III - l*reIui^r« ItK'e d'une <V{(liNe; 11. f'Iiapdelaliie
IV • DifticiiItéN avec Slaca» - IX^purt pour Itwiiie.
V • Mou électiou il F<^piN(r«»pat, nou Muere pnr l*ie IX. I'u<>
lettre aux ehriVtieuN d'Kurope.
VI • Viwite A iVapoIéou III: le baron <i>roM: viNiteN «le <|u<^teur. Vil - I<e Coueordat du l'ortugal: rKiuinenee <%nlonelli.
^, IM/iS — 1858.
La nomination de M. Guillemin comme préfet apostoli(ine de Canton, n'impliquait pas encore le earactère épiscopal, mais elle n'en consacrait pas moins son autorité sur les deux provinces, en le libérant complètement de la double tutelle de Libois.
Cette tutelle ne lui pesait ^uère d'ailleurs, en comparaison des responsabilités qu'il allait porter à son tour: Il vient écritil le 20 mars 1854, de m' arriver tout récemment, nn bref de Rome, qui ajoute à tous mes autres fravauj-, à foutes mes autres misères, eelle de Ja direction de la Mission du Koiianfitong et du Kouang-Si, avec le titre de Préfet apostolique.
ri me semblait que Je n'étais pas dans le cas d^accepter, vu su,7'toi(t Vétat peu ^florissant de ma santé ; mais les lettres de ces Messieurs- rfe la. rue du, Bac, ne me laissant pas cette latitude, je me suis résigné. Pour la. santé, et pour les antres choses qui me manqueiit, Dieu y pourvoira
// faut connaître Vétat de cette Mission pour eu mesurer toutes les difficultés; j'en parle au long dans \ine lettre que j'ai écrite à Son Eminence de Besançon ; si vous pouvez Fohfenir de M. Ruclistuhl, cette lettre vous mettra an courant de bien des choses sur la Chine
Nous n'avons pas ce document; nuiis nul doute que le nouveau Supérieur de Canton n'y fit allusion aux persécutions de tout genre auxquelles étaient en butte chrétiens et missionnaires, dont plusieuri* portaient les fers et allaient mourir pour Jésus-Christ Q.
La rébellion des Taïping qui entravait alors toute liberté dauM les provinces méridionales de l'Empire, devait aussi lui inspirer d'amères réflexions.
Et la charge d'une Mission vaste et peuplée comme la France,
(1) De 1849 à 1858, huit missionnaires furent emprisonnés et battus, doux mouinrenî «le leui-s blessures: l'un, An^. Ohapdelîiine eut la tête tranchée. 0850).
as
>I^r (liiiilleluili
avec pour l'évaiigéliseï', 10 prêtres isolés dans les mou ta gués, pouvait-elle lui paraître alléehaute? C'eut une {/rande chose, éerivait-il, (j/ie ({'(^frr à la tétc d' mio MisHion de 40 milUoiiH de païei/s
Datin quelque!^ Jours, Je eoinpie regmjner Canton; mais, dans quel état vais-Je retroiicer ce pauvre pays!
Ijes rebelles qui, Jusqu\;lors nous avaient respectés, sont venus fondre sur la province qu'ils pilleiif et rara(/e,nt de plus
en plus Par suite de ces troubles, ma luoisson spiritiielh
au milieu des païen^s ne sera j)as, il s'en faudra bien, aussi belle que Pannée dernière; mais Je in en console par ce que Dieu m'a accordé de faire au, callèye St. François Xavier.
C'est maintenant un ét'd)lissement bien réglé, comptant ;24 élèves, et qwur lequel finiront mes sollicitudes, une fois que le mission.naire chanjé de m' g renip)lacei-, .scj-a venu à Hong-Kong.
M. Cliagot avait été désigné eouiuie sou successeur au Collège; mais, soit que ce uiissiouiuiire ait retardé sou arrivée, soit (pi'il ait voulu douuer lui-uiêuie mie imimlsiou détiuitive à cette (euvre uaissaute du clergé iudigèue, le préfet apostolique prolouge sou séjour à Houg-Koug.
11 V est eucore le 11 août 1854, et il écrit à son frère Joseph: "Je te remercie des vœux que tu formes pour ma promotion à Véqjiscopat. Il ne faut pas faire ainsi des souhaits qui, peutêtre, ne se réaliseront Jamais; et puis, sache que J'en ai plus que Je ne puis en porter avec le fardeau qui m'est inip)osé. Il n'est donc pas Juste de demander qu'il soit augmenté, mais bien quil soit diminué: pour moi, Je remets tout à la Providence de Dieu
Ce qu'il me faudrait, ce serait une santé plus forte pour soutenir le travail, et surtout pour suqjporter les rigueurs du
climat 3ïa maladie des reins n'empire j^^f s, mais elle ne
diminue guère avec le temps si singulier qu'il fait Tout
à coup, au, milieu des q)lu.s grandes chaleurs, surviennent des couqjs de rcut qui font re)dre/- la, transq) irai ion et cxjtoseut, si l'on n\tj prend garde, à de graves inflammations
La semaine ddrnière, nous avons eu un orage tel (pie les montagnes et les maisons semblaient devoir s'abimer sous les coups de tonnerre; la foudfe est tombée Jusqu'à 30 fois dans la ville de Macao, à 8 lieues d'ici, tuant 26 personnes en l'espace de deux lieures.
Cela donne une idée des désastres subis ailleurs, et fait connaitre sous quel ciel enflammé nous sommes ici, et combien il est difficile d'g conserver la santé qu'on aj)j)orte d'Europe.
Ce sont souvent même les plus robustes qui succombent les premiers, tandis que les santés frêles comme la mienne^ bien
i'hapitre lY - Kèaleiiieiit pour son >i('niiiiairo
que éprouvées, se sonfie/nneiif pla,s /oii.(/femi)» et se plient plus facilement an travail
Je suis encore au Sémùialre St. François Xavier...... Si
Je suis resté ici plus lomjtemps que je ne F aurais du., c est que la nécessité m'y a retenu; relui qui nC ij remplacera, n'aura ipCii suivre l'impulsion (limitée
CoiiHiu' OH le voit, c'est l'oMiNie du eleiné indi^vDC qui absoibe tous les moments du Supérieur de Mission.
