31;jr (înillemiii, dit-il, tut îotijours le principal curé de sa ville épiscopale: il aimait à bapti'/er lui-même, ne x'oulant ni vicaire, ni <'oadJuteur, siitiisant à tout, de Jour et de mut: eoniessioiis. prédications, catéchismes, visiie des malades; d'ailleurs les tidèles le prêteraient à tout autre conlesseuir.

Sa sé\érité ]»our lui-même et son austérité inspiraient à tous le respeet; mais sn bitui veillanee et son urbanité atiirai<'nt tous les c(eurs. 11 cliarnuiit par sa paciti(pie doucetir les païens <pii s'api)ro(diaient de lui avec eontiane;': un aspirant bouze demeure stupéfait de tant de uuijesté et de lumière intéiieure, se lait instruire et baptiser.

Les séniinaristes sont comme ses anus.. ..

S'il dépense tant ])our sa cathédrale, la cliapelle de Sanciau, ses orphelinats, sa chambre est nue et ]>auvre; on n'y voit (|irnn(^ inui^U(' <1" Sacré-((enr et une de la S'*^ \'i(U'^e, uiu3 NÏeille table cassée, un siè<ie « dangereux à force de vétusté» dont les pieds sont ficelés et (pli, sous le ])oids de celui qui s'y assied, fait «entendre un murmure désagréable ».

« Son lit est nue planche recouverte d'une natte; tout à côté on n'y voit rien d'autre (pi'une table et un Crucilix. Sauf sa soutane, tous ses habits sout vieux • et usés: tout est rejirisé; ses bas souvent ne couvrent i)as ses jaiul)es les chaussures sont percées. Il mange ce (ju'on sert, ne se plaint jauuiis, accejite dans ses xoyages tous les mt>ts, même des vers à soie; c'est d'ailleurs toujours à pied qu'il circule, à moins d'al)solue uéeessité.

« L'évêque, (pii n'hésite pas au besoin à passer la nuit à .sa table de travail, se couche d'ordiiuiire à ouze heures et se lève à cin(|. Sou somuH'il est doux et tranquille, même à Home. " maigre raboiulance des i>uces et punaises ".

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Totiibeau ck- l'rvôque de Cybistra rtil cimetièiv de Vuillafans (Donljs).

Mgf de Cv'»istm sui- mn lit de mort, le ;' avril iHHiV.

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