Ll n'est d'ailleurs guère surprenant de le trouvei' si longteini)s loin de son centre <le direction <iui est Canton, en constatant la situation précaire où se débattait alors cette ville, près d'être assiégée ]tar les rebelles, et l'inijtossibilité où se trouvaient les missionnaires de l'intérieur d'y communiquer avec le i)réfet ap()stoli<]ue. ]Mais, en raison même des ditticultés de la situation, M. (luilleuiiu se devait tout entier au rôle de pilote, et sa place était à Canton.
Il s'y rend (') au mois de novembre isr)4.
Et de cette ville, il adresse à ses prêtres sa ]>remière circulaire qui a trait au Séminaire de Hong-Kong. La voici en partie: ''C'est une œuvre, dit-il, qui nous est commune à tous,
et à laquelle nous devons tout notre concours Je serais
heureux, si en vous communiquant ces renseifpiements^Je puis établir parmi les mlssùmnaires des deux proviyices, cette unité de vues, cet ensemble d'action qui sont si nécessaires au pro- (jrès de la Mission, et sans lesquels, quoique nous fassions, nous n obtiendrons Jamais que des résultats sans conséquence.
Après certains détails de règlements (pi'il expose, il en vient aux conditions d'admission au séminaire: '' Lorsqu' il se présente un élève, Je désire (pu avant de V envoyer à IIong-Kong, on en prévienne le Supéi'ieur de la Mission, en lui faisant connaître rd(/e de renfant, ses disqwsitions, ses aidécédents, la parenté à laquelle il appartient.
Comme nous sommes pauvres, il faut faire un choix entre plusieurs qui se. qrre sentent i/ la fois.
Il faut aussi que les élèves admis aient au moins 14 ans et pas j)l>is de IH, selon les presci'iptions du synod,e du Sutcliuen.
Les enfants doiveid avoir une conduite réglée et des mœurs innocentes. On n'exige pjas de ces dnies qwivilégiées que Dieu a qtréservées de touie cJiute liumil iante, mais ait, moins qu'ils liaient Jamais commis de ces fautes longtemp)s préméditées, souvent réjjétées et qui laissent dans le cœur de Vliomme de lo7igues traces de corruption
(1) Dans sa. pensée, lo départ pour Canlon ('tait définitif, mais il so vorra oblipjc de reprendre encore nnc t'ois auto:iine et liiver ISy')' son rôle de su])érienr du Séminaire M n(>ivj;-!\onii-.
ytsr (]iiiill<*iiiiii
// est bon qu'ils aient fait lenr première communion; qiiils ne soient j)as fiancés, ou s'ils le sont, qu'on ejcicje d'eux avant leur entrée au séminaire, qu'ils renoncent à leu,r eiiija.ijement.
Qu'ils n'aient aucune difformité corporelle; qu'Un naq)partiennent pas à des familles tarées, mais saines et lionor<ihle<i.
Qu'ils soient enfin ganlés chez leur missionnaire qjendant un ou deux ans arant l'entrée au séminaire.
]M. Guilleniiii termine sa circuUiire eu souhaitant la prospérité de cette œuvre une dea espérances, dit-il, les mieux fondées pour l'avenir.
Ces espérances ne se réalisèrent point à Hon^-Kong'; car l'insalubrité de la colline où était bâti le Séminaire, le rendit bientôt inhabitable, et l'on dut expédier les élèves au Collège général de Piuaug-, dans la Mission de JMalacca.
C'est en etîet dans ce collège où se formera d;:8ormais le clergé chinois de Canton, jusqu'à l'heure tardive où le successeur de Mgr. Guilleniin bâtira son séminaire à Canton même, à l'ombre de la cathédrale (18îj4).
Et comme si cette ccuvre capitale du clergé indigène, premier souci de l'admiuisti-atiou de l'évêque de Cybistra, devait servir après sa mort (188G), de couronnement à l'unité de sa vie, c'est encore lui qui fournira l'argent pour l'entreprise (').
Mais suivons toujours les traces de notre infatigable apôtre désormais aux prises, dit-il, « avec le seul élément païen de la cajntale ». ■
Nous avons dit précédemment la terreur (^l'inspiraient aux populations du delta de Canton, l'approche des rebelles et la possibilité môme du siège de (;ette ville.
Le préfet apostolique, bien placé cette fois, i>our juger les événements, écrivait le 12 mars 1855, ses réflexions sur les Taïping et leur défaite sous les murs de Canton.
Eeproduisons intégralement cette page <l'un poignant intérêt, car elle nous éclaire sur les sentiments qui animaient les ])artis, dans cette lutte formidable contre la dynastie tartare:
« Monsieur et vénéré directeur, (~)
« Dieu soit béni! voilà que nous allons voir la tin des peines et des alarmes aux(iuelles nous avons été en butte depuis si longtemps.
(1) Le Séminaire et l'évêché ont été bâtis Mvee les sommes recueillies par M^r Giiillomin et envoyées à Canton, au lendemain de sa mort, par les soins de sa famille.
(2) M. Voisin, directeur du Séminaire de la Kue du Bae. Paris.
C'Iiapitre l\ - l>él'ailo «It^s 'l'mpiiiyf à Canton
« Les troupes des rebelles, qui euvii'ouuaieut (Jauton et qui portaient partout le feu et la désolatiou, viennent de tomber sous les coups des mandarins. C'est le 5, le (i et le 7 de ce mois qu'a eu lieu cet cvénemeut mémorable.
« Depuis quelque temps, les rebelles avaient établi leur quartier général auinès d'une petite forteresse, dont ils s'étaient emparés et qui domine un des bras du ticuve de Canton. Leurs nombreuses barques stationnaient au pied de la montagne, sous la protection du canon du fort, et de là, ils se répandaient comme un torrent sur les pays voisins, sans qu'on pût opposer une digue assez forte à leurs brigandages.
« Déjà ils avaient signifié aux Européens qui habitent Canton, qu'ils eussent à évacuer la ville, voulant la prendre par la famine, s'ils ne pouvaient s'en emparer autrement; et les pauvres Chinois, pressés par la faim, par la cherté des vivres, ne voyaient plus dans l'avenir que l'image du triste sort qui les attendait.
« Or, les mandarins, voyant qu'ils ne pourraient en finir que par un coup de main décidé, réunirent, il y a dix jours, leurs forces navales, à l'insu des rebelles; et, au moment où ceuxci, livrés à une pleine sécurité, étalaient orgueilleusement leur rtotte dans la baie du fieuve, à quelque distance de la forteresse, ils tombent sur elle de ditterents points, l'environnent de toutes parts et la pressent avec toute la vigueur possible.
« Les rebelles, pris a l'improviste, n'ont pas le temps de préparer leurs moyens de <léfense. A la vue du danger qui les menace, la frayeur s'empare d'eux, le désordre se met dans leurs rangs, et ils ne songent plus qu'à fuir.
« Les mandarins alors les poursuivent, se saisissent d'une soixantaine de grosses jonques, dispersent les autres, et font plus d'un millier de prisonniers sans compte)' ceux <iui se noyèrent en voulant se sauver à la nage.
« Le lendemain, sans perdre le temps, les mandarins vont droit au fort qu'ils axaient [>erdu (juclque temps auparavant; ils s'en emparent, font encore bon nombre de prisonniers, et mettent le feu h deux gros villages situés au pied de la forteresse et qui étaient comme l'entrepôt des réserves de l'ennemi; en sorte qu'en moins de trois jours, cet endroit qui au- I)aravant paraissait formidable, à cause des nombreux bateaux qui le couvraient, était devenu entièrement libre et paisible.
« Le bruit de cette victoire ne tarda pas à se répainlre dans la ville; à la i)remière nouvelle, la joie reparut sur tous les fronts; les portes de la ville furent à l'instant rouvertes, et les vivres reprirent un cours normal.
« Les mandarins, pour célébrer leur Nictoirc, firent défiler
Mg«' <TiHilleiiiiii
sur le fleuve le.s iiombreuseïs jonques (ju'ils îivaieut prises, tirant (les coups (le canon avec la i>ou(lre des vaincus.
« Ainsi se termina, aux environs de Canton, cette longue rt'volte, (jui, commencée au Kouan^-Si, ^c propagea dans une urande i)artie de l'Empire avec toutes ses horreurs.
« (j)u'()n se ligure .'>() à 40 mille lit)mmes, formés de la lie du peuple, se répandant dans la [)rovince [)our y exercer le brigandage le plus absolu, et l'on aura une idée de ce (pi'ils ont i)u faire |>endant })lus de <S mois (pi'ils ont occupé le pays.
« On en a vu se livrer, de gaieté de cceur, au plus affreux carnage, prendre des vieillards inoffénsifs, et, sur le moindre refus, l(^s coui)er en morceaux. CluHiue Jour nous amenait (iuel(]ues n'ouveaux chrétiens (pii \enaient déplorer à nos i)ieds, l'incendie de leurs demeures et, ce (jui est ])lus déplorable encore, l'enlèvement de i>lusieurs Jeunes filles.
«Combien de fois, nous-mêmes, i>our peu (jue nous nous éloignions de la ville, n'avions-uous pas vu l'incendie proniener au loin ses ravages. Si dans ces circonstances pénibles, nous avons pu sécher quelques larmes, et, en donnant quelques pièces de monnaie, conserver les Jours d'un vieillard ou d'un enfant, c'est aux dignes associés de la Proi)agation de la Foi que nous le devons. Qu'ils en soient bénis!
«C'est du reste, à peu près tout le bien que nous avons pu faire en ces Jours de triste mémoire.
« Renfermés dans l'intérieur des faubourgs, ne jtouvant nous aventurer dans la campagne, sans nous exposer à un vrai danger, nous avons vu le champ qui nous était confié, rester sans culture et i)resque sans fruits.
« Espérons que maintenant, nous réparerons nos pertes passées, non pas que nous ayons graud'chose à espéi'er de la faveur des mandarins, nmis parce que l'ordre [)ublic une fois rétabli, il nous sera i)lus facile de nous glisser dans l'intérieur du pays, et d'y répandre la bonne semence de l'Evangile.
(iiiilleiiiiii. juct'el iipostoIi(iue.
« P. S. Ces Messieurs du Conseil de la Pro])agation de la Foi de Lyon m'avaient deniando de leur comniuniquer tous les renseignements possibles sur les rebelles. Peut-être seraitce le cas de leur faire part de ma lettre; mais je désirerais qu'il n'en i)arût rien dans les «Annales», ni dans les Journaux, car ici les Européens sont bien loin (Pêtre d'un sentiment unanime sur cette question. (')»
(1) La rébt^llion <les 'l'aïpiu^- Mv;iit éu'. selmi l<s uns, iiispiréo par les iniiiistres de l'crrour. et beaucmij) d'Europr-cns escoin[)taient leur victoin^ (•oiniiic celle du pvoi;rôs sur roliscurantisn-.c lartaro. Vraie ou fauss»', (-ette participation des missions chrétietiiies au ni<niVv'nu'nt p<)liti((Ut' des 'J'aipin<;', serviiji de jn-ctextc ;iu Liouver-
lenl Cliiiniis ])our restrem
lilti-rtc'' relin^icusf
C'Irtpitre IV - Projet d'église
La défaite des Taïpiug à C-antoii ne met point tin à la xénophobie des mandarins, mais elle rend le calme aux esprits, et perniet aux missionnaires de eontinner leur tache évangéllque. Leur Supérieur, toujours à l'atfût d'une idée réalisable en faveur de son clier séminîiire de Hon^-Kon^;, se lU'éoccu- \)v en ce moment de composer un livre de lU'ières en chinois, à l'usage des sénjinaristes. 11 voudrait, dit-il, joindre {Uix i)rières de ce livre les litanies d(>s Anges gardiens qu'on récitait à Fribourg.
Et il en réclame la coj)ie à son frère Joseph, dans un billet du 1. S avril 1855.
Dans le nième billet, il lui fait part, pour la [>remière fois, d'un projet «jui absorbera toute sn vie: l'érection d'une église i\ Canton: ''Oji parle quelquefois ici, de l'érection, d'ime belle et vaste église. Bien que la, chose ne soit qu'en projet, faiu/erais bien avoir d'avance quelque plan qui pût nous guider dans V exécution de ce travail ou du moins nous eu donner une idée. Je te prierais donc, quand tu verras M. Vonipée, de lui demander un plan d'église pour moi. Il la faudrait dans le style Grec ou Romain, avec trois nefs, o ou 7 colonnes de chaque côté et capable de contenir 2()0(i personnes.
Je la. voudrais d'une élévation convenable, avec de belles et hautes fenêtres, un péristyle et une façade en rapport avec le reste. Je désirerais non du trop) recherché, parce que nous aurons assez de peine à payer ce qui est nécessaire, mais cependant quelque chose de convenable et de capable de faire honneur à la religion.
Tu me ferais plaisir de l'occuper de cela; seulement, je ne voudrais pas qu'on en parlât dans le public, cor c'est chose qui n'est pas encore prête à s'exécuter, pour l(f quelle il faut le secret, si l'on veut qu'elle réussisse.
N'en parle à perso jt ne; au moins qu'on ne sache pas que c'est pour Canton ... :."
Est-il besoin de <lonner au lecteur (pii les a devinées, les raisons de ce silence sur un projet si pieux?
Ici, l'on voit que sa prudence est un calcul mûrement réfléchi chez cet homme apostoli<pie tout épris d'idéal.
Ce n'est point en effet, à l'iieure oi'i ses prêtres et lui-même s«»nt réduits au mininium de liberté, (pi'il faut songer à bâtir, à ravonner.
Hki* (àiiilleiiiiii
i)u ne saurait élever une église sur les Oataconibes où gémissent (le rares fidèles; et, i)ar ailleurs, où trouver, en ce nu)nient, les ressoui'(*es pour une entrei)rise que ne Justitieraient ni Puri>ence d'un culto i)ublie, ni la situation politi- «jue de In cite, ni le déeor légitime (jui s'attache aux dignités.
Et (pie penseraient ses i)rétres, d'un (^hef non encore honoré de l'épiscopat (pii, sur des ruines mouvantes connne une lave, essayerait d'éditier ostensible cette même Croix (]u'ils ont, eux, tant de peine à relever dans l'ombre?
11 sera (Unie bien temps de bâtir un temple au Dieu inconnu, (]uand sonnera l'heure des protections efticaces, où l'épée de la France tracera elle-même les contoTirs du futur édifice, et où le vicaire du Christ ayant, de sa proi)re nuiin confirmé Zéi)h\rin dans la plénitude de l'Ksprit, l'aura fortifié (hms ses résolutions.
Des jours viendrtuit. Où des circonstances (pi'il était loin de i)révoir si heureuses et à si brè\ e échéance, «h^gagcroiit pleinement son action et sa libL'rté.
Alors, il ne lui sera plus permis de garder le secret stratégi<|ue de ses o[)érations.
Mais il lui reste encore, hélas, à franchir des étapes douloureuses (lui serviront toutefois, à assouplir et à lustrer comme (hms des calandres, son expérience et ses talents.
D'abord, contre son gré, il se voit obligé de diriger luimême encore une fois son séminaire, i>ar suite de la maladie de son (MUifrère Chagot : d'où son absence i)rolongée a Hong- Kong.
Puis il apprend l'arrestation de .M. Le Turdu et son emprisonnement: on ne l'élargira qu'an prix de 2000 francs.
L'on trouverait bien cette somme, « mais ne serait-ce pas, en la payant, encourager de nouvelles arrestations»?
Il avise (h)nc le (?onsul de Fraïu'e, et le missionnaire est délivré.
Le ir» no\embre, deux de ses séminaiistes ont été ensevelis sous un éboulenient, et il « admire en silence les décrets de la Providence (jui sont toujours justes et même avantageux malgré leiu' rigueur. »
Enfin il peut rentrer à Canton en mars 1<S5(): « La pre)ii'tt're chose qitil fait, dit-il, eu regagnant cette vitte, cent de rececoïr te paiwre 31. Le Tnrdtf qui acalt passe S Jours eu prison, sans antre habit que sa chemise, ot)li(jé de coucher sur tu terre nue, naijant pour se soutenir qu'une écneltée de riz cuit à Veau. »
Quelque temps après, il re(;oit avis du massacre d'un de ses plus saints missionnaires du Kouang-8i, Auguste Chapdelaine. Le récit de cette mort glorieuse, cpii lui est commu-
C'Iiapilri^ 1%' - Noiii'ire <!«' H. <ii>i|>d*>Iaiii4'
ni(iué par M. Lions du Kouï-tclieou, lui servira à retracer lui-niêine (8 Juillet LSôG) eu des pages émues, les phases d'un (h'înne dont les conséijuenees vont être incalculables.
Il prie en inTMiic temps le cliargé d'affaires de France à Pékin, M. de Courcy, de vouloir bien intervenir auprès du vice-roi des deux Kouang, Y6-minq-lvMn(i, dont il faut déjà retenir le nom.
La mort violente de M. C/liapdelaine était plus cprun homicide : elle blessait encore l'article 2,'i du traité conclu en 1844 entre la France et la Chine, leipiel stipulait que « si, contrairement aux précédentes dispositions, des Français (piels qu'ils fussent, s'aventuraient en dehors (h^s limites ou i)énétraient au loin dans l'intérieur, ils pourraient être arrêtés par l'autorité cliinoise, laquelle, dans ce cas, serait tenue de les faire conduire au consulat du port le plus voisin; mais qu'il était formellement interdit à tout individu de blesser ou de maltraiter en aucune manière, les Français ainsi arrêtés, de peur de troubler la bonne harmonie ipii doit régner entre les deux pays. »
Renseigné par les mandarins, le vice-roi Vé réiK)ndit à I\L de Courcy que le missionnaire Ohapdelaine avait enfreint les lois de la Chine. L'explication était vague et dénotait siml)lement mais clairement la mauvaise volonté du dignitaire.
« Au docunjent fort détyillé de Guillemin, s'en ajouta un autre, signé jiar M. Libois et adressé au ministre d'Angleterre en Chine, 8ir riohu Bo\\ring. C'ette dernière lettre acquit une grande importance par la [jublication qu'en fit le gouvernement Anglais dans son livre hleu.
La mort d'un missionnaire français, la gravité <]u'y attachait la Grande-Bretagne, émurent le cabinet des Tuileries...^ Le meurtre de Chapdelaine fut la goutte d'eau ou mieux la goutte de sang qui iit déborder le vase.» (')
Une intervention combinée de la France et de l'Angleterre en Chine, et dont nous parlerons encore, fera cesser en i)artie le malaise qu'é[)rouvent les jMissions, et fournira au Préfet apostolique de Canton, l'occasion si attendue d'ouvrir entin toutes grandes, les avenues de la Foi au milieu du plus bourdonnant quartier de la Gentilité.
Il était alors, par suite des tracasseries continues dont souffraient chrétiens et missionnaires, sollicité d'aller exposer à Paris et à Eome, l'état précaire de sa Mission, toujours soumise, comme on le sait, à la juridiction de Macao.
Cette juridiction ne laissait pas que d'entraver l'exercice de sa propre autorité; elle inspirait aussi dans Ie« deux camps du
(1) A. Lauiiay. Mission du Koiuiiuj-Si
.>IK1' (lillîlloillîll
clergé, (les métiaiices et des rivalités (jui nuisaient au bou reuom (lu catliolieisme, autant (ju'à l'iionneur des deux supérieurs.
TV
Ainwi, Ton axait \u en l(S4î>, M. Kenou obligé de i'(UK>ncer à son voyage au Kouan^n-Si, j)ar suite de l'op^iosition du i)rêtre Lin, de Maeao, eliargé du poste de Cliao-King: «Sans s'informer du but de mon voyage, i'crit Renou, sans entendre les informations des chrétiens i)our lui faire eompreiulre cjne je ne venais pas le sui)i)lanter, mais ipie je ne laisais (jue ])asser {)Our me rendre au Kouang-iSi, il entra dan> une telle cohei'e, lit un tel vacarme (jue j'aurais couru les plus grands dangers, si les néophytes eussent obéi à ses ordres. Il eût voulu (ju'on me chassât honteusement, en me forçant de reprendre le chemin de Canton, et il i)rescrivit de s'opi)oser à ce (jue je continuasse mon voyage vers le Kouang-8i.
«. Les chrétiens de Chao-King (Shiou-Hing) se nuxpièrent du premier point, mais ils se conformèrent au second.
« Il m'eût été impossible de poursuivre ma route sans m'exposer à de graves inconvénients».
« Informé de ce qui se passait à Chao-King, écrit M. Launay, Libois en référa à Mgr da Matta qui blâma assez fortement le P. Lin, et Eenou continua sa route».
Ce dérail, pris parmi tant d'autres, témoigne assez des difticultés inhérentes à une double juridiction: « La plupart de mes confrères, évrit M. Giiillemin, à la date du 8 mai 1856, veulent que j'aille à Eome (') pour faire connaître au Pape l'état véritable des choses; mais ce serait tout perdre, parce qu'une dénjarche comme celle-là est contre nos règles; et ce serait trop évidemment faire la leçon à Eome
Aussi ai-ie déclaré à mes confrères, que s'ils })ersistaient encore a presser mon départ, je donnerais ma démission de préfet apostoli(|ue. ^Liis, très volontiers, je m'unirai A eux pour écrire; je l'ai déjà fait, je le ferai encore par la pi'ochaine ujalle».
Malgré sa répugnance et ses raisons alléguées, M. Guillemin se laisse convaincre, désigne Le Turdu su])érieur de la Mission en son al)seuce, et le lo sei)tembre 185(), il s'embarque pour France, non sans avoir préalablement écrit le motif de ce voyage, à tous les vicaires apostoliques des Missions Etrangères.
Une de ses lettres, datée du 18 octobre, de la Mer Eouge, fait le récit de son voyage en compagnie du Chinois Benoît Tsié qu'il avait pris avec lui à Hong-kong.
(1 ) Libois. loin >h' partai^tT (■•■ttc idôi". s'y opposait tr?'s viviMucnt.
ft
<'liu|>itre IV - Sai promotion il l'«"'pi»«'0|>al.
Dès les premiers jours de novembre, il arrive A Marseille et se rend directement à Paris, 128, rue du Hsie.
On l'y attendait sans imi)atience.
Ces Messieurs du Séminaire avaient été, sans nul doute, mis en garde par Libois, opposé comme on le sait, à la démarche de (luillemin, ('), et la réception tut j)liitôt froide: " Alt Séminaire de Paris, iapi)urtf-i-il liii-menie, la réeeptioii ve fut pas j!?/?^v cordiale et plus ejieotfiaj/earde. iSaus hldmer otiverteineut cette dêteniiinatioii, on ne crat pas j^ouvoir Vappui/er, et on me laissa partir pour Rome sans ronloir me donner n)i u/ot de recommandation pour une affaire anssi (jrave et qui intéressait racenir reli(ji<mx de deux provinces: noti-\ reau sujet de peine et de la plus pénible incertitude pour moi"".
Les Directeurs- avaient eu soiu de i>révenir le Nonce apostoli(pie dont l'avis dut être favorable au départ, puisque Guillemm fut laissé libre de l'accomi)lir.
Le Directeur qui voulait bien l'accom])agner à, llome, n'étant libre, disait-il, qu'à Noël, il fut conveiui (pi'on partirait à cette époque.
Et, fort satisfait d'un retard si opportun, Zéphyrin court embrasser sa vieille mère à Vuillafans.
Il retourne le 10 décembre à Paris d'oii il écrit le 11, aux siens, la lettre suivante: «Me voilà arrivé à Paris depuis hier, à midi.
«J'étais loin de m'attendre à la nouvelle qui me fut communiquée au moment même de mon arrivée.
« Des lettres de la Sacrée Congrégation de la Propagande m'annonçaient (pie la Mission du Kouaug-tong et du Kouaug- Si avait été séparée du diocèse de Macao, et (pie le Souverain Pontife me conférait le titre d'évéque i)our en lu-endre soin, comme je l'avais fait auparavant (~).
« Le Cardinal. Préfet Barnabo, poussant i)lus loin encore son extrême condescendance à mon égard, a bien v(uilu m'inviter à me rendre A Rome ])our conférer avec lui sur l'état de nos Missions f).
(1) " Je souhaite, lui disait Libois, êti-e mauvais prophète, mais je crains bien que la démarche que vous faites, ne soit la ruine de la Misaitm. "'Cette parole, ajoutait M. Guilleniin, répétée à Hong-Kong, an moment de mon départ, avait jeté sur tout mon voyage, le doute et l'anxiété la plus cruelle.'."
(2) Cette nomination de l'évêque de Cybistra datait déjà du H Août 1856, mais n'avait pas été prcmiulguée.
(3) D'après M. le chevalier Pidoux, M. Guillemin n'aumit appris sa promotion à l'épi&copat qu'à Rome, lorsque l'Eminence Barnabo le mit en face d'un miroiipour le présenter à son évèqiie." La lettre de M. (ruilleuiin du 11 Décembre contredit évidemment ce fait.
Mgr (jiiiilleiiiiii
« Voilà bieu des grâces, bien des faveurs répandues sur un l)auvre niissiouuaire (jui ne s'en est pas toujours rendu aussi digne qu'il l'aurait dû!
« \^>ilà bien des charges qui lui sont imposées à l'avenir!
« Sans doute, si je ne consultais que mon indignité, ce qu'il y aurait de mieux à faire, ce serait de <lécliner un fardeau si au-dessns de mes vertus et de ma capacité; mais l'état de notre Mission <lemandant que raccei)tation se fasse de suite, et nos Directeurs m'y obligeant, Je n'ai qu'à m'iiumilier sous le faix, en priant Dieu qu'il vienne en aile à ma faiblesse et qu'il prenne Lui-même en main la direction de la Mission qui m'est contiée!
« 8i j'ai lieu d'être humilié de ma promotion à l'épiscopat, je crois <]ue c'est un sentiment (pii doit être partagé ])ar t(mte la fannlle. Ainsi je désirerais que vous n'en dissiez rien les premiers, ou si vous croyez devoir faire connaître cette nouvelle aux personnes plus amies de la famille, que ce soit d'une manière bien modeste et avec toute la réserve possible.
« Les choses de Dieu ne peuvent pas être traitées comme les choses des hommes.
« Il est bien permis de se réjouir de celles-ci, lorqu'elles sont honorables et avantageuses i)Our nous; mais pour les autres, nous ne devons jauuds les recevoir qu'avec une certaine api)réhension et en pensant au compte que nous devrons un jour en rendre à Dieu.
« Aussi, je vous prie, de bien recommandera Dieu cette affaire, afin qu'elle contribue autjint que possible à sa gloire, à notre bieu et à celui de uia Mission».
(hiillemin Pn'fet apostolique.
L'évêqne élu se rendit donc à Rome, et exposa ses difficultés à Pie IX et au Cardinal Barnabo: « Je leur montrai simplement, dit-il, la situation où nous nous trouvions, les dangers aux<|uels nous étions en butte et dont le martyre récent de ]\L Chapdelaine était la preuve lapins convaincante, puis l'impossibilité où nous étions de faire le bien; tout cela fit tant d'impression sur l'esprit de l'Eminence Barnabo et du Souverain Pontife, que l'un et l'autre furent d'avis de séparer immédiatement la Mission de Canton du diocèse de Macao. . .»
Quelques jours après cette entrevue, il écrit à sa famille le billet suivant: « Voici une bien grande nouvelle que j'ai à vous annoncer: le 8t. Père m'a fait savoir hier, 19 janvier, qu'il me donnerait lui-même la consécration épiscoi)ale!
« Vous pouvez concevoir combien ct»tte nouvelle est allée jus(in*;m lond de mon c<cnr.
l'iinpitr*' IV «Sou wm'rc pur l*i«' l\
« Je ne saurais trop m'hiiiuilier d'iiiie faveur si iusi^iie et si fort au-dessus de mes mérites. Mais, d'une autre part, .je m'en réjouis de tout mou eo'ur devant Dieu, car, c'est une marque de bienveillance que Sa Sainteté a bien voulu donner à notre pauvre Mission, pour toutes les nnsères (pi'elle a (léJTi endurées, et nu encouragement a surmonter toutes celles (pii se [)résenteront encore.
« Sous ce rap]>ort, je bénis mille fois Dieu de la i)eusée qu'il a donuée à son représentant sur la terre.
« La cérémonie de ma consécration aura lieu diuianclie ju'ocliain, 25 janvier, dans la chapelle privée du Souverain Pontife, à 7' 2 <ï" nuitin. Là, il bénira et me passera au cou la Croix dont vous m'avez fait jn-ésent, et elle sera doublement sacrée pour moi.
« Je désirerais bien que nnv lettre vous arrivât pour ce moment, atin (]ue vous {)ussiez vous unir à moi poui* denmnder à Dieu les grâces dont j'ai besoin.. .. Mon Dieu, ]>lus n<Mis sommes élevés, plus nous devons craindre de ne pas correspondre aux vues de Dien sur nous...
«fie snis bien pressé; je vais meniettre quelques jours en retraite, et vous prie de me recommander aux prières des personnes pieuses de Besançon, snrtout des communautés où j'ai été.
(Tuillcmiv Pri'fct apostolique.
C'est à sa mère bien-aimée (pie le nouveau prélat rend compte de la cérémonie de son sacre:
K<)in«>, le 2b .janvier ISô?
Ma bien chère mère,
Hier, 25, fai donc en le bonheur de recevoir la consécrafiou èpiscopale des mains du Souverain Pontife.
La cérémonie a en lien, dans la chapelle i^rirèe de Sa, Sainteté.
Ça été une s(àisfactio7i bien yrande pour moi, de célébrer la Messe avec le chef de V EçiUse, à côté df lui, prononçant les mêmes paroles (pie lui et avec lui, et de recevoir bénits de sa main vénérable les insignes de la dignité épiscopale.
Mon bon élève Chinois et en la faveur de participer à cette faveur, en recevant la Ste Cummnnion des ntains de Fie IX.
La cérémonie finie, je ne puis dire combien Sa Sainteté (t été pleine de bienveillance pour nous tous.
Elle nous a fait introduire dans une vaste salle oit Elle nous attendait à table, d où Elle avait mar<pié ma place vis-à-vis d'Elle; et à côté du Cardinal Antonelli secrétaire d'Etat.
KO
-Mifi- <«uilleiiiîii
Les outres évëqtips et prélats étaient raiiyés nniour de la tahie, et receiuiient ce fjiie Sa, Sainteté daignait leur envoyer.
Il y avait dans la. bouche du St Père une parole de bienveillance iwiir tout le monde.
A la fin du déjeuner. Su Sainteté., mettant le coniblt à ses bontés, in a fait présenter jxrr deux élèves de la Projiagande un superbe calice qui avait été e.rposé sur la crédence pendant la, cérémonie, et qu'Elle in a, donné comme un souvenir de ce beau Jour, arec quatre V(d urnes du Pontifical Romain marqué des armes du Pajje.
Le soir, le Cardin(fl Anfonelli ni,'a inrité à diner chez lai avec la qdupurt des cardinaux de la Propagande et les prélats qui avaient servi à la cérémonie du matin ('j.
Voilà donc une bien grande fête dont je remercie bien Notre-Seigneur et dont je me réjouis de tout cœur; car je sais bien quelle n^ avait pas ma personne pour objet, mais bien, nos Missions que je représent<>is alors, quelque indigne que j'en fusse; et j'ai vu alors combien Su Sainteté aimait à soutenir, à e)iconrager les pauvres missionnaires qu\Elle enrôle au loin j)i'opager la bonne nouvelle de VErangile.
Je suis heureux, me/ chère mère, de vous donner ces nouvelles, afin de nous faire participer à ma j'ne, rous qui avez eu si souvent tant de peine de me voir si éloigné de vous. J'aurais bien désiré encore écrire à d'autres piersomies de la, famille, mais je n'ai que le temps de jeter ces lignes à la. poste. Je les acconipagne de mes embrassements et de l'assurance de l'afiection que rou,s conserve toiijours votre fils respectueux et obéissant.
•^ Zépliyriii évêqne do Cybistra, pic't'et Mpostoli<iue de Canton (Cliine).
Notons ici im détail qui montre la délicatesse de son cœur à l'égard des siens.
C'était avant le sacre; plusieurs personnes pieuses s'étaient offertes à lui donner ce dont il avait besoin pour la cérémonie du 25. n les remercie, aimant mieux, disait-il, « recevoir ses insignes des ]jersonnes de sîi famille, et recourir ensuite à la générosité des autres pour les besoins de sa Mission (').
Les jours qui suivent sa consécration s'écoulent en visites
(1) Pie IX fut assisté, dans la c'réinonie du SMcre, par Mot. Bartolani son aumônier, patriarche d'Antioche, et par Mgr. Morinelli, évèqne de Porphyre et Sacristain du Sacré Palais.
(2) Parmi les cadeaux, î'évèque r^çut de "Sh^v Doney de Montauban. l'anneau pastoral q\ii avait appartenu à St. Thomas Be(>ket et à St. François de Sales. Par Mgr Labeuche de B^Uey, qui en avait: héi-ité, il fait aujourd'hui partie clu trésor de cette église.
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Les dutri's t' /■!'(/ //('s cf firt'Ials ctali nt luiin/t's (uifa/ir eh' la iabic. cf recci'ii it'ut cf iiih' Sa Saiiitch'' (hiiiiiiail leur curoiji'i-.
Il II (iraii (/(Hts /il liiiiirlir ihi SI Pri'c nitr paroic de hii'/tret llniirv jtnHr font h' nnnnli'.
.7 /'/ lin (In (li'ji'ii i;i'i\ S'i Sut ni eh' , ii/cHiihI le rontli/c (( k(\s hnnl('s, }}i'ii fail j>ri''s( iili'r jii'r ilcn.r l'/rrcs de lu I* roj)(t(iail<lr lin siijit'rlf culirr ijui nriiil l'ti' l'.rixisi' sur la créileiici' jicnildiif lu i-i' ri' nuuiic. l'I ijii' FJIi' iii^ii iloinn' riiiiinic iiii si.iirtinr ili' n' /h (fil jiiiir. iiri'i- nnuli-c ri linnrs ihi Poul i fu'<tl U.niiiaih
llKirijiK' ilfs- (iriii.x (In Pdih .
Li' -^oir, Ir ( '(I ri/iiidl . l ni micl I i ni'ii inrili' à ihiicr rlic:: lin iirrr In iiliijinri di's i-n rdl na n .r de in ProjxKicnidc cl /r.s pn'- Idfs ijui nniii'iil srrri <) la ci'rrninii ic du mol m {^' .
Voilà di'dir une bien ijrdndc J'i'ti' dont je rcnicrcic Idi'n Aof l'C -iScii/id'ii )' l'I dont ji' nir ri'jonis de tout rivnr; ctir jc sdt.-< lu en (iii't'l/c n lirait //as nui jici'snina' jioni ohji't, ind/'.s lu en iiox Mi,ss/(i)/s ijlii ji' /'('pri'srnfi- 1 ■•< (durs, (jurliinc indniiic ijnr j'en jnssr; et j (Il m (dors nonhirn Sa Sa hit idi' d i mail a snntcj/ir. (} t'i/con raifcr les l'diirrrs inissinn/iaircs ijii' /\lli' rj/nnc en loin ju'iij'dili' r Id hiinii' moi relit' de I l'd'o iKlilc .
de s/iis lien r''n.r, nid cln'n' niri-c, de nais donner ces nourelli's, ((fin de rons fil i rc fid ri ici per à nid j'oie, nais ijni arc.', t'a si soirrcnt tant de jn'iid' dr im' roi r si ('lid'ijne de nais. .1 ((lirais bien (h'siré cncor" l'n-ire ii d'antres persiaincs de la faniille, mais je n'ai i/nc le Icnijis do Jeter ces lii/nes à la jiostc. Je les acc(anp(i(/nr dr na's enda'asscnie/tts et de Fassiirancc de l'affection (inc nais ennxeri'e toujours mire fils i-esliectiien.c et ntn' issa ni .
♦;-► Zcpliyriii ('\»">(|iu' (h (\\ lustra, pn'tci ,Min>st(>li(|iU' (le (".-niloii (Cliiue).
Notons ici un (lét;iil (jui uiontic la délicalcssc <l«* son (mimiv A l'égard des siens.
(""était avant le saer»' ; plusiciiis personnes i)i{Mises s'étaient ottértes à Ini donner ce dont il avait besoin pour la cérémonie du 2."). Il les remercie, aimant mieux, disait-il, « reccNoir ses insignes des personnes de sa famille, et recourir ensuite à la uénérckt^ité <les autres ])()ur les besoins de sa ."Mission (-).
Les iours (pii suivent sa consécration s'écoulent en \isites
(1) rii' IX fin :i9sisti''. Jans la !■ l'i-ninui.' lu s.ut,'. jiar M^^v. Harhilani son aumônit'i-, patriarclu' irAutiin-lie. l't ]iai- .Mi^i- M.'iirii'Ui. ôvôinic clc Porphyi-c el Sal'ristain du Sacrr t'alais.
(2) l'armi h's raïU-aiix, ri'vci|ii.' r,',;iu .le .M^i- |)>iiii'y il<' .Moiitauhan. l'aniieaii pastoi'al (Hli avait aiipai'ti'iui à St. 'rimiiia.-; Heckct d à St. Krani;<>i>; ilf Sales. l'ai- Mi^f Labi'iU'lif '1.- Hell-'V. .[iii •■n avai' luTiti', il t'ait aiiiciur>riuii partie 'iii trrsoi' lie oeT'i' l'Li'lisi-.
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4'liii|>iti'f IV - ^»a l«'*<re "•s«nx clir^^liciiM <l*Kiir4»|»4>. "
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îiiix dignitaires de la cour romaine, et il reçoit de tous mille témoignages de bonté, mille encouragements i)our ses onivres.
C'est alors aussi qu'enhardi ])ar les ])romesses des bienfaiteurs autant que par la nouvelle de l'expédition franco-anglaise en Chine, le jeune évêque découvre publiquement son projet de construction d'une église: On me fait, dit-il, prêcher à Rome, un peu. partonf; on m'eu(/af/e à renieiHir les aumônes des //dHes qui neulenf Men confïihner àV érection <Vnne ètjlise à Ca}}to7i..:,...^\ ■'.■::' :■::' ■-' --,•.-•• ■•
Mes affaires marchent ici aussi Men que je puis le désirer.
Pie 7X, les Cardinanx et les autres prélats attachée à Vadministration de^s nffaires, sont pour moi d'nw bouté qui me eonfond -- •
S'a Sainteté elle-même et le Cardinal Bàrnaho, mUnit etL- (fa(}é à faire une quête pour élever une église' it Canton, ail se'' trouvent des temples protestants, musuimauH et païens, sans f/u'il II ait encore Ir moindre monument de la Foi catjinliijiie. J'ai (dé bien, content jV une telle comn^insiou. car pi u-'^ leurs personnes à Rome ont bien roui u déjà, se mettre à lu tcte de cette œvvre;-^ mais Je ne V organiserai, qu'après avoir ^ r.u les direeteurs de la Propag<itiou, de la Foi
Sitôt' mes a (foires terminées, j'e regagnerai lu France; Je 2)asserai pai- Florence, Gènes, et S' j'ours après. J'arriverai à Marseille."
Il ne quitte Kome qu'après avoir publié une longue cireu- . laire datée du lendemain de son sacre.
Elle est adressée « aux chrétiens d'Euro])e » et contient tout un prpg^raniine.
La vfflci in extenso:
Nos très chers frères en Jésus-Christ,
« Un évêque missionnaire, connaissant par expérience les nécessités religieuses de son diocèse, l'un des plus ' vastes. dn> monde catlioUqne, vient les recommander à votrf' charité.
« Deux province de la Chine: le Kouaug-tojjg' et, l^e Koiiangî^i avec l'île de Haïnan et la petite mais glorieuse île .de Saiician, en forment la vaste circonscription.
« Elle comprend dans son étendue .SOO lieiies, (Je l'Est <à" l'Ouest,^ plus <le 200 du Xord au Midi, et ue renferuje p^is moins de 40 millions d'ames.
« ('hargé de porter en ces régions lontaines la lumière de l'Evangile, nous avons vu cliaqu*' année (luehju'un de nos con-